Stargate : Moëbius

ytsuka452
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Re: Stargate : Moëbius

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"il y a 5000 ans" =/= "-5000 av JC"
CITATION INT-PUDDLE JUMPER

[Daniel and O'Neill are sitting in the pilot chairs as Carter works on the time device. Teal'c is standing behind Daniel.]

DANIEL
Now remember, Jack, 3000 B.C. After Sam hooks up the power to the time device, think about that date and nothing else.
Doci - De gigantesques armées de fidèles iront affronter les serviteurs des êtres maléfiques. Nous allons bâtir des vaisseaux spatiaux pour emmener nos guerriers valeureux dans l'espace interstellaire et apporter la Parole des Oris à tous les impies de l'univers. La puissance des Oris submergera tous les mondes et les impies seront bannis de l'univers. Loués soient les Oris !
arim
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par arim »

et en relisant la fin du chapitre, c'est écrit
CITATION 5000 ans dans le passé
donc c'est bien la bonne date (3000 av JC), c'est juste Ananta qui a mal compris et moi qui ne suis "planté" dans la référence (parce que j'ai pas cherché, la référence 5000 ans a fait "tilt" chez moi, peu importe que ce soit av JC ou avant aujourd'hui) m'enfin ils sont arrivé à l'époque où SG1 prépare la rébellion contre Râ, il me semble que la conclusion est évidente avec la réplique située 2 lignes plus haut
CITATION SG-1 saura quoi faire, se risque le docteur Jackson. C'est eux qui nous envoyé ici ! Ils doivent savoir mieux que quiconque quoi faire pour régler les choses
Revanchiste
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

CITATION A mon avis, pas besoin de toucher à la fin, en lisant, je vois que je me suis un peu planté en commentant, mon doute est plus sur d'éventuels soldats qui seraient avec "SG1" après le voyage temporel. Mais avec le début du chapitre suivant ça devrait être compréhensible, ça fait un cliffhanger !
Oui il y a des soldats puisque le sous-marin aussi remonte le temps mais les trois marines qui escortaient O'Neill et Carter ne sont pas dans le Jumper, ils sont occupés à maîtriser Teal'c.
CITATION Alors j'ai tout lu. C'est une très bonne fic qui se passe dans une Réalité Alternative, mais j'avoue que j'ai eu du mal avec les sigles et le déroulement des évènements (surtout les parties dans le sous-marins, j'étais perdu).
Merci beaucoup :D Oui j'arrête un peu les sigles, j'utiliserais que ceux qui ont déjà été introduits dorénavant. Pour le sous-marin oui j'ai vraiment eu du mal à l'écrire correctement cette séquence, je vous ferais signe en surlignant en vert les parties modifiées quand je prendrais cinq minutes pour bien les réécrire
CITATION La fin est surprenante (passé de l'eau au vide spatial lors d'un saut temporel, jamais vue dans la série). Jackson, toujours espion et hôte de Tanith (je n'aurais pas crû le revoir celui-là, au vu de l'animosité que lui et Teal'c ont dans la ligne temporelle originale).
Bin justement je trouvais dommage de le flinguer trois minutes après être devenu un Goa'uld (et encore il n'est pas clairement dit que c'est bien lui dans l'épisode original, même pas un indice), un des nombreux "défauts" de cet épisode "final" (sans aller jusqu'où je vais dans la réécriture) comme la mort hors-champ de SG-1 (hors Daniel) durant la première rébellion contre Râ alors que c'était les persos qu'on a suivit pendant huit saisons. Et pour l'animosité entre les deux elle est bel et bien en train d'apparaître là, donc autant bien la cultiver et pas expédier des relations entre personnages et leurs motivations respectives en deux phrases...
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Revanchiste
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Re: Stargate : Moëbius

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Intermède 1 : Joyeux Noël

24 décembre 1978, 21h12, berges du Yukon au nord de Fairbanks, Alaska

Perçant un épais blizzard de ses phares, puis de son immense scrapeur courbé qui déblayait la neige de part et d'autre de sa proue, le chasse-neige fait halte.

– Qu'est-ce que vous foutez encore ? se plaint le passager.
– La piste s'arrête là monsieur l'agent, lui répond le conducteur.
– Mais vous êtes la piste !
– Monsieur, on a atteint le lit du Yukon. Cet engin n'est pas prévu pour aller sur la glace. A moins que vous préfériez nager par moins zéro.
– Ok laissez tomber. C'est à quelle distance maintenant ?

Son conducteur désigne les lumières lointaines à travers la vitre gelée.

– Vous voyez le camp de base ? Il est là-bas.
– Y'a combien ? Trois cent mètres ?
– A vu de nez plutôt cinq cent, estime pour sa part le conducteur.
– Chieerrrr... souffle le passager en remettant sa capuche et en remontant la fermeture éclair.
– Quinze ans qu'on avait pas eu un hiver aussi froid apparemment, précise son compère.
– Et vous venez me récupérer quand ?
– Probablement demain ou après-demain, ça dépendra de la météo. Mais je me demande surtout ce qui conduit un agent d'une organisation que personne ne connaît dans un trou perdu comme ça ! Encore un coup des communistes ? Dîtes ils vont nous envahir bientôt ?
– Je vous l'ai déjà dit, secret-défense, se défend le passager. Mais dormez sur vos deux oreilles pour les cocos. Dîtes, il va faire nuit encore longtemps ?
– On est très près de 66 degrés nord.
– Et donc ?
– La nuit polaire vous connaissez ?
– Comme si ce pays de merde pouvait pas être pire.
– Vous voulez parler des Etats-Unis ? s'inquiète le conducteur en fronçant les sourcils.
– Non juste le nord en général. Merci pour le taxi néanmoins, dit-il à l'adresse de son conducteur.
– Bonne chance à vous, lui répond celui-ci en redéployant son bonnet de laine pour couvrir davantage son crâne rasé alors que son passager quittait le chasse-neige en laissant un peu de froid s'engouffrer dans l'opération.

