Stargate : Moëbius

Revanchiste
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Stargate : Moëbius

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Comme son nom l'indique, cette fanfic est une réécriture de l'épisode final de la saison 8, que beaucoup dans la communauté considèrent comme la "vraie" fin de Stargate. J'ai ici tâché d'achever du mieux possible la saga originale. L'histoire est située, comme toute fanfic je suppose, dans un univers parallèle.
Dans celui-ci, Teal'c a rejeté SG-1 sur Chulak qui a ensuite du s'enfuir grâce à l'aide de "SG-2" (l'équipe de Kawalsky) pour finalement revenir sur Terre sous le feu des planeurs de la mort. Le Pentagone prépare la défense des USA face à l'attaque imminente d'Apophis. On peut donc situer cette partie comme suivant le début de l'épisode 2 de Moëbius (que je n'ai pas intégralement réécrit étant donné que tout est identique jusqu'à ce point)

Il y aura pas mal de chapitres (peut-être 12 ou 15 ?) mais comme je doute encore du découpage (et de publier si je bide) je donne juste ceux qui sont déjà écrits et en cours de corrections :
Prologue : Le calme avant la tempête
Chapitre 1 : Réunion au sommet
Chapitre 2 : Le dernier pub avant la fin du monde
Chapitre 3 : Opération Blacklight
Chapitre 4 : Collision
Chapitre 5a : Mauvais perdant 1/2
Chapitre 5b : Mauvais perdant 2/2
Intermède 1 : Joyeux Noël
Chapitre 6 : Chute libre
Intermède 2 : Un message dans une bouteille
Chapitre 7 : Les Naufragés du temps


note : titres et chapitrage susceptibles de changer quand je scinde un chapitre trop long où insère un intermède nécessaire pour la cohérence globale

Deuxième jet (revu et augmenté)

Stargate : Moëbius
Prologue : Le calme avant la tempête

15 mars 2006.
Port de Norfolk, Virginie.


Abrité sous la voûte protectrice d'une cale sèche trône l'USS Alabama, véritable titan des mers né de l'ingénierie navale de la Guerre froide. À la lumière des immenses LED déployées pour le travail nocturne, des dizaines de dockers finalisent les derniers radoubs. SSBN-731 a été réquisitionné par le Pentagone pour une opération bien précise sous la supervision, entre autres, d'une ingénieure civile de la NASA jusque-là inconnue : Sam Carter. Sur la partie dorsale du sous-marin, aux deux tiers de la longueur, se dresse un système pressurisé conçu pour l'occasion. Ce hangar de pont, ou valise sèche, est arrimé horizontalement à un véhicule inconnu dont l'aspect évoque un sous-marin de poche blindé pour les commandos, en l'occurrence l'un des rares ASDS fonctionnels transféré de l'USS Greeneville situé non loin de là dans le port. Du moins c'est ce qu'on a dit aux dockers chargés de monter l'habitacle et d'adjoindre les différentes modifications nécessaires à la mission.

À l'intérieur, au milieu des gerbes d'étincelles projetées par les équipes d’ouvriers qui assurent l'étanchéité de l'habitacle relié au mastodonte par le sas vertical de la salle des machines, Sam Carter, aux côtés d’un technicien, vérifie que le nouveau réacteur nucléaire et les batteries au diesel secondaires sont capables de fournir la bonne puissance au kilowatt. Elle entoure au marqueur rouge une colonne sur l'une des feuilles que lui tend le technicien et lui rend un signe de tête en guise de confirmation.

C’est alors qu’une main sur l'épaule l'interpelle.

– Au rapport, docteur ! dit une voix masculine
– Pardon ? répond-elle en tendant l'oreille.

Le vacarme des travaux interdisant toute communication verbale, l'officier lui fait signe de monter, d’un geste vers le plafond. Elle lui emboîte le pas en baissant la tête à chaque porte avant d’emprunter l’interminable échelle menant à la surface.

– Je disais au rapport docteur, précise l'officier alors qu’il referme le sas derrière lui.

Dehors, le vent nocturne vient caresser la courbe hydrodynamique de l'alliage d'acier HY-80 du colosse reposé sur sa cale, presque avec prudence, de peur, peut-être, de tirer le léviathan d’acier de son sommeil.

– Je m'en doutais, colonel, répond-t-elle en sortant son paquet de cigarettes avant d’ajouter : Ce truc est vraiment énorme !
– Ne vous approchez pas trop du bord, prévient l’officier. Les matelots l'appellent le Cigare de Poséidon
– Je vois. Il fait calme ce soir vous ne trouvez pas ?
– Le vent est plutôt léger en effet.
– On dirait... vous savez, quand l'océan se retire d’une plage avant le raz-de-marée, murmure-t-elle au bout d'un moment de contemplation face à la marée nocturne.
– En effet, répond-t-il, mais quand on est dans un Ohio, on peut vaincre le raz-de-marée !

D’un geste rassurant, il tapote la surface de la coque, comme un maître assurant à son voisin que son chien est obéissant, mais pas trop fort pour ne pas risquer une morsure.

– Je l'espère sincèrement, colonel. Je me suis pas engagée dans la NASA pour combattre des pharaons aliens.
– Moi non plus. Mais vous êtes la physicienne la plus qualifiée dans votre domaine, docteur. Enfin c'est ce qu'on dit. J'y connais pas grand-chose.
– Et quel rapport voulez-vous, colonel ?

Il du se retenir de muer une pensée perverse en blague graveleuse.

– Je vous donne les rendements en kilowatts ou en cheval-vapeur ? finit-elle.
– Le Pentagone veut juste savoir si l'exonef ne fera pas défaut, si l'opération est menée à bien comme prévu.
- C'est comme ça qu'on l'appelle maintenant ? L'exonef ?
- Eh bien… oui. Enfin c'est pas moi qui donne les noms vous savez. Je trouve que ça sonne mieux que Jumper, non ? demande-t-il d’un froncement de sourcils indiquant l’étonnement.
- Jumper sonnait très bien je trouve, défend la civile. Le docteur Jackson avait aussi proposé chrononef et kaironef dans le même genre.
- Jackson et ses néologismes… ricane-t-il. Exonef c’est très bien.
- Merde, marmonne-t-elle en agitant son briquet après plusieurs tentatives infructueuses.

L'officier en sort un de sa poche presque un peu trop vite, comme s'il feintait mal d’avoir préparé ce moment et allume sa cigarette sans ajouter un mot.

– Merci, répond-t-elle lentement après souffler un nuage de fumée et échanger un regard peut-être un peu trop long. Juste à temps oui, reprend-elle. On a remplacé le réacteur nucléaire en un temps record et établi une interface entre celui-ci et le contrôleur temporel. C'est une vraie prouesse technique vous avez. En espérant bien sûr qu'Aménophis ne nous attaque pas avant d’avoir fini.
– C’est Apophis, corrige-t-il. Et j'ose espérer vous n'avez pas sous-évalué vos résultats sur leurs capacités, docteur ?
– D'après ma double, Chulak est située à deux mille années-lumière de la Terre et...
It's so very lonely. You're two thousand light years from home ; chantonne l'officier.
– Pardon ? s'étonne-t-elle.
– Rolling Stones ?
– Désolé, pas trop mes goûts musicaux, sourit-elle, un peu gênée.
– Moi non plus. Mais j'écoutais ça dans la voiture quand j'ai embrassé mon ex-femme pour la première fois. Un véritable voyage astral.
– Je n'en doute pas, répond timidement Carter. Chulak est donc située à environ deux mille années-lumière de la Terre, et l'autre Carter a estimé à 32,000 c la vitesse des vaisseaux goa'ulds en hyperespace.
– Ça fait beaucoup j'imagine ?
– Oui, répond-t-elle, surprise par la naïveté de son interlocuteur en matière de physique. Si on pouvait appeler ça de la physique. "Ça veut dire trois semaines de voyage minimum jusqu’au Système Solaire. C'est-à-dire jeudi soir. Ou vendredi matin qui arrive s’ils prennent le temps d’envoyer une mission de reco.
- Ce qui nous laisse encore environ deux jours pour faire connaissance avant la fin du monde."
Voyant ses yeux s’agrandir, il précise :
– Je plaisantais, docteur. Tout va marcher comme sur des roulettes, croyez-moi. Vous savez ce que disent du plan les gars de l’Alabama ?
–Non, répond-elle d’un sourire intrigué.
– Il y a le meilleur plan, il y a le bon plan, il y a le mauvais plan, il y a le plan désastreux, et il y a le plan de la Navy." compte-t-il sur ses doigts.
– Alors me voilà rassurée, colonel.
- Combien de fois devrai-je vous le rappeler, docteur ? On va tous mourir après-demain : appelez-moi Jack."

Chapitre 1 : Réunion au sommet

16 Mars 2006.
Centre de commandement unifié dans un complexe à Norfolk, Virginie.


– Notre objectif est le vaisseau-mère. Si Apophis a bien sondé l'esprit du docteur Jackson ici présent comme nous le soupçonnons, il doit croire que nos technologies exotiques sont à Cheyenne Mountain. C'est donc là en priorité qu'il fera atterrir un de ses vaisseaux. La technologie de l’exonef sera probablement sa priorité" indique le Chief of Staff. "C'est l'Opération Mjolnir : le ciel va leur tomber sur la tête. Pour rendre le piège crédible il faudra préparer au lancement la totalité de nos ICBM et faire décoller tous nos avions avant qu'ils soient cloués au sol. Ce sera bien sûr une opération conjointe à l’échelle internationale. Le bulletin donné à la presse fournira une justification dans la soirée.
– J'ai vu le film. Le vaisseau est détruit à la fin par le Président en personne, sourit O'Neill à l'adresse de Carter.

L’amiral Clark lui lance un regard noir mais ne dit mot.

– Sous réserve d’un discours galvanisant bien sûr, ajoute-il, imprudent.
– Vous venez à peine d’être réintégré, O'Neill, lui rappelle le Chief of Staff. Vous êtes peut-être une légende locale dans les paras mais cette opération n’est pas une mission secrète de la Guerre froide. Si on avait besoin d’un comique troupier pour galvaniser les soldats on se serait débrouillé pour en avoir un meilleur.
–Vous croyez ? fait mine de s’étonner O’Neill d’un sourire moqueur. Pourtant, votre tête me rappelle très clairement un épisode des Simpson où Burns...
- Colonel ? Bouclez-la, ordonne le Chief of Staff.

O’Neill serre les dents et ravale sa répartie. John P. Jumper reprend où il en était.

– Avant d'user de nos meilleures armes, nous devons tester le système d'armement mis au point par le centre de recherche de Lawrence Livermore avec l'aide du docteur Sam Carter, indique-t-il en désignant l’intéressée, qui va vous briefer sur la procédure.

Il fait un pas de côté. Le docteur se lève du premier rang de chaises pour faire face à l’assemblée. Les mains tremblantes, elle monte sur l’estrade et prend une inspiration en faisant un signe de tête à un officier qui change de diapositive. Celle-ci présente la vue en coupe d’un missile.

– On l'a surnommé Goa'uldbuster. C’est une bombe B83 modifiée. Ordonnance : 1,2 mégatonne. Ce ne sera pas suffisant pour percer le bouclier déflecteur. A peine 0.6% de sa résistance je pense, mais les Goa'ulds ne doivent peut-être pas le savoir. Le docteur Jackson n'a vu qu'une fraction de la vidéo et Apophis n'a pas pu lui soutirer cette information. Pour ça, on compte sur le modulateur à fréquence embarqué dans la proue que j'ai extrait des missiles de l'exonef. On a pu voir durant la mission sur Chulak qu’ils pouvaient passer leurs boucliers quand le colonel O’Neill a abattu une sorte de bombardier à notre poursuite. La charge de la bombe sera ensuite suffisante pour percer le blindage en Naquadah appauvri, atteindre le réacteur à fusion central et faire exploser de l’intérieur le vaisseau-mère.

La majorité de l’assemblée fait un mouvement de tête en signe d’approbation. Si elle n’ose le dire, Sam Carter est rassurée. C’est la première fois qu’elle prend la parole devant une telle assemblée et en pareilles circonstances.

– On dispose d'un nombre limité de ces modulateurs de fréquence et aucune équipe au monde n'a été capable de la mettre au point par rétro-ingé dans le temps imparti, prévient-elle, en admettant même que ce soit possible. Donc un seul B83 sera modifié. Il sera monté dans la soute du B-1 Lancer aux côtés de cinq autres B83 non modifiés afin de servir de leurres pour qu'ils sous-estiment nos capacités offensives.

Une main se lève dans l’assemblée. Sam n’ose pas intervenir mais le Chief of Staff répond à sa place d’un signe de la main. C’est visiblement un pilote dont la position dans l’assemblée et l’uniforme indiquent une appartenance à l’escadron des bombardiers.

– Pardonnez-moi docteur Carter, mais je me demande : qu’est-ce qui va pousser les Goa’ulds à laisser nos bombes approcher d’aussi près d’eux ?

Sam détecte dans son ton une inquiétude qu’il est le seul à exprimer à voix haute mais qu’il n’est pas le seul à ressentir. Elle sait donc qu’elle s’adresse à toute l’assemblée, elle comprise :

– D’après les renseignements que nous a donné l'autre Teal'c, les Goa'ulds prennent un certain plaisir au combat rapproché surtout avec des civilisations primitives comme la nôtre où ils sont sûrs d'essuyer un minimum de pertes. Nous comptons sur cet esprit jaffa pour ne pas être purement et simplement abattus par un bombardement orbital.

Cette réponse n’a pas vraiment rassuré le pilote qui déglutit. Le docteur tente de se rattraper un peu :

– Après tout, les Goa'ulds doivent divertir un peu leurs légions et leurs pilotes s'ils veulent les garder loyaux et entraînés, c’est l’une des traditions jaffas les plus ancrées. Donc ils ne devraient pas se méfier d’une planète comme la nôtre. Selon les renseignements de la vidéo que le Renseignement a analysé, les Goa’ulds ont déjà été vaincus par des gens comme nous, plusieurs fois d’ailleurs. En grande partie à cause de cette arrogance que nous allons exploiter. Mais nous avons un avantage contrairement à ce SG-1 : les Goa’ulds ne nous ont en fait jamais affrontés. Ils vont donc nous sous-estimer et faire des erreurs. Notre mission sera d’exploiter ces erreurs et de les retourner contre eux. De toute évidence, ça a déjà marché un passé proche. Si les gens de cette réalité ont pu y parvenir, je suis pleinement confiante dans nos capacités à faire de même.

Elle-même se surprend à avoir donné une réponse aussi bien amenée, et à n’avoir pas trop trébuché sur ces mots. Pour une fois. Son anxiété permanente à l’idée de demander une promotion, ou la reconnaissance de ses travaux, à son ancien directeur d’équipe à la NASA semble à présent dérisoire en comparaison du briefing qu’elle est en train de mener. Après tout, dans cette réalité parallèle, elle a sauvé la Terre à de nombreuses reprises, et ses découvertes ont permis de faire progresser l’Humanité comme jamais auparavant. Serait-elle si différente de cette autre Samantha ? A-t-elle en elle-même les mêmes ressources que cette sœur jumelle perdue pour mettre au point des plans risqués mais couronnés de succès. Elle a bien fait exploser une étoile, n’est-ce pas ?

– Les autres Goa'uldbuster, en l’occurrence des Trident modifiés par mon équipe avec la même technologie, seront déployés depuis un SSBN, au milieu de Trident conventionnels. La Royal Navy disposant également des mêmes missiles, elle participera directement à cette phase de l’opération.
– Excusez-moi M'dame, intervient un officier portant le nom MITCHELL sur son uniforme. Si les Goa'ulds sont si avancés, qu'est-ce qui les empêche de détecter ce sous-marin ?
– Car il sera protégé par le champ furtif de l'exonef... lieutenant-colonel. Il isole la majorité des signatures EM, dont la lumière, ainsi que les radiations. Il sera donc indétectable. Nous savons que l'exonef appartient à une civilisation antérieure aux Goa'ulds, et plus avancée. Il y a peu de chance qu'ils le détectent.
– Donc le succès de cette opération repose sur un pari ? s’interroge Mitchell.
– C'est tout ce que nous avons, lieutenant-colonel, défend le Chief of Staff.
– Sauf votre respect, général, cette Exonef ne pourrait-elle pas tout simplement les détruire ?

Le Chief of Staff fait un signe de tête à Carter afin qu'elle développe ce point :

– L’Exonef ne contient plus qu’un nombre limité de ces drones. De plus nous avons déjà eu du mal à survivre à un seul escadron de planeurs jaffas. Étant donné ce qui est arrivé au bombardier qui nous poursuivait sur Chulak, Apophis sera sur le qui-vive et cherchera à tout prix à s’emparer de ce vaisseau ou à le détruire s’il le menace trop. C’est pourquoi il ne faut pas montrer toutes nos cartes dès le début et lui faire croire qu’il est à Cheyenne Mountain comme il doit le supposer, sinon il ne se risquera pas à envoyer ses vaisseaux dans l’atmosphère. Si on tente une mission hors atmosphère, l’Exonef sera seule, et devrait face à plusieurs Ha’tak ainsi qu'à la chasse qu'ils déploieront. Les escadrons de chasseurs qu’Apophis aura le temps d’envoyer contre elle obligeront le pilote, en l’occurrence le colonel O’Neill, à envoyer ses derniers drones pour se défendre et il ne sera donc plus en mesure d’éliminer les vaisseaux. En bref cette exonef est notre meilleur atout mais il faut le décupler si on veut en tirer profit et ne pas foncer tête baissée. Enfin, souffle-t-elle après cette longue prise de parole, nous ignorons si l’ordonnance d’un seul drone sera suffisante pour venir à bout d’un Ha’tak c'est pourquoi nous additionnons les capacités offensives d'une nuke avec les capacités furtives d'un drone.
– C'est un pari risqué, mais c'est la seule solution, conclue Jumper. Si vous avez un meilleur plan que le docteur Carter pour repousser une invasion alien, nous sommes toute ouïe, ajoute le Chief of Staff.

L’officier-pilote se tait et se redresse sur son siège. Carter inspire une nouvelle fois et reprend.

– Si le test se passe bien, on envoie tout dans la minute pour ne pas laisser le temps à Apophis de comprendre la manœuvre et de replier stratégiquement ses unités, mais on ne peut pas envoyer d'un seul coup et la bombe et les SLBM modifiés à cause de l'éloignement probable des vaisseaux et du risque de perdre tous les drones simultanément si le premier test échoue. Vous n'aurez donc qu'un seul essaie pour valider la suite de l'opération.
– Merci docteur, reprend le général Jumper. C'est donc le lieutenant-colonel Mitchell que vous avez entendu à l’instant qui pilotera le B-1 dans une mission conjointe entre le 9e Escadron de Bombardiers et le 27e Escadron de Chasseurs. Une escorte composée de douze F-16 et de six des tous derniers Raptor sortis le mois dernier accompagneront le bombardier. L'escorte sera minimale étant donné que la priorité d'Apophis sera d'annihiler la majorité de notre aviation et de nos sites de lancement de missiles jugés trop dangereux avant de tenter un atterrissage et de déployer la chasse. Il s'agira donc de ne pas trop attirer l'attention. Cependant, les missiles perce-boucliers étant des atouts primordiaux, ils devront être protégés de la défense de point des Ha'tak à tout prix, c'est pourquoi il faudra lancer tous nos missiles camouflés et leurres dans un ordre précis à ce moment-là pour faire barrage. C'est un sous-marin nucléaire profitant du camouflage avancé, et dont le nom et la localisation restent confidentiels et connus seulement de Zeus, qui se chargera d'envoyer les Trident modifiés.
– Si mes calculs sont exacts, étant donné que l'exonef a détecté les sauts en hyperespace de la flotte goa’uld quelques secondes avant de passer la porte des étoiles depuis Chulak, et connaissant leur vitesse de croisière, on peut estimer qu'ils arriveront probablement demain jeudi vers 18h57, ajoute Carter. C'est-à-dire dans... vingt-deux heures, précise-t-elle en regardant sa montre.

Elle revient à sa place à droite de O’Neill au premier rang. Il la rassure sur sa performante d’un signe de tête. John P. Jumper, lui, a bien compris bien que si seuls deux pilotes sont intervenus dans l’assemblée, tous ici présents peinent à masquer leur inquiétude... non, leur terreur, face au danger mortel qui les attend. Peut-être que ce casse-pied de O’Neill n’a pas tout à faire tort, et qu’il faut un peu galvaniser les hommes.

– Vos officiers supérieurs ont chacun reçu des consignes stricts pour les horaires de décollage et les procédures en cas de rencontre avec les chasseurs aliens, commence-t-il. Je tiens à préciser que cette mission sera sans doute possible la plus importante de vos carrières. Vous vous êtes entraînés pour ça. Vous êtes les meilleurs : c’est pourquoi vous avez été mobilisés pour cette opération. Je sais bien que repousser E.T. ne faisait pas partie du formulaire de recrutement et qu’on vous demande peut-être l’impossible, mais nous sommes dos au mur. Nous ne pouvons pas fuir. Je ne peux forcer personne à participer à une telle mission, car les risques sont impossibles à calculer. Si vous souhaitez quitter cette opération, le commandement a décidé de ne vous en tenir rigueur, et votre poste sera remplacé. Par contre c’est maintenant ou jamais.

Des regards à droite et à gauche cherchent un éventuel démissionnaire. En vain. Jumper affiche sa satisfaction d’un mouvement de tête et d’un sourire.

– Très bien alors. Allons envoyer des nukes magiques dans le cul de Toutankhamon et montrer à ces aliens comment on fait les choses sur Terre !
– HOURRA ! s’écrit en chœur l’assemblée.
– Rompez !

Les officiers et civils présents dans la salle se lèvent et se dispersent peu à peu. Jumper se rapproche de l’amiral Clark.

– Je dois rejoindre Zeus à la Maison-Blanche pour finir de planifier l'opération avec le Joint Chief of Staff et nos homologues internationaux. Bonne chance de votre côté, souhaite-t-il en effectuant un salut militaire.
– Bonne chance à nous tous, lui répond l'amiral en lui rendant son salut.

Au dernier rang de chaises de la salle, le docteur Jackson, toujours assis, les bras croisés, s'autorise un sourire. Les tests psychologiques intensifs qu'il a subit n'ont rien détecté d'anormal. Heureusement que ces imbéciles n'ont pas pensé à effectuer une radio. Ou peut-être les quatre heures de vidéo venues du passé n'ont-elles pas mentionné l'existence d’espions tels que lui tant cette information était inutile pour la mission temporelle. Peu importe à présent.
Son Maître attendait avec impatience ces renseignements.
Dernière modification par Revanchiste le 13 sept. 2021, 04:07, modifié 30 fois.
J'arrête ici le dérapage
avant que Zap et Chupeto
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[I]24/09/2015[/I]
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Re: Stargate : Moëbius

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Salut,

Deux questions par rapport à cette fanfic (ça fait longtemps, d'ailleurs) :

- Depuis quand un NCO s'adresse de la sorte à un Colonel, qui est — et de très loin — son supérieur ?
- Depuis quand un amiral perd son calme pour une vanne et s'adresse sur ce ton à un officier... devant un subalterne ?

PS : Il y a des fautes de frappe, des ruptures ici et là, et des phrases qui mériteraient d'être réécrites pour une lecture plus fluide... Exemple :
CITATION Sur la partie dorsale du sous-marin, aux deux tiers de la longueur vers la fin et au-dessus de la salle des réacteurs, un système pressurisé à été conçu pour l'occasion.
Il n'y a que deux erreurs que l'on puisse commettre sur le chemin de la Vérité : ne pas aller jusqu'au bout, et ne pas s'y engager.
-- Siddharta Gautama Shakyamuni

[Blackeagle]La CSB agit dans l'ombre pour éclairer le monde.
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

CITATION Deux questions par rapport à cette fanfic (ça fait longtemps, d'ailleurs) :
Longtemps par rapport à quoi ? J'ai posté une fanfic 3 jours avant et je traîne de temps à autre sur le forum. Après comme je poste des pavés indigestes personne répond jamais donc normal que personne me remarque. :D
Sinon salut à toi !
CITATION - Depuis quand un NCO s'adresse de la sorte à un Colonel, qui est — et de très loin — son supérieur ?
A quel passage fais-tu allusion exactement ? :huh:
le NCO = Mitchell ?
le Colonel = O'Neil ?
A aucun moment Mitchell et O'Neill n'interagissent (ou c'est moi qui écrit mal)...
Tu veux dire la seconde phrase du lt-col Mitchell à Carter ? Dans mes souvenirs de l'épisode original elle n'est que civile (comme souligné par Hammond avant la mission Chulak) et n'a pas de grade. Ou alors elle a son grade de la saison 1 (capitaine si mes souvenirs sont bons) car elle n'a pas reçu de promotion et Mitchell est son supérieur hiérarchique.
Ou alors le passage est obscur car il ne s'adresse pas à l'amiral Clark mais bien à Carter, et l'amiral intervient juste à la fin, ce pourquoi Mitchell ne répond pas (auquel cas ce serait effectivement indécent).

Après je suis peu familier des procédures et des hiérarchies militaires, donc n'hésitez pas à me donner un coup de main là-dessus si c'est surréaliste, mais je suppose (à tort ?) qu'il y a des équivalences entre les grades selon les corps d'armée d'un même pays et qu'un amiral de la Navy peut donner (sur le terrain) un ordre à un colonel de l'Air Force, ce pourquoi il lui ordonne de se taire, alors que normalement l'officier supérieur de Mitchell devrait être Murray.
CITATION - Depuis quand un amiral perd son calme pour une vanne et s'adresse sur ce ton à un officier... devant un subalterne ?
Peut-être que Vern Clark est irascible dans le monde réel ? Ce serait pas la première fois dans SG que des officiers de rang différent s'invectivent et que certains frôlent la court martiale. Dans tous les cas les aliens viennent tourner la suite d'Independence Day en décor réel le lendemain et ils préparent une mission de la dernière chance, donc je suppose que ce n'est pas le moment de déconner, de son point de vue.
Mais de quel subalterne tu parles, Murray ? Il est sous le CNO dans la hiérarchie ?

De plus j'ai réécrit plusieurs fois ce passage (et par conséquent le reste de la fanfic) car au début O'Neill devait être le capitaine de l'Alexandria (changé plus tard en classe Ohio) comme dans Continuum (quitte à justifier son affectation dans la Navy plutôt que dans l'AF par les changements temporels. Ou alors en référence à la blague de Hammond quand O'Neill dit qu'il veut son propre navire et que le général lui demande s'il pense à un croiseur. Sans compter qu'on verra des colonels de l'AF comme lui commander des vaisseaux spatiaux par la suite donc j'étais un peu confus dans les affectations et les corps d'armée...), jusqu'à ce que je revoie le film et comprenne qu'il ne dirige pas le sous-marin mais l'accompagne juste dans une mission. Donc j'ai eu du mal à justifier la place de O'Neill autre que "pilote du Jumper" à cause de son gène magique.

