Khonsu

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Khonsu
Mythologie
Égyptienne
Nom
Khonsu
Autres noms
Khonsou, Chonsou, Chons, Jonsu, Khonshu, Chonsu, Khensu, Chonsou
Fonctions principales
Dieu de la lune
Fonctions secondaires
Dieu de la guérison, de la fertilité et de la juste vengeance
Représentation
Enfant portant la tresse sur le côté, coiffé du disque lunaire sur un croissant de lune
Région de culte
Egypte antique
Temple(s)
Karnak
Lieu principal de célébration
Thèbes, Tonis, Hermopolis

Présentation

Khonsou, ou Khonsu, dont le nom signifie « le voyageur » est une divinité lunaire dans la mythologie égyptienne, parfois associée à Shou, le dieu de l'air. En tant que dieu de la lumière de nuit, les égyptiens pensaient qu'il prenait soin des voyageurs nocturnes et il était invoqué pour les protéger contre les animaux sauvages qui erraient pendant la nuit.

Plus tard, Khonsou devint aussi dieu de la guérison sous le nom de "Khonsou le Conseiller". Il possède le redoutable pouvoir de déclencher les maladies, mais aussi d'éloigner les mauvais génies qui en sont responsables. Il lutte contre les forces des ténèbres aux côtés du Pharaon.

Seigneur de la vérité et des oracles, il devint une source de fertilité et de développement et accompagne parfois Thot pour mesurer le temps. Il fusionna parfois avec le dieu Iâh (divinité lunaire), qui est représenté de la même manière que lui dans sa forme enfant, en prenant d'autres fonctionnalités.

A partir du Nouvel Empire (-1049 à -1080 avant J.C), il est considéré dans la triade de Thèbes, comme fils d'Amon et de Mout comme un dieu de juste vengeance en prenant la place petit à petit du dieu Montou. Ce « fils », en réalité plutôt sa forme rajeunie du dieu, possédait des caractères lunaires qui complétaient heureusement les traits solaires d'Amon.

Khonsou est représenté à l'Ancien Empire (2647-2150) comme un homme barbu dans la position de marche, ou comme un homme à la tête de faucon. Dans les deux cas il est coiffé du globe lunaire ou d'un croissant de lune. Son animal sacré était le babouin considéré par les égyptiens comme un animal lunaire.

Plus tard, au Nouvel Empire (1549-1080), il est représenté sous l'aspect d'un enfant, le crâne rasé, portant la mèche latérale des enfants royaux, ou divins. Il a le corps enveloppé dans une gaine moulante comme une momie et il tient dans les mains les emblèmes de la royauté, le sceptre Ouas, la croix Ânkh, le flabellum et parfois le collier Ménat.

On le trouve aussi, plus rarement d'autres variantes du dieu Khonsou, comme en babouin (Dieu de la lune), ou en taureau, ou encore, à Médinet Habou, sous forme de crocodile. Comme Dieu associé au temps, lorsqu'il accompagnait Thot, il tenait dans ses mains une branche de palmier, utilisé pour mesurer le passage du temps.

Enfin, il apparaît également assis sur un trône, en tant que "Khonsou Néferhotep" ou Khonsou-qui-est-dans-Thèbes et peut se manifester sous deux aspects selon qu'il apparaît comme un dieu jeune ou un dieu adulte portant l'uraeus et le collier Ménat en main.

Les grecs, selon Hérodote, assimilèrent Khonsou à Héraclès dans la ville de Tonis (Héracléion) où le dieu avait un temple. Bien qu'il possédait de nombreux sanctuaires à travers l'Égypte, son lieu de cultes principal fut le temple de Karnak à Thèbes dans l'enceinte du temple d'Amon.

A noter que la fête de Pakhon (16 Mars au 14 Avril), le premier mois de la saison de Shemou lui était également dédié.

Histoire

Dans la mythologie, Khonsou apparaît dans les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophages comme un dieu agressif et cruel, on le voit comme divinité assoiffée de sang, aidant le roi défunt à attraper et à tuer les dieux dont le roi se nourrit, afin d'absorber leur force. Il se présentait alors sous de nombreux aspects, tels que "Khonsou Pa-Khered" (Khonsou l'enfant), "Khonsou Pa-Ir-Sekher" (Khonsou le dispensateur), "Khonsou heseb-khaou" (Khonsou qui décide de la durée de la vie). C'est un dieu lunaire qui dans la mythologie égyptienne, parcourt le ciel nocturne sur le croissant de lune, comme sur une barque.

Statue du dieu Khonsou sous les traits de Toutankhamon.

Il est le maître de la lumière, la lune étant considérée comme le soleil de la nuit et il constitue un symbole de rajeunissement éternel, comme la lune redevient pleine à chacun de ses cycles. À partir de la XVIIIe dynastie (-1549 à -1295 avant J.C), lorsqu'il fut identifié comme le fils d'Amon et de Mout, pour former la triade Thébaine, il devint alors un dieu rassurant, protecteur et guérisseur associé à la vision, et connu sous le nom de "Khonsou le conseiller". Sa renommée comme dieu guérisseur, était très répandue et s'intensifia au fil des ans, surtout à l'époque Ptolémaïque par le fait que l'on pensait qu'il avait guéri Ptolémée IV Philopator (-222 à -204 avant J.C).