Le chasse-neige fait demi-tour et repars dans la direction d'où il était venu. L'homme continue de progresser dans la neige et sent bientôt sous la couche de neige qu'il a quitté la terre pour gagner le sol fait de glace qui était encore quelques mois plus tôt le fleuve Yukon. La traversée est laborieuse mais les lumières se rapprochent. Enfin, il arrive à la porte d'entrée qu'il échoue à ouvrir à cause du gel, laissant échapper un chapelet d'insultes. Il tape frénétiquement du poing. On vient enfin lui ouvrir, il tombe dans entrebâillement de la porte, couvert de neige. Deux ouvriers du site le relèvent tandis qu'un troisième ferme la porte.

– Bordel j'étouffe ! se plaint-il en retirant sa capuche et les écharpes qui lui protégeaient le visage.
– Clyde Murkowski, se présente l'un des hommes de la base. Et vous êtes qui ?
– Rayleigh Barrett. NID. Pentagone.
– Inconnu au bataillon, lui répond son interlocuteur, qui semble être le chef de la petite bande stationnée ici.
– Et nous tenons à le rester, lui répond celui-ci en remettant son badge dans sa poche. Vous êtes combien sur le site ?
– Seulement mes hommes ici présents.
– Sept gars ?
– On est restés ici dans l'urgence quand la compagnie nous a dit de rester. Les autres ont de la chance d'être rentrés chez eux pour Noël.
– Vous m'avez apporté mon cadeau ? sourit l'agent Barrett.
– Si on veut, oui.
– Alors c'est quoi exactement ? Vous avez retrouvé le HMS Terror ?
– Peu probable. Ça fait bien six cent pieds de long pour quinze à vingt mille tonnes.
– Vous m'avez fait venir de ma mission tropicale au Cambodge en quatrième vitesse pour un vieux météore ? Y'a intérêt à avoir Luke Skywalker dedans où je vais m'assurer que vous restiez ici le restant de vos jours et que vous passiez plus jamais Noël chez la famille.

Le chef d'équipe sourit.

– Z'inquiétez pas, "N-I-D", z'aller pas être deçu. Suivez-moi.
– Appelez-moi Ray.

L'agent Barrett lui emboîte et le suit jusque dans une salle dotée d'ordinateurs et de cartes. Son guide allume l'un des ordinateurs au fond de la salle.

– Comme vous le savez on fait partie de l'équipe employée par la Pipeline pour surveiller la stabilité de l'oléoduc trans-Alaska. Ils veulent savoir si tout baigne et si y'a la moindre fuite ou le moindre risque de rupture due au froid.
– Je vois.
– Jusque-ici aucun incident. Mais y'a deux jours on a capté ça sur les sismographes.

L'ordinateur affiche, au gré d'une série de filtres chromatiques, une forme noire vaguement ovoïde mais très allongée, presque bacillaire.

– Un grain de riz ? propose l'agent sur un ton nonchalant.
– Un grain de riz grand comme un gratte-ciel. Et c'est fait d'un alliage d'acier inconnu. Intégralement, lui répond l'autre.
– Là vous avez piqué ma curiosité, confesse Rayleigh Barrett en se penchant vers l'écran. Vous y avez eu accès ?
– Pas encore. On a commencé à bosser dessus aussitôt que la Pipeline nous l'a demandé. Mais y'a une espèce de conque de glace autour et c'est à trente-six mètres de profondeur, logé quelque part dans une sorte d'alcôve souterraine située à côté du lit de la rivière. L'équipe d'hydrographie pense qu'elle s'en ai détaché y'a quelques siècles durant des glissements de terrain.
– Et vous en avez pour combien de temps ? Pour l'atteindre je veux dire.
– Peut-être deux bonnes heures. Mais en plein hiver et avec ce blizzard et cette nuit noire c'est très lent. Mes gars sont épuisés on finira demain.
– Je comprends.
– Venez on va vous servir à manger. Il reste un lit dans le dortoir.

25 décembre, 11h33, camp de base mobile de l'Alyeska Pipeline Service Company sur les berges du Yukon

– C'est bon, vous pouvez rentrer ! lui annonce Murkowski en relevant ses lunettes.
– Parfait, lui répond l'agent du NID.

Barrett emboîte le pas du chef d'équipe dans la longue cavité artificielle haute d'à peine un mètre soixante-dix, le contraignant à se baisser et à avancer la torche à la main. Le boyau, parfaitement droit, descend selon un angle de vingt degrés dans les entrailles de la terre et de la glace pour atteindre une alcôve gelée souterraine du fleuve Yukon qui s'est isolée du lit du fleuve il y a des siècles déjà. Les deux rejoignent enfin l'alcôve où les attendent déjà quatre des hommes de l'équipe de Murkowski, partageant tous le même air perplexe. Barrett retire ses lunettes et ouvre à son tour une bouche béante face au spectacle qui apparaît devant lui. Sur la coque métallique rouge foncé de l'objet qu'un des ouvriers s'active de dégeler au chalumeau, on pouvait lire : USS Alabama.

