Gauvain

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Gauvain
Mythologie
Légendes arthuriennes
Nom
Gauvain
Autres noms
Gwawin, Galvano, Gawain, Gwalchmai, Gwalchmei
Famille
Fils du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause (ou Morgane) / Neveu du roi Arthur Pendragon
Fonction(s)
Chevalier de la Table ronde

Présentation

Gauvain, désigné également sous les noms de Gwawin ou Galvano, est l'un des chevaliers de la Table ronde les plus connus et l'un des plus importants des légendes arthuriennes. Originaire de l'archipel des Orcades, il était le fils légitime du roi Lot d'Orcanie et Morgause, et était l'aîné de ses frères Agravain, Gaheris et Gareth.

Cependant, selon certaines sources, Gauvain serait l'un des fils de la fée Morgane, et aurait par conséquent pour demi-frère, Mordred, le fils incestueux du roi Arthur. Il est le neveu du roi Arthur, et malgré la rudesse de son caractère, il fut l'un des plus fidèles compagnons du souverain légendaire..

On dit que Gauvain avait la particularité de voir sa force croître avec le soleil, d'où son surnom de « chevalier solaire », sa puissance étant à son paroxysme aux heures de midi, avant de diminuer jusqu'à la tombée de la nuit. C'est pour cela qu'il est toujours bon, vrai et juste, un chevalier possédant un honneur permanent et constamment dans la vérité.

En effet, Gauvain est très souvent considéré comme le meilleur des chevaliers de la Table Ronde, puisqu'il est à la fois fort et mesuré, toujours prêt à partir en quête d'aventures. Il représente le chevalier modèle du Moyen-âge et fait preuve d'une courtoisie exemplaire pour tous les autres chevaliers de son temps.

Histoire

Fils du roi Lot d'Orcanie, et de Morgause, ou de la fée Morgane, Gauvain est le frère aîné d'Agravain, Gaheris et  Gareth, et aurait pour demi-frère, selon certaines versions, Mordred, le fils incestueux du roi d'Arthur. Grâce à son courage et son honnêteté, il rejoignit tout naturellement les chevaliers de la Table ronde à la cour de son oncle, le roi Arthur, et devint l'incarnation parfaite de toute les valeurs chevaleresques. Il était ainsi considéré comme le meilleur chevalier du monde avant l'invention littéraire de Lancelot du lac. Toutefois, au fil des siècles, Gauvain perdit en notoriété et semble bien peu connu de nos jours, sa légende vivant dans l'ombre de celle de Lancelot du Lac, de Perceval ou du roi Arthur lui-même.

Gauvain, fils du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause (ou Morgane)

Gauvain est pourtant le héros de la plupart des aventures de la Table Ronde, et il est présenté dans presque tous les livres comme le parangon de la vertu chevaleresque. Il est très souvent dépeint dans les textes médiévaux comme un modèle de courtoisie et le champion par excellence des demoiselles en détresse. Il n'est d'ailleurs attaché à aucune femme en particulier, étant le défenseur (et, dans plusieurs récits, l'amant) des femmes en général. Son échec dans les aventures du Graal et dans les quêtes spirituelles en général peut être attribué à cette réputation de chevalier trop galant faisant passer les valeurs et les plaisirs matériels avant la religion.

Gauvain et la légende du chevalier vert

Alors que dans les romans français relatifs aux légendes arthuriennes, Gauvain n'occupe pas une place prépondérante, laissant le premier rôle à Perceval ou à Lancelot, la tradition anglaise fait très souvent de lui le héros principal comme dans "Sire Gauvain et le chevalier vert". Dans cette aventure extraordinaire, probablement la plus célèbre mettant en scène Gauvain, le courage et la loyauté du chevalier furent mis à l'épreuve. En effet, lors de la veillée du Nouvel An, un chevalier vert fit irruption à la cour du roi Arthur, qui défia alors tout homme présent dans l'assemblée de lui trancher la tête pour tester leur bravoure. Toutefois, en retour, explique-t-il, il coupera lui-même la tête de son bourreau un an après exactement.

Ainsi, Gauvain, neveu d'Arthur, accepta le défi et fit tomber d'un seul coup d'épée la tête du chevalier vert. Cependant, ce curieux visiteur, un être surnaturel, ramassa alors sa propre tête sous les regards médusées de la cour et s'en alla. Mais avant de passer la porte, la tête du chevalier s'adressa à Gauvain et lui rappela sa promesse en lui donnant rendez-vous à la chapelle verte dans un an et un jour. Dans une autre version, c'est parce que le chevalier vert fit irruption à la cour et porta insulte au roi Arthur, que Gauvain se propose de laver cette offense. Le chevalier lui propose alors que Gauvain le décapite puis qu'il se retrouvent à nouveau dans un an jour pour jour afin de s'affronter.

Dix mois plus tard, Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet, se mit en quête de la chapelle verte, et un sentiment de frayeur de plus en plus grand, le saisit à mesure qu'approchait l'heure de son rendez-vous. Toutefois, le jour de Noël, Gauvain trouva sur sa route le château du seigneur Bertilak, qui l'invita à passer quelques jours en sa compagnie. Bertilak suggéra à Gauvain de prendre du bon temps et ordonna à son épouse de le divertir, ou plutôt de le séduire. Le seigneur déclara de chaque jour il partirait à la chasse et que chaque soir, il échangerait ce qu'il aura ramener avec ce que Gauvain aurait gagner dans le château durant la journée.

