Amazones

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Amazones
Mythologie
Grecque
Nom
Amazones
Autres noms
Amazónes, Amazonídes
Fonction
Tribu de femmes guerrières

Présentation

Les Amazones sont, dans la mythologie grecque, un peuple de femmes guerrières qui, selon les légendes, vivaient dans le Caucase et en Asie Mineure, au bord de la rivière Thermoscyre. Certains historiens les situent plus précisément sur les bords du Pont-Euxin (Mer noire) dans le nord de l'Asie Mineure actuelle, et d'autres dans l'extrême ouest de la Libye.

D'après la mythologie grecque, les Amazones étaient les filles d'Arès, dieu de la guerre, et de la nymphe Harmonie, et vénéraient Artémis, la déesse de la virginité, de la chasse et de la force féminine. Toutefois, d'autres mythes prétendent que ces femmes guerrières auraient pour mère Aphrodite, déesse de l'Amour.

Gouvernées par une reine, les Amazones fondèrent une société matriarcale dans laquelle les hommes n'avaient qu'une place secondaire, et étaient cantonnés aux travaux domestiques à la limite de l'esclavage. Elles n'acceptaient leur présence qu'une fois par an, pour perpétuer leur tribu et, dit-on, mettaient à mort leurs nouveaux nés mâles.

D'après les légendes, les Amazones étaient de redoutables guerrières armées de lances et d'arcs de bronze, et était essentiellement vêtues de peaux de bêtes. Montées sur des chevaux, protégés par une armure et un casque, elles parcouraient les contrées d'Asie Mineure, vivant de pillage et de rapine.

Les Amazones apparaissent pour la toute première fois dans l'Iliade en tant que personnages de fiction, probablement au VIIIe siècle av. J.-C., comme étant toujours et uniquement des femmes. Au-delà de l'aspect mythologique, des historiens suggèrent que les Amazones pourraient correspondre aux femmes guerrières des peuples scythes et sarmates.

A noter que le terme « Amazones » en est venu à décrire tout groupe de femmes-guerrières, dont l'existence est souvent fantasmée.

Histoire

D'après la mythologie grecque, les Amazones, filles d'Arès et la nymphe Harmonie, étaient un peuple de femmes guerrières qui vivaient, à l'origine, au bord du fleuve du même nom et qui porte aujourd'hui le nom de Tanaïs, fils de la reine amazone Lysippé. En effet, lorsque Tanaïs offensa Aphrodite par son mépris du mariage et son amour de la guerre, celle-ci le fit tomber amoureux de sa mère; mais, plutôt que de se laisser aller à une passion incestueuse, il préféra se jeter dans le fleuve et se noya. Lysippé, pour échapper aux reproches de son ombre, conduisit ses filles non loin des côtes de la mer Noire, jusqu'à une plaine proche du fleuve Thermodon, qui prend sa source dans les hautes montagnes de l'Amazonie, et là, elles formèrent trois tribus qui fondèrent chacune une cité.

Les Amazones, légendaire tribu de femmes guerrières

Plus tard, cette reine légendaire, qui instaura une règle qui astreignait tous les hommes à réaliser les tâches domestiques, tandis que les femmes combattraient et gouverneraient, édifia la grande ville de Thémiscyra, et défia toutes les tribus jusqu'au fleuve Tanaïs avant de tomber sur le champ de bataille. Avec le butin de ses expéditions, elle éleva des temples à Arès et à Artémis dont elle instaura le culte à Tauropolis. Ses descendantes étendirent l'empire des Amazones à l'ouest, au-delà du fleuve Tanaïs, jusqu'en Thrace et au sud jusqu'en Phrygie, au-delà du fleuve Thermodon. Plus tard, trois reines des Amazones qui furent célèbres à travers la mythologie grecque, Marpessa, Lampado et Hippolyté, s'emparèrent d'une grande partie de l'Asie Mineure et de la Syrie et fondèrent les villes d'Ephèse, de Smyrne, de Cyrène et de Myrina.