Un seul mot résonne dans sa tête : impossible. C'est impossible. Il travaille au NID depuis une dizaine d'années. Il sait tout de Roswell, de Blue Book, de cet étrange anneau fait d'unobtainium découvert en 1928, de ces mystérieuses ruines atomisées quelque part dans le nord de l'Inde, de ses crânes de cristal découverts au Bélize. Il en sait plus que des Présidents. Plus qu'il ne peut avouer à sa femme et à son fils. Mais, , rien d'extraterrestre ou de vraiment étranger. Et c'est le plus terrifiant. C'est un sous-marin nucléaire américain, tout ce qu'il y a de plus normal. Le problème ? Qu'est-ce qu'un sous-marin commandé onze mois plutôt par le Pentagone à Electric Boat et et dont la quille n'a même pas encore été posée fout, intact, au beau milieu de l'Alaska ? Et surtout depuis combien de temps ?

– Alors vous doutez toujours de l'existence du Père Noël ? lui demande Clyde Murkowski.
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[I]24/09/2015[/I]
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Chapitre 6 : Chute libre

lieu : espace intersidéral ; date : inconnue

O'Neill reprend immédiatement ses esprits, les yeux grands ouverts et faisant mine d'ignorer la douleur atroce qui lui dévore le bras. Immédiatement, il tente de stabiliser la trajectoire du sous-marin à l'aide des nacelles de propulsions. Mais si les ingénieurs du système d'arrimage avaient pensé à ne pas faire entrer directement l'Exonef dans la cale sèche pour faciliter son décollage verticale, en préférant une série de pinces hydrauliques arc-boutant les flancs de la nef, la couche de glace empêche leur déploiement et il renonce après plusieurs essais.

– Pourquoi on n'y voit plus rien ? s'emporte O'Neill. D'après les instruments on est entouré par une coque de glace...
– On a du prendre de l'eau avec nous durant le saut et elle a gelé, propose la physicienne avec un air plus étonné que d'habitude.
– Normal on n'est dans l'espace, lui répond le colonel.
– Non pas vraiment. Dans l'espace l'eau est instantanément vaporisée à cause de l'absence de pression avant de refroidir. Elle aurait du prendre des jours pour geler entièrement !
– Peut-être un des effets du voyage temporel ? propose Jackson.
– C'est bien possible, quand on a traversé la porte pour aller sur Chulak on a aussi constaté du gel sur l'Exonef.
– Tout ça c'est très bien mais pourquoi on n'est pas dans l'Atlantique ? s'impatiente le colonel.

Le radar holographique projeté sur le hublot affiche alors une carte tridimensionnelle tandis que la vue devant eux a disparu, la transparence de l'eau remplacée par l'opacité de la glace.

– La Terre ! indique Carter.
– Je vois ça ! répond O'Neill. Pourquoi on n'est pas dessus !
– Donnez moi un instant, réfléchie Carter.
– Strickland, ici O'Neill, on a atterrit dans l'espace mais j'ai déployé le bouclier de l'Exonef donc on va pas geler. On travaille sur une solution avec le docteur Carter, tenez bon.
– Faîtes au mieux colonel, et docteur, répond le capitaine, une main sur l'oreillette et l'autre accrochée sur le siège d'un des pilotes du sous-marin, tandis qu'il flottait en l'air au milieu d'autres objets.
– Merde les nacelles veulent pas se déployer ! se plaint le colonel.
– Faites les chauffer à une fraction de leur puissance, conseille l'ingénieure.
– A l'intérieur du vaisseau ?
– A une fraction j'ai dit, juste de quoi faire fondre un peu la glace par conduction de chaleur, détaille-t-elle.

O'Neill se concentre à nouveau et active légèrement les nacelles tout en les déployant progressivement. Petit à petit la glace chauffe et au bout d'un moment la nacelle parvient a se creuser assez d'espace pour permettre à O'Neill d'activer davantage le flux de plasma des réacteurs logés dans celles-ci. Il incline légèrement ces dernières en diagonale pour éviter de toucher la cale sèche arrimée juste derrière et accessoirement de compromettre l'intégrité de la coque de l'Alabama. Bientôt le flux de plasma traverse la glace vers l'arrière et le mouvement des nacelles imprime un cercle horizontal autour de la nef, découpant un gros bloc de glace dans la conque ovoïde qui emprisonne le sous-marin et libérant la visibilité du hublot.