Et si ce sont les seuls éléments surréalistes du plan je suis ravi. :lol: (au chapitre 3 ce sera au tour des physiciens de s/m'arracher les cheveux ) :up:
CITATION PS : Il y a des fautes de frappe, des ruptures ici et là, et des phrases qui mériteraient d'être réécrites pour une lecture plus fluide...
Je n'ai pas eu de relecteurs mais effectivement je ne suis pas très bon en orthographe vu les coquilles que je laisse passer. La concordance des temps et des modes n'est vraiment pas ma tasse de thé. J'essaie de proposer une version corrigée avant de poster la suite.

PS : ouch :ban: , les "peut importe" et autres infinitifs au lieu du participe passé :war: A ma défense j'écris assez tard ces temps-ci.
J'arrête ici le dérapage
avant que Zap et Chupeto
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Blackeagle »

CITATION (Revanchiste - 10 avr. 2021, 02:49)
CITATION Deux questions par rapport à cette fanfic (ça fait longtemps, d'ailleurs) :
Longtemps par rapport à quoi ? J'ai posté une fanfic 3 jours avant et je traîne de temps à autre sur le forum. Après comme je poste des pavés indigestes personne répond jamais donc normal que personne me remarque. :D
Sinon salut à toi !
CITATION - Depuis quand un NCO s'adresse de la sorte à un Colonel, qui est — et de très loin — son supérieur ?
A quel passage fais-tu allusion exactement ? :huh:
le NCO = Mitchell ?
le Colonel = O'Neil ?
A aucun moment Mitchell et O'Neill n'interagissent (ou c'est moi qui écrit mal)...
Tu veux dire la seconde phrase du lt-col Mitchell à Carter ? Dans mes souvenirs de l'épisode original elle n'est que civile (comme souligné par Hammond avant la mission Chulak) et n'a pas de grade. Ou alors elle a son grade de la saison 1 (capitaine si mes souvenirs sont bons) car elle n'a pas reçu de promotion et Mitchell est son supérieur hiérarchique.
Ou alors le passage est obscur car il ne s'adresse pas à l'amiral Clark mais bien à Carter, et l'amiral intervient juste à la fin, ce pourquoi Mitchell ne répond pas (auquel cas ce serait effectivement indécent).

Après je suis peu familier des procédures et des hiérarchies militaires, donc n'hésitez pas à me donner un coup de main là-dessus si c'est surréaliste, mais je suppose (à tort ?) qu'il y a des équivalences entre les grades selon les corps d'armée d'un même pays et qu'un amiral de la Navy peut donner (sur le terrain) un ordre à un colonel de l'Air Force, ce pourquoi il lui ordonne de se taire, alors que normalement l'officier supérieur de Mitchell devrait être Murray.
CITATION - Depuis quand un amiral perd son calme pour une vanne et s'adresse sur ce ton à un officier... devant un subalterne ?
Peut-être que Vern Clark est irascible dans le monde réel ? Ce serait pas la première fois dans SG que des officiers de rang différent s'invectivent et que certains frôlent la court martiale. Dans tous les cas les aliens viennent tourner la suite d'Independence Day en décor réel le lendemain et ils préparent une mission de la dernière chance, donc je suppose que ce n'est pas le moment de déconner, de son point de vue.
Mais de quel subalterne tu parles, Murray ? Il est sous le CNO dans la hiérarchie ?

De plus j'ai réécrit plusieurs fois ce passage (et par conséquent le reste de la fanfic) car au début O'Neill devait être le capitaine de l'Alexandria (changé plus tard en classe Ohio) comme dans Continuum (quitte à justifier son affectation dans la Navy plutôt que dans l'AF par les changements temporels. Ou alors en référence à la blague de Hammond quand O'Neill dit qu'il veut son propre navire et que le général lui demande s'il pense à un croiseur. Sans compter qu'on verra des colonels de l'AF comme lui commander des vaisseaux spatiaux par la suite donc j'étais un peu confus dans les affectations et les corps d'armée...), jusqu'à ce que je revoie le film et comprenne qu'il ne dirige pas le sous-marin mais l'accompagne juste dans une mission. Donc j'ai eu du mal à justifier la place de O'Neill autre que "pilote du Jumper" à cause de son gène magique.

Et si ce sont les seuls éléments surréalistes du plan je suis ravi. :lol: (au chapitre 3 ce sera au tour des physiciens de s/m'arracher les cheveux ) :up:
CITATION PS : Il y a des fautes de frappe, des ruptures ici et là, et des phrases qui mériteraient d'être réécrites pour une lecture plus fluide...
Je n'ai pas eu de relecteurs mais effectivement je ne suis pas très bon en orthographe vu les coquilles que je laisse passer. La concordance des temps et des modes n'est vraiment pas ma tasse de thé. J'essaie de proposer une version corrigée avant de poster la suite.

PS : ouch :ban: , les "peut importe" et autres infinitifs au lieu du participe passé :war: A ma défense j'écris assez tard ces temps-ci.
Longtemps que je n'ai plus vu de fanfic par ici.

Je fais référence à ce passage :
CITATION Centre de commandement unifié dans un complexe à Norfolk, Virginie.
"- Notre objectif est le vaisseau-mère. Si Apophis a bien sondé l'esprit du docteur Jackson ici présent comme nous le soupçonnons, il doit croire que nos technologies exotiques sont à Cheyenne Mountain. C'est donc là en priorité qu'il fera atterrir un de ses vaisseaux." indique le Chief Master Sergeant. "C'est l'Opération Mjolnir : le ciel va leur tomber sur la tête. Pour rendre le piège crédible il faudra préparer au lancement la totalité de nos ICBM et faire décoller tous nos avions avant qu'ils soient cloués au sol.
- J'ai vu le film. Le vaisseau est détruit à la fin par le Président en personne." sourit O'Neill à l'adresse de Carter.
L'amiral Clark lui lance un regard noir.
"- Sous réserve d'un discours galvanisant bien sûr" ajoute-il imprudent.
"- Vous venez à peine d'être réintégré, O'Neill." intervient le CMSAF. "Vous êtes peut-être une légende locale dans les paras mais cette opération est la mienne et vous n'êtes là qu'à titre d'observateur. Si on avait besoin d'un troupier on se serait débrouillé pour en avoir un meilleur. Il n'y a pas matière à plaisanterie. Ce n'est pas un film."
"- Vous croyez ? S'étonne, faussement, celui-ci d'un sourire moqueur. "Car votre tête me rappelle très clairement un épisode des Simpson où Burns...
- Colonel, fermez-là." sort de ses gonds l'amiral Clark jusque-là silencieux.
Jamais un NCO ne s'adresserait de la sorte à un supérieur. De même un amiral ne se permettrait jamais ce genre de choses envers un autre officier devant un subalterne.

Btw, le passage en rouge me semble très peu réaliste. Un truc pareil serait non seulement détecté mais mettrait tous les autres Etats en alerte en pensant à une action agressive des USA, ce qui les détournerait eux-aussi de la vraie menace.
CITATION Après je suis peu familier des procédures et des hiérarchies militaires, donc n'hésitez pas à me donner un coup de main là-dessus si c'est surréaliste, mais je suppose (à tort ?) qu'il y a des équivalences entre les grades selon les corps d'armée d'un même pays et qu'un amiral de la Navy peut donner (sur le terrain) un ordre à un colonel de l'Air Force, ce pourquoi il lui ordonne de se taire, alors que normalement l'officier supérieur de Mitchell devrait être Murray.
Généralement, on ne se comporte pas de la sorte, non. Dans le cadre d'une opération interarmes, alors oui un amiral pourrait très bien commander des éléments d'autres forces armées, pas de soucis. Par contre, il y a des règles de respect entre officiers supérieurs. Un amiral ne se permettrait pas cela devant un subalterne, et vice versa. On ne mine pas l'autorité d'un autre officier. Tout au plus, il lui dirait (avec respect) en privé mais ça, non ?

Il y a de nombreuses ressources quant à la hiérarchie militaire, les règles de respect, salut,... A toi de faire tes petites recherches là-dessus. ;)

J'attends d'en lire un peu plus avant de te donner mon avis sur l'histoire.
Il n'y a que deux erreurs que l'on puisse commettre sur le chemin de la Vérité : ne pas aller jusqu'au bout, et ne pas s'y engager.
-- Siddharta Gautama Shakyamuni

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De mon coté, je ne suis pas gêné par l'attitude d'O'Neil : réaliste ou pas, ça s'accorde très bien avec le personnage qu'on a vu dans Moebius (pour faire simple le suicidaire du film qui survit depuis 10 ans grace à son bateau ?). Et c'est pas somme si SG avait été exemplaire en terme de respect de hiérarchie militaire ...

Par contre le général qui parle de "nukes magiques dans le cul de Toutankhamon" ou sort une blague sur Nagasaki (totalement fausse au passage puisqu'il y a a eu des bombes bien plus puissantes qui ont été mises à feu pour des "essais" depuis 45) ... je me demande, même dans un univers de fiction, comme un haut gradé pourrait dire ça

sinon j'ai 2 remarques un peu négative, j'espère que ça évolue (dans le bon sens) dans la suite :
> tu évoque ta capacité à écrire des pavés que personne ne lit, je suis désolé de t'avouer que le briefing est indigeste, surtout quand on comprend avec Jackson qu'une bonne partie va tomber à l'eau. Ça permet de nous présenter des personnages (principaux ?) et technologies, mais ...
> il y a énormément de sigle (identifiants de navires, armes, avions ...), souvent anglo-saxons. Si l'on n'es pas très intéressé par le domaine militaire, c'est vite chiant de devoir chercher la signification (c'est pas difficile je suis d'accord, mais ça reste chiant), et ça fait sortir du récit.

J'ai adoré le second degré et le "naturel" de ta conférence de presse du 1er avril, j'espère que le style de cette fic me plaira aussi !
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

CITATION Longtemps que je n'ai plus vu de fanfic par ici.
Pourtant Spyce a publié régulièrement jusqu'à l'an dernier :D
CITATION Jamais un NCO ne s'adresserait de la sorte à un supérieur. De même un amiral ne se permettrait jamais ce genre de choses envers un autre officier devant un subalterne.
Mea culpa je croyais comprendre que malgré son statut de NCO il était au-dessus des autres dans la hiérarchie. J'avais pensé avant au Secrétaire de la Défense ou au Chief of Staff (donc un officier et pas un "enlisted") mais je me suis aussi dit qu'ils devraient être à la Maison Blanche en réunion de crise avec le Président plutôt qu'à Norfolk. Je modifie ça tout de suite !
PS : je viens de voir qu'en cas de guerre le rang de "General of the Air Force" est attribué (plus depuis la Seconde Guerre mondiale) mais comme SG est une guerre secrète j'ignore si c'est vraiment utile.
CITATION Btw, le passage en rouge me semble très peu réaliste. Un truc pareil serait non seulement détecté mais mettrait tous les autres Etats en alerte en pensant à une action agressive des USA, ce qui les détournerait eux-aussi de la vraie menace.
Il est vrai que dans cette réalité les états les plus puissants ne collaborent avec les USA en secret... mais il me semblait aussi que donner ce genre de précisions dès le briefing était un peu trop superflu. Déjà que Carter donne des infos (sur la mission Chulak, le voyage temporel) qui devraient être classifiées au briefing (pour que le lecteur ne se dise pas : "mais comment il savent ça" toutes les deux lignes) je me suis dit que donner trop d'infos allait surcharger la réunion (et donc le lecteur) et que ce n'était de toute façon pas le rôle de l'AF de prévenir les autres gouvernements.
Comme solution on devait (et doit si c'est toujours crédible) avoir une info télévisée au chapitre suivant indiquant un état d'alerte mondial suite à une possible pluie de météorites (en référence à celle qui a officiellement détruit la 7ème flotte dans The Lost city part 2) et donc à une sorte d'exercice militaire pour justifier publiquement le truc (comme ça, en un passage, le lecteur comprend qu'il a du y avoir des négociations secrètes et que cette info n'est qu'une vitrine) ; ça aurait aussi pu faire l'objet d'un chapitre à la Maison Blanche pour prévenir les autres Etats du danger par exemple mais je préférais me concentrer sur les personnages principaux que de traîner en longueur.

CITATION Par contre le général qui parle de "nukes magiques dans le cul de Toutankhamon" ou sort une blague sur Nagasaki (totalement fausse au passage puisqu'il y a a eu des bombes bien plus puissantes qui ont été mises à feu pour des "essais" depuis 45) ... je me demande, même dans un univers de fiction, comme un haut gradé pourrait dire ça
Je sais qu'il y a eu des tests nucléaire (beaucoup d'ailleurs) et que Fat Man et Little Boy sont des crottes de nez en comparaison. Mais il s'agit d'envoyer des armes nucléaires dans un conflit armé, pas d'un test.
Pour le phrasé des officiers que vous me reprochez (à juste titre je suppose), honnêtement, à part quelques discours d'officiers à la retraite devant leur unité, je n'ai aucune idée de comment parlerait un officier dans le cas d'une mission pareille, surtout quand ils sont pas sûrs de gagner, qu'ils font face à une menace historique et qu'ils doivent un peu galvaniser leurs unités (sans tomber dans du discours présidentiel hollywoodien).
CITATION sinon j'ai 2 remarques un peu négative, j'espère que ça évolue (dans le bon sens) dans la suite :
> tu évoque ta capacité à écrire des pavés que personne ne lit, je suis désolé de t'avouer que le briefing est indigeste, surtout quand on comprend avec Jackson qu'une bonne partie va tomber à l'eau. Ça permet de nous présenter des personnages (principaux ?) et technologies, mais ...
> il y a énormément de sigle (identifiants de navires, armes, avions ...), souvent anglo-saxons. Si l'on n'es pas très intéressé par le domaine militaire, c'est vite chiant de devoir chercher la signification (c'est pas difficile je suis d'accord, mais ça reste chiant), et ça fait sortir du récit.
Merci j'adore les remarques ça me permet de voir où ça pèche. :gate:
Je vais essayer d'aérer le briefing, surtout qu'il est plus porté sur l'exposition que le développement de personnage contrairement à la première partie. Pour Jackson on ne sait pas tout encore, mais vous savez bien que les plans A marchent jamais ! Pour les sigles j'essaie de pas trop rester flous. D'un côté on me dit que le briefing n'est pas assez réaliste car les officiers ne parlent pas comme il faut, d'autre part que j'inonde tout avec des mots compliqués car je suppose que c'est le genre de mots qu'ils emploieraient. Je peux aussi rajouter des images si c'est plus simple ?
CITATION J'ai adoré le second degré et le "naturel" de ta conférence de presse du 1er avril, j'espère que le style de cette fic me plaira aussi !
Ce sera quand même un peu plus sérieux, on verra pourquoi à la fin. :cry:
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par arim »

j'aime aussi les histoires "sérieuses" t'inquiète pas ! C'est juste que ça ne pourra pas être le même style que la conférence de presse et que je suis curieux de voir comment tu vas t'en sortir dans un style sérieux / plus littéraire

concernant le soucis (officiers pas assez sérieux // vocabulaire hyper précis), je t'avoue que ça doit être compliqué de trouver l'équilibre ... Mais par pitié, pas d'images dans ta fic !
Il doit y avoir d'autres moyens pour rendre le tout plus simple/agréable (lien vers des sites "de référence" genre wikipédia si ça ne bousille pas la mise en page, équivalent des "notes de bas de page" dans les romans ...), et comme je l'ai dit c'est pas un gros effort de devoir faire une recherche
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

Deuxième jet envoyé. J'évite de publier si le chapitre précédent n'est pas considéré comme "assez bien" sinon j'aurais la flemme de tout corriger à la fin. Dommage d'ailleurs qu'une partie de la mise en page (alinéas, interlignes, italique) parte en fumée quand je passe de Word à SGF...
J'ai essayé de diluer un peu l'exposition indigeste en développant davantage les personnages avec davantage de discours indirect libre.
Le chapitre étant un peu long j'hésite à le scinder entre un "Prologue" et un "Chapitre 1" (la réunion). Des avis sur ce découpage ?
CITATION concernant le soucis (officiers pas assez sérieux // vocabulaire hyper précis), je t'avoue que ça doit être compliqué de trouver l'équilibre ... Mais par pitié, pas d'images dans ta fic !
En vrai j'ai déjà vu des forumeurs le faire, c'est pas si moche !
CITATION Il doit y avoir d'autres moyens pour rendre le tout plus simple/agréable (lien vers des sites "de référence" genre wikipédia si ça ne bousille pas la mise en page, équivalent des "notes de bas de page" dans les romans ...), et comme je l'ai dit c'est pas un gros effort de devoir faire une recherche
J'essaie d'éditer certains mots en liens si ça peut éviter de trop gâcher la lecture.
Edit : j'ai modifié les noms chiants anglophones pour plus de clarté.
Edit 2 : j'ai essayé d'adopter les mêmes alinéas que dans d'autres fics comme celle de Brian Norris pour avoir une lecture plus fluide sinon ça forme un pavé illisible (en même temps sur Word j'ai des interlignes)
Dernière modification par Revanchiste le 11 avr. 2021, 19:17, modifié 1 fois.
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

Chapitre 2 : Le dernier pub avant la fin du monde

16 mars 2006, 21h51.
Quelque part dans la ville de Norfolk, dans un bar.


– Comment vous avez convaincu l'état-major de vous laissez sortir avant une mission pareille ? demande le docteur Jackson.
– Savoir piloter un vaisseau temporel a ses avantages, sourit le colonel.
Le client assis juste à côté de lui quitte le comptoir, ses deux pintes en main, en secouant la tête d'un air consterné.
– Vous venez souvent dans des pubs ? poursuit Jackson.
– Je suis d'origine irlandaise, explique O'Neill. Les pubs font partie de ma religion. Mais ne vous inquiétez pas on sera de retour à la base avant 23h, je suis pas inconscient. Pas totalement.
– Regardez tous ces gens autour de nous, fait remarquer Carter. Ils ne s'en doutent pas mais c'est peut-être leur dernière soirée... dans toute leur vie.
– Vous étiez pourtant sûre de votre plan face au lieutenant-colonel Mitchell tout à l'heure, remarque O'Neill.
– Je suis toujours sûre de mon plan, colonel, se défend le docteur. Je dis juste qu'il est impossible de prévoir les actions d'Apophis avec le peu d'informations que SG-1 nous a donné, même si l'Air Force m'a autorisée à en visionner l'intégralité. Vois ai-je déjà dit que j'ai déjà fait exploser un soleil dans cette réalité ?
– Au moins trois fois, répondent en choeur l'archéologue et le militaire.

Soudain, télécommande à la main, le barman augmente le volume du bulletin télévisuel, et un petit attroupement se met à commenter l'information.

...compagnie du Secrétaire de la défense, Landry, le Président Kinsey a tenu aujourd'hui une réunion de crise avec les ambassadeurs de Russie, de Chine, de France et du Royaume-Uni à propos de cet exercice militaire sans précédent annoncé il y a une heure, dit la journaliste. Nous avons donc consacré cette émission spéciale à cet événement.

La voix change pour devenir celle d'un reporter masculin :

C'est une première historique : quinze ans après la fin de la Guerre froide, des croiseurs russes naviguant aux côtés d'un Nimitz et de son escorte ici au nord du Pacifique près de Sakhaline, dans des eaux jalousement gardées par le Kremlin depuis la Seconde Guerre mondiale. Des généraux russes et américains filmés côte-à-côte durant la réunion de crise qui s'est tenu aujourd'hui vers midi. D'après le SETI et le NORAD, respectivement l'agence de télémétrie spatiale et la branche de l'Air Force chargée de surveiller l'espace aérien basée à Cheyenne Mountain, une pluie de micrométéorites détectée tardivement menacerait d'entrer dans l'atmosphère terrestre. En cause, le passage de la lune qui aurait bloqué plusieurs signaux et une série de perturbations électromagnétiques émises par des vents solaires, auxquelles les systèmes radars sont sensibles. La théorie avancée par l'expert de la NASA que nous avons contacté, le Dr Hirschfield, célèbre pour ses travaux sur le graviton dans un article cosigné avec la phyisicienne Ning Li en 2004, estime que ces météorites viennent non pas du nuage d'Oort mais de la Ceinture d'Astéroïdes et qu'ils s'en sont séparés à cause d'un phénomène de gravité...
– Le rat ! se plaint Carter. Prêt à se faire mousser jusqu'à la fin des temps ! Il rate pas une occasion. Et encore, je suis sûr que ça aussi il l'a piqué à quelqu'un ! Il peut vraiment pas se retenir.
– Vous le connaissez ? s'étonne O'Neill.
– C'est mon directeur de section à la NASA. Voilà quinze and qu'ils s'approprie mes recherches. Et pas que les miennes.

Une reconstitution en 3D présente les différents protagonistes : des indicateurs géographiques pour les antennes du SETI et celles du NORAD puis une vue plongeante sur l'atmosphère terrestre découpée en plusieurs couches avec le passage des météores figurés en pointillés.

– Vous y croyez à ça ?! s'exclame l'un des clients.
Si les experts se veulent rassurant concernant les risques qu'un seul d'entre eux pénètre l'atmosphère, où ils devraient se disloquer et fondre dans le cas des météorites de glace, les gouvernements du monde entier ont préféré rester en alerte maximale et joindre leurs renseignements et ressources en cas de menace directe d'une seule de ces météorites sur une infrastructure ou une zone habitée. Le directeur de SETI se veut lui aussi rassurant et indique que l'angle d'impact devrait surtout concerner des régions désertes notamment le Pacifique nord, entre Kamtchatka et l'Alaska, avec une très faible probabilité de toucher une île habitée. Néanmoins les habitants d'Anchorage ont été confinés chez eux jusqu'à la fin de la crise. En direct de Washington DC avec notre correspondant sur place...
– Je me demandais comment ils allaient présenter l'affaire, murmure Jackson.
– Dans cette situation il nous faudra toutes les ressources possibles. Finalement c'est peut-être le destin de la Terre dans toute les réalités de s'unifier face à une menace extérieure, propose le colonel.
– A vrai dire c'est une dialectique historique commune, précise Jackson, pensif. Les Grecs face à Phillipe qui les a finalement unifiés, les Indiens face à Alexandre, les clans de Gaule face à César, les royaumes espagnols face à Courdoue pendant la Reconquista. Plus récemment les Treize Colonies face à la couronne d'Angleterre. Les colonisés face aux colons, les conquis face aux conquérants. Je suppose qu'une logique similaire doit s'appliquer à l'échelle galactique. Qui sait ? Peut-être même qu'avant de former un empire galactique les Goa'ulds étaient divisés et en guerre sur leur monde natal, eux aussi.
– Difficile d'extrapoler sans connaître vraiment toute la galaxie, répond Carter. Je suppose que suivant principe d'isotropie en physique et en chimie, les mêmes découvertes et événements doivent arriver dans les sciences sociales, quelles que soient les civilisations. Ou les réalités parallèles.
– Une sorte de destin inéluctable, vous voulez dire ? propose Jack.
– Des étapes nécessaires, corrige Carter.
– Et la chute des Goa'ulds en fait partie ? s'interroge Jackson. Dans ce monde parallèle ils ont été éliminés après tout.
– Probablement. Dans tous les cas, les Goa'ulds ont beau avoir une technologie avancée, ce qu'on sait de la part de SG-1 laisse croire qu'ils n'ont pas ou peu évolué en plusieurs millénaires. S'ils sont bloqués dans une stase technologique, c'est peut-être que leur civilisation repose sur d'autres paradigmes que celui du progrès technique et du positivisme. Ou alors ils sont en phase de déclin depuis un certain temps. Peut-être que nous avons juste donner le coup de grâce, dans cette réalité, mais que l'état de déliquescence de leur civilisation allait tôt ou tard causé leur perte. N'oubliez pas que Teal'c a rejoint la rébellion sans se poser cette question. Du moins dans cette réalité. Il doit déjà y avoir une résistance diffuse parmi la société jaffa qui attend d'exploser.
– Est-ce vraiment le cas ? s'interroge O'Neill. Le Teal'c de la vidéo a bien rejoint la rébellion il y a huit ans. Mais celui qu'on a croisé sur Chulak ? Il a promis de nous éliminer personnellement si on blasphémait davantage. Soit SG-1 est tombé sur un moment de doute à leur époque, soit Teal'c s'est encore plus radicalisé depuis lors pour une raison qui m'échappe. On a peut-être fait un peu trop d'essentialisme en considérant qu'une personne reste identique au cours de sa vie et qu'on allait juste le convaincre en se pointant sur Chulak...
– Heureusement que Kawalsky était là pour éviter ça, ajoute Jackson.
La Kawalsky arrive ! Vous avez dit ça quand le mur a sauté, se souvient Carter en riant, à l'adresse du colonel.
– Oui, lui et moi, ça remonte à très longtemps, confirme l'intéressé. On a effectué des missions ensemble dans les années 80-90 en Allemagne, au Koweït, à Panama. Il m'a déjà sauvé de la capture, une fois. Et à plusieurs reprises d'échauffourées assez tendues. Et l'expression est restée. Puis on s'est perdu de vue, vous savez.

Le militaire n'en dit pas davantage.