Mythes antiques des Amazones

Parmi les mythes les plus répandus avec les Amazones, on dit que ces femmes guerrières que les Scythes appelaient Oeorpata, ne respectaient ni la justice ni la pudeur. Aimant la chasse et les exercices violents, elles vénéraient tout spécialement l'Artémis d'Ephèse, déesse aux multiples mamelles, en l'honneur de laquelle elles furent les premières à instituer un culte. D'après les descriptions, leurs casques, leurs vêtements et leurs ceintures étaient en peaux de bêtes sauvages, et leur donnaient un caractère imposant, voire effrayant. Elles étaient armées d'arcs de bronze, propres aux cavaliers des steppes, et utilisaient des boucliers courts en forme de demi-lune, symbole de la déesse Artémis.. Les Amazones étaient également armées de lances et de haches (la sagaris), et utilisaient le sistre (sorte de grelot) généralement de bronze pour donner le signal avant la bataille.

La légende raconte qu'elles avaient coutume de se couper, ou de brûler leur sein droit pour faciliter leurs mouvements au cours des combats et devenir de meilleures archères. Mais ce mythe, qui apparaît au VIème siècle avant notre ère, est sans doute le résultat d'une fausse étymologie. En effet, le mot « Amazone » provient de a- et mazos , ce qui signifie «: celles qui n'ont pas de sein ». Or les anciens témoignages artistiques ne montrent aucun indice en ce sens car toutes représentations antiques les montrent sans mutilation de la poitrine. Les Amazones sont toujours dépeintes avec leurs deux seins, celui de droite étant régulièrement recouvert.

La bataille des Amazones par W. Tischbein - Pinacothèque de Munich

D'après les mythes, les Amazones rejoignaient la montagne et s'unissaient une fois par an avec les hommes des peuplades voisines, dont elles choisissaient les plus beaux afin d'apporter du sang neuf et assurer la pérennité de leur tribu. D'après les Grecs, les Amazones seraient des femmes hostiles aux hommes, leur comportement sexuel serait décrit comme une pure sauvagerie car leurs rapports seraient sans limite et hors mariage. Selon certains historiens antiques, les guerrières d'Eurasie jouissaient d'une sexualité libre et conséquente, avec des hommes des villages voisins de leurs choix avec lesquels elles ont rendez-vous. Selon Hérodote, une fille amazone ne se mariait pas avant d'avoir tué un ennemi sur le champ de bataille, certaines vivaient et vieillissaient sans avoir été marié, faute d'avoir pu remplir cette mission.

Cependant, de cette union, les Amazones ne gardaient que les filles pour en faire des combattantes et des chasseresses, tandis que les garçons nouveau-nés étaient soit abandonnés, tués ou exilés hors de la communauté. Les hommes autorisés à rester dans la communauté étaient mutilés en leur brisant les bras ou les jambes, ou rendus aveugles afin de les rendre inaptes à la guerre ou aux expéditions et ensuite les utiliser comme serviteurs. Toutefois, ce type de coutume peut paraître difficile pour assurer leur perpétuation, mais il serait possible qu'après le sevrage, les garçons aient été confiés aux hommes avec lesquels elles ont enfanté. Cela supposerait plutôt un type de société matriarcale, ce dont les Grecs avaient horreur, ce qui pourrait être la raison pour laquelle ils blâment tant cette population.

Les Amazones à travers la mythologie grecque

Il existe de nombreuses légendes dans la mythologie grecque qui font intervenir les femmes guerrières et bon nombre d'héros comme Héraclès, Thésée ou Achille furent confrontés à ces femmes guerrières aussi étranges que cruelles. Voici les légendes les plus célèbres mettant en scène les Amazones :

Selon Diodore de Sicile, les amazones libyennes étaient les plus anciennes de toutes, et précédaient l'arrivée des amazones d'Asie Mineure. Elles les auraient surpassées par leurs exploits mais leur nation se serait éteinte plusieurs siècles avant la guerre de Troie. Leur reine la plus célèbre, Myrina, mena une expédition militaire avec une armée de trente mille femmes en Libye et vainquit les Atlantes, détruisant la ville de Cerné. A la demande des Atlantes, Myrina combattit également les Gorgones, autre nation de femmes guerrière, ennemi des Atlantes et dont les terres se situaient en Hyperborée, mais sans toutefois obtenir une victoire finale. Plus tard, Lors d'une campagne ultérieure, Myrina conclut un traité de paix avec Horus, souverain d'Égypte, attaqua et soumit plusieurs peuples, parmi lesquels les Syriens, les Arabes et les Ciliciens.