– Vous pensez que les nacelles auront assez de jus pour propulser un sous-marin ?!
– Le réacteur de l'Exonef est plus puissant que celui du sous-marin, colonel, répond l'ingénieure. Je doute qu'on puisse faire décoller un vaisseau d'un tel tonnage avec, mais ça devrait suffire pour le faire manœuvrer et ralentir sa chute quand on va le faire atterrir.
– Atterrir ?? disent en chœur Jackson et O'Neill.
– On n'a pas d'autre choix. Si on essaie de faire la navette entre la planète et le sous-marin en prenant quinze personnes à la fois, il n'y aura plus de bouclier pour protéger l'équipage resté à bord entre les trajets. L'oxygène et l’apesanteur ne sont pas un problème mais la température va peu-à-peu diminuer par radiation et l'équipage va mourir de froid. A moins que vous n'ayez la place pour faire entrer une centaine de personnes là-dedans !
– Et vous savez faire atterrir un vaisseau ? demande Jackson. Pour de vrai ?
– J'ai suivi la formation de la NASA pour être astronaute je vous rappelle, je sais piloter une navette spatiale.
– Dommage que vous n'ayez pas le gène d'activation, confesse le colonel.
– Ne faisons pas la liste des problèmes, colonel.

Le docteur poursuit :

– Très bien le champ est dégagé autour de l'Exonef. Faites pivoter les nacelles en les inclinant légèrement vers les côtés pour imprimer un mouvement antérieure. Vers la planète quoi. Le bouclier de l'Exonef est en fait un champ gravitomagnétique qui peut repousser les particules et les ondes du spectres EM, dont la lumière, c'est pourquoi il peut devenir un occulteur. Cependant, il peut aussi participer à propulser le vaisseau !
– Sans propulsion ? s'étonne le colonel.
– C'est en effet un réacteur non-newtonien colonel. Le bouclier entoure le sous-marin, vous pouvez donc l'utiliser pour le faire bouger. Les nacelles serviront à corriger la trajectoire et éventuellement la vitesse, mais vous devez vous concentrer sur le bouclier pour l'instant. Visualisez-le comme une bulle qui ne doit pas surtout pas éclater et imaginez qu'un vent puissant vous pousse vers la planète.

L'USS Alabama, son errance intersidérale corrigée, commence laborieusement à adopter une trajectoire stable afin de rejoindre les océans terrestres qu'il n'aurait jamais du quitté, le tout en violant sans problème la troisième loi de Newton.

– Vous êtes sûr que ça peut voler un sous-marin ? s'inquiète l'archéologue.
– La forme en obus d'un sous-marin est plutôt "astrodynamique" quant à la répartition de la pression sur la coque, entre l'intérieur pressurisé et l'extérieur, rassure Carter. Si j'étais un jour chargée de concevoir un vaisseau spatial c'est la forme que je prendrais en tout cas.
– D'après l'ordinateur de l'Exonef on est à trois mille kilomètres de la surface terrestre, commente O'Neill via l'ordinateur télépathique.
– On est dans l'exosphère, précise l'ingénieure.
– C'est pas ce que je vous demandais. Comment on y est arrivés ?
– On a essuyé une secousse inattendue juste avant de remonter le temps, sans doute due à la vague hypersonique de l'explosion. Ça a du faire dévier une partie du champ gravitique, conclue la physicienne. Si l'ordinateur n'a pas compensé, ça nous a téléporté un peu plus loin du point de saut calculé.
– Putain. Attendez, vous trouvez pas qu'elle grossit un peu la Terre ? s'étonne l'archéologue.
– On doit être sur la trajectoire de son orbite. Il faut vite profiter de sa gravité avant qu'elle ne s'en aille sinon on n'aura aucun moyen de la rattraper, le générateur n'a plus assez d'énergie pour faire un autre saut. Et même si on remontait encore le temps on pourrait finir à nouveau dans le vide ou même dans la planète cette-fois !
– Non merci j'ai vu le film y'a quelques jours et ça me tente pas de naviguer dans de la lave.
– Vous voulez parler de The Core ? se plaint Carter.
– Ben quoi il est bien ce film non ? D'ailleurs l'astronaute du film me rappelle un peu vous, répond Jackson.
– C'est sans doute le film le moins scientifique que j'ai jamais vu, répond Carter.
– Dommage, je vous aurais bien vu sauver le monde d'une explosion géothermique planétaire en pilotant une foreuse géante ! propose O'Neill.
– Vous pouvez toujours rêver !
– On approche de l'atmosphère, précise O'Neill. Comment je propulse un sous-marin nucléaire dans l'air maintenant ? Je demande à l'équipage de sortir les rames ?
– L'Océan Indien, dit Carter. Essayons d'amerrir.
– J'essaie j'essaie !
– En temps normal la navette spatiale utilise sa surface ventrale pour planer et ralentir sa chute mais ce serait une mauvaise idée de présenter le plat du sous-marin. Sa forme est très efficace dans l'espace et dans l'eau mais si on atterrit horizontalement elle ne va rien freiner et l'équipage va être écrasé au plafond. Je vous recommande de présenter la proue en premier, en angle perpendiculaire par rapport à la surface.
– Mais ça va rien ralentir du tout ! répond O'Neill.
– Ce n'est pas le but. Il faut répartir au mieux l'énergie du bouclier gravitique sur l'espace de la coque pour protéger l'équipage des accélérations en le concentrant sur la proue et garder le sous-marin en un seul morceau. Essayez avec un angle de soixante-dix degrés.
– Vous êtes sûr que vous avez déjà piloté un F-15 ? Car l'angle de descente va nous coller des accélérations mortelles !
– Je sais bien, colonel. Ça va augmenter les Gs et la chaleur mais la concentration du bouclier sera optimale. L'équipage ne devrait pas subir plus de 5 ou 6 g j'en suis sûre.
– Ce ne sont pas des pilotes entraînés.
– C'est ça où le réacteur n'a pas assez de puissance pour alimenter un bouclier aussi distendu et il cède. Le bouclier est étiré à son maximum et je doute qu'il puisse tenir encore longtemps dans ses conditions. Et dès que ça arrive l'Alabama va vraiment devenir un Cigare et se consumer en quelques instants ! Et nous avec.
– C'est vous l'experte, répond le pilote concentré sur son pilotage télépathique, les yeux fermés.
– La mécanique orbitale est casse-gueule donc je vais pas vous faire un résumé complet en trois minutes mais pour atterrir il faut aller à contresens de là où on veut aller pour ralentir la chute, et filer ensuite en ligne droite pour opposer le moins de résistance et permettre de concentrer le champ gravitique au mieux.
– Pour éviter la friction ?
– A vrai dire la majorité de la chaleur n'est pas juste la friction, ce sont les molécules qui sont tellement chaudes que les barrières chimiques se brisent pour former un jet de plasma électriquement chargé qui entoure le vaisseau, explique-t-elle en agitant les mains.
– Comme vous dites ! répond O'Neill.
– Le problème du plasma c'est qui peut atteindre les mille cinq cent degrés voire le double ! Évidemment un sous-marin ne dispose pas de plaques en carbone-carbone pour absorber cette chaleur. L'alliage en acier AY-80 est mieux que rien, sa ductilité devrait aider à le garder en un seul morceau mais c'est la couche de glace additionnée au bouclier gravitique qui devraient absorber la majorité de la chaleur du plasma. Avant que la coque ne soit vraiment endommagée. Si ça arrive, l'air va être ventilé puis le vaisseau va se déchirer et adieu l'Alabama.
– Et ça va pas endommager la proue de tomber comme ça ? demande l'archéologue.
– Je ne pense pas que Strickland se plaigne si on abîme un peu le sonar et les instruments de proue après avoir sauvé son équipage et son vaisseau !