– Sinon, Jackson, vous avez de la famille ? feint de s'intéresser O'Neill.
– Euh... oui. Un grand-père maternel. C'est lui qui m'a donné le goût de l'archéologie.
– Et des théories farfelues ? plaisante le militaire avant de se rattraper. Enfin pas si farfelues que ça, en fin de compte...
– En partie, oui. J'ai hérité de son statut de parias après mon bouquin de 92 sur l'origine de la pyramide de Khéops. Maintenant ça n'a plus vraiment d'importance, n'est-ce pas ?
– Pas sûr ! répond Carter. Imaginez quelle place vous occuperiez dans la communauté scientifique si vos théories étaient vérifiées. Et je pense pas que c'est les pyramides volantes qui vont survoler l'arctique demain qui dirons le contraire.
– Ils ont aussi un prétexte pour ça, d'ailleurs ? s'enquit Jack.
– Vous voulez parler du fameux projet Blue Beam ? répond Jackson.
– Pas encore cette théorie ! s'exclame Carter.
– Précisez, demande le militaire intrigué.
– En gros, commence Jackson en tendant les mains face à face, ça consisterait à projeter des hologrammes géants de dieux, ou de vaisseaux spatiaux, pour simuler un miracle religieux. Ou une invasion alien. Et ce afin d'unifier de force l'humanité. Vous avez lu Watchmen ?
– Je suis pas trop comics, confesse O'Neill. Enfin si je suis comique mais trop non plus. Mais force est de constater qu'on aura les deux en un. Et que ce sera pas une simulation.
– Mais ça le public l'ignore, dit Jackson.
– Et qu'est-ce qui vous fait croire que la NASA maîtrise un telle technologie pour ça de toute façon ? demande Carter. Dans mon département on avait un ordinateur des années 80 pour trois !
– Je n'ai pas dit que j'y croyais, précise Jackson, mais si Apophis vient tourner la suite d'Independence Day demain en décor réel, je suppose que l'Air Force devra justifier la véritable ampleur de cet exercice. Donc soit ils prétendront que c'étaient des hologrammes pour pas effrayer le public et faire passer ça, une fois de plus, pour un exercice grandeur nature, soit ils avoueront tout la vérité et là, les lignes risquent de bouger. Imaginez ce qu'on deviendrait après ça : je serais reconnu pour mes travaux, vous (en s'adressant à Carter) pour les vôtres, et Jack pour avoir piloter le chrononef.
Exonef, corrige le colonel.
– Comme vous voulez. Mais imaginez le prestige militaire que vous en tireriez. Vous seriez probablement promu. Vous pourriez même entrer dans la tradition des généraux élus à la Maison-Blanche.
– Je sais que ça ressemble à de la fausse modestie mais je compte pas spécialement devenir Président de la Galaxie.
– Vous avez vu votre double dans la vidéo ? demande Carter. Vous êtes déjà lieutenant-général dans cet univers. Qui sait ce que vous pourriez devenir dans ce nouveau monde. Ce que nous pourrions devenir...
– Vous êtes obsédé par cette vidéo. Cette réalité n'est pas la nôtre. On ne rattrape pas le temps perdu comme ça. Croyez-moi, je suis le premier ici qui rêverais de remonter le temps pour éviter certaines erreurs personnelles.
– Je ne parle pas de tout rattraper. Je dis juste qu'on a quand même une chance de vivre la vie exceptionnelle qu'on était peut-être destinés à vivre tout ce temps.

Carter fait une grimace en regardant son téléphone.

– Du neuf ? demande le militaire.
– J'ai trois appels en attente, répond-elle.
– D'Apophis ?
– Non. De McKay.
– Le canadien ? demande Jackson.
– Oui. Il est un peu collant, commente le docteur. Il sait que j'ai fini de travailler sur l'Alabama puisqu'on y était affectés ensemble... et il veut encore m'inviter chez lui pour manger son fameux poulet au citron.
Dernière modification par Revanchiste le 27 juin 2021, 21:48, modifié 1 fois.
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Chapitre 3 : Opération Blacklight

17 mars 2006, 8h37
base aéronavale de Norfolk.


Sous un ciel gris et face à des vents glacés venus de l'océan, le gigantesque sous-marin classe Ohio est mis à flot. Une assemblée de marins et dockers assiste à ce baptême symbolique. Les derniers préparatifs de Mjolnir sont en cours. L'équipage embarque peu à peu et les dernières équipes techniques quittent le navire, vérifiant une dernière fois les performances du nouveau moteur à fusion expérimental et du système d'arrimage de l'Exonef.
Pourtant, dans la salle de conférence, quatre hommes ont été convoqués et n'ont pas encore embarqué. On reconnaît le capitaine Strickland, CO de l'USS Alabama, le colonel O'Neill, ainsi que deux officiers dont l'uniforme indique respectivement une appartenance aux Navy SEALs et à l'USMC.

– Vous n'êtes pas allé picoler juste avant une mission qui joue le destin de la race humaine quand même ? demande Strickland à O'Neill, attirant l'oeil interrogateur des deux autres.
– Non pourquoi ? répond celui-ci en baillant.
– Qu'est-ce qu'on fait ici exactement ? demande l'un des officiers.
– Patience Marshall, répond l'autre.
– Marshall ? s'étonne O'Neill.
– C'est mon prénom, sourit l'intéressé. Marshall Sumner, Navy SEALs.
– Jack O'Neill, Air Force.
– Votre réputation vous précède, répond l'autre militaire.
– Et vous êtes ? demande O'Neill en s'adressant à celui-ci
– Dillon Everett, USMC, et lui rend une poignée de main bien ferme.
– A vrai dire j'avais la même question que le colonel Everett, précise O'Neill. Personne ne sait pourquoi nous avons été convoqués ?
– Pour s'emparer du vaisseau ennemi, colonel, répond un cinquième homme sorti de l'ombre.

Il retire ses lunettes.

– Et vous êtes qui déjà ?
– Malcolm Barrett, assistant-directeur du NID. A votre service.
– C'est quoi ça le NID ? demande Sumner.
– C'est Pentagone. Nous ne sommes pas très connus et nous tenons à le rester.
– J'en doute pas.
– Et pourquoi je devrais faire confiance à un type issu d'une organisation que personne ne connaît et qui porte des lunettes de soleil en intérieur alors qu'il fait gris dehors, commente O'Neill.
– Parce que la mission que je m'apprête à vous dévoiler, nom de code Blacklight, est la vraie raison de toute l'Opération Mjolnir, colonel.

O'Neill efface son sourire moqueur. Barrett sait qu'il a toute l'attention de ses interlocuteurs.

– Nous allons vous briefer sur la phase 3 de l'opération, annonce Barrett. Cette phase là est top-secrète. Zeus suspecte la présence d'espions chinois ou russes, c'est pourquoi seuls nous cinq sommes, en dehors de Zeus et d'une partie de l'état-major, au courant du véritable objectif de l'opération. Aucun de nos "alliés" n'est au courant.
– Donc la conférence d'hier c'était du baratin pour leurrer les espions russes ? sourit Sumner.
– Rassurez-vous, colonel, Mjlonir n'est pas une mascarade : la B83 et les Trident modifiés existent bel et bien. Mais leur charge a été revue à la baisse et calculée pour ne pas endommager le vaisseau ennemi, juste les endommager suffisamment. Pendant que nos "alliés" fêteront la défaite de l'envahisseur, nous devrons frapper vite et fort. Les Etats-Unis ont un coup à jouer absolument historique. Une fois que les deux premières phases auront été complétées, les deux contingents de Navy SEALs et de Marines stationnés à bord de l'Alabama que commandent les colonels Sumner et Everett ici présents, emprunteront à tour de rôle l'Exonef afin d'aborder le vaisseau ennemi. Le colonel O'Neill ici présents ainsi que deux marines de la mission Chulak nous ont donné des indices précis sur les fantassins jaffas que vous pourriez rencontrer à l'intérieur et ont été affectés à l'opération. O'Neill sera donc l'officier supérieur dans cette mission, mais son rôle principal sera de piloter l'Exonef et pas le combat. Il n'interviendra directement dans l'abordage que si nécessaire. Votre mission sera de réclamer le vaisseau au nom des Etats-Unis. Toutes les tentatives pour fixer un autre ASDS sur l'Exonef se sont soldées par des défaillances techniques à cause des accélérations du vaisseau et de son incapacité à traverser une porte des étoiles, avantage que nous cherchions à conserver en cas d'urgence. L'Exonef a donc une capacité de transport maximale estimée à moins de trente.
– J'en connais qui vont devoir rester debout sourit O'Neill à l'adresse des deux autres colonels.
– Et si le plan foire et que les Goa'ulds nous écrasent ? propose Sumner.
– Remarquez bien que si les deux premières opérations échouent et que les Goa'uldbuster sont inefficaces, cette troisième phase sera toujours nécessaire, colonel. Dans ce deuxième cas de figure, vous devrez infiltrer, camouflé, le vaisseau-amiral ennemi pour capturer le commandant des opérations : probablement le Primat, Teal'c. Mais il est possible qu'Apophis lui-même soit présent. Si c'est le cas, votre objectif sera de le capturer et de l'exécuter en direct devant les CO des autres vaisseaux-mères.

Stupéfaction chez les quatre militaires qui se lancent des regardes interrogateurs.

– C'est une mission d'assassinat ? demande enfin O'Neill.
– Le NID et la CIA ont calculé que les Jaffas avaient 90% de chance de se rendre s'ils voyaient leur dieu vivant mourir sous leurs yeux.
– On peut voir la feuille de calculs ? demande Sumner. Parce que si votre équation magique marche pas on se retrouvera entouré par des milliers de jaffas totalement fanatisés. Et vu ce qu'ils ont fait à l'équipe de Kawalsky j'aime autant vous dire qu'on est morts.

Barrett sourit.

– Votre rôle n'est pas de remettre en cause la mission mais de la remplir, colonel. Nos experts en technologie alien, les docteurs McKay et Carter, ainsi que notre linguiste, le docteur Jackson, qui est potentiellement le seul à même de lire le goa'uld, feront partie du second équipage d'infiltration. Leur rôle sera de s'assurer de cette seconde étape visant à contacter les CO des autres vaisseau et à prendre le contrôle du Ha'tak.
– Envoyer des civils dans une mission pareille ? demande à son tour le colonel Everett. Déjà fait. Ils sont rentrés au bercail les pieds devant.
– Les Renseignements estiment que les risques sont calculés. Vous pourrez envoyer les civils un par un si ça vous chante et faire plusieurs fois la navette avec l'Alabama mais cette mission se devra d'être rapide, donc je doute que les circonstances vous permettront ce genre de libertés. O'Neill fera la navette entre l'Alabama et le Ha'tak pour transférer le deuxième groupe, et éventuellement davantage si plus d'un vaisseau se retrouve sur notre territoire ou notre espace aérien. Les autres Etats ne disposent pas de capacités de déploiement orbital comme celles que l'Exonef nous offre. C'est notre atout principal dans toute l'opération. J'ose donc espérer que vous saurez la ménager, dit-il à l'adresse de O'Neill.
– Elle n'aura pas une égratignure, garantit celui-ci.
– Cependant il est impératif, je dis bien, impératif , que le Primat reste en vie et assiste à la scène. L'équipe de O'Neill a échoué à convaincre Teal'c sur Chulak mais si nous lui prouvons que les Goa'ulds ne sont pas des dieux il pourrait enfin se retourner, auquel cas il sera notre meilleur atout pour rallier à notre cause les autres CO sur lesquels il a logiquement autorité. Imaginez le coup de poker : humilier les Goa'ulds, monter une rébellion, mettre la main sur une technologie alien bien supérieure à tout ce qu'on sait faire et prendre le pas sur nos alliés de circonstance, énumère Barrett sur les doigts de sa main. Je le redis, peu importe l'issue de la bataille, cette mission est cruciale. En cas d'échec de cette seconde étape, liquidez l'état-major ennemi. Le vaisseau sera un atout de poids dans la bataille.
– En admettant que l'équipe technique soit à même de l'utiliser... fait remarquer Sumner.
– Nous avons pleinement confiance dans les compétences des uns et des autres pour remplir leur mission. Les contingents du colonel Everett et du colonel Sumner prendront place dans l'Alabama le plus tôt possible et resteront en alerte. Seul Zeus en personne ou les autres membres de l'état-major américain les plus hauts placés en cas d'incapacité de celui-ci seront à même de donner l'ordre, donc l'un de vous devra justifier sa présence dans le CIC à tout instant (Strickland fait un signe d'approbation). Bonne chance, messieurs, dit-il enfin avant de quitter la pièce.
– C'est une plaisanterie ? demande Sumner, bouche bée.
– Toujours, sourit O'Neill.

17 mars 2006, 17h12
Pel'tak de l'Amùn'eth


A près de huit millions de kilomètres de la Terre, au-delà de l'orbite lunaire.
– Mon seigneur, nous sommes bien arrivés dans le Système de la Tau'ri, annonce Teal'c. Nous avons pu réajuster les cinq derniers millénaires de dérive stellaire pour recalculer la position de l'étoile comme prévu et sauter jusqu'à la troisième planète tellurique. La planète est là, affirme-t-il enfin en présentant une capture vidéo.
– Les légendes sont vraies, ajoute le pilote du vaisseau.
– Très bien, commente Apophis. Envoyez les Al'kesh de reconnaissance, ordonne-t-il à son Primat. Dites-leur de chercher toute trace de Naquadah sur cette planète mais de n'engager le combat sous aucun prétexte sans ordre de ma part. Interceptez les transmissions des Tau'ri et cherchez une montagne nommée Cheyenne.
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Chapitre 4 : Collision

17 mars 2006, 18h46,
Pel'tak de l'Amùn'eth


– Les unités de reconnaissance font leur rapport, mon Pharaon. Comme vous l'aviez anticipé par votre auguste prescience, la Tau'ri a rebâti une civilisation depuis la Rébellion de Kemet. Depuis lors ils ont dompté l'atome, et mis au point l'aviation et les réseaux informatiques. Ils semblent suivre le cheminement habituel des civilisations de type 2... mais n'ont pas encore atteint le statut interplanétaire, il marque une pause dans rapport avant de rajouter en étouffant un rire : Ils n'ont même pas de gouvernement mondial et aucun système de défense orbital.
– Alors ce sera une conquête des plus simples, sourit Apophis.
– L'absence de Naquadah dans leur écosystème solaire a du contribué à ce retard technologique, affirme le conseiller goa'uld d'Apophis. Heureusement qu'on a tout exploité la dernière fois...
– Il y a cependant un obstacle, prévient Teal'c : selon la base de données, la population tau'ri est la plus élevée jamais détectée sur aucune planète. Près de six milliards d'individus.
– Et autant de potentiels fidèles, commente le conseiller, les yeux brillants. Une telle masse ! Et sans réelle défense ? Ce n'est pas une conquête c'est un festin !
– Dois-je organiser un bombardement planétaire ? s'enquiert le Primat.

S'il n'en avait évidemment dit mot à son Pharaon, Teal'c avait été travaillé pendant les trois dernières semaines du voyage depuis Chulak par le souvenir de ces visiteurs, par ce qu'ils savaient sur lui, son mentor, sa femme et son fils. Des étrangers qui maniaient un vaisseau assez avancé pour échapper aux senseurs des planeurs et des Al'kesh, et qui venaient du Premier Monde par-dessus tout ! Son maître semblait également intrigué par cette technologie et les individus en question, aussi espérait-il ne pas avoir à les tuer afin d'en apprendre plus. Leur chef avait avancé des propositions plus blasphématoires les unes que les autres à l'égard des Goa'ulds. Etait-il tout simplement inconscient, comme ses traits d'humour déplacés le laissaient croire, ou sûr de ces affirmations car elles étaient authentiques ? Il dut, à nouveau, repousser ces pensées blasphématoires.

– Non, réponds Apophis, catégorique. L'extraction de leur vaisseau et de leur porte est prioritaire. Nerthys, un avis ?
– Ils sont peut-être nombreux mais ils sont primitifs, commente le conseiller. Une fois que nous aurons anéantis leurs forces sous leurs propres yeux, les survivants n'auront d'autre choix que de reconnaître la toute puissance des Goa'ulds, à nouveau. Et leurs descendants se souviendront de cette défaite cuisante face à la toute-puissance de la magie goa'uld pour les cent prochains siècles. Nous nous devons de faire une entrée fracassante si nous voulons subjuguer une planète aussi peuplée et inspirer une terreur immédiate. L'interconnectivité de leurs différents pays devrait leur permettre de diffuser leur propre défaite et la peur qui en découlera, le tout sur leurs propres écrans. Mais avant ça, feinter la vulnérabilité pour attirer l'ennemi dans le piège. L'espion a procédé comme prévu et m'a communiqué son rapport dès notre sortie d'hyperespace.
– Seigneur, ne craignez-vous pas leurs systèmes d'armement intra-atmosphérique ? Les éclaireurs n'ont pas eu le temps de les vérifier précisément, fait remarquer Teal'c.
– Rien qui résiste à un bouclier déflecteur, lui répond Nerthys avec mépris. Nous sommes déjà tombé sur ce genre de planètes un nombre incalculable de fois, il n'y a rien à craindre, Teal'c. C'est pourquoi nous utiliserons la stratégie de terreur habituelle en faisant apparaître les vaisseaux-mères au-dessus de leurs zones les plus densément peuplées, une fois que nous auront conquis les bases où ils dissimulent leur matériel, avant de repousser méthodiquement tout ce qu'ils pourront nous envoyer. C'est comme ça que nous imposerons à une population aussi massive la terreur générationnelle qui leur fera ployer le genoux comme jadis, la seule position que mérite un être humain dans la juste hiérarchique galactique.
– Excellent plan, ajoute le Pharaon. Surveillez leurs transmissions en directe, ne les détruisez pas. Assurez-vous que les images de leur défaite soient sur le plus d'écrans possible.
– Bien, mon seigneur. J'en déduis donc que mes jaffas auront des exploits à raconter à leurs enfants ?
– Après tant de temps à patrouiller dans les rues de Chulak, tes jaffas commençaient à ressentir l'appel du combat. Si tes guerriers ont soif de batailles, Teal'c, je vais les rassasier.

Il se lève de son siège :
– Nous lançons l'armada immédiatement. Une fois arrivés dans l'atmosphère, que les Ha'tak déploient leurs escadrons en première vague. Une fois les sites sécurisés, déployez des légions et des chars. Qu'ils mettent la main sur les technologies exotiques des Tau'ri, ainsi que tout site présentant du Naquadah. Ce sera sûrement leurs bases les plus fortifiées et les moins accessibles mais elles devront être épargnées de toute frappe orbitale, que ce soit bien clair.
– Bien, mon Pharaon, sourit Teal'c. Je mènerais personnellement l'assaut sur cette Montagne du Cheyenne !
– Non. J'ai une autre mission pour toi, Teal'c.

17 mars 2006, 19h12,
douze kilomètres d'altitude, au-dessus du Colorado


Un vent glacé venu du nord et du nord-est apporte des nuages sombres avec lui. Propulsée à plusieurs centaines de kilomètres par heure, une nuée d'avions virevolte autour de l'enclume nébuleuse d'un cumulonimbus. Pareil à un oiseau apprenant à voler à ses enfants, un énorme appareil se distingue par la place centrale qu'il occupe dans le convoi et par sa masse disproportionnée. Sur sa coque, on peut lire : From Earth with Love

– Ici Shaft. Des nuages obscurcissent la visibilité de l'escadron et des vents froids commencent à dérégler l'avionique de l'appareil. Demande permission de réduire l'altitude.

L'opérateur radio du PC prend un instant à réfléchir, ou à recevoir des consignes.

– Négatif, Shaft. Un orage électrique est à craindre mais rien de certain pour le moment. Maintenez altitude et trajectoire et attendez vos ordres.


Cheyenne Mountain, NORAD, PC de l'Opération Mjolnir

– Monsieur le Président, l'interpelle l'opérateur radar. Les cinq signaux détectés par SETI il y a 12 minutes font bien route vers la Terre. Leur trajectoire est bien trop précise pour être des météorites : leur vitesse est estimée à 5% de la vitesse de la lumière.

L'aide de camp présidentielle demeure silencieuse mais le diamètre des pupilles qui fixent l'écran principal ne trompe personne.

– Alors c'était vrai, déglutit enfin le Président en promenant un oeil hagard ailleurs au sol. Ils sont vraiment avancés, ces salauds. Hank, prévenez nos alliés sur le canal 1. Jumper, alertez l'Escadron Thunderbolt et prévenez les sous-marins balistiques qu'ils doivent être prêts à tirer sur mon ordre.
– Monsieur, l'un des vaisseaux-mères est en train de se diriger vers nous. Nous l'avons nommé Khéops 1 sur l'écran indique-t-il du doigt sur la projection informatique du radar qui semble s'ajourner chaque seconde.
– Ils ont mordu à l'hameçon, se réjouit le Secrétaire d'Etat à la défense, Landry, d'un coup de manche.
– On va peut-être pêcher un requin, répond Kinsey, livide.
– Ne vous en faites, Monsieur. S'ils voulaient nous détruire ils l'auraient fait depuis l'orbite.
– Mes renseignements et mes analyses étaient justes, se vante, souriant, l'assistant-directeur Barrett.
– Pour une fois, tacle Landry à l'adresse de Barrett. Ils vont se poser sur Cheyenne Mountain. Thunderbolt va les fumer. Et s'ils arrivent à déployer le moindre fantassin, le régiment de l'USMC stationné ici leur donnera du fil à retordre avant d'arriver à vous.
– Je vous fait confiance là-dessus, Hank. Nos alliés les ont-ils détecté ?
– Très probable : la Chine et la Russie ont positionné leurs ICBM en direction des sites estimés d'atterrissage. Toute la flotte aérienne militaire de la planète a été déployée, alors que toute la flotte civile a été clouée au sol sur le prétexte des micro-météorites. Tous les points que vous voyez sur cet écran sont des unités militaire. C'est du jamais vu.
– Près de dix-sept mille avions militaires en tout genre. Exercice militaire ou non, c'est quelque chose de voir ça ! sourit Jumper. Peut-être qu'on saura enfin quel avion de chasse vaut le mieux en engagement direct.
– Je me moque de savoir si le F-22 abat plus de chasseurs ennemis que les camelots russes et chinoises, Jumper. Je veux que vous descendiez Apophis le plus vite possible, martèle-t-il de l'index contre la surface de son bureau.

Ces deux subordonnés se regardent sans essayer de rassurer le Président davantage.

Khéops 1 à quarante kilomètres d'altitude et encore en approche. Les CO des sites de lancement et des sous-marins commencent à demander les codes d'activation nucléaire. Tout le réseau de défense est en train en effervescence.
– Ils n'ont même pas détruits nos satellites militaires, s'étonne Kinsey. A quoi est-ce qu'ils jouent ?

Et c'est ce qui effrayait Kinsey le plus au fond de lui : et si c'était Apophis qui les avait piégés. Pourquoi s'exposer autant à leur feu ? Kinsey déglutit à nouveau et s'épongea le front avec un mouchoir.

– Dites à Thunderbolt de se rediriger vers Cheyenne Mountain et de procéder comme prévu. Que les escadrons assignés à chaque groupe convergent vers le vaisseau le plus proche.
– Les autres Khéops descendent actuellement vers... les Pays-Bas, le Delta du Nil, le Guangzhou et le Bélize, énumère l'officier radar.
– Qu'est-ce qu'ils peuvent bien trouver là bas ? Hormis le Guangzhou, il y a très peu de rassemblements de population, commente Landry.
– Peut-être qu'ils viennent chercher des artéfacts qu'ils ont laissé lors de leur précédente visite, propose Barrett.
– Encore vos analyses brillantes ?
– J'aimerais vous y voir, Landry, pour profiler un tyran alien et analyser une civilisation entière à partir des blagues d'un colonel de l'Air Force qui voyage dans le temps.
– Envoyez ces renseignements aux PC des pays concernés s'ils ne les ont pas reçu et vérifier les autorisations de survol de leur espace aérien, ordonne Kinsey. On va essayer d'éviter d'abattre des avions alliés et de déclencher une troisième guerre mondiale si on peut.

Landry, qui avait fait partie du premier briefing avec Barrett et le Président savait pertinent que ce n'était pas tant l'invasion alien mais la troisième guerre mondiale qui s'en suivrait qu'il redoutait. Un tel événement aurait pu être le ciment unificateur d'une planète entière, mais devait-il devenir le casus belli d'un nouveau conflit mondial ?

– Toutes nos forces sont dans la base ? s'enquiert-il enfin.
– Affirmatif, répond l'un des opérateurs.
– Verrouillez les portes blindées.

L'alarme retentit dans toute la montagne. Au pas de course, les dernières sentinelles passent le couple de portes blindées qui se referment lentement, au rythme de la rotation rougeoyante des gyrophares, pour rejoindre les marines barricadés dans le couloir du premier niveau.

– La liaison avec Stryker 1 était-elle stable ?
– Je confirme, le capitaine Griff utilise la radio et les lignes en cas de coupure. Ils nous transmettent ces images en continu depuis un point situé à 5 kilomètres de Cheyenne, indique Jumper en désignant l'un des écrans muraux où une vidéo panoramique était focalisée sur Cheyenne Mountain.

Pareille à une gigantesque épée tranchant l'obscurité du plafond nuageux, le Ha'tak acheva sa descension sur Cheyenne Mountain et apparu au-dessus de la proéminence rocheuse principale. Ses rétropropulseurs antigravitiques ventraux s'illuminèrent pour freiner davantage la descente au point de stabiliser le vaisseau en l'air à quelques centaines de mètres d'altitude, secouant au passage la forêt de conifères qui tapissait une partie de la montagne. Sur les écrans de la salle de guerre, plusieurs caméras du périmètre de la base, ainsi que celle retransmise de loin par Stryker 1, immortalisent cette troublante épiphanie, entre apparition divine et premier contact, qui hypnotise les protagonistes présents. Un silence de mort règne dans la salle.

– Shaft, ici Zeus, décide enfin Kinsey. Lancez la phase 1 immédiatement. Vous avez le feu vert : descendez-le !
– A vos ordres, répond Mitchell en fixant son masque à oxygène avant de changer de canal radio. Escadron Thunderbolt ici Shaft. L'ennemi est arrivé et est tombé dans le piège. Nous procédons comme prévu à la mission. ETA avant largage de la bombe : 5 minutes. Il change à nouveau de canal pour s'adresser à l'équipage du Lancer : Vous avez entendu ? Parés à ouvrir la soute.


Pel'tak de l'Amùn'eth

– Mon seigneur, dix-neuf aéronefs tau'ri en approche depuis l'est, indique le capitaine jaffa. Plus d'une centaine d'autres dans un rayon de cinq cent kilomètres.
– Je ne me lasserais jamais de l'imbécilité dont font preuve autochtones lorsqu'ils tentent de résister à leur Illumination divine, soupire Apophis. Déployez la chasse !

Telles les volières de créatures infernales que le Diable aurait relâché sur Terre, les hangars latéraux du vaisseau-pyramide s'ouvrent pour laisser sortir une nuée d'étranges oiseaux qui déploient leurs ailes une fois la porte passée et montent vers les nuages à des accélérations mortelles. Un râle strident approprié à ces gargouilles de métal retentit dans toute la vallée et au-delà.


– Planeurs détectés à 60 kilomètres en approche rapide, informe l'un des opérateur satellite du NORAD. Vitesse... vitesse Mach 4.3 ! Contact dans 30 secondes. Soixante-neuf, non soixante-douze cibles détectées.
– Code IFF valides, affirme un autre. On a aucune autre unité alliée dans cette zone.
– Rien qui bouge à cette vitesse en tout cas ! répond Jumper.
– Stryker 1 confirme que les aéronefs viennent bien de Khéops 1, souligne le premier opérateur.
– Très bien, répond Shaft. Ennemi en approche à 12 heures. Autorisation de tirer !