Ses lieux de cultes principaux

Khonsou comptait de nombreux sanctuaires à travers l'Égypte, mais son lieu de cultes principal fut le temple de Karnak à Thèbes dans l'enceinte du temple d'Amon. Construit sur les ruines d'un temple d'Amenhotep III, l'édifice est de schéma classique et se compose d'un dromos de béliers, d'un portail, d'un pylône suivi de la salle hypostyle et du naos, reposoir de la barque sacrée. Commencé sous Ramsès III, le sanctuaire fut agrandi et décoré sous le Grand Prêtre Roi Hérihor, puis terminé l'époque Ptolémaïque. Aujourd'hui, certaines fresques témoignent encore de la splendeur des couleurs antiques.

Khonsou fut aussi vénéré à Hermopolis, sous le nom de "Khonsou-Djehouti" (ou Khonsou-Thot) et à Edfou sous le même patronyme où un Mammisi lui fut dédié ; À Tanis où l'on trouve le temple de "Khonsou-Néferhotep" ; À Xoïs, il fut assimilé à Horus sous le nom de "Khonsou le petit Harakhtès". Gebelein reçut également le culte de Khonsou, ainsi que dans l'oasis de Kharga et à Sesebi en Nubie. À Karnak, sa forme principale s'appelle "Khonsou-de-Thèbes-Neferhotep". Il apparaît aussi en tant que "Khonsou l'enfant" et dans deux autres formes moins importantes, "Khonsou-pa-oun-nekhenou" (Khonsou le toujours jeune) et "Khonsou-ir-sekherou" (Khonsou qui donne des conseils).

Le culte de Khonsou

Dieu lunaire adoré à Thèbes à la période pré-dynastique (vers -3500 à -3150 avant J.C), Khonsou était la représentation de l'essence originelle en tant que symbole lunaire. Considéré comme le frère jumeau du Roi, qui était associé avec le soleil, lui était associé à la lune. Il fut appelé "Celui qui traverse le ciel" ou "le marcheur", se référant aux phases de la lune voyageant à travers le ciel dans la "barque des millions d'années". Considéré comme une forme de Thot, il fut identifié par les Thébains avec le Dieu lune Iâh. Il fut entendu par tous, même en dehors des frontières, puisque les dirigeants étrangers venaient consulter son oracle et lui demander son avis en cas de maladie, "Le Dieu qui fait peur aux mauvais esprits", pour chasser les démons qui rôdaient.

Pendant la période du Nouvel Empire, il fut vénéré comme un guérisseur, protecteur des malades. Au cours de la XIXe dynastie, Ramsès II envoya une statue de Khonsou, qui avait une grande renommée pour ses vertus miraculeuses, à Bekhten (ou Bakhtan) en pays de Nehern, à l'Ouest de la Syrie près de l'Euphrate (On trouve aussi la même histoire avec comme pays, le Hatti) pour guérir Bentresh, la fille du Roi, d'une possession démoniaque supposée. Il s'affirma comme une divinité particulièrement populaire au cours des XXème et XXIème dynastie et l'on fit souvent appel à lui lors des procédures oraculaires. Plus tard, le Roi Ptolémée IV Philopator (222-204), après avoir été guéri d'une maladie par le Dieu fit graver : "Bien-aimé Khonsou qui protège sa Majesté éloigne les mauvais esprits".

Le temple de Khonsou à Karnak.

Khonsou était aussi souvent invoqué pour repousser les animaux dangereux, en particulier les serpents et les mauvais esprits qui causaient toutes sortes de maladies, en particulier celles liées à la démence. Pakhon (16 Mars au 14 Avril), le premier mois de la saison de Shemou lui était dédié. Il participait à de nombreuses cérémonies, telles que celles du nouvel an au temple de Louxor, accompagné de ses parents Amon et Mout. Quelques fois, il fut associé avec le taureau, représentant la fertilité des sols et les naissances, il était dit que lorsque Khonsou était l'incarnation de la pleine lune, les femmes et bétail devenaient fertiles. Il forme la triade Thébaine, à partir du Nouvel Empire (1049-1080), avec Amon et Mout dont il fut le fils.

Déjà au Moyen Empire (2022-1650), Khonsu fut adoré à Thèbes, bien que son association avec Amon et Mout date du Nouvel Empire. À Karnak, dans l'enceinte d'Amon, le début de construction de son temple fut ordonné par Ramsès III. Il fut érigé sur la base d'un temple construit par Amenhotep III, puis terminé l'époque Ptolémaïque (305-30). À Hermopolis et Edfou il fut vénéré sous le nom de "Khonsou-Djehouti" (ou Khonsou-Thot), Thot avec qui il fut clairement identifié. Dans Thèbes il apparaît aussi comme "Khonsou-Rê" et "Khonsou-Shou". À Héracléopolis Magna il pourrait ne faire qu'un avec le Dieu Harsaphes (ou Herishef "Celui qui est né sur le lac").