La mort de Penthésilée, J. H. Tischbein

Plus tard, la reine Myrina prit également possession de la grande Phrygie ; des monts Taurus jusqu'au fleuve Caïque et plusieurs îles de la mer Égée, notamment Lesbos. Elle aurait également été la première à prendre possession d'une île inhabitée qu'elle nomma Samothrace et y fit construire un sanctuaire dénommé le sanctuaire des Grands dieux de Samothrace. Les villes de Myrina de Lemnos, et peut-être Myrina de Mysie, Mytilène, Cymé, Pitane et Priène sont supposées avoir été fondées par Myrina et portent soit son nom, le nom de sa sœur Mytilène, ou des chefs de son armée (Cymé, Pitane et Priène). Néanmoins, l'armée de Myrina aurait été défaite par Mopsos le Thrace et Sipyle le Scythe à l'issue d'une bataille où Myrina et de nombreuses autres Amazones furent tuées.

Autre reine légendaire des Amazones, Penthésilée, fille d'Arès et d'Otréré, participa à la guerre de Troie avec douze autres Amazones pour venir au secours de Priam, sur le point d'être défait par les Grecs. Les Amazones participèrent à ce conflit en remerciement auprès du roi de Troie pour purifier leur reine après le meurtre accidentel De sa sœur Hippolyté au cours d'une partie de chasse. Cependant, lors d'une bataille, Achille blessa mortellement Penthélisée, mais celui-ci tombe amoureux d'elle en la voyant mourir. Bien que Thersite se moqua alors de cette passion, assimilée à de la faiblesse, Achille finit par le tuer sur le champ et enterra le corps de Penthélisée sur les rives du Scamandre. Après la mort de leur reine, les Amazones cessèrent le combat et quittèrent le champ de bataille.

Héraclès et les Amazones, Vase à figures rouges, VIe siècle av. J.-C.

Plus tard, lors de son neuvième travail, Héraclès fut chargé par Admète, la fille d'Eurysthée, de s'emparer de la ceinture d'or d'Arès, que portait la reine des Amazones, Hippolyté. Après être parvenu à l'embouchure du Thermodon, Héraclès reçut la visite d'Hippolyté qui, séduite par son physique et sa belle musculature, lui offrit la ceinture d'Arès en témoignage d'amour. Mais entre-temps Héra, déguisée en Amazone, était allée partout répandre le bruit que ces étrangers avaient l'intention d'enlever Hippolyté. Les femmes-guerriers alors, pleines de courroux, sautèrent en selle et attaquèrent le navire. Héraclès, croyant à une trahison, tua Hippolyté de sa main lui retira sa ceinture, prit sa hache et d'autres armes et se prépara à se défendre. Il tua tour à tour toutes les Amazones qui dirigeaient la bataille, et mit en déroute leur armée après un terrible massacre.

Quelque temps plus tard, Thésée, roi d'Athènes et compagnon d'Hercule lors de la bataille de Thémiscyre, durant le neuvième de ses douze travaux, enleva une amazone du nom d'Antiope et la ramena chez lui. Alors que, selon Philochore, Hercule donna Antiope à Thésée comme part du butin, Pausanias le Périégète, prétendit qu'Antiope tomba amoureuse de Thésée et quitta volontairement les Amazones. Toutefois, les femmes guerrières envahirent l'Attique et assiégèrent Athènes pour se venger du rapt de leur sœur et de récupérer la ceinture d'Hippolyte. Mais elles connurent la défaite lors d'une bataille près du mont d'Arès. Durant cette bataille, connue sous le nom de bataille d'Attique, Antiope fut tuée accidentellement par une Amazone nommée Molpadia, qui à son tour est tuée par Thésée. Néanmoins, de l'union de Thésée et Antiope naquit un fils nommé Hippolyte, du même nom que la sœur d'Antiope.

