Marduk

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Marduk
Mythologie
Mésopotamienne
Nom
Marduk
Autres noms
Mardouk, Bel, Amar-Utu, Bel-Marduk, Bellus-Marduk, Baal-Marduk
Fonctions principales
Dieu de Babylone, divinité agraire, dieu de l'exorcisme
Région de culte
Babylonie, Assyrie
Temple(s)
Babylone (Esagil)
Attribut(s)
Bêche (marru)
Animal
Dragon-serpent (mushkhushu)

Présentation

Marduk, appelé également Bel-Marduk, Bellus-Marduk ou Baal-Marduk est l'un des principaux dieux de la mythologie mésopotamienne et le dieu national de Babylone. Désigné sous le nom de Amar-Utu en akkadien, il était le fils aîné du dieu Ea, ou Enki, et de la déesse Damkina. Il est l'époux de Zarpanitu et possède un fils appelé Nabu, le dieu des scribes.

Dieu agraire d'importance secondaire à l'origine, Marduk représentait la personnification de l'action fécondante de l'eau, celui qui fait les plantes, mûrir les céréales, comme en témoigne son attribut, le marrou, une sorte de bêche. Son importance augmenta à mesure que grandissait celle de Babylone, la cité dont il était le patron, et finira par supplanter Enlil (et absorber ses attributions) comme dieu suprême du panthéon babylonien.

Le mythe de l'Épopée de la Création du monde, ou l'Enuma Elish, signifiant littéralement « Lorsqu'en haut », célèbre à travers sept tablettes la gloire du dieu Mardouk et raconte son ascension vers la souveraineté du panthéon babylonien. Il acquiert toute son importance sous le règne de Nabuchodonosor Ier, souverain de Babylone de 1125 environ à 1104 av. J.-C.

En effet, c'est suite à sa victoire contre la déesse-mère Tiamat que Marduk devint le seigneur des dieux et le gardien de l'ordre sur Terre. Il absorbe les prérogatives de tous les autres dieux et se substitue à eux dans leurs attributions diverses. C'est lui qui organise l'univers, qui établit les demeures des dieux, qui fixe le cours des astres ; c'est également lui qui crée l'homme à l'aide du sang du démon Kingu.

Parmi ses grandes créations, on peut citer également la cité de Babylone dont il fut le fondateur et siégeait dans son sanctuaire l'Esagil « le temple au pinacle surélevé », auquel était adjointe la ziggourat Etemenanki, passée à la postérité comme la Tour de Babel. On lui associe également le dragon-serpent (mushkhushu), la planète Jupiter et le nombre 50 (également attribué à Enlil).

Histoire

Fils aîné du dieu Ea, ou Enki, et de la déesse Damkina, Marduk était le champion d'une nouvelle génération de dieux qui représente la vie, le progrès, la civilisation, tandis que les dieux primordiaux, Tiamat et Apsou, incarnaient le chaos primitif, la nature inorganisée des choses. C'est alors que Mardouk créa les vents et souleva la tempête, provoquant ainsi la colère des anciens dieux.

Mythe de création du monde babylonien

Ainsi, lorsque Ea, le père de Marduk, tua Apsou, l'époux de Tiamat, qui avaient envisagé d'éliminer la nouvelle génération de divinités, la déesse-mère Tiamat, habituellement calme, entra dans une rage incontrôlable et se mit alors en guerre contre Ea et les autres dieux pour le venger. Elle engendra alors une armée de onze créatures monstrueuses, composée de serpents, de dragons, de chiens enragés et d'autres bêtes féroces à la puissance digne des dieux.

Elle désigna le démon Kingu, son fils et nouvel époux à leur tête et les envoya contre ses autres enfants. Elle confia à ce dernier les tablettes du destin qui lui conféraient des pouvoirs supérieurs aux autres monstres. Ainsi, incapable de soumettre Tiamat et ses armées, l'assemblée des dieux se réunit et proposa alors à Marduk, le plus puissant et sage des dieux, d'affronter la déesse-mère et de les défendre en devenant leur champion.

Néanmoins, avant d'engager le combat, Marduk exigea que l'assemblée des dieux l'investît du pouvoir suprême et lui reconnût le privilège de fixer le destin, ce qui lui fut accordé. Le jeune dieu rassembla les quatre vents qui déterminent l'espace et le temps et créa sept nouveaux vents méchants comme le tourbillon et la tornade avant de partir défier Tiamat et ses monstres sur son char d'assaut tiré par quatre chevaux. Marduk terrassa dans un premier temps le monstre Kingu puis se retrouva alors face à face avec Tiamat.