O'Neill se concentre de toutes ses forces sur le bouclier gravitique que projette l'Exonef autour du sous-marin, étendu sur sa proue, afin de maintenir l'intégrité de la coque et d'absorber le plus d'inertie possible. Cependant, l'absence de plaques gravimétriques dans le sous-marin, contrairement au vaisseau temporel, projette les membres de l'équipage contre les cloisons du vaisseau avec trop de force pour qu'ils puissent tenir debout. Dans le CIC, les accélérations sont telles que ceux qui ne sont pas attachés à leur ceinture sur leurs sièges sont progressivement attirés vers l'arrière par une force inconnue.

– La prochaine fois faudra dire à Electric Boat de rajouter des ailes sur leurs sous-marins !
– Je sais je sais. Maintenant inversez la direction des nacelles de 180 degrés et servez-vous en de rétropropulseurs pour ralentir la chute. Mais n'excédez pas les cinquante méganewtons de poussée par nacelle où le système d'arrimage de l'Exonef va céder et on va perdre le sous-marin !

La poussée commence à se faire sentir à son tour dans l'Exonef. L'inversion du flux de plasma des nacelles, cette fois orientées vers l'avant pour faire contrepoids aux effets de la gravité terrestre, met à rude épreuve les six pinces hydrauliques qui enserrent l'Exonef comme une paire de griffes sur sa proie, et leur résistance mécanique. A la moindre défaillance technique c'est l'effet domino.

– Asseyez-vous et attachez-vos ceintures, ordonne Carter à Jackson qui l'imite en prenant le siège situé derrière le militaire. On commence à perdre quelques g nous aussi.

L'Alabama perce bientôt les hautes couches de l'atmosphère. De loin, on aurait dit un simple météore. L’œuf de glace commence à s'effriter pour donner naissance au monstre d'acier logé à l'intérieur. La couche blanche qui entourait en partie le sous-marin se met à fondre et à se disloquer peu-à-peu pour révéler une coque de plus en plus noircie sur sa proue par une friction et un flux de plasma que le bouclier ne pouvait totalement absorber. Le générateur de bord du sous-marin, un prototype rajouté à bord par l'équipe de McKay, couplé à celui de l'Exonef via un réseau de câbles, fournissent déjà plusieurs dizaines de megawatts/heure mais ils sont poussés à leur limite et O'Neill ne peut se permettre de gâcher la moindre joule d'énergie. Celui de l'Exonef est en effet conçu pour alimenter un engin deux mille fois moins massif que l'énorme cylindre auquel il est arrimé. On aurait dit un aigle battant frénétiquement des ailes pour tenter de soulever en l'air une baleine bleue qu'il vient de pêcher.