Réalité historique des Amazones

Le mythe des Amazones possède des origines historiques multiples, même si une grande partie de leur légende semble être fictif. Néanmoins, le cheval étant inséparable des populations des steppes, les Scythes et les Sauromates - proto-Sarmates - étaient renommés dans l'Antiquité comme éleveurs de chevaux et excellents archers. On peut supposer, à la suite d'Hérodote, que les Amazones sont les épouses des Scythes, et, fait inconcevable pour un Grec, ont le droit de chevaucher et de guerroyer. De là est né le mythe de farouches guerrières, élevées comme telles. Il a cependant historiquement existé des guerrières, notamment des femmes grecques sollicitées lorsque la patrie est en danger.

D'autres témoignages rapportent que les Amazones ainsi que les femmes scythes auraient un comportement similaire aux hommes libres grecs. Les Amazones auraient donc eu les mêmes coutumes relationnelles que les femmes nomades des steppes. Selon Xénophon, la tribu des Mossynèces du Pont auraient des relations sexuelles en public sans choix de partenaire, mais d'après Hérodote, les membres d'une tribu sarmate, les Agathyrses, ont des rapports également libres. Le récit de Strabon, même s'il est imaginaire, est écrit dans le contexte de vie caucasien et peut nous amener à penser que, dans le cas des Amazones et des Gargaréens, il y aurait une union qu'on pourrait apparenter à c'ac'loba, qui est une pratique anti-mariage géorgienne, mais qui dans ce cas, est une pratique réalisée afin d'avoir une progéniture.

La bataille des Amazones par Pierre Paul Rubens (1617-1618)

En effet, selon Strabon, les Amazones seraient un peuple nomade vivant avec les Gargaréens en Colchide, les deux communautés ayant été chassées de Thémyscira, les plaines de la région du Thermodon, pour ensuite vivre en Caucase du Nord. Une fois installés, les Gargaréens auraient décidé de rompre avec les Amazones et une guerre se serait installée. Lorsque les hostilités ont passées, les Gargaréens et les Amazones auraient décidé de vivre séparément, en voisin, avec pour séparation une montagne. Ils font un contrat attestant qu'ils se retrouveraient seulement deux mois dans l'année au printemps, dans l'obscurité pour engendrer des descendants.

Si on se réfère à cette description, chacun des deux peuples monte la montagne pour se retrouver à son sommet dans l'obscurité. Un sacrifice serait donné et les Gargaréens et les Amazones s'accoupleraient dans l'obscurité sans avoir le choix du partenaire puis, une fois l'acte achevé, les Gargaréens congédieraient les guerrières. Au moment des naissances, si l'enfant se révèle être une fille, elle peut rester avec sa mère mais si ce dernier est un garçon alors il est amené aux Gargaréens qui, par doute, le reconnaissent comme leur propre enfant. Le récit de Strabon fait partie des problèmes de réalité historique puisqu'il parle toujours du « mythe des Amazones » tout en fondant son écrit sur les récits historiques de Métrodore, Hypsicrate et Théophane qui habitent le Pont et dont les écrits ont été perdues.

En 2012, les fouilles archéologiques, conduites par l'archéologue Jeannine Davis-Kimball à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan, ont permis de mettre au jour des tombes de femmes guerrières, enterrées avec leurs armes entre 600 et 200 av. J.-C., probablement cavalières comme le révèle l'analyse ostéologique. L'une des tombes était richement garnie de nombreux objets et bijoux féminins et également de 100 pointes de flèches. Une enquête approfondie menée dans la même région a démontré l'existence d'une tradition vivace de la femme archer et cavalière émérite, leur arc étant de forme très caractéristique exactement identique à celui qui est représenté sur les céramiques antiques.

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