Sobek

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Sobek
Mythologie
Égyptienne
Nom
Sobek
Autres noms
Sebek, Sochet, Sobk, Sobki, Soknopais, Soknebtynis, Soukhos, Suchos, Sucos
Fonctions
Dieu des eaux, de la végétation et de la fertilité
Représentation
Homme à tête de crocodile coiffée d'un disque solaire orné d'un uræus
Région de culte
Egypte antique
Temple
Kôm Ombo
Lieu principal de célébration
Villes du Fayoum, dont Crocodilopolis
Attribut(s)
Disque solaire surmonté de plumes d'autruche et de cornes de bélier, ankh, langue coupée
Animal
Crocodile

Présentation

Sobek, appelé également Sebek, Sobk ou Soukhos, est le dieu crocodile des eaux, de la végétation et de la fertilité dans la mythologie égyptienne. Il est aussi le créateur du Nil, qui aurait résulté de sa sueur. Son statut le fait adorer partout dans le delta du Nil, le Fayoum, où se trouvait son lieu de culte principal à Crocodipolis, capitale de la province de cette région, ainsi qu'à Kôm Ombo.

Il était d'ailleurs considéré par les habitants de la région fertile du Fayoum comme le créateur de l'univers, le démiurge qui a ordonné le monde, le dieu suprême dont on ne doit sous aucun prétexte attiser la colère, il aurait surgi un jour des eaux boueuses de l'océan primordial pour créer l'univers.

Fils de la déesse aquatique Neith et des dieux jumeaux Senouy, Sobek symbolisait la force des pharaons égyptiens et est représenté sous la forme d'un crocodile, ou comme un homme à tête de crocodile couronnée, soit de la couronne Atef, soit d'une paire de plumes, soit, au Nouvel Empire (-1549à -1080 avant J.C) d'une association du disque solaire et de l'uræus.

Un reptile vivant connu sous le nom de Petsuchos, et censé être l'incarnation du dieu, était gardé dans un lac rattaché au grand sanctuaire de Sobek. Les adeptes du Dieu cherchaient à s'attirer sa protection en buvant l'eau du lac et en donnant des mets délicats à manger au crocodile.

Dans le temple de Kôm Ombo, situé sur la rive droite du Nil, à une cinquantaine de kilomètres au nord d'Assouan, Sobek est adoré sur un pied d'égalité avec Haroëris, ces deux divinités se complétant puisque la première incarne l'eau, et la seconde, la lumière, deux éléments essentiels à la vie.

Dans un mythe, Sobek fut chargé de récupérer au fond du Nil les mains d'Haroëris coupées par Isis parce qu'elles ont été souillées par le sperme de Seth. Sobek récupéra également les quatre fils d'Haroëris, gardiens des vases canopes, nés d'une fleur de lotus, le nénuphar du Nil, et dérivant sur l'océan primordial, et les mit à l'abri.

Dans le Livre des Morts, Sobek apporte son aide dans la naissance d'Horus; il va chercher Isis et Nephthys pour protéger le défunt et il aida à la destruction de Seth. Il a aussi sauvé les quatre fils d'Horus des eaux du Noun sur l'ordre de Ra. Il finit par être considéré comme un combattant des ennemis de l'ordre divin et devient un dieu primordial.

Il est parfois représenté sur la barque solaire en train de terrasser le serpent géant Apophis, personnification du chaos, monstre essayant d'engloutir le Soleil. Ce rôle de protecteur de la barque solaire est aussi attribué à la déesse Sekhmet ou bien encore au dieu Seth.

A noter que l'on a considéré pendant un temps Sobek comme une déité quadruple qui représentait les quatre dieux élémentaires (Rê, le feu, Shou, l'air, Geb, la terre et Osiris, l'eau). Sa fête était célébrée pendant le mois Koiak (ou Khoiak) dans la saison Akhet.

Histoire

Patron des marais et protecteur de la Moyenne-Égypte, Sobek est le fils de Neith, la tisserande divine, et des dieux jumeaux Senouy. Il serait, dans l'Ennéade, né de la métamorphose d'une mèche de cheveux du dieu de la Terre. Geb, voulant asseoir sa puissance, dérobe à son père Rê, l'Uraeus, symbole du pouvoir royal, représentant un cobra femelle qui, enroulé autour du disque solaire, crache des flammes pour anéantir les ennemis du dieu-soleil.