Le sous-marin approche maintenant des Mach 25 dans l'atmosphère terrestre et va dépasser la limite de Karman. O'Neill doit réajuster mentalement la poussée du champ gravitique afin de ralentir la chute, de limiter l'inertie, d'absorber la friction et de garder le "vaisseau" un seul morceau, devant réaffecter mentalement chaque flux de graviton au bon endroit au bon moment. En temps normal un esprit humain ne peut pas effectuer une telle tâche, même les meilleurs ordinateurs au monde prendraient des heures pour une telle procédure. Mais l'ordinateur de bord et la liaison télépathique amplifient considérablement l'esprit du colonel qui ne fait qu'un avec la machine, comme si ces suites de chiffres qui l'avaient toujours effrayé au lycée ne faisaient plus qu'un avec lui. Comme s'il était la machine et qu'il visualisait télépathiquement le bouclier de l'Exonef, et donc l'Alabama. Comme s'il c'était agit d'une extension de lui-même, la même sensation qu'il avait eu lorsque, devant se défendre face aux gunships jaffas qui le pourchassaient sur Chulak après le fiasco de leur mission, il avait décoché pour la première fois ces espèces de missiles passe-muraille stockés dans les lanceurs rétractiles de proue et sentit toute l'étendue de la fusion ordinateur-esprit permise par la technologie alien de l'Exonef. Être le seul à pouvoir maîtriser ce vaisseau venait par ailleurs confirmer en lui ce sentiment de toute puissance.
Alors que la glace s'était totalement évaporée, que la proue passait au rouge et que le bouclier se drainait comme l'énergie de celui qui nage à contre-courant dans l'océan, menaçant de faire imploser l'USS Alabama, le vaisseau approche de la surface de l'Océan.

– Altitude soixante kilomètres ! hurle le pilote.
– Inclinez légèrement les nacelles vers le bas pour aller vers un angle de 180 degrés juste avant l'impact, indique l'ingénieure d'un mouvement de la main pour mimer le mouvement.

O'Neill s'exécute et envoie ce qu'il reste d'énergie dans la contre-poussée des nacelles de propulsion qu'il oriente vers le bas pour redresser légèrement le sous-marin, diminuant progressivement la perpendicularité de l'angle d'impact. Finalement, la collision tant attendue a lieu et le sous-marin pénètre la surface de l'eau, se refroidissant à nouveau après avoir chauffé au rouge sur une partie de la coque à présent scarifiée de noir. Des vapeurs d'eau s'élèvent du sous-marin flottant désormais sur la surface de l'océan.

Carter, Jackson et O'Neill soufflent un bon coup et s'étalent sur leur fauteuil.

– Pilote de navette spatiale hein ?
– En simulation, répond l'intéressée pour le plus grand étonnement de ses copilotes. Ben quoi ça a marché non ? A vrai dire j'ai faillit être sélectionnée sur la mission Intrépide prévue pour cet été... avant que mon chef d'équipe ne pourrisse mon bilan psychologique. Je n'aurais cru aller dans l'espace un jour, confesse t-elle.
– Et bin voilà, maintenant vous êtes une vraie astronaute.
– D'après les enregistrements de la caméra ce genre de situation serait notre quotidien, admet le docteur Jackson.
– J'ignorais que l'armée américaine envoyait des hommes dans l'espace et faisait voler des briques de métal géantes.
– Comment gérer ce niveau de stress surtout, demande Carter.

En l'espace d'une heure elle avait repoussé une invasion alien, affronter un guerrier extraterrestre et sauvé le colonel O'Neill, été témoin de la destruction de la Terre, remonté le temps et fait voler et amerrir un sous-marin de vingt mille tonnes. C'était plus qu'une seule vie pour elle. Et pourtant les montagnes russes d'adrénaline qu'elle venait de vivre étaient peut-être cette sensation nouvelle qu'elle avait cherché toute sa vie, d'abord dans l'aéronavale en 90-91 puis ensuite à la NASA en 93 jusqu'à aujourd'hui. L'autre faisait peut-être exploser des soleils mais faisait-elle atterrir des sous-marins ? Elle y pensait : elle y était, elle avait remonté le temps et elle s'était rapproché de sa jumelle. Elle allait la rencontrer bientôt. Une nouvelle excitation parcourue son épine dorsale. De toutes les expériences qu'elle venait de vivre se serait sans doute la plus dérangeante, comme une vallée de l'étrange. Mais le docteur Jackson avait raison : SG-1 saura quoi faire. Elle se sentit rassurée de savoir le destin de la Terre entre les mains de ces experts qu'ils étaient venus sauver grâce au plan qu'ils avaient eux-mêmes anticipés cinq mille ans à l'avance.

A moins d'un mètre d'elle, sur sa gauche, le docteur Jackson affiche une mine décontenancée. Mais ce n'était pas tant celle d'un archéologue devenu astronaute l'espace d'une dizaine de minutes que celle d'un espion venant de perdre ses maîtres et devenu un électron libre. Nerthys et Apophis étaient sans doute mort à bord de l'Amùn'eth lorsqu'il s'était crashé sur la base tau'ri et le commando jaffa avait été défait. Ne restait de vivant que le Primat mais Tanith était son supérieur hiérarchique. Pour assurer sa sécurité et éviter qu'il parle il devra d'ailleurs s'en occuper. S'il était bien à l'époque de la Rébellion de Kemet alors il avait une nouvelle chance. Ses futurs maîtres ne le connaissaient même pas. Il ne devait rien à personne. Et il se trouvait être proche d'un homme capable de voyager dans le temps. Cette défaite inattendue du maître était peut-être l'ascension que tout Goa'uld fomente dès son incarnation dans un hôte. Heureusement que son hôte se trouvât être un linguiste et mythologue très intelligent, sinon il aurait eu du mal à justifier son expertise auprès de ses alliés de circonstance. Pour communiquer avec les Goa'ulds comme avec les peuplades qu'ils rencontreraient, son expertise serait nécessaire. Il était un pilier du groupe, et il devait le rester jusqu'à pouvoir se débarrasser de celui-ci. Les Tau'ri avaient bien contrecarrés les plans d'un maître-espion comme Nerthys qui avait pourtant fomenté la chute d'un millier de civilisations, et ils disposaient d'un Chappa'ai'tac capable de remonter le temps. Il avait absolument besoin d'eux pour mener à bien ses projets, pour le moment, et il devait veiller à les maintenir en vie. Mais à présent il devait ourdir un nouveau plan pour exploiter ces nouveaux atouts et se tailler un empire.

