Nout

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Nout
Mythologie
Egyptienne
Nom
Nout
Autres noms
Nut
Fonctions
Déesse du ciel, Personnification de la voûte céleste et du firmament
Représentations
Femme au corps étoilé, arquée au-dessus de la terre
Région de culte
Égypte antique
Lieu principal de célébration
Héliopolis
Attribut(s)
Le ciel, les étoiles, la nuit, un pot d'eau
Animaux associés
La vache et la truie

Présentation

Nout, ou Nut, est considérée comme l'une des plus anciennes divinités parmi le panthéon Égyptien. Déesse du ciel, est la personnification de la voûte céleste et du firmament et fut considérée comme la mère de tous les astres, à la différence de la plupart des autres divinités, qui ont généralement un père céleste.

En tant que déesse originelle, Nout fait partie du mythe de la création de l'Ennéade d'Héliopolis. Selon ce mythe, elle est la fille de Shou dieu de l'air, et de Tefnout, déesse de l'humidité, et la sœur jumelle et épouse de Geb, dieu de la terre. Ils forment ainsi les quatre éléments primordiaux. Elle est en outre la petite-fille du dieu-soleil Ra sous sa forme d'Atoum.

Elle était représentée sous la forme d'une femme soit nue, couverte d'étoiles, soit vêtue d'une tunique étoilée, qui arque son corps au-dessus de son frère et époux, Geb. Selon la tradition, le corps de Nout se déploya au-dessus de la terre pour la protéger. Ses membres, qui touchent le sol, symbolisent les quatre points cardinaux.

Ainsi, les bas-reliefs la représentent souvent sous l'aspect d'une femme dont les orteils touchent à l'horizon oriental, tandis que son corps se courbe au-dessus de la terre et que le bout de ses doigts touchent aux frontières du couchant. Néanmoins, elle a apparaît parfois sous la forme d'une vache dont le corps forme le ciel.

Dans une autre tradition, elle devint la mère du dieu-soleil Ra, et avale par conséquent chaque soir le soleil et le met de nouveau au monde chaque matin. À l'inverse elle engloutit les étoiles à l'aurore pour les faire renaître à la tombée du jour. A Héliopolis, en revanche, elle est la mère d'Osiris, d'Isis, de Nephthys et de Seth, et selon certains versions, Horus l'ancien.

En effet, jaloux de leur union, Shou avait séparé Nout et Geb pour une durée de 360 jours. Nout réussit à gagner aux dés contre Thot, le dieu du temps, cinq jours supplémentaires (les jours épagomènes), qui firent passer le calendrier de 360 à 365 jours. C'est durant ces cinq jours supplémentaires qu'elle s'unit à Geb et donna naissance à ses cinq enfants.

Divinité funéraire, elle protège le défunt et l'accompagne dans l'au-delà. Elle est représentée à l'intérieur des sarcophages souvent en train d'avaler le Soleil. Au Moyen Empire (-2022 à -1650 avant J.C.), Ra remplacera Shou dans le rôle du père de Nout et Geb et le culte de Nout finira par se confondre avec celui de la déesse Hathor.

A noter que Nout assumera ainsi en partie la fonction de Maîtresse du sycomore et qu'elle fut assimilée par les Grecs à la déesse Réa (ou Rhéa).

Histoire

Dans la mythologie égyptienne, le principal mythe concernant la déesse Nout est notamment relaté par Plutarque, un auteur latin, au sujet de la naissance de ses enfants. En effet, ceux-ci faillirent ne jamais voir le jour lorsque Geb (la terre) et Nout (le ciel), s'éprirent tous deux l'un de l'autre si bien que le ciel et la terre demeurèrent attachés. Ainsi, ni le soleil, ni l'air, ni l'humidité ne pouvaient plus circuler. De plus, Ra enviait Nout pour sa présence éternelle dans les cieux et craignait qu'elle ne le défi pour s'emparer de son pouvoir. Le dieu-soleil obligea alors Shou, son fils, à séparer les deux amoureux, ce qui fut chose faite. Mais Nout était alors enceinte de quatre enfants : Osiris, Isis, Nephtys et Seth. Ra décréta, par colère, que Nout ne pourrait pas enfanter au cours d'aucun des 360 jours de l'année solaire.

Néanmoins, la déesse Nout, furieuse d'être séparé de son époux, décida de rendre visite à Thot et gagna au jeu de dés, cinq jours supplémentaires contre le dieu du temps. Ces jours furent rajoutés à la suite des douze mois, appelés jours épagomènes (ce qui signifie en grec, jour supplémentaire). Ainsi, ce fut grâce à Thot que Nout mit à profit ces cinq jours supplémentaires pour mettre clandestinement au monde cinq enfants sans que Ra s'en soit informé. Une autre légende, à Héliopolis, lui attribue comme demeure un sycomore dont les branches étaient des abris pour les âmes lasses. Certains mythes affirment qu'elle enfanta Horus le cinquième jour épagomènes, mais la légende communément admise fait d'Osiris et d'Isis les parents d'Horus.

Le culte de la déesse Nout

Fille du premier couple primordial, Shou, le dieu de l'air, et Tefnout, la déesse de l'humidité, Nout est considérée comme l'une des plus anciennes divinités parmi le panthéon Égyptien. Elle remplit une fonction importante dans la cosmogonie égyptienne. Elle incarne le ciel et la personnification de la voûte céleste et du firmament, son rire était le tonnerre, ses larmes étaient la pluie. Son corps symbolisait la voûte céleste et séparait la terre des abîmes qui l'entouraient. Selon les traditions, le corps de Nout se déployait au-dessus de la terre pour la protéger et ses membres qui touchaient le sol symbolisaient les quatre points cardinaux.