A côté de l'image vidéo retransmise depuis le cockpit du Lancer, des icônes rouge et vertes signalisent les deux forces en trajectoire de collision directe. Les regards sont rivés sur l'écran de combat et des gouttes de sueur perlent sur d'autres fronts que celui du Président dont les mains se crispent sur le dossier d'un fauteuil.

L'escadrille lance une première volée de missiles air-air AIM-120 en direction de la vague de planeurs jaffas, encore au-delà de la ligne visuelle, qui répond aussitôt par une voéle d'armes à énergie dirigée, tout en évitant de peu la collision avec les appareils ennemis. Plusieurs planeurs sont abattus avec succès, mais Thunderbolt essuie également des pertes. Le reste de l'escadrille décrit aussitôt des arcs-de-cercle pour faire demi-tour et attaquer à nouveau tandis que les planeurs altèrent également leur trajectoire pour les poursuivre. Les deux formations jusque-là parfaitement ordonnées se muent en un instant en une masse anarchique de missiles et de charges de plasma qui fendent les nuages.

– Ils vont le faire, ils vont le faire, marmonne le Président Kinsey depuis la salle de guerre du bunker.

Dans les airs, les F-16 et les F-22 se démènent pour couvrir le Lancer qui manque plusieurs fois d'être détruit. Plusieurs chasseurs sont abattus par les tirs de plasma et se crashent aux alentours. Certains pilotes parviennent à s'éjecter mais chaque avion détruit fait monter la tension dans la salle de guerre du NORAD.

– Ici Shaft, objectif dans 20 secondes. On est au-dessus de l'objectif. Nova, ouvrez la soute, indique-t-il à l'adresse de l'officier défensif qui s'exécute.
– Merde ! Merde ! s'exclame-t-elle après plusieurs tentatives.
– Qu'y-a-t-il Shaft ? demande l'opérateur radio de liaison avec Thunderbolt.
– La commande ne fonctionne pas, répond Mitchell.
– C'est une plaisanterie ? demande Kinsey plus paniqué encore qu'avant.
– C'est pas possible, on a vérifié et revérifié tous les mécanismes. Aucun technicien n'aurait pu laisser passer ça ! s'étonne à son tour Jumper.
– Y'a-t-il une procédure d'urgence ? demande Kinsey.
– Alerte ! indique le second opérateur. Je détecte trois autres contacts à trois, six et neuf heures de Thunderbolt.
– Ils sont encerclés ! s'exclame Landry.
– Pardon ? Et vous ne les aviez pas détecté ! s'emporte Jumper à l'adresse de l'officier radar.
– Les Goa'ulds doivent aussi avoir des vaisseaux camouflés, argumente Barrett en tapant du poing sur la table. Il était optimiste de croire qu'on avait le monopole d'une telle technologie, surtout avec les renseignements lacunaires de cette saleté de vidéo !
– Redirigez toutes les escadrilles les plus proches vers Cheyenne Mountain en leur disant de mettre les gaz ! ordonne Jumper.
– On fait quoi ? demande Mitchell.

Des deux côtés, les tourelles rotatives de canons Ma'tok jumelés fixées de part et d'autre des Al'kesh déciment les chasseurs de l'Air Force qui répliquent vainement en lançant des missiles arrêtés par un champ de force.

– Bordel ces gunships ont aussi des boucliers ! s'écrie le pilote du Lancer, Ferguson.
– Nous sommes touchés ! hurle Mitchell, commandant de bord.
– Intégrité de la coque compromise, réacteur 4 détruit, indique le major Ferguson. Je commence à perdre de l'altitude.

Dans le ciel c'est un véritable carnage. Si Thunderbolt a détruit une vingtaine de planeurs et endommagé plusieurs autres durant le combat, les annonces de pertes se succèdent dans la salle de guerre au point où le dernier F-16 est bientôt éclaté en mille morceau par l'attaque-bélier d'un Al'kesh, protégé de son bouclier. Les pilotes de l'Air Force avaient donné tout ce qu'ils avaient. Mais les Jaffas, eux, s'amusaient.

– Monsieur, tous les avions de l'escadrille ont été abattu, s'écrie l'opérateur de liaison.
– On annule la mission ? demande Landry
– Impossible, ils sont piégés, répond Jumper. Il vont devoir trouver un moyen de...

Sur un signe de Mitchell, Ferguson baisse la manette de contrôle et fait descendre le bombardier à vitesse maximale vers le Ha'tak afin d'accélérer sa chute, évitant au passage plusieurs planeurs qui se dirigeaient vers lui. Cette manœuvre est retransmise sur l'écran central depuis la vidéo, de faible qualité, de Stryker 1.

– Shaft, qu'est-ce que vous faites ? reprend Jumper.
– Nous terminons la mission, général. Nous n'avons aucun moyen de rentrer. La soute s'ouvre pas mais avec un peu de chance, la bombe passera à travers si vous l'activez à distance.
– Elle profitera de l'impact pour être éjectée du bombardier et de la gravité pour retomber vers Khéops 1. Comme le modulateur à fréquence est actif elle passera le bouclier après quoi on n'aura plus qu'à l'activer ! s'exclame Barrett. C'est très risqué mais ça peut marcher...
– Impact dans 29 secondes, indique l'opérateur de liaison.

Kinsey réfléchit une seconde :

– Nous activerons les codes avec un décalage d'une seconde pour éviter que les ogives nucléaires n'explosent à l'impact. Mais les chances que la bombe modifiée n'explose pas avec les autres sont minimes, lieutenant-colonel.
– Je sais, mais on a plus que ça, vous l'avez dit non ? puis il se tourne vers le reste de l'équipage du Lancer. Je suis désolé les gars, si vous voulez aller faire du parachute c'est maintenant ou jamais !

Les trois autres officiers restent à leur poste, et Ferguson maintient la manette en trajectoire de collision.

– C'est bien ce que je pensais ! Prêts à recevoir la Médaille d'Honneur ? demande-t-il, fidèle à ses plaisanteries et provoquant, une dernière fois, l'hilarité de l'équipage. Alors Hourra !

Les cris retentissent dans le cockpit de l'avion qui accélère sa chute, avant de s'écraser à toute vitesse contre le bouclier. Au moment où la montagne fut comme prise de convulsions et que de la poussière jaillissait du plafond, les caméras extérieurs deviennent aveugles et les micros muets. Le champ EM avait perturbé les systèmes vidéos et radar. Au bout de plusieurs minutes qui parurent une éternité, le capitaine Griff reprend contact :

– Zeus, ici Stryker 1. Nous confirmons l'explosion du Lancer, mais y'a encore trop de poussière et de fumée. Confirmation dans 10 secondes.
– On l'a eu ? s'exclame Kinsey. Voilà ce qu'il se passe quand on attaque l'Amérique !

Les vents finissent de soulever la poussièr : les soldats présents dans le VAB ont à présent l'horreur de contempler, sans une égratignure, le vaisseau-pyramide.

– ICI STRYKER 1 LA CIBLE EST INTACTE JE REPETE LA CIBLE EST INTACTE !
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Chapitre 5 : Mauvais perdant 1/2

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– Merde, Mitchell est mort ! annonce Strickland.

Le docteur Carter recule d'un pas. L'effroi qui la travaillait depuis le soir précédent venait en une phrase de se muer en terreur qu'elle peinait à masquer.

– Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! demande O'Neill, incrédule.
Thunderbolt a été réduite en cendres par des appareils furtifs, confie Strickland. Des appareils similaires à l'espèce de gunship que vous avez abattu sur Chulak d'après NORAD.
– Chier, commente O'Neill. On fait quoi ?
– Je ne comprend pas, dit Carter, le modulateur de fréquence aurait du fonctionner !

Elle était terrifiée. Son plan avait-il échoué à cause d'elle ? Venait-elle de condamner le futur de la Terre à cause d'une erreur d'inattention ou d'une virgule mal placée dans les calculs de la bombe et du modulateur ? Elle tentait de repasser dans sa tête toutes les équations sans trouver d'erreur mais le stress perturbait ses pensées. Les Goa'ulds étaient-ils simplement plus malins qu'elle ne l'avait anticipé ? Des sueurs froides venaient s'ajouter à un rythme cardiaque de plus en plus rapide et à une respiration laborieuse.

– Négatif, docteur. Tunderbolt 1 a été détruite avant, répond Jumper à distance via le micro. Shaft a indiqué juste avant que la soute refusait de s'ouvrir. Lui et son équipage ont tenté une dernière manœuvre en profitant de l'impact pour ouvrir la soute, laisser la bombe passer le bouclier en activant le modulateur et enfin activer les codes nucléaires à un intervalle d'une seconde. C'était bien tenté mais toute l'escadrille Thunderbolt a été anéantie.
– Un dysfonctionnement ? demande Strickland à l'autre bout du téléphone sur haut parleur dans la salle de guerre de Cheyenne Mountain.
– Ou un sabotage ? suggère Jumper.
– Ou peut-être qu'un tir de plasma a atteint la soute et bloqué le mécanisme ! propose Landry. On n'en sait rien !
– Arrêtez vos conneries, Apophis ne peut pas avoir d'espion sur Terre ! se défend Barrett, responsable du contre-espionnage dans ce cabinet d'urgence et s'adressant indirectement au Président qui restait silencieux. Les jaffas ont activé la porte pendant trois semaines d'affilé depuis Chulak pour nous empêcher de partir. L'entrée de la porte était scellée et le niveau 28 était gardé 24h sur 24. On a attendu jusqu'au dernier moment pour évacuer le plus de personnel possible sur une planète mais ils ont continué : personne n'est passé ! J'en suis certain,
Kinsey demeurait silencieux, le regard fixé sur l'écran où le vaisseau-pyramide trônait encore, comme pour asseoir son triomphe.


17 mars, 19h22 (heure du Colorado),
Pel'tak de l'Amùn'eth


– Le plan a fonctionné comme prévu. Je dois dire que j'admire leur esprit de sacrifice. Ils feront d'excellents sujets, commente Nerthys.
– Tes espions sont vraiment les meilleurs, Nerthys, répond Apophis avant de se tourner vers l'écran vidéo. Teal'c, a toi de jouer. Aborde le submersible tau'ri et ramène moi leur vaisseau et la femelle tau'ri qui était venu sur Chulak.
– A vos ordre, seigneur, répond Teal'c en s'inclinant avant de désactiver la vidéo et de disparaître de l'écran tactique du pel'tak.


Quelque part au-dessus de l'Océan Atlantique, 19h23 heure du Colorado, soit 22h23 heure locale.

Le Primat quitte la cabine de pilotage de l'Al'kesh pour se diriger vers la soute d'embarquement des anneaux où il retrouve quatre autres prétoriens en train de régler leur armure.

– Guerriers de Chulak, écoutez-moi. L'heure est venue. Nous avons reçu une mission de très haute importance de la part du Pharaon. Nous allons devoir infiltrer un véhicule submersible tau'ri dont les détecteurs ont pu trianguler la position à cause des traces radiologiques laissées par un espion à l'intérieur. Il semble que les Tau'ri aient eu accès à une technologie furtive similaire à celle d'un Al'kesh. Il est donc possible qu'ils en aient d'autres. En prenant en compte ces indications et les courants sous-marins, l'ordinateur de l'Al'kesh a repérer ce véhicule qui sillonnerait l'océan que nous survolons à une profondeur de quinze mètres. Notre mission est de l'infiltrer et de désactiver l'occulteur pour découvrir ce qu'il cache et comment ils disposent d'une technologie capable de passer les boucliers à particules. L'Al'kesh va passer au-dessus de la zone et nous larguer en altitude afin de ne pas attirer l'attention.

Les cinq jaffas prennent place au milieu des anneaux. Le Primat fait un signe de tête à un autre jaffa qui active le téléporteur. Les mécanismes nanotechnologiques comprimés dans une sorte de capuchon placé au recto du pectoral se déploient pour assembler des casques zoocéphale évoquant un animal entre le cobra et la raie manta. Cette particularité de la garde rapprochée indique non seulement le rang supérieur de ces jaffas mais également leur allégeance par l'animal représenté, en l'occurrence le cobra apophisien. D'autre part, le masque blindé assure une étanchéité idéale pour le combat EVA, ou aquatique ici, ainsi qu'une protection contre la plupart des projectiles qu'un peuple primitif peut opposer à des guerriers jaffas. En lieu et place d'une visière, un ATH holographique interne donne au jaffa toutes les informations tactiques, dont une image vidéo infrarouge captée depuis les yeux brillants du cobra. Une telle configuration permet non seulement une résistance à la différence de pression, aux gaz toxiques, aux balles et aux températures extrêmes mais permet également de symboliser une hiérarchie dans la chaîne de commandement jaffa, indissociable de son cursus honorum militaire, le tout en inspirant la terreur chez les peuplades primitives.
Les cinq jaffas, lance Ma'tok canon vers le bas et en travers du dos, rapprochent les jambes et croisent les bras pour occuper le moins d'espace possible et faciliter leur insertion, alors que les anneaux s'élèvent depuis une alcôve tracée dans le plancher. Au même moment, toujours camouflé, l'Al'kesh stabilise sa descente au-dessus de la mer et active ses anneaux de transfert. Suspendus quelques instants dans le vide, les cinq jaffas sont bien vite rattrapés par la gravité. Ils plongent après une chute libre d'une trentaine de mètres et percent la surface de l'océan. Une fois sous l'eau, la nanotechnologie de l'exoscaphandre se modifie légèrement pour donner une allure hydrodynamique à l'armure en lissant les angles et en dotant les semelles d'extensions palmaires. Une série de rétro-propulseurs à hydrojets répartis sur l'armure s'activent pour accélérer la vitesse et la mobilité des jaffas tout en évitant de laisser la signature énergétique d'un système de propulsion trop puissant pouvant trahir sa nature technologique auprès de systèmes radar, même primitifs, de l'ennemi. L'Al'kesh ne les a pas déployé au-dessus du sous-marin mais dans la trajectoire attendue de celui-ci afin de leur laisser le temps de descendre selon la procédure d'abordage. Une fois sa tâche effectuée, le bombardier furtif remonte dans le ciel nocturne.
Telles d'inquiétantes sirènes serpentines aux yeux rougeoyants, semblables aux Nagas des mythes hindoues, les cinq jaffas continuent leur catabase sous-marine dans le silence de leurs casques insonorisés.

CIC de l'Alabama

– Qu'est-ce que c'est ? s'enquit le capitaine Strickland en regardant sur le sonar.
– A cette profondeur ? Un banc de poissons, nécessairement, lui répond l'officier sonar, Michaelsen.

Soudain, les Jaffas commencent à détecter l'écho, diffus, du ping caractéristique d'un sonar sans le voir malgré l'image holographique renvoyée dans leur ATH. Brusquement, comme surgit du néant, l'immense bestiol d'acier apparaît devant eux à plusieurs dizaines de kilomètres/heure et manque de faucher une partie de la troupe. Teal'c évite peu la collision avec le léviathan de fer et utilise les hydrojets thoraciques de son armure pour s'éloigner de la proue in extremis. Passé cette surprise, les Jaffas remontent de quelque peu et arrivent à agrippent leurs semelles magnétiques à la coque, avant de remonter à pied sur la partie dorsale pour s'approcher des cellules VLS.

19h26,
Cheyenne Mountain


Le Président sait qu'il ne peut temporiser davantage. Les alliés ont déjà déployer toutes leurs forces navales et aériennes à travers le monde en vue d'intercepter les envahisseurs, mais tous attendaient le signal des armes secrètes détenues par les USA. Qu'ils aient été doublés ou non, l'échec de l'opération allait faire paniquer les autres états-majors qui détectaient bien que Khéops 1 était intact. Kinsey du se résoudre à parier sur un dysfonctionnement. Mais si un espion était bien présent dans son propre cabinet ou ailleurs, cette seconde phase n'allait-elle pas être anticipée elle-aussi ? Valait-il mieux ne rien faire ? Et si un espion était là, qui ? Barrett ? C'était lui qui dirigeait les renseignements après tout.

– Passez-moi le Conseil de Sécurité, ordonne-t-il enfin à l'officier de liaison interarmes.

Les images vidéo prises depuis quatre autres salles de guerre s'affichent, déjà en communication entre elles.

– Ici Zeus. Je suis au regret de vous annoncer que l'Opération Thunderbolt a échoué à cause d'un incident technique qui n'est pas imputable à la bombe modifiée, c'est pourquoi la seconde phase tient toujours. Je recommande, comme prévu, d'envoyer simultanément toutes nos forces sur l'ennemi et de prier pour que les MIRV modifiées ne soient pas détruites dans le lancement.
– Est-il possible que cet Apophis ait des espions dans votre entourage ? propose le président chinois Hu Jintao dans un anglais imparfait.
– Pourquoi moi ? s'indigne Kinsey.
– C'est vous qui avez envoyé des hommes à travers la porte des étoiles en premier lieu, non ? rappelle le ministre de la guerre de Russie.
– Peut-être qu'ils ont intercepté nos communications ? suggère le Ministre de la Défense de France dans un anglais tout aussi imparfait.
– Les lignes de communication sont souterraines, corrige son homologue britannique.
– Ils ont pu hacker nos satellites mais c'est tout. Nous n'avons détecté aucun vaisseau alien le long de ces lignes. Il doit s'agir d'un incident technique, répond Kinsey, craignant que la piste d'un espion ne prenne de l'ampleur.
– Ou d'un espion, propose à nouveau le président chinois pour le plus grand inconfort du Président américain.
– Peu importe, balaie celui-ci d'un revers de la main. Les vaisseaux goa'ulds sont en orbite basse, nos missiles intercontinentaux et nos avions sont à portée... et mes experts me garantissent que leurs boucliers sont de 60% moins puissant à cette altitude à cause de la densité atmosphérique et d'un truc qui a avoir avec la gravité et le champ de magnétique... enfin bref je me souviens plus trop mais c'est le moment idéal pour frapper. Nous avions envisagé cette possibilité depuis le début.
– Les mêmes experts qui ont négligé cette défaillance technique ? répond son homologue chinois en levant un sourcil.
– Ecoutez-moi, si je voulais vider l'arsenal nucléaire du monde entier, j'aurais trouvé autre chose, se défend Kinsey. Dois-je vous rappelez qui a actuellement un vaisseau alien susceptible d'être atomisé au-dessus de sa tête ? Une fois qu'ils auront quitté l'atmosphère, on ne pourra plus les atteindre. Ce sera trop tard ! Pour l'instant nous devons utiliser toutes nos ressources à disposition et lancer une attaque combinée pour dépasser leurs défenses. Etant donné qu'Apophis n'a pas été touché par notre première bombe, et qu'il est impossible qu'il aie pu connaître un tel plan, il doit sous-estimer encore davantage les autres dont nous et le Royaume-Uni disposons. Par conséquent il prendra encore moins de précautions quant à leur interception.
– Dois-je vous rappelez, messieurs, que cette stratégie a été longuement discutée et acceptée par tout le monde ici présent ainsi que vos chefs d'Etat. La phase 1 a échoué à cause d'un malheureux incident technique mais le plan de contingence était clair en cas d'échec. Notre SSLB est près à envoyer les MIRV modifiées en même temps que les autres, vient en appui le représentant anglais, Lord Stirrup, il est à moins de 40 secondes de portée du vaisseau extraterrestre d'Europe, votre SSLB est-il en position pour la manœuvre ?
– Merci, Lord Stirrup, remercie Kinsey. L'ordinateur a calculé l'ordre de lancement que je vous envoie, en fonction de la distance des Khéops et des Goa'uldbuster réparties dans les Vanguard et les Ohio qui déployés à travers le monde. Il faudra lancer cette procédure simultanément au risque de faire fuir les autres vaisseaux si un seul d'entre eux est abattu. Un seul s'en sort et on est perdu. Cette seconde phase est notre meilleure option mais on n'aura pas de troisième chance.
– Très bien, Kinsey, nous enverront nos missiles en couverture. Mais c'est tout ce qu'il nous reste. En espérant que vous n'ayez pas échoué dans cette seconde tâche, ajoute le ministre russe.
– Et qu'Apophis n'anticipe pas cette seconde phase, ajoute Hu.

Soudain, Landry vient murmurer une information à Kinsey.

– Excusez-moi, messieurs, mais mon QG est compromis : Apophis est en train de déployer des troupes au sol. Je tiendrais le plus longtemps possible. Bonne chance à tous.

Une fois l'écran éteint, Kinsey souffle un coup et s'éponge le front. La thèse d'un espion devenait de plus en plus problématique.

– Passez-moi l'Alabama, demande-t-il. Capitaine Strickland ? Nous passons à la seconde phase de l'opération.
– A vos ordres, répond Strickland de l'autre côté du micro.
– Et si le modulateur ne fonctionnait pas ? demande le Chief of Staff. On répéterait le même échec.
– Quand le lieutenant-colonel a crashé le bombardier et activé à distance la détonation des bombes, Goa'uldbuster I a été vaporisée avec les autres avant d'avoir franchit le bouclier. Les chances pour que la bombe modifiée soit juste éjectée par le crash et que le modulateur lui permette de franchir le bouclier était de toute façon infinitésimales, répond Barrett. Pas besoin de faire intervenir des théories délirantes de complot là-dedans.
– Pourtant c'est un peu votre spécialité au NID, non ? répond Jumper.
– Donc on envoie sur les Goa'ulds tout ce qu'on a ? demande le Secrétaire de la défense. Ça nous laissera sans défense une fois qu'on aura tout envoyé.
– Oui, répond Kinsey. Maintenant c'est tout ou rien. Contactez les C.O.s de tous les sous-marins balistiques et de tous les sites de lancement et envoyez-leur la procédure. Faites de même avec les QG des nos alliés.

Landry savait bien que si tous les arsenaux du monde étaient vides et les capacités de projection réduites à néant, les USA auraient une suprématie totale une fois la mainmise sur le Ha'tak. Mais si le vaisseau était détruit, les USA seraient plus vulnérables que jamais et si un ou plus échappait à Mjolnir, à cause de cet espion, Apophis ne se laisserait pas avoir deux fois et ne laisserait plus aucune chance à ses proies désarmées. Cependant, il n'osait imaginer ce qu'un second échec pourrait signifier et conclue qu'il valait mieux sacrifier tout leur arsenal au profit d'une victoire hypothétique.

19h30 (22h30 heure locale)
USS Alabama


Les codes transmis et confirmés dans l'ordinateur, les deux clefs d'activation nucléaire du CO, Strickland, et de son XO, Barnes, tournent simultanément dans leurs serrures respectives, initiant la séquence de lancement.

– Très bien, lancez les Trident 1 à 12, ordonne le capitaine. Nous visons Khéops 1 et 5.

Océan atlantique, 30 m sous la surface

Les trappes des cellules de VLS s'ouvrent sous les regards ébahis du commando jaffa, laissant échapper quelques bulles d'oxygène.

– C'est le moment, ordonne le Primat.

La surface déjà perturbée de l'océan se voit tourmentée par une série de missiles Trident. La totalité des sous-marins balistiques tau'ri à travers les océans lancent leurs propres missiles en couverture. Les calculs ont permit d'ordonner les tirs afin que les missiles touchent les cibles les plus proches dans l'intervalle le plus réduit possible, compte tenu de leur éloignement respectif. Sur l'écran tactique du NORAD comme celui, plus avancé et précis, du pel'tak d'Apophis, la trajectoire des missiles et les déploiements de chasseurs indiquent une convergence vers les cinq Ha'tak.


Pel'tak de l'Amùn'eth

– Mon seigneur, les Tau'ri ont commencé à déployer leurs missiles balistiques comme prévu, informe l'officier radar du pel'tak. Ainsi qu'un grand nombre d'intercepteurs atmosphériques. Bien plus que la première vague.
– Très bien. Déployez tous les planeurs et les Al'kesh camouflés, ordonne-t-il à l'officier de liaison du groupe aérien. Pas de quartier.
– Le premier bataillon a été déployé avec succès et tente de percer les portes blindées, ajoute un troisième jaffa affairer à sa console, l'officier tactique.


Cheyenne Moutain

– Temps avant impact ? demande Kinsey.
– 277 secondes pour que ceux de l'Alabama n'atteignent Khéops 1 ici-même et 5 au Bélize, indique l'opérateur. Les Goa'uldbuster du HMS Vengeance seront lancés dans un peu plus de deux minutes pour abattre simultanément Khéops 2 en Europe. Le HMS Vanguard a déjà lancé les siens il y a 120 secodnes et s'occupera de Khéops 4 en Egypte d'ici 50 secondes. L'USS Maryland enverra les siennes sur Khéops 3 en Chine d'ici une dizaine de secondes.
– Plus de quatre mille six cent têtes nucléaires lancées simultanément, calcule Jumper. Aucune chance que la défense de point des Ha'tak ne les intercepte tous. Cette fois on les aura.
– Si Colorado Springs part en fumée je serais tenu pour responsable non ?
– Monsieur nous avons évacué toutes zones habitées dans un rayon de trente kilomètres, lui répond Barrett. Seule une poignée de gens n'aurait pas cru à la version officielle de l'évacuation et serait passée entre les mailles du filet d'après le commandant de la Garde nationale. Si ces tarés veulent assister au feu d'artifice ce sera à leurs risques et périls.

Kinsey ouvre enfin la mallette, jette un regard suspect devant son cabinet de guerre et souffle un bon coup.

– Vous êtes sûr que la montagne peut supporter une explosion nucléaire ?
– Monsieur le Président, les systèmes de visées des nouveaux Trident II que nous venons d'installer sont bien plus précis que les précédents, un tir allié est peu probable. Dans tous les cas nous sommes sous 700 mètres de granit et de béton et les portes blindées sont conçues pour résister à des explosions de plusieurs dizaines de mégatonnes à une distance de deux kilomètres. Sachant que le Ha'tak et son bouclier nous serviront de parapluie. Ce complexe a été conçu pour ça, nous sommes en parfaite sécurité maintenant activez les missiles ou le plan tombe à l'eau.

Étouffant une protestation, Kinsey se résout à taper le code.

– On y est, pas de retour possible, annonce-t-il.

Mjolnir est lancée. A travers le monde des centaines de missiles sont tirés en cloche. Les premiers étages des fusées de lancement tombent les uns après les autres tandis que les Trident, Minutemen et équivalents des autres pays atteignent une altitude d'une centaine de kilomètres en près de deux à trois minutes. Après quoi la MIRV se divise entre les têtes nucléaires et les leurres électroniques et passe en phase de rentrée atmosphérique, son système de guidage braqué en direction des cibles, cinq au total.