– Colonel, on a atterrit ? lui demanda Strickland d'une voix haletante. Je sais pas ce que vous avez fait mais on arrive enfin à marcher à peut-près droit.
– Nous avons amerrit, capitaine. Des pertes ?
– Le Cigare est plus robuste qu'il en à l'air, colonel mais on a mangé pas mal d'accélération, là. J'ai des rapports de blessés dans tout le vaisseau. Des fractures, des comas... Je vais avoir besoin d'un coup de main.
– Tout de suite capitaine, répond O'Neill. Bon, je réactive le camouflage optique au cas où les Goa'ulds nous auraient repéré, indique-t-il avant de tenter de défaire sa ceinture et de se lever, appuyé sur ses copilotes.
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par arim »

Je suis pas un spécialiste, mais dans le "vide spatial" (3000 km d'altitude), l'eau ne devrait pas se vaporiser au lieu de geler ? parce qu'il me semble que
1 => dans le vide, il n'y a pas de transfert d'énergie sous forme de chaleur (comme dans une atmosphère) mais uniquement sous forme de radiation, ce qui est un process TRES LENT => il serait donc improbable que l'eau qui a voyagé dans le temps avec le sous-marin gèle quasi instantanément ?
2=> sauf erreur de ma part, quand la pression baisse alors la température de vaporisation baisse également. Du coup dans le vide avec une pression quasi-nulle, la vaporisation a lui à une température très faible et l'eau devrait se vaporiser ?
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

Il me semble qu'elle doit faire les deux : bouillir/se vaporiser immédiatement à cause de l'absence de pression puis ensuite refroidir très vite et enfin geler très lentement par radiation de chaleur ;)
https://www.forbes.com/sites/forbes-per ... 450e477d3c
Là en plus y'a le bouclier qui maintient l'eau et l'empêche de se barrer a priori mais oui si on voulait être plus réaliste faudrait attendre un certain temps (je sais pas combien d'ailleurs) pour que l'eau se solidifie totalement.

Si c'est possible de le calculer je veux bien l'inclure d'ailleurs.

http://hyperphysics.phy-astr.gsu.edu/hb ... me.html#c2

J'ai essayé avec ce simulateur (mais je suis une bille en physique) et il faudrait 38 jours pour refroidir une boule de 180 m de diamètre (longueur de la bulle du sous-marin) de 38 degrés Celsius à 0 degrés Celsius (ou 273 degrés Kelvin ici). Sachant que c'est plus un ovoïde de 180 m par 50 m de diamètre et creux dans la majorité de son volume (et pas une boule de 180 m entièrement composée d'eau) qu'il faut refroidir jusqu'à 0 degrés ça doit sans doute être bien inférieur. Mais pour le coup les quelques secondes c'est bien trop rapide tu as raison j'ai déconné là-dessus. Au pire on oublie ça et on dit que le bouclier épouse la forme du sous-marin et du Jumper arrimé dessus et qu'il n'emporte pas d'eau avec lui, ou alors que l'eau se vaporise et qu'elle n'est pas retenue par le bouclier qui filtre ce qu'il garde et ce qu'il retient. ;)

Je me demande comment je peux réécrire la scène en gardant cet élément sans bro science et sans effacer l'urgence de la situation ? Ils attendent quelques heures/jours de geler en apesanteur avant de décider d'atterrir, avec le coup du "le réacteur doit prendre plusieurs jours pour charger car il a dépensé trop d'énergie durant le voyage temporel" ? ou une excuse du genre ?

Ou alors on a qu'à dire que c'est un des effets de la traversée temporelle de "geler" les choses car le vaisseau est soumis à un environnement physique différent du nôtre avec donc d'autres paramètres que la pression ou la température, comme dans Children of the Gods, et peut-être le film de 94, où les personnages émergent gelés de leur traversée. Et ce phénomène de "gel spatiotemporel" expliquerait la nécessité d'un environnement pressurisé pour le voyage temporel (donc un Jumper, dans le cas de Janus) pour éviter aux organismes voyageurs de geler. Et voilà, technoblabla bidon à intégrer dans une réplique de Carter et on est bons :clap:
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par arim »

Je pense que la dernière proposition est la plus simple, parce que le gel est quand une péripétie dans ton histoire, et qu'il vaut donc mieux le garder ?
Après, partir sur une explication pseudo-scientifique (qui alourdirait une récit pour pas grand-chose) ou ne rien détailler du tout, c'est toi qui choisit. Je pense pas que beaucoup de lecteurs soient aussi chipoteur/taquin que moi ;-)
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

Il faut être chipoteur autant sur la forme si elle est illisible que sur le fond s'il est trop irréaliste, je suis pas susceptible.
Spoiler
à peine :D
. Ce n'est pas un défaut c'est un devoir surtout quand on écrit une fanfic et qu'on doit jongler entre respecter l'univers que l'on pastiche, créer quelque chose d'original mais de cohérent et essayer d'avoir en bonus la petite pastille verte "réaliste". :D