Lutte entre le dieu Marduk, et le démon-dragon, Tiamat.

S'en suivit alors un terrible combat entre les deux divinités qui se ruèrent l'une contre l'autre. Au cours de la bataille, Marduk enveloppa Tiamat dans un filet et lança un vent violent. Mais lorsque la déesse-dragonne ouvrit sa gueule pour dévorer Marduk, le vent dilata son corps et l'empêcha de refermer ses mâchoires. Prise au piège, Marduk profita de cette occasion pour lancer une flèche, ou une lance, qui lui ouvrit le ventre et lui déchira les entailles.

Après avoir exterminé les armées de monstres créés par Tiamat, Marduk se dressa alors fièrement sur le cadavre de la déesse-mère et découpa alors son corps en deux : de son torse et sa tête, il créa les cieux, voûte céleste (dans laquelle fut construit par la suite le palais Ishara, la résidence de la triade divine) et de l'autre, il créa la terre et accumule les montagnes sur la tête de son ennemie. De Tiamat naît l'eau venue en nuages et ses yeux percés, ou de ses larmes, jaillirent les sources du Tigre et de l'Euphrate. Marduk plaça la queue de la déesse dans le ciel pour créer la Voie lactée.

A la suite de cette victoire contre les forces primitives, Marduk prit de Kingu les tablettes du destin avec l'approbation des autres dieux, s'installant à la tête du panthéon babylonien. Il acheva alors la création du monde en demandant à Ea de créer les premiers hommes à partir du sang de Kingu, le fils et dernier époux de Tiamat mélangé à de l'argile rouge. Les premiers hommes furent ainsi créer pour agir comme serviteur des jeunes divinités, les Igigi, et accomplirent les tâches pour les dieux, qui pourraient se consacrer à leur activité favorite qui est l'oisiveté.

Marduk, le souverain des dieux

Désormais chef suprême des Annunaki, Marduk pacifia les dieux et donna une fonction à chacun d'entre eux pour organiser le monde. Ces derniers lui témoignèrent le mérite, la gloire et leur reconnaissance en lui décernant cinquante titres, dont chacun correspondait à un privilège divin. Élu roi par les autres dieux après ces initiatives, Marduk leur demanda de fonder une ville qu'il nommera Babylone, et dans laquelle serait également construit son palais, l'Esagil.

De cette façon Marduk réunissait en lui la plénitude de la divinité ; il est « le maître de la vie », le grand guérisseur, et prend la place de son père Ea dans les incantations magiques. Marduk est le garant de l'ordre sur Terre et lorsque Nergal le dieu des Enfers parvint à le faire lever de son siège par la ruse, tout s'inversa. Le jour devint nuit, les routes se peuplèrent de brigands, les hommes s'attaquèrent entre eux jusqu'à ce que Marduk reprit sa place sur le trône.

Marduk, dieu tutélaire de Babylone

Cependant, malgré sa victoire contre Tiamat, Marduk réalisa beaucoup d'autres exploits fin de maintenir sa position de seigneur des autres dieux. Ainsi, lorsqu'un jour, Zu, l'oiseau-tempête déroba les tablettes où était enregistré le destin de tous, Anu offrit la royauté à celui qui retrouverait les fameuses tablettes. Tous les dieux se récusèrent et seul Marduk partit à la recherche de l'animal légendaire, le retrouva et lui fracassa le crâne.

Plus tard, lorsque les Utukku parvinrent à cacher la lumière de la lune, Marduk les pourchassa et réussit à mettre en fuite les coupables, redonnant par la même occasion l'astre de la nuit sa brillance naturelle. Ainsi, nul ne pouvait résister face à la fureur de Marduk, ni même les autres dieux, qui s'enfuirent devant le tranchant de son arme. Maître terrible de Babylone, Marduk régnait sans partage et ne possédait aucun rival, hormis Nergal, le dieu des Enfers.

En effet, bien que qu'il ait hérité des sciences, de la magie et de la compassion de son père, Ea, Marduk était décrit comme un dieu capricieux, possessif, colérique et qui possédait des réactions démesurées. Il imposait son pouvoir sur les autres divinités d'une main absolue et dominait par la terreur. Il était représenté avec de larges oreilles pour montrer son vaste entendement, et était muni de l'arme coudée avec laquelle il avait abattu Tiamat.