Cependant, le souffle du serpent divin brûle au visage Geb, qui n'apaise sa douleur qu'en appliquant sur sa blessure une mèche de cheveux de Rê. C'est cette mèche, que des serviteurs plongent bien des années plus tard dans les eaux du lac At Noub pour la purifier, qui se métamorphose en Sobek, le dieu crocodile. Au même moment, des ennemis de Pharaon surgissant des eaux sont décimés par le crocodile divin.

Sobek, le dieu crocodile des eaux et de la fertilité

Ayant émergé des eaux, Sobek est un dieu aquatique associé à la notion de fertilité. Sa seule présence fait croître la végétation. Certains prétendent même qu'on peut l'entendre rire aux éclats quand débute l'inondation. Animal vorace surgi des ténèbres du monde primitif, le crocodile divin est associé aux monstres de l'univers souterrain et aux ennemis de l'équilibre terrestre.

Mi-homme, mi-crocodile, il est considéré comme l'allié de Seth qui se serait revêtu d'une peau de crocodile pour échapper au châtiment qu'il encourait pour avoir tué son frère Osiris, dieu des morts et pharaon des premiers temps. C'est parce qu'il se serait régalé des fragments du corps dépecé que le crocodile serait pourvu d'une grande gueule et de si nombreuses dents.

Le culte du crocodile

La présence de crocodiles dans le Nil était pour les Égyptiens l'annonçait d'une crue favorable aux récoltes : les crocodiles étaient donc des animaux sacrés à cette époque. Maître des eaux, Sobek est le dieu qui irrigue les champs. Ainsi, vers la Basse époque, les Égyptiens cherchaient à gagner ses faveurs afin d'en avoir moins peur en lui offrant des figurines représentant l'animal portant le disque solaire orné du cobra protecteur. Il deviendra rapidement un dieu important dans le panthéon sous la forme syncrétique de Sobek-Rê.

De plus, l'âme du dieu de la fécondité et du milieu aquatique s'incarnait dans un crocodile sacré, du nom de Petsuchos, ou Petesoukhos, dont le nom signifie "celui qui appartient à Souchos", autre nom de Sobek. C'est dans la cité de Shedet, appelée Crocodilopolis par les Grecs, dans la région du Fayoum, vaste oasis saharienne de Moyenne-Égypte qui doit son extraordinaire fertilité au lac gigantesque creusé à proximité du temple, que l'Egypte entière venait l'adorer sous la forme d'un vieux crocodile somnolant sur la rive.

Petsuchos, ou le culte du crocodile par les anciens Egyptiens

Paré comme une idole, des anneaux d'or aux oreilles, des bracelets de métaux précieux autour des pattes, gavé de viande, de gâteaux et de miel par les prêtres, le dédaigneux reptile, vénéré parce que redouté, vivait dans l'étang du temple et semblait indifférent aux pèlerins qui se pressaient autour de lui pour lui demander conseil, implorer sa clémence ou lui rendre hommage. A leur mort, les crocodiles sacrés sont embaumés et inhumés dans une nécropole réservée aux animaux sacrés.

Les Égyptiens craignaient les crocodiles qui pullulent sur les rives du Nil, avalaient les baigneurs et décimaient les troupeaux et cherchaient à s'en protéger avec des charmes ou des amulettes. Pour se prémunir contre l'appétit insatiable de l'animal terrestre, ils vont le diviniser sous la forme de Sobek, animal sacré qui anéantit, dans les mondes souterrains du chaos primitif où il évolue, tous les ennemis de Rê. Son culte remonte aux premières dynasties et les Égyptiens pensaient qu'il avait émergé des eaux du chaos pour créer le monde.

Théonomie

A la fin du Moyen Empire, Sobek devint un dieu national et dynastique pendant la XIIème dynastie (-1991à -1783 avant J.C) et XIIIème dynastie (vers -1783 à vers -1625 avant J.C) et plus tard lors de la XVIIème dynastie (-1625 à -1549 avant J.C) où beaucoup de pharaons vont inclure son nom dans leur titulature (Sobeknéférourê « Sobek est la perfection de Rê », Sobekhotep « Sobek est satisfait », Sobekemsaf « Sobek est sa protection »).

De nombreux Égyptiens des époques tardives (grecque et romaine) portent des noms tels que Sisoukhos, Marsisoukhos, Pétésoukhos, ou encore Khroniôn. Seuls dans toute l'Égypte à refuser de diviniser un vulgaire reptile, les habitants de l'île d'Eléphantine commettent l'acte sacrilège aux yeux du reste du pays de manger les crocodiles, considérés comme simple aliment de base.

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