19h33 (3h33 heure locale, 18 mars 2006),
Pays-bas.


Comme des milliers de flèches embrasées tirées depuis le ciel à des vitesses hypersoniques, les têtes nucléaires s'abattent sur les Ha'tak qui éliminent une partie des projectiles. Si les premiers s'écrasent sur les boucliers sans endommager le vaisseau, plusieurs sont abattus préventivement par les tourelles plasma de défense de point. Sur chaque volée, les tourelles plasma des Ha'tak détruisent la majorité des projectiles sans difficulté. La réaction en chaîne nucléaire, programmée à la seconde près, n'ayant pas encore été enclenchée, les missiles détruits avant l'impact prévu se contentent d'être détruits sans entraîner d'explosion nucléaire. De temps à autre, un ou deux missiles se faufilent entre les salves automatiques des tourelles du Ha'tak et explosent en révélant la présence et la forme sphérique et aplatie du bouclier. Pourtant l'un d'eux, impossible à distinguer des autres de prime abord, passe mystérieusement le bouclier, entre dans le hangar ouvert des chasseurs à toute vitesse et explose, entraînant une série d'explosions en chaîne dans un bon tiers du vaisseau-pyramide. Il n'a pas atteint le réacteur à fusion central mais l'équivalent de près de 500 kilotonnes de TNT a percé un trou béant dans la coque. Pire encore pour le vaisseau : l'explosion est contenue et réverbérée par le bouclier pour endommager davantage le vaisseau qu'il est censé protégé. Ses boucliers cessent finalement d'émettre, avec la destruction probable des systèmes de projection énergétique, mais le mal est déjà fait. Les quelques missiles suivants achèvent le titan, avant que les ogives n'ayant pas encore atteint le vaisseau ne soient désarmées à distance à l'aide des mallettes secrètes quelques instants plus tard par les chefs d'Etat respectifs auxquels ils appartiennent pour prévenir davantage d'explosions nucléaires. Les missiles ainsi désactivés se contentent de tomber dans l'océan ou de heurter la coque sans exploser davantage.

– Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'exclame Nerthys.
– L'un de leurs missiles à passer le bouclier de l'Amùn'ra au dessus de Thulé ! indique l'officier radar.
– Ils en avaient d'autres ! s'exclame Apophis.
– Ordonnez un repli stratégique immédiat en dehors de la portée de leurs missiles, s'exclame Nerthys.
– Que fait-on pour l'Amùn'râ ?
– Laissez-le tomber, il est perdu, ordonne le conseiller goa'uld. Préparez un saut d'urgence.

Le vaisseau-amiral de la flotte, l'Amùn'eth, commence sa lente ascension vers l'orbite terrestre et s'éloigne de Cheyenne Mountain.

– HOURRA ! hurle-t-on dans le bunker souterrain.
– L'une des MIRV a fonctionné ! s'exclame Jumper.
– Sir Stirrup confirme que le Vengeance a détruit Khéops 2 au-dessus des Pays-Bas, indique Landry le téléphone à la main.
– Il devrait se crasher à onze kilomètres d'Arnhem dans moins d'une minute, calcule l'opérateur.


Europe du nord, 3h34 heure locale

La plupart des plaques gravitiques ventrales détruites, Khéops 2 commence à perdre de l'altitude alors que sa masse de cinq mégatonnes se doit d'obéir à nouveau aux lois de la gravitation. Il entame lentement sa chute vers une zone inondée de la côte néerlandaise tandis que les rétropopulseurs de descension luttent pour ralentir la chute, au prix d'explosions secondaires témoignant de l'énergie envoyée vers ce qu'il reste du système d'atterrissage d'urgence. Dans les airs, des escadrons de Rafales et d'Eurofighters Typhoon pourchassent les derniers planeurs en déroute.


Cheyenne Mountain, 19h34 heure locale

A une dizaine de kilomètres de l'Amùn'eth, plusieurs salves de missiles tirés depuis le Pacifique, le continent et l'Atlantique se rapprochent de Khéops 1 qui tente désespérément de les détruire avec sa défense de point tout en entamant une lente ascension. Mais difficile de viser des missiles allant à plus de vingt fois la vitesse du son. A leur tour, les MIRV éclatent en une nuée d'ogives plus petites et plus difficiles à viser. Plusieurs centaines au total. Si la majorité est abattue avant que la masse supercritique n'aie transformée chacune des ogives en bulle de plasma, une trentaine d'ogives touche quand même le bouclier qui essuie l'équivalent d'une vingtaine de mégatonnes.


Colorado Springs, 19h34 heure locale

– Oh bordel !
– Arrêtez de paniquer je vous dis tout ça c'est des conneries. Infowars le dit que c'est suspect ces conneries de chute de météorite et d'exercice géante. Donald relève-toi y'a rien du tout là !
– Le sol tremble drôlement pour des hologrammes tu trouves pas ?
– Vous êtes vraiment des chochottes. Blue Beam c'est des hologrammes je vous dis. La NASA prépare ce plan depuis plus de trente ans, c'est juste que c'est très réaliste. Tu vois, Kelly, je vais enfin prouver à tous ces nazes du bahut que j'avais raison depuis le début. Ils se foutaient de moi en classe maintenant tu vas voir. C'est rien que du cinéma tout ça ! Regardez comme c'est beau putain !

En fond on entendait le son strident des ICBM qui suivait de plusieurs secondes leur passage à des vitesses supersoniques. Le ciel était couvert d'une sorte d'arcs de foudre en ligne droite. Au loin au-dessus du point culminant de la montagne des éclats aveuglants,auxquels succédaient de légers séïsmes, brillaient régulièrement.

– T'es sûr Trent ? Car je sens que le sol tremble là ! Les arbres qui se couchent aussi c'est des hologrammes ? s'inquiète Kelly.
– J'ai mal aux yeux, ces putains de lunettes de soleil protègent rien du tout ! s'exclame Donald. On aurait peut-être du évacuer avec les autres ?
– Pour rien au monde j'aurais loupé un truc pareil ! se défend Trent.
– Attention, y'a encore eu un flash ! Je vois plus rien !

Trent s'avance en étendant les bras de part et d'autre. Furieuses de ne pas avoir traversé les déflecteurs du Ha'tak, les bombes à hydrogène étendent leurs ondes de choc dans tous les sens pour apaiser leur couroux, soufflant ou terrassant des pans entiers de forêt dans les environs de la vallée de Cheyenne Mountain dont celui où le trio tenait son point d'observation.

Plus haut dans la vallée, le M1135 NBCRV qui servait de base mobile à Stryker 1, un véhicule de transport blindé à huit roues prévu pour la surveillance en territoire irradié, entre autre, résiste bien mieux que le malheureux trio d'adolescents aux ondes de choc qui le font néanmoins trembler.

– C'est pas bientôt finit cette merde ? demande Murphy, affecté à la surveillance visuelle et radar. Si la Navy continue de bombarder Cheyenne Mountain comme ça y'aura plus de montagne à la fin !
– C'est sûr que ça dégage l'horizon, précise Pearce, aux communications. Avec un peu de chance ça va raser cet immondice de Colorado Springs et on pourra rebâtir un truc bien propre par-dessus ! J'espère que les couillons qui pensaient à des hologrammes ont mis leur crème solaire car ça va griller.
– Si Zeus lui-même est dessous tu te doutes bien qu'ils vont pas tout faire péter, c'est pas le plan, rappelle Griff.
– Vous êtes sûr qu'on va les fumer ces connards ? s'inquiète le conducteur.
– Faut écouter pendant les briefings, Banner. Le docteur Carter a tout expliqué, répond Griff, le chef du véhicule.
– Je suis sûr que tu t'es concentré sur ses explications à dormir debout plutôt qu'autre chose, sourit Pearce.
– C'est bien le moment ! répond Griff.
– A propos j'aurais du honorer ma femme une dernière fois avant de crever.
– Détends-toi Banner, répond Pearce. Il va rien t'arriver. Le plan de la blondinette de la NASA va marcher comme sur des roulettes, on va renvoyer Apophisdepute dans sa galaxie illico et ensuite tu pourras honorer ta femme.
– Comme sur des roulettes ? Thunderbolt a été réduite en bouillie, s'inquiète Banner. J'ai un mauvais pressentiment.
– Ils nous ont vraiment refilé la plus grosse chochotte de la division c'est pas possible, s'exclame Pearce, dissimulant peut-être un stress équivalent au conducteur derrière ses plaisanteries.
– Attendez il se passe quelque chose ! les interrompt Murphy, les yeux plongés dans un périscope émaillé de filtres pour réduire la luminosité des flashs nucléaires.

Cheyenne Mountain, 19h36 heure locale

L'une des Goa'uldbuster est détruite anonymement au-milieu de la volée mais la seconde parvient à passer le bouclier, à s'écraser sur la partie ventrale du vaisseau et à imploser à l'instant prévu, à un kilomètre d'altitude au-dessus du sommet de la montagne. Un second flash nucléaire vient aveugler les opérateurs du M1135 de surveillance.

– Ici Stryker 1, le vaisseau-mère vient de disparaître, informe Griff via le micro.
– Il a été détruit ? se réjouit Kinsey.
– Difficile à dire, Monsieur. Il a été aspiré dans une sorte de flash multicolore au milieu des nuages... Je saurais pas vraiment décrire ça. J'ignore s'il a été détruit mais il n'est plus là. Je vous envoie les images dès que l'IEM est passée.
– Khéops 4 et 5 ont détruit les Goa'uldbusters, indique le même opérateur sur un ton moins enjoué... Alerte, celle de Khéops 5 a passé les boucliers mais a été détruite avant de toucher la coque, occasionnant cependant des dommages à la coque. Bouclier toujours actif. La flotte combinée de Mer de Chine lui envoie tout les missiles de croisière qu'elle peut mais elle essuie une contre-attaque, indique l'officier tactique. Le Kouznetsov est en train de couler ! ALERTE ! Khéops 5 a été touché par un sorte d'arme à énergie dirigée depuis le croiseur Kirov ! explique l'officier radar en appuyant son propos par l'événement pris depuis plusieurs caméras différentes : celle d'un satellite et plusieurs images émises depuis les navires de guerre américains présents sur place. Son bouclier est tombé ! Le vaisseau commence à essuyer directement des missiles. Il tente une évasion. Attendez. Des missiles de croisière viennent d'atteindre sa partie ventrale. Explosions secondaires en série.

– Avec quoi ils leur ont tiré dessus ? s'interroge Landry, les yeux écarquillés.
– Barrett, je croyais que le projet sino-russe de "rayon de la mort" c'était de la théorie du complot sur Internet ! s'énerve Kinsey.
– Moi aussi, monsieur, je ne comprend pas.
– Et bin comprenez ! Vous êtes ici pour renseignez, Barrett et je viens d'apprendre en un mois que la moitié de ce que dit Infowars est vrai ! Depuis quand les Russes ont une saloperie de rayon laser ?

Si les Russes et les Chinois disposent d'un truc pareil, ils pourraient surtout détruire le Ha'tak, se dit-il intérieurement. Chier. Va falloir demander à la Septième Flotte de faire péter le Kirov. Si je demande à l'amiral Clark il va encore s'opposer à mes décisions et je suis pas sûr que son successeur m'obéisse. Et s'ils en avaient d'autres des armes comme ça ? Merde merde merde !!!

– Khéops 3 devrait se crasher à 150 kilomètres des côtes de Taïwan. Khéops 4 bat en retraite et vient de quitter la Vallée des Rois, reprend l'opérateur radar. Attendez je crois que son orbite se stabilise.
– Qu'en est-il des autres forces ? demande Kinsey en reprenant son calme.
– Les chasseurs alliés éliminent en ce moment leurs derniers planeurs au-dessus de l'Europe et de l'Asie du sud. Il en resterait moins d'une centaine.
– Et celles de Cheyenne Mountain ?
– Khéops 1 aussi a disparu, annonce Landry en désignant la caméra de Stryker I et le radar. On les a eu ! Il a abandonné les jaffas au sol.
– Comment ils ont survécu ? s'étonne Kinsey.
– Les explosions ont eu lieu à 1 km d'altitude, et il semble que leur transporteur de troupe soit aussi doté d'un bouclier pour protéger ses troupes.
– Et à vu d'oeil leurs fantassins ont l'air de porter les mêmes exoscaphandres à tête de serpent que sur Chulak, je suis sûr qu'ils doivent avoir un truc anti-radiation dedans les fumiers, ajoute Landry.
– Très bien, je veux une contre-attaque immédiate sur les jaffas qui assiègent la porte d'entrée, Hank. Envoyez les chars, les hélicos et tout ce qu'on a. Et essayez de filmer un peu l'opération histoire de montrer à la population que son armée a repoussé la menace et les protège, ça doit commencer à paniquer à travers le pays, admet-il en regardant différents JTs sur l'un des écrans de la salle de guerre et transmettant toujours la même image, malgré les différences de luminosités du décalage horaire, c'est-à-dire d'immenses soucoupes volantes surmontées d'une pyramide.
– A vos ordres, sourit le Secrétaire en activant son oreillette. Makepeace ? Vous avez une caméra sous la main ?

– Allez les filles, c'est l'heure de voir ce que E.T. à dans le ventre ! hurle l'officier supérieur du bataillon de l'USMC, debout sur le char d'assaut de tête de la division blindée. Vérifiez que vos combis NBC son bien mises si vous voulez pas avoir un troisième testicule !

La porte d'entrée s'ouvre et les chars Abrams, flanqués de deux colonnes de fantassins au pas de course, commencent à remonter le demi-kilomètre de tunnel qui les séparent de la sortie du complexe à une allure de dix kilomètres/heure. Engoncés dans leurs combinaisons verdâtres et exhibant des masques respiratoires impostants, les marines sont semblables à des moines de la peste des temps modernes, prêts à en découdre avec les Jaffas stationnés à l'entrée du tunnel, au milieu du paysage apocalyptique des forêts décolorées par les explosions nucléaires.

Kinsey regarde sa montre : 19h41. Toute l'opération n'avait pas duré trente minutes. Mais si la phase 1 avait échoué, la phase 2 s'est déroulée sans accroc. La tactique, réglée comme une horloge suisse, a permit d'abattre simultanément les vaisseaux ennemis. Une guerre de trente minutes, peut-être suivie par une autre plus longue si les Russes avaient vraiment une arme de la dernière chance développée en secret.


USS Alabama, 19h43 (22h43 heure locale)

A l'intérieur de la salle des silos à missiles, l'enseigne chargée de leur maintenance entre les phases de tirs se surprend à entendre un bruit à l'intérieur de l'un des silos. Il ôte son casque pour vérifier la provenance et se laisse guider par le bruit, diffus parmi le boucan habituel, avant de naviguer entre les silos. Il tient enfin le silo problématique. Il va encore devoir faire un rapport ? Dans un moment pareil ? Et si l'une des trappes n'était plus étanche et l'eau avait envahi le silo ? Le vaisseau allait gagner en masse et perdre en vitesse. Il fallait vérifier sans plus tarder. lI s'approche, curieux, de la paroi. Soudain, un long silence ponctué des habituels craquements dus à la pression de l'eau sur la coque. Il est alors projeté en arrière alors qu'un individu émerge de l'écoutille rectangulaire avec une quantité d'eau correspondant au volume du silo plein, qu'il avait visiblement scellé derrière lui étant donné que l'inondation ne s'éleva pas outre-mesure. Le guerrier de cauchemar, fait de métal et dont la tête évoque à la fois la raie manta et le serpent, soulève l'enseigne pendant quelques instant par le col et saisi sa radio avant qu'il n'ait pu s'en servir pour appeler à l'aide.

– T'as pas finit de faire ce boucan, Mancuso ?! se plaint une autre enseigne. Oh merde, s'exclame-t-il avant de se diriger en courant vers le sas menant au centre de navigation situé en aval du navire.

Il n'a pas agrippé la poignée de l'écoutille qu'il est abattu par l'un des jaffas à la lance Ma'tok. Teal'c finit de briser la nuque de sa victime en usant des mécanismes hydrauliques de son armure qui amplifient sa force déjà surhumaine et le laisse s'effondrer dans la marre d'eau qui s'était formé après leur arrivé, puis saisi sa propre lance.

– Eliminez les seconds couteaux, gardez en vie l'officier supérieur et la femelle. Jaffas. Kree !


Orbite basse de la Terre, 19h39
Pel'tak de l'Amùn'eth.


Le Ha'tak émerge de sa courte fenêtre d'hyperespace au moment même où il y était rentré. Des explosions secondaires indiquent qu'un saut aussi près d'un corps céleste et avec un bouclier faiblissant, activé à des intervalles de quelques secondes, n'était pas une bonne idée. La superstructure en fut davantage fragilisée.
Quelques minutes plus tard, un bruit lointain d'anneaux de transfert sortait le Pharaon de son coma :

– Au rapport ! hurle Apophis en se levant de son trône, dans la pénombre partielle du Pel'tak. Nerthys ?

Personne ne lui répond. L'équivalent de plusieurs kilotonnes d'explosion contenues à l'intérieur de la superstructure ont atteint le CIC du Ha'tak, pourtant protégé sous plusieurs mètres de blindage. Seuls le bouclier portatif du pharaon l'a sauvé. Il se lève de son trône, enjambe les cadavres des officiers jaffas et marche jusqu'au gouvernail digital. L'affichage digital présente un hologramme du vaisseau, vacillant à l'image de ce dernier, avec les parties endommagées en surbrillance.

– Procédure d'évasion hyperspatiale d'urgence interrompue. Altitude actuelle : 414 kilomètres au-dessus du niveau de l'océan. Une explosion a touché le noyau et rompu le confinement du plasma. Intégrité de la coque compromise. Déflecteurs désactivés. Boucliers de décélération désactivés. Pertes estimées à 91% dans tout le vaisseau. Le hangar bâbord est dépressurisé. Nous commençons à perdre de l'altitude, annonce la voix de l'IA primitive de bord.
– Où est le reste de la flotte ?
– L'Amùn'râ, le Kemphis et le Sar'eth ont été neutralisés. Le Demet est intact et a suivi la procédure d'évacuation avant de quitter la Terre en hyperespace une seconde avant nous.
– RAPPELEZ-LE !
– Impossible, communications hyperspatiales non-fonctionnelles.
– Et l'hyperdrive ?
– Plus assez d'énergie dans le réacteur. Les rétropropulseurs correctionnels devraient maintenir une altitude géosynchrone pendant environ dix-sept rotations locales avant que l'Amùn'eth ne s'écrase sur Terre, selon mes calculs quelque part sur une île-continent australe appelée Noûn dans les archives remontant au règne de Khépri.
– Je m'en moque ! Contacte l'Al'kesh de Teal'c pour une évacuation d'urgence ! hurle le Goa'uld en quittant la console.
– Impossible, quelqu'un l'a déjà contacté il y a 2 minutes et vient d'embarquer via les anneaux.
– Qui ça ? s'insurge Apophis.
– J'établis une communication radio avec l'Al'kesh en question, répond l'IA.
– Désolé, messire, mais parfois les lâches survivent, annonce Nerthys depuis le poste de pilotage du vaisseau furtif. Je reviendrais avec de l'aide, c'est promis. Bonne chance avec les Tau'ri, tout de même ! sourit-il.
– Reviens ici, misérable Shol'va ! hurle le Pharaon, les yeux brillants. Jaffa, je t'ordonne d'arrêter cet Al'kesh et de paralyser le conseiller Nerthys !
– Communications radios perdues : l'Al'kesh est parti en hyperespace, indique la voix de l'IA.

Le Pharaon laisse éructer sa rage et tape de toutes ses forces sur la console avant de se laisser tomber dos à elle. Comment des humains si primitifs avaient pu le défaire ? A force de ruminer les derniers mots de Nerthys et d'envisager a posteriori ses multiples conseils, il comprend enfin : ce n'était pas la faute des Tau'ri. C'était celle de Nerthys. Il devait avoir tout prévu pour lui succéder, le Shol'va ! Lui et son espion conspiraient contre lui pour le détrôner en le poussant à s'exposer à leurs armes : d'ailleurs les Tau'ri ne possédaient-ils pas une arme à énergie dirigée capable de percer les boucliers d'un Ha'tak comme ce fut le cas du Sa'reth ? Il en était sûr maintenant : Nerthys devait avoir donné cette arme, mais comment ? Via le chappa'ai ? Via son espion ? Ces théories étaient-elles fondées ? Jusqu'où avait-il été dupé par son conseiller ? Il était à présent seul, abandonné de tous sur son vaisseau à moitié détruit, dans une orbite qui se dégradait à chaque minute, sans moyen d'accéder aux hangars détruits. Les minutes passaient encore et il était à cours de solutions. Les modules de secours ? Non. Même en admettant que les silos d'éjection soient intacts, il serait juste capturé par la Tau'ri une fois arrivé au sol. Sa divine personne ne pouvait se permettre une telle humiliation. Une fois capturé, son déshonneur auprès de la Cour Impériale lui aurait valu d'être séparé de son hôte et d'être scellé dans un vase canope pour des siècles. Lui qui avait vu au cours des siècles d'innombrables goa'ulds châtiés ainsi par le Grand Maître Suprême, Râ, parfois avec son concours, maintenant qu'il se retrouvait du côté des vaincus, il n'enviait plus ce système judiciaire et successoral sans pitié qui excluait toute peine de mort, non pas seulement pour éviter la remise en cause du statut divin et immortel des Goa'ulds auprès de leurs fidèles mais dans le but de tourmenter pour toujours un conspirateur ou un rebelle et d'en faire un exemple auprès des autres. Car dans tous les cas Nerthys serait bientôt le nouveau pharaon et allait-il, sans aucun doute, revenir avec le reste de la flotte éparpillée dans son domaine. Dans le sien. Et Nerthys était au courant de la nef temporelle alien. C'était lui qui avait procédé à l'interrogatoire du Tau'ri nommé Jackson. Il allait le doubler sur tous les points, revenir, s'emparer de la Terre sans s'exposer inutilement, maintenant que les Tau'ri avaient épuisés leurs ressources, de la nef et accomplir le grand dessein qu'il avait prévu pour lui-même, à savoir utiliser le vaisseau temporel pour succéder à Râ en anticipant toutes les batailles. Lui qui voulait poignarder son empereur dans le dos, il se voyait à son tour poignardé par son vassal. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? Mais il lui restait encore une chance... celle de la vengeance. Ses yeux s'illuminèrent à cette conclusion. Si son plan était voué à l'échec, de même fallait-il que Nerthys paie pour sa trahison, ainsi que ces vermines de Tau'ri pour avoir osé défier un dieu et l'avoir humilié de la sorte comme jamais avant dans la longue histoire des Goa'ulds. Il savait ce qui lui restait à faire pour laver son honneur au regard de l'Histoire, laver celui de son panthéon vis-à-vis des humains et se venger de tous les Shol'vas, tout en privant tous les autres de l'avantage tactique qu'un tel vaisseau temporel promettait.
Tandis qu'il ruminait sa vengeance, il fut à nouveau interrompu par la voix de l'IA de bord :

– Mon Pharaon ?
– Quoi encore ?
– Les détecteurs du hangar tribord ont détecté l'approche d'un vaisseau goa'uld.
– Enfin ?!

Il reprend espoir. Un Al'kesh aurait survécu au combat ?

– C'est un modèle archaïque, prévient l'IA en affichant le modèle holographique d'un vaisseau à l'aspect pyramidal et terminé par une sorte d'immense gouvernail ventral.
– Ce vaisseau me semble familier, accorde Apophis.
– D'après les archives de Khépri, il s'agirait du vaisseau personnel du Grand Maître Osiris jusqu'à sa disgrâce en...
– Je m'en fout ! Comment est-il arrivé jusque-ici ? C'est le système de sécurité automatique qui l'a rappelé ?

Au fond, Apophis a peut être un moyen de s'en sortir : accomplir sa vengeance mais aussi rattraper Nerthys si l'hyperdrive n'est pas trop lente, quitte à utiliser la porte la plus proche, celle d'Abydos, sans attirer l'attention de Râ, en admettant que son conseiller n'ait pas eu la même idée avant lui.

– Négatif, tranche l'IA. Je détecte 38 signes de vie à l'intérieur. Des humains.

Une nouvelle fois, l'espoir s'éteint chez le Goa'uld.


19h43, 414 kilomètres au-dessus de la Terre,
Hangar tribord de l'Amùn'eth


Aussitôt la lame ventrale rétractée, l'Alkonost se pose dans le hangar fortement endommagé par l'explosion et ouvre l'un de ses sas latéraux pour en faire sortir un soldat en combinaison étanche et maniant un fusil Zastava M85 doté d'une torche. Devant lui, un jaffa blessé se traine au sol. Le soldat inspecte rapidement son uniforme avant de l'abattre froidement d'une rafale dans le dos.

– Ici Zukhov, hangar sécurisé, annonce-t-il à l'oreillette. Atmosphère raréfiée mais y'a encore de la gravité. Escouade 1 à 6, déployez-vous. Trouvez le CIC. Docteur Markova, vous restez à bord pour l'instant avec votre équipe.
– Négatif, colonel. Le Kremlin dit que le temps presse. Les américains vont bientôt lancer leur propre commando et l'orbite du vaisseau se dégrade. On restera avec l'arrière-garde.
– Ici Zukhov. Bien reçu Svetlana. Mais vous prenez une arme. Ce vaisseau est un champ de mines prêt à exploser. Tolineva, Vallarin, vous ne quittez pas le docteur Markova des yeux, c'est clair ?

Ses subordonnées confirment à leur tour sur le même canal. Un à un, les Spetsnaz émergent du sas et investissent le hangar avant de déterminer quels corridors peuvent-encore être empruntés pour traverser ce vaisseau dont le statut d'épave allait se confirmer avec le temps.