Détail du papyrus de Nespakashouty, scribe comptable des grains du grenier d'Amon - Musée du Louvre

Dans le même temps, elle fut considérée comme la mère des corps célestes. Ainsi, les Égyptiens croyaient que le soleil disparaissait le soir dans sa bouche afin de voyager à travers la nuit dans son corps et le matin apparaître de nouveau dans son giron à l'Est. Dans le cycle éternel, durant la journée, les étoiles traversaient également son corps pendant le jour. Ces métaphores sont à l'origine de la désignation de Nout comme « truie qui dévore ses gorets », ces deniers étant l'image des étoiles. En dépit de cette épithète, la déesse était perçue comme une déesse très positive. Bien que nommée couramment « Déesse du ciel », Nout est la partie du ciel traversée chaque jour et chaque nuit par le soleil, c'est-à-dire le plan de l'écliptique qui fait naître le jour, autrement dit, la partie qualifiée du ciel par rapport à la vie.

Toutefois, Nout joua également un rôle important dans le culte des morts égyptien. Elle fut étroitement associée à la croyance en la résurrection des morts, dont les âmes étaient les étoiles représentées sur son corps. Avec son frère et époux Geb, le dieu de la terre, elle généra les dieux Osiris, Isis, Nephthys et Seth qui sont tous liés au culte des morts égyptiens. Nout fut aussi une déesse de la mort. Dans les textes des pyramides, elle fut représentée comme une vache guérisseuse. En tant que protectrice des morts dans leur voyage vers l'au-delà, elle fut souvent dépeinte à l'intérieur des cercueils. Dans ce rôle, son culte au Moyen Empire fut associé à celui de la déesse Hathor. Nout assuma ainsi comme elle en partie le rôle de maîtresse du sycomore, l'arbre qui donnait nourriture et boissons aux défunts.

Certains égyptologues tels que Arielle Kozloff, Kurt Sethe et Ronald Wells, estiment que la déesse Nout pourrait avoir symbolisé la bande de la Voie Lactée. Ils font référence, entre autres, à la formule 176 du Livre des Morts, qui évoque une relation entre le ruban astral et la déesse. Ils indiquent comme preuve de leur hypothèse, les représentations de Nout avec des étoiles sur elle et autour de son corps. Ronald Wells a également démontré que le ruban de la Voie Lactée pendant la période pré-dynastique au cours du solstice avait la même forme qu'une figure allongée, dont les bras et les jambes étendus auraient touché l'horizon. C'est de cette manière que la déesse Nout fut reproduite ultérieurement. De même, le soleil aurait décliné au moment de l'équinoxe de printemps à l'endroit exact où la « tête » de cette figure se trouvait.

Représentations de la déesse Nout

Adorée à Héliopolis, son principal lieu de culte, Nout est fréquemment représentée sous la forme humaine d'une femme nue couverte d'étoiles, arquée au-dessus du dieu de la terre, Geb (ou au-dessus de la terre), reposant sur le sol du bout de doigt et des orteils, car son père le dieu de l'air Shou, la sépare de son frère et époux Geb allongé sous elle, créant ainsi un espace de vie entre le ciel et la terre. Sa peau est généralement bleue parce que cette couleur symbolise la vie et de la renaissance. Les ailes, qui lui sont parfois représentées, symbolisent la protection contre les mauvais présages de mort et les étoiles qui couvrent son corps renforce l'image du ciel et symbolisent les âmes des morts. Quand sa peau est jaune, cela signifie que son apparence a été montrée pour être immortel, déesse mère d'où tous proviennent. Sa position arquée illustre son pouvoir sur le ciel et sur les objets célestes.

Geb et Nout - Papyrus XXIe dyn. - Musée du Louvre

Dans les Textes des Pyramides, Nout prit également partiellement les traits d'une vache céleste qui apporte la guérison, ou celle d'une truie dévorant ses gorets qui symbolisent les étoiles. Elle apparaît aussi dans l'intérieur de sarcophages vue de devant, souvent en train d'avaler ou d'enfanter le Soleil. Cette scène est exécutée sur la partie inférieure du couvercle afin d'assurer une sorte d'union avec le défunt. Le cercueil symbolisait ainsi le corps de Nout, qui accueillait en elle le mort afin de pouvoir l'enfanter à nouveau. Elle était la protectrice des morts qui les accompagne dans l'Au-delà. Lorsqu'elle était représentée sortant à moitié des feuillages d'un sycomore (qui est son arbre symbolique) pour donner à boire aux morts, elle symbolisait la mère qui rend la vie aux morts.

Toutefois, comme de nombreuses autres divinités cosmiques, Nout ne jouissait pas d'un culte particulier et aucun temple ne lui était dédié ; cependant, ses représentations ornent de nombreux lieux de culte. La population portait, assez rarement, des amulettes, représentant Nout comme une truie. Néanmoins, son lieu de culte fut Héliopolis ou elle est considérée comme la mère d'Osiris, d'Isis, de Nephtys et de Seth, mais aucun temple ne lui est dédié. Néanmoins, ses représentations ornent de nombreux lieux de culte et elle eut des sanctuaires importants à Memphis et Dendérah.

Source : http://antikforever.com/Egypte/main_egypte.htm

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