Fête de l'Akitu

Chaque année, au nouvel an, était organisé sur la voie sacrée de Babylone une grande procession de tous les dieux de la cité et de Borsippa. Ceux-ci venaient rendre hommage à Marduk lors des festivités de l'Akitu, ou Zagmouk en sumérien qui duraient douze jours à compter de de l'équinoxe de printemps, généralement les douze premiers jours du mois de Nisan (Avril).

Alors que la procession se déroulait le neuvième jour de cet événement annuel, le huitième et le onzième jour, les dieux se réunissent dans le temple de Marduk, le saluaient avec crainte, se tenaient agenouillés devant lui en attendant que celui-ci fixe irrévocablement leur destin pour l'année entière. La suppression de ces solennités, en temps de guerre ou de malheurs publics, était une calamité, dont les auteurs firent mention dans les annales de la cité de Babylone.

Mushkhushu, le dragon-serpent, symbole du dieu Marduk

En effet, au printemps, saison critique de l'année agricole mésopotamienne, les festivités du "Nouvel An", de "l'Enuma Elish", reflétaient la conscience qu'avait l'homme de ses limites en face de la nature et sa conviction qu'en maintenant l'ordre divin, les représentants royaux du dieu de la Terre garantissaient le contrôle des forces du Chaos. C'est ainsi que le dieu Marduk représente le passage de la domination de l'Homme sur la nature et l'essor de la civilisation.

De ce fait, lorsque Marduk était chaque année emprisonné par les forces du désordre dans les régions infernales, sa libération finale par Nebo, l'avocat divin, survenait après les rites expiatoires du peuple, l'abaissement et l'abdication du roi. Les cérémonies culminaient avec la ré-investiture de Marduk comme roi par le conseil des dieux, son union avec la déesse de la fertilité et le rétablissement de l'ordre dans la nature.

Origine historique et ascension du dieu Marduk

Au troisième millénaire av. J.-C., ainsi qu'au début du deuxième, Marduk n'était probablement qu'une divinité d'importance mineure de Babylone, dont le culte ne paraît pas avoir dépassé la notoriété locale. En effet, il ne joue aucun rôle dans le panthéon sumérien et que peu de textes antérieurs à la période paléo-babylonienne (2004-1595) le mentionnent.

D'après des inscriptions royales et des noms d'années, Marduk devient ainsi un dieu adoré à l'échelle de toute la Babylonie. Son ascension commence sous le règne de Sumu-la-El au XIXe siècle av. J.-C., puis la diffusion de son culte est permise par la puissance grandissante de Hammourabi, au gré de ses conquêtes et que Marduk atteint la pré-dominance sur les autres divinités sumériennes.

Il est d'ailleurs probable que Marduk soit une divinité importée par les Amorrites et que ces derniers l'importèrent à Babylone, ce dernier devenant par la même occasion le chef du panthéon mésopotamien. Marduk finira par supplanter Enlil et absorber ses attributions de roi des dieux.

Néanmoins, le véritable tournant pour le culte de Marduk au XIIe siècle av. J.-C., avec la composition du texte littéraire appelé Épopée de la Création (ou Enuma elish). On assiste à l'élévation officielle de Marduk au statut de roi des dieux, à la suite de son combat victorieux contre Tiamat, déesse marine et génitrice des divinités. Marduk est alors placé sur le trône divin à la place du dieu Enlil, divinité de tout l'ancien pays de Sumer, dont le temple principal se trouve à Nippur.

C'est également au XIIe siècle que le roi Nabuchodonosor Ier (1126-1105) replace la Babylonie sur le devant de la scène politique, et que Marduk devint officiellement le dieu nationale de la cité mésopotamienne, après ses victoires éclatantes contre les Élamites qui avaient, trente ans auparavant, emmené la statue de Marduk en exil dans leur pays.

Plus tard, lorsque les Assyriens eurent contact avec la Babylonie, ils manifestèrent le plus vif intérêt pour Marduk et lui rendirent également hommage en lui attribuant le préfixe « Bel », ce qui signifie « seigneur ». Une seule tentative, due à Nabonide, roi de Babylone, de -556 à -539, chercha à faire reculer le culte du dieu, au profit de Sin, mais elle tourna court devant l'hostilité des Babyloniens et à cause de la mort du roi, défait par le Perse Cyrus.

Ainsi, le triomphe de Marduk se prolongea jusqu'à l'extinction de sa ville, où Antiochus I reconstruisit en partie son temple, l'Esagil, à l'époque hellénistique.

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