– Et souvenez-vous, on capture les officiers, on descend les autres.
Dernière modification par Revanchiste le 27 juin 2021, 21:50, modifié 6 fois.
J'arrête ici le dérapage
avant que Zap et Chupeto
ne se retrouvent dans les parages
et ne me collent des avertos. biggrin.gif

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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

Spoiler
La suite tant attendue de la fanfic qui tient en haleine le forum depuis deux mois est enfin là :rolleyes:
Vous aurez notez dans le chapitre quelques retcons, notamment le nom du conseiller d'Apophis qui change pour une raison qui sera expliquée plus tard bien sûr :ninja:
C'est l'équivalent de 26 pages mais j'en avais marre de scinder les chapitres, promis le suivant sera très court :D
N'oubliez pas que c'est une œuvre de fiction semi humoristique, donc vous emportez pas si y'a un passage que vous jugez polémique à un moment donné sur un certain Etat du Moyen-Orient :bye:
J'ai essayé de rendre le pavé plus digeste par des intermèdes d'approfondissement psychologique pour éviter de faire trop d'exposition dans les dialogues, mais si jamais vous lâchez la lecture trop vite dites-le moi en essayant de cerner les problèmes avec pourquoi pas une proposition de correction sur un dialogue ou un passage en particulier qui vous semble inutilement précis ou au contraire trop flou :angel:
Mauvais perdant 2/2

– Monsieur, reprend l'officier radar du QG présidentiel, les satellites viennent de détecter Khéops 1. Il est en orbite géostationnaire. Les images satellites confirment qu'il est endommagé mais que son orbite est stable indique-t-il, images satellites, assez floues au goût du Président, à l'appui.
– Bon travail, répond le Président d'une tape amicale à l'épaule. Bon travail à tous, confirme-t-il à l'adresse de toute la salle de guerre.

Dieu tout puissant c'est inespéré. Les astres s'alignent. Seuls les Etats-Unis ont accès à un vaisseau-pyramide intact. Kinsey n'en revient pas. Il va enfin entrer dans l'Histoire. Il voit déjà son nom figurer dans les livres d'Histoire comme l'homme le plus influent de tous les temps, l'homme qui aurait fait des Etats-Unis une puissance mondiale... non interplanétaire. Un Blue Beam en décors réels. Plus personne n'oserait questionner l'hégémonie américaine. Un miracle. C'était un miracle.

– Difficile de dire si y'a encore quelqu'un de vivant là-dedans, commente Jumper.
– Quelqu'un a bien du activer cette manœuvre d'évasion, répond Landry.
– Pour autant qu'on sache c'était peut-être une procédure automatique du vaisseau en cas de dégâts ou de danger trop important, répond Barrett.
– Une autre de vos visions divinatoires ?
– Simple intuition. Ils ont beau imprimé leur décorum sur tout ce qu'ils peuvent il doit bien rester du fonctionnel quelque part en dessous sinon d'autres que nous les auraient déjà battus à travers le cosmos. La Carter de la caméra a parlé de plus d'un millier de planètes visitées par SG-1 seul dont certaines plus avancées que nous. C'était un gros coup de chance étant donné notre niveau technologique mais on comptait là-dessus. Mes PsyOps ont déterminé que parier sur leur égo mégalomane et feindre une faiblesse technologique était notre meilleure carte à jouer.
– Parce-que c'est un jeu pour vous ? Lui répond sèchement Jumper.

Décidément je peux pas blairer les costards-cravate qui squattent le Pentagone, conclue mentalement le militaire.

– Le plus vieux du monde. Quand tu es fort feint d'être faible, quand tu es faible feint d'être fort, répond à son tour Barrett. Encore une victoire pour les Etats-Unis et le monde entier pour une fois. J'espère que nos services de renseignements n'y sont pas pour rien, se félicite-il.
– Oui, merci d'avoir oublié de surveiller les Russes et les Chinois, répond Landry avant de poursuivre, incisif. Et ce plan est celui du docteur Carter, votre petit profilage n'est qu'un détail.

Le Président s'approche de la console de communication avec les sous-marins et active la liaison radio avec l'USS Alabama.

– Bon boulot, capitaine Strickland, félicite-t-il en affichant un sourire de plus en plus grand. Le vaisseau ennemi est immobilisé.
– Merci monsieur, répond l'officier via le micro. C'était un honneur de déclencher le feu d'artifice, et merci d'avoir payé la facture.
– Deux des cinq missiles modifiés que vous avez lancé ont atteint leur cible. Le Bélize nous remercie officiellement pour l'assistance militaire. Et félicitation à vous, docteur Carter. Sans vous toute cette opération n'aurait pas été poissible. Je peux vous assurer que vous allez diriger la NASA, et plus vite que prévu !
– Je ne sais pas monsieur, je ne pense pas que...
– Etant donné le travail fourni par vous et le docteur McKay ces trois dernières semaines sur l'Exonef et le Stargate, vous serez promu chefs de département à la Maison-Blanche sur ces questions et auraient tout le temps d'étudier la technologie alien. La NASA va connaître une nouvelle ère de gloire !
– Merci. Monsieur, se rattrape-t-elle, rougissante.

Vraiment inespéré. Venait-elle juste, par son plan bien mené, de sauver la Terre d'une invasion alien ? Peut-être qu'elle n'avait rien à envier à sa jumelle parfaite qui faisait exploser des soleils après tout. Elle ressentait déjà la pression accumulée qui l'avait tenue en haleine durant ces minutes interminables dans ce sous-marin exigu, à suer à grosses gouttes, se relâcher peu à peu et la soulager d'un fardeau que son pouls n'avait jamais eu à supporter, plus encore que les entraînements pour la mission Intrépide dont les candidats devaient être annoncés en avril. Mais quel intérêt, à présent, de voler dans une navette spatiale capable d'effectuer seulement quelques manoeuvres orbitales simples, maintenant qu'elle avait un vaisseau spatial sorti tout droit d'un comics et une galaxie entière peuplée de civilisations avancées à explorer ? Un instant, le ciel gris se dégagea pour laisser passer quelques rayons de soleil bienvenus.

– Très bien. Colonel O'Neill, capitaine Strickland : vous pouvez procéder à la phase 3. La Chine et la Russie ne tarderont pas à se battre pour l'épave de Taïwan, Israël et l'Egypte pour celle de Gizeh, et la France et l'Angleterre pour celle des Pays-Bas. Ce n'est qu'une question de temps. Nous avons l'avantage, pour le moment.

Carter se raidit et dévisage le poste de communication.

– C'est pourquoi nous devons nous emparer de Khéops 1 au plus vite. Par chance il n'a pas été détruit et il survole notre espace aérospatial à une altitude d'environ quatre cent kilomètres. Cependant, nous ne pouvons garantir qu'il soit totalement pressurisé, que les SEALs n'oublient pas l'oxygène. O'Neill, Strickland, je vous ordonne de prendre le contrôle de ce vaisseau et de le réclamer au nom des Etats-Unis d'Amérique, est-ce bien clair, messieurs ? S'il y a bien des survivants hauts placés, notamment Apophis, vous avez ordre de les capturer et de le ramener jusqu'à Cheyenne Mountain. On le fera sans doute juger à La Haye après histoire de contenter l'ONU, donc éviter de trop le cogner au visage. C'est aujourd'hui que la Destinée manifeste des Etats-Unis nous a une fois de plus été révélée et que celle de notre espèce toute entière s'écrit dans la Grande Histoire de l'univers ! Que Dieu vous préserve ! [ZIP] Qu'est-ce qu'il se passe, demande Kinsey au milieu de l'euphorie après avoir coupé la liaison radio sur demande du Secrétaire d'Etat à la Défense. Attendez un instant, indique-t-il au centre de contrôle de l'Alabama en réactivant un instant le canal radio.
– Regardez, insiste Landry en désignant la console de l'officier radar
– Je ne comprend pas monsieur, affirme l'officier radar. J'ai suivi la trajectoire d'un vaisseau. Il a la même forme et vélocité que les vaisseaux goa'ulds.
– De quoi parlez-vous ? Un autre Ha'tak ? demande Kinsey.
– Non Monsieur, il fait la taille d'une navette spatiale. Un peu plus même. Au bas mot 600 tonnes. Mais il a atteint Mach 39 en 14 secondes !
– Aucun pilote ne peut survivre à ça. Un drone ? Suggère Jumper.
– Un de ces gunships goa'ulds plutôt ? propose Landry
– Qui n'a pas activé son camouflage optique ? s'étonne Jumper. Je demande à nos alliés de le descendre ?
– C'est trop tard monsieur, répond l'officier radar. Il a atteint la vitesse d'échappement il y a 6 minutes. Il a rejoint Khéops 1. C'est une trajectoire que j'ai reconstitué après avoir vu qu'un des vaisseaux aliens manquait à l'appel après le combat.
– Merde, Apophis va sans doute s'en servir pour échapper, se plaint Kinsey.
– Ce n'est pas pour ça que j'ai contacté le Secrétaire Landry, indique l'officier. Je n'ai pas triangulé sa trajectoire à partir des données des satellites mais du radar de l'Exonef : voyez par vous-même, il n'émet aucune signature énergétique à cause de sa forme anguleuse ou de la composition de sa coque je pense. En revanche il aurait décollé depuis...
– Baïkonour ? s'étonne Kinsey en suivant le doigt de l'officier radar sur son propre ordinateur.
– Peut-être que les Goa'ulds ont juste récupéré un truc à eux que les Russes ont trouvé avant de se barrer avec, propose Barrett.
– Vous êtes encore là vous ? demande Kinsey.
– J'en doute fort, répond Landry. Les Russes avaient une escadrille à moins de 40 km. Des Sukhoi-27 et un Tupolev-160. Cependant ils étaient loin des théâtres d'opération et aucun missile n'a été tiré. Ils n'ont même pas tenté de l'intercepter. S'il s'est pointé au-dessus de leur cosmodrome et à la vue directe de leur surveillance optique, ils n'auraient pas pu le louper.
– Donc quoi ? Les Goa'ulds collaborent avec les Russes ? sourit Barrett en pensant à une plaisanterie. Je suis désolé de ne pas être du côté de la conspiration alien cette fois mais...
– Qu'est-ce que c'est que ce truc ? s'étonne Kinsey en plissant les sourcils avant de réfléchir un instant. Passez-moi la Fédération de Russie.

19h47, CIC, USS Alabama
– Qu'est-ce qu'il se passe ? demande Strickland à son officier de liaison.
– On a un problème en salle des silos. On a deux morts.
– Pardon ? Il se passe quoi exactement ?
– On l'ignore encore. Mais il y a une marre d'eau au sol. Pourtant aucune fissure n'a été constatée, aucune trace de balle. L'équipe de relève a trouvé deux enseignes de l'équipe de maintenance des silos.
– Morts comment ? Noyés ?
– Un instant, répond l'officier de liaison en appuyant sur le micro de son casque. Pouvez-vous précisez la nature des blessures, enseigne ? Négatif monsieur. Il n'y a pas de sang dans l'eau. On dirait... que les blessures ont été cautérisées. Un combat au chalumeau ? Propose l'officier en plissant le front.

Strickland réfléchit un moment. Qui aurait bien pu faire ça ? Et surtout où iraient-ils ? Il se tourne finalement vers son homologue de l'Air Force.

– ça vous dit quelque chose, colonel ?
– Oh que oui, répond l'intéressé.
– Vous avez des Jaffas à bord, confirme le docteur Carter.

Le capitaine décroise les bras et décroche le téléphone.

– Prévenez Everett et Sumner et dites-leur de déployer leurs hommes de la poupe à la proue : on a des intrus à bord.

Plusieurs étages sous le CIC, dans les mess, les forces spéciales de la Navy et des Marines étaient encore en train de s'équiper en attente de la mission d'abordage.

– On suspend la mission temporairement, annonce Sumner. Y'a des intrus à bord !
– Les Russes ? demande l'un des Navy SEALs assis à l'une des tables à manger et affairé à monter son MP5.
– Pourquoi toujours les Russes ? Non là on sait rien, apparemment les blessures ressemblent à rien de connu, peut-être des armes à énergie dirigée.
– Les fameux Jaffas de Chulak ? C'est pas nous qui sommes censés les aborder ?
– Aucune idée. Durant la bataille en Mer de Chine la flotte russe a utilisée une sorte d'arme à énergie dirigée contre un vaisseau alien... et l'a coulé ! Donc on est dans le flou.
– C'est une blague ? S'étonne un des SEALs. Y'a des Spetsnaz à bord qui se baladent avec des trucs pareils du coup ?
– Aucune idée. A vous d'le savoir. En tout cas ils devaient pas s'attendre à tomber sur des mecs comme vous j'espère, répond son officier supérieur en souriant. Y'a pas une minute à perdre. La cale sèche, le CIC et le réacteur seront leurs cibles principales. Escouade Iridium, au CIC. Escouades Cobalt et Titane, vous descendez jusqu'à la salle des silos et vous remontez jusqu'à la salle des machines. Escouades Platine et Mercure avec moi, on passe par les quartiers de l'équipage. Escouades Tantale et Palladium vous vous barricadez à l'entrée du silo avec l'Exonef. S'ils mettent la main sur le vaisseau le plan tombe à l'eau.

Aussitôt équipés, les commandos se dispersent et se déploient dans le sous-marin.

19h48, Cheyenne Mountain

L'écran principal change à nouveau sur le bunker russe.

– Je vois que vous avez détecter mon vaisseau, annonce, triomphant, le président russe Mikhailov. J'attendais votre appel depuis deux minutes à vrai dire, admet-il en inspectant sa montre. J'ai toujours un ou deux coups d'avance sur vous décidément.
– Votre vaisseau ? demande Kinsey, incrédule. Vous êtes parvenu à aborder un vaisseau goa'uld ?
– Vous me prenez pour qui, Kinsey ? Vous croyez que votre petit manège pour vider nos arsenaux nucléaires et vous emparer du Ha'tak m'ont échappé ? D'après mes analystes radars, certains de vos sous-marins n'ont même pas tiré la moitié de leur ordonnance nucléaire. Je me doutais bien que vous comptiez aborder le vaisseau avec l'Exonef et vous en emparer.
– Pardon ? Vous vous méprenez... je... Vous avez abordé un des vaisseaux ennemis en plein vol ?
– Nous ne l'avons pas pris au cours de la bataille, il était dans nos hangars depuis des années.

Barrett, Landry et Kinsey tirent des visages incrédules.

– Des ouvriers égyptiens l'ont trouvé durant les années 30, poursuit Mikhailov. Nasser l'a échangé avec Bulganin contre une protection militaire à long-terme en 56, dans le cas où la France ou le Royaume-Uni décideraient d'occuper le pays. Nous l'avons gardé depuis cette époque et tenté de le maîtriser. Il a ensuite été conservé dans le cadre d'un accord avec le Kazakhstan en 91. C'est d'ailleurs grâce au travail de l'un de vos citoyens, un certain docteur Jackson, que nous avons pu lire la plupart des instructions du vaisseau. En perçant ses secrets nous avons pu mettre au point des armes à énergie adaptée à la fréquence des boucliers extraterrestres. Voyez-vous, bien avant qu'Apophis ne choisisse de venir sur Terre, nous savions qu'il existait ici-même des technologies aliens et que vos services de renseignements étaient au courant... même si nous avons tenté plusieurs fois d'y accéder. En vain je dois dire.
– Je peux vous assurer que ce que vos agents vous ont dit est faux, Ivan. Les Etats-Unis ne détiennent aucune technologie alien, c'est absurde. Nous ne comptions absolument pas nous emparer du vaisseau ennemi, il a survécu par accident...
– C'est bien pratique, Robert. J'en ai vu des menteurs dans ma carrière mais vous êtes décidément le pire. A l'heure où je vous parle, l'Alkonost, comme nous l'avons baptisé, a à son bord un peloton entier de Spetsnaz et une équipe de scientifiques formés à l'étude de la technologie alien. D'ici quelques instants ils vont réclamer le Ha'tak au nom de la Fédération de Russie et mettre fin préventivement à toute tentative de la part de l'Amérique d'imposer une tyrannie mondiale. Ils devraient déjà avoir arraisonner le vaisseau alien et atteint son centre de commande. Je vous conseille de le torpiller avec tout ce qu'il vous reste tant que vous le pouvez encore, Bob, déclare-t-il souriant avant de raccrocher d'un signe de tête à son propre officier de communication.
– Attendez Iv.... LE FILS DE PUTE ! Hurle Kinsey dans la salle de guerre. BARRETT ?! VOUS ETES VIRE ! Passez-moi Strickland ! Capitaine ? Accélérez Blacklight et abordez le Ha'tak immédiatement !
– Le docteur McKay est encore en train de procéder au détachement de l'Exonef avec le fuselage, et il nous faudra... 15 minutes pour embarquer tout le monde. Je dois aussi vous informez que nous sommes compromis...
– Je m'en branle capitaine ! Les Russes viennent d'envoyer leur propre commando à bord du vaisseau !
– Pardon ? demande le docteur Carter. Avec Soyuz ?
– Ils ont mis la main sur un machin goa'uld trouvé en Egypte. Peu importe, accélérez le déploiement et reprenez ce vaisseau au plus vite.

Il se tourne vers les officiers de liaison avec les sous-marins nucléaires et les bases de lancement.

– On peut les détruire de là où on est ?
– Négatif monsieur, la portée maximale des ogives est d'une centaine de kilomètres d'altitude. Ils sont bien trop haut et n'auront pas assez de carburant ou d'inertie pour viser juste surtout avec la trajectoire erratique du Ha'tak.

Merde je fais quoi ? Je tente de l'aborder ou je le détruit ? Je pourrais demander aux SEALs de la flotte du Pacifique d'aborder le Kirov et de retourner leur propre machin contre eux... Dans les deux cas je dois détruire ce putain de navire. Je suis sûr Clark va dire non à une opération pareille. A tous les coups ça va déclencher une guerre. Chier, j'étais à deux doigts de tirer les marrons du feu sans une égratignure. Merde je fais comment ?

– MERDE ! Landry, Jumper, une solution en attendant ?
– On peut... négocier ? propose Landry.
– Et voir les Ruskoffs mettre la main sur notre vaisseau ?! Je vais tous devoir vous virer pour entendre quelque chose d'intelligent ?
– Monsieur ? Se risque l'un des officiers de la salle de guerre.
– QUOI ENCORE ? s'emporte Kinsey.
– Une colonne de chars israéliens partis de Beersheba a traversé la frontière avec l'Egypte et se dirige vers la vallée des Rois. Mubarak a déployé l'armée à Gizeh pour réclamer ce qu'il reste du Ha'tak qui s'est posé en catastrophe sur la grande pyramide. Leur propre réseau de défense a repéré les chars israéliens et ils préparent des batteries de SSM.

Qu'ils aillent se faire foutre ! Fallait pas filer de vaisseau alien aux Ruskoffs, tien !

– Ils vont encore recommencer putain, se plaint-il. Dites à CENTCOM de laisser faire.

Au fond, Landry comprend que la véritable bataille commence et que Mjolnir n'était que l'éclair, bref et aveuglant au point de lui faire croire qu'une paix mondiale était possible et que tous les peuples allaient oublier leurs haines pour s'unir, avant le tonnerre qui allait faire trembler le monde. Ils venaient de vaincre une flotte entière d'une puissance galactique grâce à la coordination sans précédent de toute une chaîne de commandement unissant les agences de renseignement, les départements de recherche, les états-majors, les médias... tout ça pour finir réduits en poussière par leurs propres bombes. Et avec les arsenaux nucléaires presque vides, cette guerre allait être beaucoup plus longue et beaucoup plus sanguinaire encore. Tu parles d'une victoire !

19h50, Amùn'eth

Au rythme silencieux de l'éclairage dysfonctionnel des néons intégrés au sol comme aux murs, deux colonnes de soldats en combinaisons étanches, le fusil à la main, s'avancent dans les couloirs endommagés du vaisseau alien. Au sol, des corps et parfois des parties du plafond effondrées.

– Quelle direction ? demande le chef de la troupe.
– Essayons cette porte, suggère le colonel.
– Le terminal est hors d'état, confesse le docteur Markova après un deuxième essai. Pourtant la combinaison d'ouverture est la même sur toutes les portes.
– Vassily, ordonne le chef d'équipe.

Le soldat laisse tomber son fusil, retenu par la bandoullière, et procède à l'ouverture de la porte à l'aide d'un pied de biche accroché à sa ceinture. Plus efficace que prévu, la manoeuvre ouvre trop grand la porte qui emporte Vassily par l'inertie de son ultime mouvement au pied de biche. Il est saisi par la main invisible de l'apesenteur qui le mène vers le néant de l'espace. Il tente vainement de se rattraper à quelque chose où d'inverser sa course mais rien n'y fait, et il finit par échapper à la protection du bouclier énergétique qui couvrait une immense faille dans la coque. A la lumière vacillante de la torche de sa Kalashnikov, le malheureux Spetsnaz est emporté par l'inertie de son propre mouvement et s'éloigne du vaisseau à vitesse constante.

Blyat ! s'écrie Zhoukov au milieu des autres protestations de son unité.
– Ne vous en fait pas colonel, le vaisseau semble avoir un bouclier d'urgence de rétention atmosphérique, mais les plaques gravitiques sont désactivées derrière la porte. On va devoir faire le tour. Si le code ne marche pas ça doit être une fermeture automatique en cas de rupture de la coque. N'ouvrons jamais de force un sas à l'avenir, prévient le docteur.
– L'autre porte fonctionne ? demande Zhoukov à l'autre colonne de soldats.

Le chef d'équipe utilise la séquence habituelle d'ouverture de porte. Elle fonctionne. Derrière, une intersection entre quatre couloirs.

– Regardez, docteur, indique l'officier de la seconde colonne. Le même symbole que dans l'Alkonost.
Le docteur entre dans la pièce et regarde les deux cercles concentriques gravés dans le sol.
– Alors docteur ? s'enquiert le colonel Zhoukov.
– Ce sont bien des anneaux de transfert, confirme l'ingénieure en caressant de la main la plate-forme d'anneaux avant de se lever pour inspecter la tablette murale.

Elle qui avait passé les quinze dernières années à inspecter l'Alkonost de fond en comble, à comprendre ses moindres systèmes, à relire en boucle les traductions hésitantes d'un archéologue américain réprouvé par la communauté académique, et qui avait accepté de travailler, à son insu, pour les renseignements russes au début des années 90 avant de couper les ponts avec la Russie en découvrant les manipulations dont il était l'objet de la part de la charmante espionne qu'on lui avait assignée, elle qui avait réussi à faire voler la barque des anciens astronautes, elle sentait ici qu'elle était à sa place. Cette fois ce n'était plus un vaisseau de la taille d'une navette spatiale qu'elle pouvait inspecter, mais une véritable ville volante aussi haute qu'un gratte-ciel et trois fois plus large encore : il y en avait pour toute une vie, non pour plusieurs vies de travail. Dès que son supérieur au cosmodrome, le général Sarkalov, et le haut commandement lui en auraient donner l'ordre, elle pourrait poursuivre davantage ses recherches sur le Ha'tak, sur ses secrets et faire progresser l'humanité. Elle était partagée entre trouver le réacteur principal, inspecter les systèmes d'armement, étudier les générateurs à gravité, manipuler les systèmes de contrôle... non, consulter les banques de données ! Il devait y en avoir pour des terabits d'informations sur la galaxie, sur ces fameux Goa'ulds et les autres mondes. Pour fournir les quantités d'énergie suffisante pour soulever une masse de 5 à 10 mégatonnes à la vitesse d'échappement sans avoir recours à du carburant liquide à haute densité énergétique, le Ha'tak devait avoir une sorte de tokamak interne assez puissant pour alimenter la Terre en énergie pour des millénaires. Cette semi-épave était une prouesse technologique telle que, en admettant que les principes physiques qui sous-tendent ces technologies soient universels comme le suppose la physique, il aurait fallut un millénaire à la Terre pour l'égaler au gré de tentatives, d'erreurs, de découvertes faites au hasard, d'échecs mortels, de projets proprement pharaoniques s'étalant sur des générations de physiciens et d'ingénieurs se transmettant le relais d'une épopée dont ils ne verraient pas la fin de leur vivant. Le futur était à porter de main, celle qui carressait, ici, une plate-forme de téléportation dont le principe lui échappait encore. Quel miracle physique permettait de désassembler et de réassembler les mollécules ? D'autant plus que, malgré la similitude des consoles murales, dont les symboles avaient quelque peu évolué mais dont les parentés généalogiques permettaient de retracer la fonction, ce vaisseau était bien plus récent que l'Alkonost de plusieurs millénaires. Ce qui signifiait une technologie peut être plus avancée et des systèmes moins archaïques et donc plus fonctionnels que ceux sur lesquels elle et ses équipes s'étaient abîmés les yeux et les nerfs durant des années, avançant parfois lentement, parfois à coup de percées dues à des années de réflexion et d'analyse comme à des accidents purs et simples, comme la fois où l'existence même du bouclier fut révélée par le tir d'une Kalashnikov et d'un verre de vodka de trop, souvent au rythme fluctuant des budgets alloués à son étude. Ceux-ci avaient connu un creux pendant plusieurs années au début des années 90 après plusieurs années d'abandon faute de progrès avant que le président Mikhailov n'investisse considérablement plus de moyens à la fin des années 90 en la nommant à la tête des recherches et que les percées faites en 1994 aient permis à son équipe d'activer et de comprendre plusieurs des systèmes-clefs et de répliquer un canon à énergie dirigée qui venait de faire ses preuves. Mais il y avait bien plus que ce qu'elle n'aurait jamais pu découvrir et développer avec le vaisseau trouvé cinquante auparavant. C'était comme rentrer dans la boutique de jouets les poches pleines de billets après être restée devant la vitrine pendant toute son enfance et ne plus savoir où donner de la tête. Elle était cet âne de Buridan qui allait mourir avant d'avoir inspecter la moindre des merveilles que promettait cette semi-épave.

– Alors docteur ? s'enquiert une nouvelle fois le colonel. Ces symboles, ça vous dit quelque chose ?
– Oui. Je cherchais le point d'arrivée des anneaux. Ce symbole avec l'oeil signifie l'oeil du vaisseau, donc le CIC je pense, au moins son étage. Il est similaire à celui de l'Alkonost indique-t-elle, le cahier à ma main.
– J'en sais rien. J'envoie un éclaireur.
– Comme vous voulez.
– Vallarin, ordonne Zoukhov, vous partez en éclaireur.

Son subordonné obéit et prend place au milieu de la plate-forme tandis que le docteur active la séquence. Le soldat disparaît dans le flash. Elle sourit. Les anneaux fonctionnent... en espérant que le major n'atterrisse pas dans l'espace cette fois.

– Ici Vallarin, dit une voix sur le canal radio, pour le plus grand soulagement du docteur, je suis en vie, l'air est respirable ici. J'aperçois un individu dans une sorte de salle de contrôle. Merde il m'a vu !
– Très bien on y va ! ordonne Zhoukov en se positionnant le premier. Six par six. Markova vous viendrez avec le dernier groupe.

Le docteur n'a pas le temps de protester ou d'acquiescer que, les soldats en place sur la plate-forme, elle expire ce qu'elle allait dire et active à nouveau les symboles.