La légende de Khonsou et la princesse de Bakhtan

Durant le IIème millénaire avant J.C., après une longue guerre contre l'Empire hittite, le pharaon Ramsès II mit fin au conflit en -1256 en acceptant d'épouser avec la fille aînée du souverain ennemi, le roi de Bakhtan. Ramsès était tellement fasciné par la beauté de sa nouvelle épouse qu'il lui conféra le titre de Néférourê, ou « Nefu-Rê », ce qui signifie « Grande Épouse Royale ».

Toutefois, peu après son arrivée à la cour égyptienne, Ramsès célébrait une fête à Thèbes en l'honneur du dieu Amon lorsqu'un messager arriva de la cour du roi de Bakhtan. Il apportait de mauvaises nouvelles. Bentresh, la sœur cadette de Nefu-Rê, était gravement malade. Bien que son père, le roi de Bakhtan, dépêcha à son chevet les plus grands médecins de son royaume et des régions avoisinantes, aucun d'entre eux ne réussit à arrêter le terrible mal qui pesait sur la jeune fille. En désespoir de cause, le souverain se décida à demander de l'aide à son beau-fils, le pharaon d'Égypte.

Désireux de venir en aide au roi de Bakhtan, Ramsès II convoqua ses meilleurs médecins et magiciens pour prendre leur avis sur la nature de la maladie. Puisque ces derniers furent incapables de formuler un diagnostic satisfaisant, le souverain décida d'envoyer son médecin personnel le sage Djehutyemheb examiner sa belle-sœur. Trois ans plus tard, le médecin était de retour. La princesse, annonça-t-il, était possédée par des esprits malins et seule une intervention divine pourrait la guérir. Ramsès consulta les prêtres du sanctuaire de Khonsou, à Thèbes, et implora leur aide.

À leur tour, les prêtres interrogèrent Khonsou, dont la statue accorda son aide. Mais il se présentait un problème théologique. Dans sa fonction de dieu de la Fertilité, Khonsou devait rester à Thèbes. Les prêtres créèrent alors une nouvelle figuration de Khonsou, aux dons d'exorciste. Protégée par de puissantes amulettes (à défaut desquelles le dieu aurait pu prendre ombrage de son alter ego), la statue de "Khonsou-qui-gouverne-Thèbes" prit la route pour la capitale hittite, dans une puissante caravane de chariots.

Stèle racontant la guérison de la princesse de Bakhtan.

Dix-sept mois plus tard, la statue arriva enfin à Bakhtan où le roi la plaça au chevet de sa fille. Immédiatement le mauvais l'esprit mauvais reconnut la suprématie de Khonsou en l'accueillant par ces mots " soit le bienvenu en paix, grand dieu qui écarte les esprits malins. Bakhtan est ta ville, ses habitants et moi-même sommes tes serviteurs". Après quelques offrandes faites pour le remercier de son départ prochain il quitta le corps de la princesse et le roi se réjouit grandement en compagnie de tous les habitants de Bakhtan, heureux de voir leur princesse sauvée.

Le père de Bentresh fut si impressionné par les pouvoirs de la statue qu'il refusa de la laisser repartir et lui fit construire un sanctuaire. La statue divine resta là trois ans et neuf mois jusqu'à ce que le roi de Bakhtan fît un rêve : Khonsou s'envolait de son sanctuaire sous la forme d'un épervier d'or, fondait sur le roi avant de s'élever dans le ciel et prenait le cap de l'Égypte. Le roi comprit que le moment était venu de rendre la statue, accompagnée d'un tribut à la mesure du service rendu. De retour à Thèbes, la statue apaisa son archétype en lui offrant le trésor hittite (dont elle avait toutefois soustrait quelques pièces de valeur pour dédommager le clergé de son propre sanctuaire déserté à Bakhtan).

Cette légende est gravée sur une stèle de grès, dite de Bentresh, haute de 2,27 m et dont la lunette de montre Ramsès II présentant des offrandes à Khonsou. Découverte de 1829 dans une chapelle proche du temple de Khonsou à Karnak, cette stèle conservée au musée du Louvre est censée se dérouler logiquement sous le règne de Ramsès II. Cependant, d'après une étude approfondie, il s'agirait en réalité d'un "faux texte historique" qui aurait été écrit soit au temps de la première domination perse, soit à l'époque ptolémaïque, soit entre 700 et 800 ans après les événements.

En effet, Khonosu étant au centre du récit, il est possible que le clergé attaché à son sanctuaire ait créé cette stèle dans le but de renforcer le prestige du dieu en replaçant le prodige qu'il accomplit à l'époque glorieuse et mythique du règne de Ramsès II.

Source : http://antikforever.com/Egypte/Dieux/khonsou.htm

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