Le premier jour, Bertilak quitta le château et tua une horde de cerfs tandis que son épouse se rendit dans la chambre de Gauvain. Celle-ci tenta alors de le séduire mais le chevalier l'éconduit courtoisement et reçut simplement un baiser. Le soir même, le seigneur donna ses trophées à Gauvain, et reçut un baiser en échange. Le deuxième jour, tandis que le seigneur chassa un sanglier sauvage, sa femme courtisa de nouveau Gauvain. Elle l'embrassa deux fois, et le soir Gauvain obtint le sanglier en échange de deux baisers. Le troisième jour cependant, la belle épouse fit don à Gauvain d'une ceinture magique de soie verte qui le protégera de la mort, et Gauvain se garda d'en faire part au seigneur.

Gauvain sous les traits d'un chevalier parfait : combattant, aimant, et dévot.

Le lendemain, au jour de l'An, Gauvain partit à la rencontre de son destin, accompagné d'un guide, et trouva la mystérieuse chapelle. L'homme tenta de dissuader Gauvain d'entrer dans l'édifice mais celui-ci n'avait cure de ces avertissements. A l'intérieur de la chapelle, Gauvain trouva le chevalier vert, sa hache déjà levée. Gauvain retira son heaume et s'agenouilla devant son bourreau, et par deux fois, lorsque le chevalier se prépara à recevoir le coup, il se déroba au dernier moment, où son adversaire allait frapper. A la troisième tentative, le chevalier vert atteignit Gauvain et et lui fit une petite coupure au niveau du cou qui se mit à saigner.

C'est alors que Gauvain fit un bond et déclara avec colère que le défi était désormais relevé. Le chevalier vert se mit à rire devant l'indignation de Gauvain et lui révéla qu'il n'était autre que Bertilak lui-même, transformé par un enchantement de Morgane la fée afin de tester la bravoure des chevaliers du roi Arthur. Il lui expliqua que les deux premiers coups de hache valaient pour les deux soirs où Gauvain avait remis à Bertilak les présents reçus dans la journée que le troisième avait puni Gauvain d'avoir gardé pour lui la ceinture verte donnée par la belle épouse. Gauvain prit alors congés et chevaucha jusqu'à Camelot, soulagé d'avoir survécu, mais submergé par la culpabilité.

De retour auprès de la cour du roi Arthur, Gauvain relata ses aventures et fit serment de porter toujours sur lui la ceinture verte afin de garder en mémoire ce moment de faiblesse. Arthur réconforta Gauvain, et toute la cour se mit à rire de cette histoire. Les chevaliers de la Table ronde décidèrent que dorénavant ils porteront tous une ceinture verte, en soutien à leurs confrères.

Le mariage de Gauvain

Parmi les nombreuses quêtes et aventures accomplies par Gauvain, celui-ci s'illustra par son mariage avec Dame Ragnell, sauvant par la même occasion la vie de son souverain. En effet, l'histoire commence un jour que le roi Arthur chassait dans la forêt Inglewood et se retrouva séparé de ses compagnons. Il tomba alors au pouvoir de Sire Gromer Somer Joure, un chevalier très puissant, qui l'accusa de l'avoir dépossédé de ses terres au profit de son neveu Gauvain. Il ne consentit à lui laisser la vie sauve, qu'à la condition qu'il revienne, au bout d'un an, lui donner la réponse à cette question : « Quel est le plus cher désir d'une femme ? ».

Ainsi, Sir Gauvain parcourut le royaume et demanda à chaque homme et à chaque femme qu'elle est le plus grand désir des femmes et remplit dans un grand livre avec leurs réponses. Pendant ce temps, dans la forêt, Arthur rencontra Dame Ragnell, une femme, la créature la plus laide qu'un homme n'avait jamais vu. Elle avait le visage rouge, le nez plein de morve, les cheveux en broussaille et une grande bouche ouverte qui laissait voir ses dents jaune. Elle était bossue et ses yeux étaient espacées. La femme mit en garde Arthur, la réponse qu'il cherchait n'était pas dans le livre de Gauvain. Elle lui proposa de l'aider et ne demanda qu'une seule chose en échange : épouser Gauvain, le meilleur des chevaliers.

Gauvain, ou l'art de l'Amour courtois au Moyen-âge

De retour à Camelot, Arthur révéla à Gauvain qu'il venait de de rencontrer la femme la plus laide qu'il avait jamais vu mais qu'elle lui sauvera la vie, si ce dernier l'épouse. Gauvain répondit tout naturellement : « C'est tout, je l'épouserai, et je l'épouserai encore, sauf si c'est un démon. » Ainsi, ayant tenu sa promesse, Dame Ragnell révéla alors à Arthur que ce que les femmes désirait par dessus tout, c'était la souveraineté, le droit de diriger leur propre existence. Arthur put alors répondre au chevalier Gromer Somer, et obtint la vie sauve, mais Gauvain fut alors contraint d'épouser la femme repoussante.

Cependant, lors de la nuit de noce, dans leur chambre, Gauvain se comporta avec la plus grande courtoisie, et lorsque sa femme lui demanda un baiser, et Gauvain se retrouve face à la plus belle créature qu'il avait jamais vu. La belle dame Ragnell lui avoua que sa beauté n'était qu'éphémère, et lui demanda si il préférait qu'elle soit belle la nuit et laide le jour, ou l'inverse. Sir Gauvain lui laissa le choix, et Dame Ragnell lui répondit : « Bénis soit tu parmi tous les chevaliers de cette terre, car maintenant que je suis vénérée, tu pourras m'avoir belle et la nuit et le jour. » Elle lui expliqua ensuite qu'elle se trouvait sous le joug d'un sort lancé par un nécromancien, et que comme Gauvain lui avait accordé la souveraineté, la chose que les femmes désiraient le plus au monde, le charme était rompu.

Épisodes reliés