19h51, USS Alabama, salle des silos

– Ici Colbat-1, on est dans la salle des silos direction salle du réacteur.

La colonne de Navy SEALs se faufile entre les silos lance-missiles pour atteindre l'écoutille située au bout de la pièce où elle se sépare en plusieurs trinômes partant dans plusieurs directions. Une fois les soldats partis, et en profitant du boucan habituel d'un sous-marin, l'écoutille de l'un des silos s'ouvre à nouveau derrière eux. Le second du Primat en sort.

Décidément, ces Tau'ri sont vraiment idiots.

– Ici Shak'el, la voie jusqu'au Pel'tak est dégagée.

Salle des machines auxilliaire 2

Dans les couloirs exigus du sous-marins, un trinôme de Navy SEALs mené par le colonel Sumner se fraie un chemin, légèrement recroquevillés.
– Ici Sumner, deux autres victimes, dit-il à voix basse à la radio. Mêmes blessures. On continue.

Soudain des cris retentissent dans la salle du réacteur.

– On cours ! ordonne-t-il à son unité.
– Ici McKay ! On se fait tirer dessus dans la salle du réacteur ! hurle l'ingénieur à l'officier de liaison du CIC. Faites quelque chose !

Sumner, en tête de file, ouvre l'écoutille. Aussitôt, le soldat qui s'apprêtait à rentrer dans la pièce est projeté en arrière sous la force du tir qu'il a subit depuis l'intérieur de la salle du réacteur.

– FUCK ! Barney ! Barney !

L'autre soldat se met immédiatement à couvert de l'autre côté de l'ouverture de la porte et inspecte d'un coup d'oeil foudroyant si son champ de tir est dégagé.

– Ici Sumner, deux hostiles repérés dans le vaisseau. Ils ne sont pas Russes ! Un homme à terre !
– Tenez bon, Sumner, plusieurs hommes convergent vers la salle du réacteur, lui répond Strickland au micro. Non non non, O'Neill, on a besoin de vous à l'Exonef. Vous êtes trop précieux pour risquer votre peau ! s'emporte Strickland une fois la radio éteinte. N'insistez plus et attendez qu'on puisse lancer Blacklight.

Le colonel O'Neill expire son exaspération et ne répond pas au capitaine Strickland. Soudain on entend le son inhabituel des armes à énergie derrière la porte du CIC ainsi que de brèves rafales de MP5.

– Bordel il se passe quoi ? S'emporte Strickland.
– Ils sont juste derrière la porte ! répond O'Neill en sortant son Beretta.
– Et les sentinelles ? Comment ils ont fait pour éviter Sumner et Everett ?
– Tous à couvert ! ordonne O'Neill. Vous avez des armes ici ?
– Vous plaisantez ? répond le capitaine en appuyant sur le micro du haut-parleur : Ennemis en salle du réacteur et au CIC. Sécurité compromise. Le personnel non combattant est prier de s'isoler pour laisser manoeuvrer le personnel combattant. Ne laissez pas l'ennemi s'approche de l'Exonef.
– Docteur, derrière moi, ordonne-t-il à Carter qui restait figée, pétrifiée par la peur, et qui s'adosse à l'officier sonar lui aussi abrité derrière la console.

19h52, pel'tak de l'Amùn'eth

Etonné par l'activation des anneaux de transfert, Apophis voit apparaître une étrange silhouette couverte d'un ample vêtement grisâtre et d'un masque relié à une bombonne d'oxygène montée sur le dos lui donnant un curieux aspect éléphantesque. Intrigué par le soldat, il ne voit pas le pointeur laser qui vise son thorax. Le tau'ri hurle quelque chose dans sa langue, qu'il a du mal à saisir. Le pharaon se rue sur la tablette de la porte. Le soldat met à exécution ses sommations et tire une seule balle qui le touche, ricochant sur son bouclier personnel mais destinée à atteindre son épaule. Alors que la porte se ferme, il peut entrevoir les anneaux s'activer et une escouade entière de soldats accoutrés de la même manière rejoindre le premier. Il ouvre en vitesse le tableau de contrôle et le détruit à coup de zat. Bientôt, le son des tentatives répétées d'activer la console murale de l'autre côté laisse place à celui de tentatives d'ouverture manuelle de la porte du pel'tak. Quelques instants plus tard, c'étaient les géysers d'étincelles émanant de deux sources différentes, longeant les stries diagonales de la quadruple porte hermétique, qui menaçaient de le déloger. S'il fut étonné que la technologie tau'ri, qui n'avait pas encore connu, de toute évidence, la révolution nanotechnologique ayant permis aux Goa'ulds de concevoir des matières comprimées à un niveau moléculaire bien plus résistantes que les alliages conventionnels, soit capable de mettre au point des chalumeaux pouvant percer les sas goa'ulds fais des ces mêmes matières, il se souvient qu'ils avaient mis la main sur un vaisseau ayant appartenu au regretté félon Osiris et donc qu'ils devaient avoir eu le loisir de le disséquer avant de l'utiliser. Ou peut-être Nerthys était-il encore derrière comme il le soupçonnait, incapable de concevoir autrement comment un peuple si primitif avait pu contrarier ses plans et mettre à mal sa flotte. Non, c'était presque blasphématoire de prêter à ce bétail humain un plan aussi complexe. Et si la mission tau'ri sur Chulak, sa capture, son interrogatoire et son évasion étaient programmées depuis le départ pour en arriver là ? Jusqu'où son ancien conseiller avaient-ils anticipés ses mouvements ?

Les étincelles convergeaient inexorablement. En d'autres termes ce n'était plus qu'une question de minutes avant qu'ils disloquent la porte, qu'ils entrent et qu'ils ne contrarient définitivement ses derniers plans. Il n'a plus une minute à perdre. L'ennemi est aux portes. Il est là pour le capturer et lui prendre son vaisseau. L'humiliation qui l'attend n'a aucun précédent connu depuis le sort réservé par Râ aux conjurés durant la conspiration d'Osiris survenue des millénaires plus tôt, alors qu'il venait à peine de prendre son hôte actuel, la leçon de vie qu'il avait intégré dès sa nouvelle incarnation. Que ce soit les primitifs qui l'assiégeaient ou Nerthys, ou encore l'Empereur en personne s'il venait à apprendre sa défaite, ce qui était presque certain si ce même Nerthys avait usé de la porte d'Abydos pour rejoindre Chulak plus vite et revenir avec le reste de sa flotte, son destin était de choir encore plus bas. Alors autant accélérer cette chute et la diriger soi-même jusqu'au coeur de son ennemi pour laver son honneur. Au bord du goufre, il comprend plus que jamais sa mission et se résout à écarter toute possibilité d'évasion. Il cesse de temporiser, et saisit la manette rouge du gouvernail des deux mains pour incliner cette fois horizontalement le Ha'tak, la pointe en direction de la la Terre, à l'aide du reste de l'énergie des propulseurs correctionnels. Il envoie ensuite l'énergie des générateurs de secours vers ce qu'il reste des plaques gravitiques ventrales qui se mettent à briller, occasionant ici et là de petites explosions secondaires.

– Colonel Zhoukov ici Alkonost-1. Le vaisseau est en train d'effectuer une manoeuvre.
– Plus vite que ça ! ordonne le colonel à ses hommes affairés à ouvrir la porte.

19h53, CIC de l'USS Alabama

L'écoutille blindée cède sous les tirs à plasma. Au milieu de la fumée provoquée par le tir, l'ennemi apparaît. Il est grand, un peu trop pour passer la porte convenablement, mais une fois relevé dans la salle de contrôle il est impressionnant. Ses yeux sont rouges et brillants. Sa peau est faite de métal. Sa tête est celle d'un serpent. Ou d'une raie manta, difficile à dire. A sa main, une sorte de lance semblable aux grandes haches honorifiques égyptiennes à double tranchant, terminée cette fois en obus, tel un roseau de métal. O'Neil et Carter sont les seuls à reconnaître la créature mais pour le personnel du CIC c'est une fantastique apparition.

Soudain, articulant de sa voix d'outre-tombe aux résonnances métalliques, le prétorien s'exprime dans une langue inconnue puis un anglais parfait, comme si le traducteur de l'exoscaphandre filtrait les expressions à traduire.
– Kree, Tau'ri. Donnez-moi la femelle tau'ri dénommée Carter et le mâle appelé O'Neill et vous aurez la vie sauve.

Au fond, Shak'el sait que cette mission est trop importante pour juste massacrer à vu les Tau'ri et que le pharaon en personne veut ces individus. Il sait que s'il en tue un par accident, son maître Teal'c devra l'exécuter immédiatement comme c'était déjà arrivé dans ce genre de mission.

Les intéressés, accroupis derrière une console, se tournent vers Strickland, peut-être curieux de savoir si le capitaine allait négocier pour sauver l'équipage.

– Ici le capitaine Clarence Strickland. US Navy. Vous venez d'arraisonner un sous-marin nucléaire des Etats-Unis...
– Si tu veux la vie sauve, donne-moi les fugitifs.
– On est à quelle distance de la coque déjà, ici ? demande O'Neill à voix basse à son hôte.
– Quelques bonnes couches, acquiesce le capitaine d'une grimace.

O'Neill lui rend son signe de tête avant de bondir ensemble, 9mm en main et de bombarder l'individu. Les chargeurs vides, le garde-serpent inspecte son armure intacte.

Toujours aussi primitifs, constate-t-il intérieurement avant d'abattre sa lance et de viser le capitaine qui évite de peu les tirs.

Les cloisons sont touchées et le danger de rupture de la coque extérieure est cette fois bien supérieure à celle des balles de Beretta. O'Neill contourne la console qui lui sert d'abri de fortune et bondit sur le flanc droit du jaffa pour bloquer le mouvement de la lance, profitant du volume de son adversaire et de l'exiguïté pour le contraindre au-corps-à-corps. Une lutte s'engage et le jaffa a de toute évidence l'avantage jusqu'à ce que le pilote et l'officier de communication se jettent à leur tour sur lui, agrippant également la Ma'tok ou les épaules afin de le faire tomber. Le jaffa commence à plier face à la force des trois hommes réunis. D'un mouvement de coude le jaffa se défait du colonel O'Neill, lève la lance pour donner un coup de crosse au pilote, le projetant en arrière contre la cloison, et profite enfin de sa liberté de mouvement pour tuer l'un des pilotes qui s'effondre sur la table. Le Jaffa s'avance et s'approche de Carter, agenouillée derrière un terminal.

– Ici Shak'el, j'ai trouvé le CIC du submersible ainsi que les cibles.
– Bien reçu, lui répond son officier supérieur. Fais émerger le vaisseau pour procéder à l'exfiltration aérienne.

Teal'c coupe la communication locale avec son second et fais signe au prétorien qui l'accompagne de s'arrêter, faisant route vers les quartiers d'équipage, avant d'activer la radio sur toute l'escouade.

– Kree. On exfiltre l'espion et on se tire avec le Chappa'ai'tac tau'ri arrimé à la coque avec les fugitifs que Shak'el a capturé. Avar'ac a indiqué une résistance trop importante devant le sas qui mène à la nef pour passer sans risquer de l'endommager. On utilisera les fugitifs comme otages. Faites attention à qui vous tuez maintenant.

Teal'c rentre le premier dans le quartier des équipages.

Kesh'et! Peste son subordonné. Ils peuvent pas faire plus exigus comme vaisseau ? précise-t-il en inspectant l'espace encore plus confiné que le reste du sous-marins dans lequel son supérieur vent de s'engouffrer.

Soudain il sent une rafale de projectiles s'abattre sur son armure et le faire reculer. Dans le couloir, un groupe de soldats tau'ri le tient en joue et le bombarde. Il lève sa lance et tire dans le groupe, abattant l'un des soldats. Les autres se regroupent de part et d'autre. L'un d'eux se lève et pointe un lance-grenadeq fixé à son fusil d'assaut en direction du jaffa :
– Vous foutez quoi Harrisson ? lui hurle le colonel Everett.
– A couvert ! répond l'intéressé en tirant le projectile qui quitte le tube lance-grenade pour atteindre le jaffa et exploser au niveau du thorax, le faisant tomber au sol dans un nuage de fumée.
– BORDEL DE MERDE ON EST EN ESPACE CONFINE ABRUTI ! Hurle le colonel Everett en l'agrippant, une fois relevé. ON AURAIT PU TOUS Y PASSER !
– ça va, ça a pas percer la coque, rassure le capitaine Ferretti.
– On a eu de la chance oui ! Castleman, renvoyez-moi cet abruti au CIC avec l'escouade Iridium, je veux plus le voir, ordonne-t-il à son second avant de sortir son Beretta, son chargeur de fusil étant vide, pour mettre en joue ce qu'il restait du jaffa.
– On l'a eu alors ? demande Castleman en lui en emboîtant le pas.

Son supérieur inspecte le cadavre du jaffa, la grenade ayant percé son armure et endommagé le masque. A l'intérieur, un visage, étonnement juvénile pour un jaffa allant sur ses cent ans.

– Bordel on dirait vraiment des êtres humains en-dessous, confirme Castleman à son tour.

Sans qu'il n'y comprenne rien, Castleman est touchée d'un décharge de plasma tirée depuis l'intérieur des quartiers d'équipage et projette Everett sur le côté, dans sa chute. Les deux autres marines du commando répliquent contre le jaffa retranché qui les tue les uns après l'autre, en un éclair. Le colonel se relève et se jette sur son adversaire, visant le masque du jaffa à bout portant avec son Beretta. D'un geste de la lance, Teal'c lui jette son arme des mains avant de le soulever de la main droite. Il ouvre son casque et expose son visage.

– La plupart des primitifs que j'affronte quotidiennement fuient au simple son de mes armes. Mais de temps à autre il y a un imbécile ou un héros à contresens dans la mêlée, prêt à en découdre avec mes jaffas. Je vois que vous avez réussi à avoir l'un des miens, vous devez être parmi les plus forts de votre peuple. Alors lequel est-ce que tu es, toi ? Héros ou imbécile ?
– Sans doute un peu des deux, sourit Everett en tentant de poignarder son adversaire sous l'épaule avec son couteau.

Son geste est arrêté in extremis par le jaffa qui laisse choir sa lance contre la cloison et lève un sourcil :

– Plus imbécile tout de même, sourit le jaffa en tordant le bras de son adversaire qui lutte jusqu'au bout. Mais tu as mon respect, admet-il avant de lui briser le cou et de le laisser tomber au sol.

19h54, Pel'tak de l'Amùn'eth

La porte du pel'tak finit par s'ouvrir à moitié et les Spetsnaz investissent le pel'tak un par un. Gantelet à la main, Apophis défend son poste et projette les assaillants avec l'onde gravitique émise par son kara-kesh. Les autres restent à couvert derrière la porte entrouverte, et arrosent le pharaon au coup-par-coup tandis que les mains des autres sont occupées à agrandir l'ouverture en poussant les portes coulissantes.

– On fait comment pour percer un bouclier comme ça, docteur ? demande le colonel au docteur Markova en changeant de chargeur, accroupie elle-aussi derrière la cloison du couloir menant au pel'tak.

– Comme on l'a compris au nouvel an 99 lorsque les gardes de sécurité ont décidé de faire la fête dans le hangar, le bouclier de l'Alkonost est conçu pour arrêter toute particule allant au-delà de trente mètres par seconde par rapport à lui. C'est une constante du champ de force.
– Très bien, répond le colonel en souriant.
– Colonel, les balles de vos fusils vont à vingt fois cette vitesse, prévient-elle.
– J'ai bien compris, répond son interlocuteur avant de sortir son couteau de chasse.

Il se lève, s'approche, et le lance à la moitié de la vitesse maximale autorisée. Le couteau traverse le champ de force de la même manière que l'oxygène qui l'entoure et lui permet de respirer et atterrit dans la main du pharaon qui se tord de douleur. Le kara-kesh endommagé, le bouclier du pharaon finit par céder et le colonel en profite pour abattre son adversaire d'une balle dans l'épaule. Il chute bruyamment au sol, mis en joue par le reste du commando. Zhoukov écrase le bras du Grand Maître qui tentait d'attraper une lance Mat'ok.

– Svetlana ! Arrêtez le vaisseau immédiatement ! ordonne-t-il à l'ingénieure qui se rue dans la pièce sous l'escorte d'un trinôme de Spetznas attentif à vérifier que les autres cadavres de jaffas éparpillés dans la salle en sont bien.

Elle retire son casque et le pose au sol avant d'inspecter la console centrale, celle que défendait en priorité le pharaon.

– Colonel... Il a...

Zhoukov contemple avec horreur la console endommagée par des tirs d'arme à énergie, sans doute la lance Ma'tok qu'il allait saisir.

– Merde.
– Combien de temps pour prendre le contrôle du vaisseau ?
– Je ne sais pas, la console était intacte sur l'Alkonost. Il l'a saboté !
– Et les autres consoles ?

La scientifique jette un coup d'oeil.

– Non, rien. Je ne comprend pas, il semble qu'il faille une clef d'activation comme pour un sous-marin nucléaire. Et je ne sais pas où est la propulsion là-dedans !
– Colonel, prévient le pilote de l'Alkonost sur la radio, le Kremlin veut savoir pourquoi le vaisseau est en train de tomber sur Terre.

Zhoukov est pris de court.

– Quels sont vos ordres ? demande le sergent Vallarin, qui commence lui-aussi à paniquer.
– Déverrouille le système ! ordonne-t-il à Apophis qui commence à jubiler de rire, étendu au sol. Svetlana les autres consoles ça avance ? Puis il se tourne à nouveau sur le Goa'uld vaincu. Tu comprends quand je parle suka blyat ? Comment on déverrouille le système ?!

19h55, USS Alabama

O'Neill se relève et attaque le jaffa par derrière alors qu'il mettait en joue le docteur Carter avec son zat.

– BARREZ-VOUS ! Hurle-t-il en faisant signe à la civile de quitter le CIC, occupé à ralentir le jaffa.
– Toi, tu commence à m'énerver, lui répond Shak'el en ouvrant son casque pour le dévisager au moment-même où il interceptait son poing au vol dans un réflexe surhumain. Apophis ne m'en voudra pas si je te brise un ou deux membres, hein ?

O'Neill est terrifié par la force que lui oppose son adversaire. Il avait beau aller sur ses 53 ans il n'avait jamais eu à faire à une telle force de la nature, et pourtant des brutes qui étalaient son escouade au bras de fer, il en avait connu au fil des opérations. Il comprenait qu'il avait à faire à des surhommes et que le corps-à-corps avec ceux de son espèce était sans doute une idée pire que de compromettre la coque avec des armes à feu. Shak'el sent que son adversaire faiblit, et, lentement, commence à lui tordre le bras, sa force surhumaine couplée aux servo-moteurs miniatures de sa combinaison. Il met finalement son adversaire à genoux jusqu'à ce qu'un ignoble craquement ne vienne mettre un terme aux velléités martiales du colonel, effondré au sol, se tenant le bras et laissant échapper un râle de douleur qu'il n'avait que rarement entendu.

– Eh connard, Kree ça ! hurle à l'attention du jaffa une voix féminine.

Le jaffa se retourne en souriant mais ses réflexes pourtant olympiques ne lui permettent pas contracter son casque assez rapidement : une rafale de MP5 lui traverse le crâne et il s'effondre à son tour à côté de son avant-dernier adversaire. La coutume jaffa et goa'uld de vouloir à tout prix annoncer son triomphe en personne devait réellement leur coûter leur victoire, ce jour-là. Carter lâche le fusil-mitrailleur encore fumant et s'adosse à son tour contre la cloison, haletante. Le capitaine Strickland aide O'Neill à se relever et inspecte sa blessure. Au loin d'autres bruits de pas. Le capitaine ramasse à toute vitesse le MP5 que Carter avait emprunté au cadavre d'une des sentinelles postées devant le CIC et la pointe en direction de la porte, un genoux à terre et l'oeil sur le viseur, bien décidé à défendre son poste jusqu'au bout. Mais c'est bientôt la silhouette rassurante des marines du colonel Everett qu'il reconnaît, pour son plus grand soulagement et celui des survivants. Il relâche l'air inspiré pour le tir, met la sécurité, se relève et effectue un salut militaire à destination du chef de file.

– Major Altman, lui répond ce dernier en lui rendant son salut. Vous avez des pertes ?
– Oui, trois morts et trois blessés dont deux de vos hommes confirme le capitaine en donnant son arme à l'une des enseignes du CIC qui monte la garde aux côtés des renforts.
– On a eu des tirs en salle du réacteur également, des nouvelles ? Demande le capitaine.
– Négatif. Mon équipe devait rejoindre la salle du réacteur avant que le colonel Everett ne réponde à votre appel. On a fait aussi vite qu'on a pu.
– Ne vous en faites pas, major.

L'un des hommes qui accompagne le major Altman le rejoint à son tour :
– Corrin ? Toujours pas de réponse de Dillon. Tu penses qu'ils ont eu des emmerdes ? s'inquiète l'autre marine.
– C'est peut-être l'équipement de ces jaffas, dit-il à l'adresse du cadavre, qui provoque des interférences avec nos radios ?
– Non, elles fonctionnent, confirme son subordonné à distance en utilisant la sienne pour communiquer, l'écho de sa voix arrivant à l'oreillette de son supérieur.
– Merde, faut qu'on y retourne.
– On peut pas abandonner le CIC, on a reçu un ordre, major.

Quartier de l'équipage

Le cadavre du colonel Everett s'effondre bruyamment au sol. Teal'c rétracte son casque et retourne dans la pièce d'où il était sorti, le zat à la main. Il avance prudemment dans l'ombre, ses optiques rougeoyantes détectant les formes de vie à proximité. Il relève l'un des draps et voit une enseigne, terrifiée, qu'il dévisage avant de lui asséner une décharge électrique.

– Arrêtez, je suis là, indique finalement une voix. Vous en avez mis du temps, se plaint-elle avant de sortir d'un des lits.

Le docteur Jackson se dresse face au colosse de métal confiné entre les rangées de lits suspendus.

– J'ai fait au plus vite, seigneur Tanith, s'incline maladroitement le jaffa dans l'exiguïté du lieu. Mes Jaffas doivent se regrouper en ce moment-même au Chappa'ai'tac qui intriguait le Pharaon. Je vais vous exfiltrer personnellement. Restez bien derrière moi si vous ne voulez pas prendre une balle perdue.
– Un instant, jaffa. D'après les renseignements que j'ai pu glaner, il semble qu'il faille bel et bien un gène spécial pour activer cette nef. Nous aurons besoin du tau'ri appelé Jack O'Neill pour ça.
– J'ai déjà donné l'ordre à l'un de mes Jaffas de le capturer, mon Seigneur.
– Hmmm, pas si stupide que ça pour un Jaffa finalement, lui répond sans pitié le goa'uld. Qu'est-ce que vous attendez ? On y va !

Teal'c dévisage un instant le goa'uld dans la pénombre comme s'il s'attendait à quelque remerciement pour les risques que lui et son équipe d'assaut ont pris pour l'exfiltrer. Il ravale sa fierté avant de se retourner pour mener la marche, la tête toujours baissée à cause de ce plafond trop bas. Cet espace confiné commence décidément à lui monter à la tête.

Malgré les années d'endoctrinement subies, il espérait toujours, naïvement peut-être, que la personnalité du jaffa qui avait autrefois incubé le goa'uld qui le suivait à présent avait déteint sur la sienne. Il croyait retrouver en lui une sorte d'enfant perdu qu'il aurait du avoir avec la prêtresse jaffa si leurs devoirs respectifs ne les avait pas séparés. Mais la désillusion fut violente. Tanith était comme son maître Nerthys et le maître de celui-ci. Il avait échangé la prêtresse contre cet espion sans pitié. Un amour encore plus difficile à tenir depuis la mort de sa première femme. Mais le célibat des prêtresses était une règle sacrée, et les vestales jaffas étaient destinées à "accoucher" symboliquement de goa'ulds des castes supérieures, sortes de mères-porteuses hiératiques. La tradition était pourtant si cruelle qu'une vestale ne pouvait porter de symbiote qu'une seule et unique fois...

Il se souvient encore lorsque, quelques semaines plus tôt sur Chulak, la venue des Tau'ri avait requis, pour la première fois en plusieurs années, l'incarnation d'un symbiote à destination des services de renseignement de Nerthys, c'est-à-dire parmi les progénitures les plus loyales et les plus malignes de l'ancienne reine d'Apophis, désormais défunte, et incubées dans la poche symbiotique des vestales. Il se souvient lorsque, une fois la cérémonie achevée, il avait vu le docteur Jackson sortir de la pièce du rituel se pavanant sur le marbre sacré du sol comme s'il possédait le palais d'Apophis alors qu'il y était rentré de force sous la garde de plusieurs jaffas et que le goa'uld en question n'était "éveillé" que depuis moins d'une minute à peine. Il se souvient être rentré dans la pièce du rituel une fois Nerthys et ses espions partis. Sur l'autel de pierre était étendue sa bien aimée, une dague rituelle enfoncée dans son ventre de sa main même, de sorte à prouver symboliquement la stérilité de la mère-porteuse une fois l'accouchement divin accompli. Il se souvient avoir demandé aux gardes de quitter la pièce. Il se souvient avoir caresser d'une main le bras sans vie de sa bien aimée. Il se souvient enfin d'être tombé à genoux et d'avoir pleurer sur son corps étendu. Les derniers mois, l'idée de s'enfuir avec elle avait pourtant occupé ses pensées et perturbé ses kel'no'rim. Il savait qu'un tel blasphème se serait soldé par une chasse à l'homme pour le couple enfuit et qu'ils auraient servi d'exemples une fois capturés ou tués, comme en témoignaient les hérésies sodanes et hak'tyls. Mais cet idylle de quelques jours n'aurait-il pas comblé en lui un siècle de solitude et fait de lui une figure tragique pour l'éternité ? Il l'avait vu passer plusieurs fois dans les couloirs du palais ou dans les rues, et n'avait osé, malgré la force de ses sentiments, proposer une entreprise aussi risquée au gré de leurs interactions. Peut-être que si ces Tau'ri n'avaient pas mis les pieds sur Chulak, un tel sacrifice pour les espions de Nerthys n'aurait pas été nécessaire avant un certain temps, un temps imparti avant l'inévitable rituel qui lui aurait permit de concevoir un meilleur plan d'évasion avec la prêtresse. Mais c'était trop tard. La tau'ri avait souillé de sa présence impure sa planète natale et la dague sacrificielle avait emporté sa bien-aimé dans la tombe à tout jamais. Il ne l'a reverrait plus. Shan'auc.

19h56, salle de guerre/QG présidentiel de Cheyenne Mountain

– Qu'est-ce que vous ne comprenez pas encore ? S'exclame Kinsey.
– C'est Khéops 1. Goa'uldbuster 5 avait atteint la partie ventrale du vaisseau juste avant qu'il ne se téléporte. L'ogive n'a pas touché les réacteurs ascensionnels, juste le hangar tribord, provoquant une réaction en chaîne jusqu'à la pyramide, mais rien qui n'indique qu'il devrait retomber comme ça. Ça déjoue les calculs de trajectoire établis à l'instant !
– C'est normal : sa chute est contrôlée, fait remarquer Jumper. Oh merde il fait comme Thunderbolt.
– Pardon ? s'exclame Landry. Abattez-le !
– Nous n'avons plus d'ICBM à portée, répond l'officier. Leur défense de point et leurs boucliers ont absorbé la totalité de nos ressources durant l'opération de couverture des Goa'uldbusters. Mais plusieurs sous-marins ont encore une partie de leur arsenal. Je les contacte immédiatement pour initier les lancements.
– Ils ont encore un bouclier ? ajoute Landry.
– Non. Ou alors un truc secondaire anti-frictions. Leur coque a été percée de l'intérieur. Je me demande d'ailleurs ce qui empêche le vaisseau d'être disloqué. Il a atteint une orbite de 358 km et a commencé à accélérer à près de 9 g !
– Quand s'écrasera-t-il ?
– Moins de 3 minutes.
– Lancez immédiatement tout ce qu'il reste dans l'arsenal en visant le point optimal de sa trajectoire, ordonne landry.
– Recalcul de la trajectoire en cours, confirme l'un des officiers tandis qu'un logiciel simulait en trois dimensions le point d'impact à partir d'une trajectoire reconstituée selon plusieurs axes.
– Un vaisseau de cette taille ? Ça ne suffira pas, répond Jumper.
– Faite comme il dit, ordonne Kinsey. Repassez-moi Strickland.

USS Alabama, 19h57

Carter lève les yeux vers O'Neill auquel un bandeau de fortune est confectionné par l'un des marines en premiers soins.

– Vous... vous allez bien ? demande-t-elle.
– Merci, grâce à vous. Juste une bonne... entorse, ment-il, l'os sorti jusqu'au coude. C'était courageux ce que vous avez fait là, lui répond le militaire.
– Merci, répond-t-elle timidement en séchant ses larmes.
– Pleurez pas, docteur. Ce connard allait tous nous flinguer. Si vous l'aviez pas descendu le reste de l'équipage serait peut-être mort.

Elle hoche la tête sans répondre. O'Neill fait signe au marine de l'aider à se relever, au prix de grands efforts avant de rejoindre le docteur Carter.

– Vous savez c'est pas facile de tuer quelqu'un. Votre CV indique pourtant plusieurs sorties durant la Guerre du Golfe.
– J'ai effectué des survols de renseignement mais j'ai jamais engagé le combat, dit-elle en séchant son nez et ses larmes avec la manche de sa chemise. Dès la fin de l'opération je suis partie dans le civil. J'adore voler. Mais pas appuyer sur une gâchette.
– Vous avez bien fait, docteur.

L'expérience avait été traumatisante. Elle était mitigée par des sentiments contraires : avait-elle une fois de plus prouvé que cette Sam Carter héroïque de la caméra, qui avait visiblement troqué ses lunettes pour des lentilles et ses hésitations pour de l'éloquence, sommeillait bel et bien en elle et qu'elle était capable de la réveiller et de faire face à des situations extrêmes elle aussi ? Pour attirer son attention et avoir une ligne de mire sur son visage elle avait même sorti un one-liner improvisé tout droit sorti de film des années 80... Pourtant, une fois la rafale tirée, elle savait qu'elle ne pouvait pas la faire revenir dans le chargeur et que le jaffa était bien mort. C'était peut-être un alien mais l'un d'eux n'était-il pas devenu leur allié dans cette réalité ? Était-elle une criminelle ? Non pas qu'elle risquait la moindre accusation juridique pour avoir porter secours à ses camarades et repousser un ennemi, sûrement pas. Pour ça elle recevrait sans aucun doute une médaille supplémentaire et Kinsey ne manquerait pas de le mentionner pour participer à édifier un mythe autour d'elle, quitte à lui demander de retirer ses lunettes et de prendre des cours d'élocution avant toute interview histoire de créer un véritable personnage à l'image de sa jumelle temporelle. Ça, elle l'avait bien compris quand elle avait rencontré le président en personne et qu'elle avait lu sur son visage la déception de ne pas avoir à faire à la femme de la vidéo. C'est surtout qu'elle avait au fond d'elle la sensation étrange qui suit ce baptême du feu, cette bataille de la raison pour comprendre et juger. Mais le sentiment le plus paradoxal qui torturait son esprit c'était qu'elle l'avait rapprochée un peu plus de ce colonel à la blague facile qui se tenait à ses côtés. Utilisait-il son humour et son sourire pour dissimuler des plaies similaires ? Tout un coup elle comprenait davantage cet homme et son aversion pour les militaires de terrain en général se diluait peu-à-peu. C'était comme si malgré elle, elle était entrait un peu plus dans son monde.

– Ici Strickland, nous venons de repousser une tentative d'abordage jaffa à bord de l'Alabama.
– C'est toujours pas le moment, Clarence, dépêchez-vous de lancer Blacklight ! s'impatience Kinsey.
– Le colonel O'Neill est blessé...
– Si vous faites rien le Ha'tak va s'écraser et sans doute tuer plein de gens, capitaine ! Ne discutez pas et envoyer O'Neill et les SEALs immédiatement.

Carter se lève brusquement, accompagné du colonel O'Neill.

– Je pensais que Khéops devait rester en orbite pour au moins plusieurs jours ? Les Russes vont le détruire ? Ça n'a aucun sens, fait remarquer Carter.
– Sensé ou pas ça change rien, docteur ! Le vaisseau est bel et bien en chute libre et il accélère !
– On... on a pu détruire le système de décélération antigrav par accident, suggère Carter.
– Par accident ? s'emporte Kinsey. C'était votre plan, docteur !
– Sauf votre respect, tente O'Neill, si le vaisseau n'a pas d'accélération continue c'est qu'il y a quelqu'un à bord.
– Oui, les Russes, rappelle Kinsey. Je me demande bien à quoi ils jouent d'ailleurs. Attendez un instant.

19h59, Pel'tak de l'Amaùn'eth

– On fait quoi putain ! hurle Vallarin.
– On la ferme et on attend que Markova trouve le mot de passe, lui rétorque son supérieur.

Le docteur tente plusieurs combinaison sur le clavier de la console. Son niveau de stress dépasse possiblement tout ce qu'elle a déjà ressenti dans sa vie et décuplé encore.

– Moi je me casse ! Hurle l'un des Spetsnaz en se ruant vers les anneaux de transfert avant d'être abattu d'une rafale dans le dos par Zhoukov.
– Le premier qui déserte je l'expédie en enfer directement, rappelle le colonel.

Le rire du goa'uld s'intensifie encore.

– Allez ! Hurle Zhoukov en rouant de coup le pharaon. Tu vas cracher le morceau oui ou merde ?!

Les autres Spetsnaz continuent de paniquer, de s'éloigner du bord.

– Ici Alkonost-1, on quitte le vaisseau !
– Revenez ici, bande de traîtres ! hurle le colonel à bout de voix.
– C'est trop tard, répond Markova, les larmes aux yeux.

19h59, QG présidentiel de Cheyenne Mountain

– La vitesse de chute du vaisseau accélère, confirme l'officier radar.
– Il y a sans l'ombre d'un doute quelqu'un dedans en train de manœuvrer pour accélérer l'épave le plus vite possible et accumuler de l'énergie cinétique, conclue Jumper. Peu importe ce qui est en dessous ça va faire mal.
– Docteur Carter, on est sur quel genre de collision ? hurle le président Kinsey sur la liaison radio.
– Avec une masse estimée à cinq à dix mégatonnes et sa vitesse au moment de l'impact compte tenu de son accélération... on peut s'attendre à une explosion de l'ordre de deux ou trois mille gigatonnes... Monsieur. corrige-t-elle. C'est un Yucatan 2.0.
– Dieu tout puissant, répond Kinsey qui regarde autour de lui, éperdu.
– Monsieur, NORAD estime le lieu d'impact à... ALERTE GENERAL CHEYENNE MOUNTAIN ! EVAC D'URGENCE EVAC D'URGENCE ! s'emporte l'officier radar. A une accélération constante, l'impact aura lieu dans 45 secondes !
– DITES AUX BLACKHAWK D'ATTERRIR IMMEDITAMENT ! ordonne Landry. ON EVACUE !
– ON N'A PAS LE TEMPS ! répond Kinsey en repoussant le bras de Landry qui l'amenait vers le couloir.
– Monsieur, ce n'est pas un hasard qu'Apophis vous vise. Compte tenu de la présence de la porte et de la densité énergétique maximale que peut accumuler le Naquadah avant d'entrer en fission... l'explosion va être amplifiée par dix. La planète est condamnée.
Kinsey repousse ses gardes-du-corps entrés en vitesse dans la pièce et se rapproche du micro de communication avec l'Alabama : Ici Zeus. Colonel O'Neill, Capitaine Strickland. Vous avez pour ordre d'utiliser la machine temporelle et de tout faire pour descendre ce fils de pute avant qu'il ne vienne jusque-ici !
– Monsieur, l'Exonef ne peut pas sauter plus de 200 ans en arrière ou en avant... objecte le docteur Carter avant d'être interrompue :
– Je m'en branle, docteur ! Vous vous démerdez pour le fumer même si vous devez remonter à cro-magnon puis vous revenez ! s'emporte le président.
– A vos ordres ! s'exécutent Strickland et O'Neill.
– Moins de 30 secondes ! hurle l'officier radio de l'Alabama, encore ensanglanté après le combat en remettant son casque audio.
– ON PLONGE ! ordonne le capitaine. Vous avez entendu, vous deux ? demande Strickland en se tournant vers Carter et O'Neill. Major Altman vous les escortez jusqu'à l'Exonef. AU PAS DE COURSE.

Le colonel, soutenu par le docteur, et les trois marines se ruent au pas de course vers la cale sèche de l'Exonef.

– Il fait quoi là ? demande Carter dans la course.
– Quand un Goa'uld perd la partie d'échecs, il renverse la table et retourne l'échiquier, répond O'Neill, qui peine à avancer et se cogne le coude dans l'entrebâillement de l'écoutille alors qu'il tente de combler le mouvement de balancier du sous-marin en train de prendre de la profondeur, muant un hurlement en un râle sourd. C'est décidément une journée de merde.

A l'extérieur, l'antenne de communication disparaît à mesure que le vaisseau s'enfonce dans la mer comme le mât d'une épave sombrant définitivement.

19h59:59s

Soudain la colère divine s'abat sur Kinsey : l'impact cinétique qui touche Cheyenne Mountain libère une déflagration équivalente à quarante mille fois ce que les Soviétiques avaient envoyé de plus puissant en Nouvelle-Zemble au début des années 60. S'y ajoute le Naquadah de la porte des étoiles quelques instants plus tard qui entrent en fission et amplifie la bulle de plasma qui cherche à s'étendre dans toutes les directions. Aux premières loges de l'Armageddon, juché sur sa colline de conifères, Stryker 1 ne demeure qu'une seconde et demi pour assister au feu d'artifice avant d'être annihilé avec le reste de la forêt. Les montagnes éclatent comme des châteaux de sable, des morceaux entier de plaques continentales se déchirent et propagent jusque sous terre l'énergie cinétique de l'Amùn'eth et explosive de la porte qui cherchent à tout prix à se transmettre sous toutes les formes possibles, de la convection à la radiation. Depuis l'espace, c'est un disque de lumière dévorant patiemment tout ce qu'il l'entoure qu'observe, impuissant, l'équipage de l'Alkonost sorti in-extremis de l'épave en déréliction quelques secondes plus tôt.

20h00, CIC de l'USS Alabama

Le contact fut immédiatement rompu avec le bunker présidentiel qui n'a pas du survivre longtemps à l'impact. Le capitaine Strickland eu un mouvement de recul face au grésillement du canal radio et tente de contenir sa panique du mieux qu'il peut face à ses hommes.

– Salle des machines, pleine charge, aboie Clarence via le haut-parleur. 110%

Mickaelson étouffe le micro pour lui confier :
– A cette magnitude d'explosion, 2 km/h de plus ne feront aucune différence.
– Je sais.

Salle des silos

– Il s'est passé quoi ici ? demande Altman en ouvrant la marche. Bordel c'est lui ! Indique-t-il à voix basse.
– Il se passe quoi ? On n'a pas le temps, proteste O'Neill sur le même ton.
– Un jaffa. Et y'a un civil avec lui, le docteur Jameson je crois.
– C'est Jackson, corrige Carter.
– Il est retenu en otage ?
– Je sais pas je l'ai vu une seconde. Platine-3 à Cobalt, me recevez-vous ?
– I... ici le docteur Rodney McKay. Il est mort... il...
– Calmez-vous docteur, combien de membres de l'équipe sont avec vous ?
– Au... aucun. Ils sont morts. Le jaffa aussi, ils l'ont tué il y a cinq minutes.

Altman réprime une grimace. Merde ils ont eu Sumner les salopards !

– Très bien docteur, barricadez-vous, on arrive indique-t-il avant de couper la radio. La salle du réacteur est sécurisée mais Cobalt y est passé, on continue sur le sas de la cale sèche.

O'Neill et Carter se poussent, difficilement, pour laisser passer le marine qui fermait la marche. Le trio s'engage à pas feutrés, fusil en main, dans la salle auxiliaire située entre celle des silos, qui occupe à elle seule un bon tiers du vaisseau, et celle du réacteur. Les trois hommes profitent de l'espace offert par cette salle pour se jeter sur le jaffa, qui pousse Jackson derrière lui. Dans la mêlée, il lâche son zat qui glisse au sol. O'Neill tente de l'attraper mais se heurte à la lutte acharnée entre le jaffa et les marines de l'escouade Platine pour l'immobiliser. C'est Carter qui le ramasse et lui envoie. Il le tient en l'air et tente de viser en direction de l'intrus. S'il sait depuis Chulak qu'elle n'est pas létale, il sait aussi que l'armure du jaffa pourrait en absorber plus que les marines et qu'il se retrouverait seul, un bras cassé, face à l'adversaire.

– Bougez-vous ! Hurle-t-il aux marines avant d'envoyer une première charge.

Teal'c utilise l'un des marines comme bouclier pour absorber le premier tir avant de se diriger vers O'Neill qui réplique par une seconde salve immédiatement. Il recule mais n'est pas encore à terre. O'Neill envoie une troisième décharge absorbée également par l'exoscaphandre blindé du jaffa qui recule davantage. Le colonel recommence encore jusqu'à ce que le Jaffa, appuyé sur la hampe de sa lance Ma'tok, finisse par tomber au sol.

– Immobilisez-le et enlever lui son armure au plus vite, ordonne O'Neill avant de donner le zat à l'autre marine et de ramasser les lunettes du docteur Jackson tombée durant le combat.
– ça va doc ?

Jackson regarde autour de lui, ébouriffé et le regard éperdu avant d'accepter le seul bras valide tendu par le colonel.

– Euh... oui. Merci colonel. Je suis désolé. Everett et son escouade n'ont pas survécu, confesse-t-il.
– Ces fils de pute vont le payer cher, éructe Altman.
– C'est le Primat d'Apophis, Zeus le veut en vie, ordonne O'Neill en baissant la main armée d'un Beretta qu'Altman pointait vers la nuque du jaffa.
– On doit aller à l'Exonef tout de suite ! annonce Carter à l'archéologue. Y'a pas une seconde à perdre.

Le colonel tente une difficile ascension sur l'échelle, ne pouvant aider ses pieds que d'une seule main. Il est moite de sang et de sueur, et il sent que la douleur de son bras peut le faire s'évanouir à tout instant. Mais ce n'est pas le moment.

– Qu'est-ce qu'il se passe ? demande le docteur Jackson.
– On a réussi à repousser les Goa'ulds, mais le vaisseau-mère a disparu en hyperespace avant de revenir et de se crasher sur Terre à une vitesse relativiste.

Les yeux du docteur Jackson s'écarquillent.

– Le Président en personne nous a dit de remonter le temps pour empêcher l'apocalypse.
– Bordel aidez-moi ! hurle O'Neill, bloqué dans son ascension.
Jackson se presse pour le suivre sur l'échelle, verrouiller ses jambes sur les barreaux et s'aider de ses bras pour soulever les pas du militaire, suivi ensuite de Carter. Cette laborieuse étape passée, le trio est désormais dans la cale sèche et entre, exténué, dans le Jumper.

– Colonel, plus que trente secondes, hurle le capitaine Strickland à l'oreillette.
– Si le bouclier de l'Exonef est actif et étendu au vaisseau, il peut absorber l'explosion non ? demande O'Neill à Carter.
– Une explosion de cette taille ? J'en doute fort colonel, s'inquiète Carter.
– Même avec l'eau ?
– Peu probable.
– 21 secondes colonel ! tente Strickland, la sueur perlant à grosses goûtes sur son front. A tout l'équipage préparez-vous à l'impact ! Accrochez vous à ce que vous avez.
– Scotty, envoyez le jus ! hurle O'Neill à l'oreillette de Carter.
– C'est Rodney ! répond l'intéressé.
– Pinaillez pas Scotty, envoyez tout ce que vous avez à l'Exonef. Quelle époque ?! demande précipitamment O'Neill à l'adresse de ses camarades.
– Quoi ?! s'étonne Carter.
– Quelle époque ?!
– SG-1 saura quoi faire, se risque le docteur Jackson. C'est eux qui nous envoyé ici ! Ils doivent savoir mieux que quiconque quoi faire pour régler les choses.
– Mais Kinsey ne nous a pas dit de... commence Carter.
– C'est quand déjà ça ? demande le colonel.
– 5... ss.. s ! 5,000 ans dans le passé, répond-t-elle à toute vitesse.

Sans un mot il ferme les yeux, se concentre. Son bras droit, fortement endommagé, est également appuyé sur la console télépathique, tenu par Jackson pour éviter qu'elle ne tombe. L'occulteur permute sur le bouclier de contraction spatio-temporelle que le Jumper projette à présent sur une bulle de 200 m de longueur abritant l'Alabama. On entend le rythme cardiaque du contrôleur temporel s'emballer et accumuler de l'énergie.
Le Cigare de Poséidon donne tout ce qu'il a pour échapper à l'onde de choc mais le différentiel de vitesse est trop important. Le léviathan de fer semble avoir trouvé un phénomène qui le dépasse encore, comme ces tyrannosaures, autrefois les prédateurs apex de leur écosystème, qui devaient fuir comme des chiens battus face à l'imminence apocalyptique d'une éruption volcanique colossale ou d'un crash de météorite. Mais ce n'est pas suffisant et il subit une secousse qui le projette plus vite que les turbines ne le permettent. Dans un flash lumineux, le vaisseau disparaît, échappant de peu à la vague de destruction totale qui balaie l'océan d'un raz-de-marée de plusieurs dizaines de mètres de hauteur.

– On y est ? demande l'archéologue.
– COLONEL ! hurle Strickland dans l'oreillette. On est en apesanteur ici !

Il remarque alors l'étonnement sur les figures de Carter et Jackson qui fixent le hublot.

– MERDE MERDE MERDE !

Il s'empresse de réacter le bouclier énergétique autour du sous-marin. Celui-ci était enrobé d'une bulle d'eau capturée par le bouclier lors de la téléportation spatio-temporelle, se figeant rapidement en calotte de glace. L'USS Alabama dérive alors dans le vide spatial, tournant sur lui-même dans la spirale infernale de sa propre inertie.
Dernière modification par Revanchiste le 27 juin 2021, 21:51, modifié 2 fois.
J'arrête ici le dérapage
avant que Zap et Chupeto
ne se retrouvent dans les parages
et ne me collent des avertos. biggrin.gif

[I]24/09/2015[/I]
arim
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par arim »

J'aurais mis le temps pour le remettre à ta fic (je crois que je m'étais arrêté au 2e briefing à ma dernière lecture).
Que dire ? L'histoire est sympa avec le rebondissement des Russes et le voyage temporel (avec Jackson si j'ai bien compris ? j'ai un peu de mal avec la dernière séquence (et était dans le Jumper) et comme c'est la fin du chapitre je ne peux pas me raccrocher aux branches) annonce du bon pour la suite.
C'est hyper-agréable de voir des noms d'obscurs personnages de 2 épisodes qui me disent quelque chose mais pour lesquels je suis "obligé" d'aller voir dans l'encyclopédie les épisodes pour me souvenir de leur caractères et principaux échanges avec les personnages principaux, et en découvrir de nouveaux
Spoiler
genre WTF, dans son délire sans symbiote de la fin de saison 6 Teal'c rêve sa vie avec son flirt d'ado et pas la mère de son fils !
Je te trouve agréable à lire, bien plus fluide que les briefings (faut dire que c'est un peu normal que les briefings soient chiant !). Je sais pas si c'est un effort particulier de part ou simplement si l'histoire s'éloigne du "militaire pur", mais j'ai été beaucoup moins gêné par les sigles !

Bref, j'ai hate de lire la suite et j'essayerais de te donner mon avis (pas forcément après chaque chapitre), parce que vu le travail que ça doit te demander je pense bien que tyu attends quelques réactions !
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

Un forumeur sauvage apparaît :shock:

Merci infiniment, je me dis surtout que ça doit être dur de raccrocher les wagons avec autant d'informations distillées sur un texte long comme ça :up: J'ai d'ailleurs "dégraissé" un peu après plusieurs relectures et j'ai retiré des passages jugés trop longs pour l'intrigue (comme une séquence à l'intérieur du Ha'tak ou l'intervention de Kawalsky, puisqu'il fait bien partie des forces spéciales présentes à bord du sous-marin pour la mission Blacklight) mais 'doit encore y avoir de quoi faire + j'ai repéré des dizaines de fautes à corriger d'urgence :cry:
Oui Jackson en fait partie. Ils avaient besoin d'un traducteur aux côtés des scientifiques comme McKay et Carter afin de prendre le contrôle du Ha'tak. A la fin il est aussi dans le Jumper puisqu'il aide O'Neill à monter l'échelle et à garder son bras cassé sur la console. + relis bien la fin :
Spoiler
c'est Jackson (donc Tanith, qui vient d'apprendre qu'Apophis est mort et qu'il a perdu) qui profite de l'urgence pour convaincre O'Neill de remonter à l'époque de SG-1 dans le passé, de toutes les dates possibles... Ce goa'uld a beaucoup d'idées derrière la tête donc fais attention : dès que Jackson parle c'est en fait la parole d'un goa'uld calculateur et désormais sans allégeance.
Pour les personnages récurrents même le sous-marin devait en être un, c'était l'Alexandria (ou le Dallas de Small Victories) à la base mais j'ai bien vite vu qu'ils avaient pas d'arsenal suffisant pour Mjolnir donc j'ai changé pour un classe Ohio et j'ai pris l'Alabama à cause du film avec Denzel Washington :D
CITATION genre WTF, dans son délire sans symbiote de la fin de saison 6 Teal'c rêve sa vie avec son flirt d'ado et pas la mère de son fils !
J'avais oublié ce passage à vrai dire, je me souviens surtout de celui où elle apparaît et meurt qui se passe chez les Tok'ras.
CITATION Je te trouve agréable à lire, bien plus fluide que les briefings (faut dire que c'est un peu normal que les briefings soient chiant !). Je sais pas si c'est un effort particulier de part ou simplement si l'histoire s'éloigne du "militaire pur", mais j'ai été beaucoup moins gêné par les sigles !
J'ai fait quelques efforts mais je comprends que certains passages restent chaotiques, je corrige-ça dès que j'ai une heure ou deux.
J'arrête ici le dérapage
avant que Zap et Chupeto
ne se retrouvent dans les parages
et ne me collent des avertos. biggrin.gif

[I]24/09/2015[/I]
arim
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par arim »

A mon avis, pas besoin de toucher à la fin, en lisant, je vois que je me suis un peu planté en commentant, mon doute est plus sur d'éventuels soldats qui seraient avec "SG1" après le voyage temporel. Mais avec le début du chapitre suivant ça devrait être compréhensible, ça fait un cliffhanger !

Pour Shan'auc, je voyais que le 404 aussi, mais je me souvenait pas trop de la relation entre elle et Teal'c (dans mes souvenirs c'était une histoire finie depuis longtemps et platonique, mais ça correspondait pas trop à ce que je ressentais de ton histoire), du coup j'ai fait ma recherche
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Ananta »

Salut,

Alors j'ai tout lu. C'est une très bonne fic qui se passe dans une Réalité Alternative, mais j'avoue que j'ai eu du mal avec les sigles et le déroulement des évènements (surtout les parties dans le sous-marins, j'étais perdu).

La fin est surprenante (passé de l'eau au vide spatial lors d'un saut temporel, jamais vue dans la série). Jackson, toujours espion et hôte de Tanith (je n'aurais pas crû le revoir celui-là, au vu de l'animosité que lui et Teal'c ont dans la ligne temporelle originale).

5000 av. J-C. Pourquoi cette date? Il ne se passe rien sur Terre.
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par arim »

5000 avant JC, il me semble que c'est la période où SG1 est dans le passé dans le 8.19/20 (pour récupérer un EPPZ puis vont préparer la révolution contre Ra)
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Ananta »

CITATION (arim - 19 juin 2021, 15:53)
5000 avant JC, il me semble que c'est la période où SG1 est dans le passé dans le 8.19/20 (pour récupérer un EPPZ puis vont préparer la révolution contre Ra)
Le problème c'est que la rébellion contre Râ a lieu en 2995 av. JC. Ce qui voudrait dire qu'ils devraient attendre 2005 années avant d'en arriver-là. Impossible!
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par ytsuka452 »

"il y a 5000 ans" =/= "-5000 av JC"
CITATION INT-PUDDLE JUMPER

[Daniel and O'Neill are sitting in the pilot chairs as Carter works on the time device. Teal'c is standing behind Daniel.]

DANIEL
Now remember, Jack, 3000 B.C. After Sam hooks up the power to the time device, think about that date and nothing else.
Doci - De gigantesques armées de fidèles iront affronter les serviteurs des êtres maléfiques. Nous allons bâtir des vaisseaux spatiaux pour emmener nos guerriers valeureux dans l'espace interstellaire et apporter la Parole des Oris à tous les impies de l'univers. La puissance des Oris submergera tous les mondes et les impies seront bannis de l'univers. Loués soient les Oris !
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