Je ne suis évidemment ni un scientifique ni un militaire (un comble pour écrire une série de sf militaire) par conséquent 90% de ce que je ponds sort de mon chapeau, c'est-à-dire entre du wikipédia et de la culture ciné avec deux ou trois connaissances plus sérieuses apprises à droite à gauche, d'où l'intérêt de chercher le conseil des sages ici-même ou ailleurs. En général je déserte les forums de sf car trop de mauvaise foi et une certaine difficulté à admettre que leur univers n'a de cohérence que sur peu de points (je pense surtout à SW) alors qu'ici les gens, dont certains ont un profil plus érudit, ne manquent pas de flinguer les incohérences de Stargate dès qu'ils le peuvent, que ce soit en science ou, surtout, en matière militaire (curieux pour une série conseillée de si près par l'Air Force : se fiche-t-elle de savoir que des procédures, des insignes et des stratégies réels soient bien respectés tant que la série leur donne une bonne image ? car comme conseillers pour faire un truc moins irréaliste ils étaient servis). Donc surtout n'hésitez pas à dire où sa pêche dans votre domaine de prédilection et comment y remédier sans avoir à changer l'histoire de fond en comble.

Typiquement le coup du gel c'est un élément qui n'est pas central et que je peux expliquer avec de la pseudo-science cartérienne en deux phrases. Il m'était surtout utile pour donner un deuxième bouclier atmosphérique au vaisseau (donc un bouclier narratif/plot armor plus solide pour nos protagonistes) et par la suite (chapitre suivant) justifier aux yeux des Goa'ulds qu'il s'agissait bien d'un météore (fait de glace, souvent), expliquant pourquoi ils ne s'étonnent pas de ne pas trouver d'épave. Et évidemment je laissais un faux-suspense à deux balles avec l'intermède suivant qui pouvait laisser croire qu'ils avaient directement échoué et atterrit en Alaska où ils étaient tous morts...Donc au pire je devrais supprimer cet élément de la suite même s'il était bien pratique. :angry:
Autre exemple d'élément irréaliste osef : le nom du sous-marin marqué dessus. A ma connaissance il n'y a que des numéros d'identification écrit sur la coque, en l'occurrence 731 pour l'Alabama mais ça aurait pas eu le même effet à moins que tous les agents de toutes les agences de renseignement connaisse sur tout le bout des doigts le nombre de tous les sous-marins à venir. :vert:

Mais c'est plus chiant quand c'est un élément central comme la partie I centrée sur toute la stratégie de défense internationale mise au point en secret avant l'arrivée d'Apophis. Si elle est bidon comme l'a fait remarqué Blacky (avant que les chapitres suivants clarifient un peu certains points expédiés rapidement durant le briefing comme le fait que les autres Etats sont au courant et qu'ils maquillent tout ça en exercice militaire géant en cas de pluie de météorites) alors ça me forcera à changer beaucoup de trucs. D'autant que je justifie des choix esthétiques (faire un remake d'Independence Day à la sauce SG) a posteriori, quitte à rendre tout ça logique en utilisant l'habituel goût du théâtre et de la mise en scène dont seuls les Goa'ulds ont le secret et qui les conduit à se mettre à portée d'estoc de l'adversaire pour le bien du spectacle ou d'une quelconque tradition d'honneur.

Évidemment ça reste une fanfic d'une série de sf donc si on commence à vouloir "corriger" tout ce qui ne correspond pas au monde réel on va finir avec un truc relativement indigent au nom du "réalisme" tant attendu, à savoir plus de conspirations géantes à plusieurs degrés que les protagonistes devront démêler, plus de grande révélation qui bouleverserait l'équilibre de la galaxie, plus de plot armor (et on fume les personnages sans s'attacher à eux et leur donner d'arc cohérent sous prétexte que dans le monde réel personne n'a d'arc narratif) etc, donc plus rien qui ressemble à de l'art à la fin...
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Re: Stargate : Moëbius

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Salut! J'ai enfin tout lu!


Pour le fond

Et bien, c'est pas mal du tout. Côté histoire, je n'ai pas grand chose à dire. On est bien dans l'esprit Stargate. J'aime bien l'idée que tes personnages connaissent l'existence de SG1. Mais tu restes ancré dans ta réalité alternative en gardant bien leur caractère qu'on connaît bien.


Pour la forme

J'ai eu un peu de mal à me mettre dedans au départ mais c'est lié à ta rédaction au présent je pense. Question d'habitude. D'ailleurs, est-ce un choix délibéré ou ça te paraît plus naturel d'écrire sur ce temps?
Les acronymes du début m'ont un peu perturbé au départ mais il y en a moins par la suite donc ça passe. Avant de passer aux acronymes, ça peut être pas mal d'utiliser l'appellation complète au moins une fois pour ne pas perdre un lecteur non familier. Je pense surtout à tout ce qui touche le militaire.
Sinon, à la lecture, ça passe bien et le récit est "énergique". J'entends par là que l'alternance entte dialogue et narration est bien équilibrée.


Je lirai la suite avec plaisir :)
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

CITATION Et bien, c'est pas mal du tout. Côté histoire, je n'ai pas grand chose à dire. On est bien dans l'esprit Stargate. J'aime bien l'idée que tes personnages connaissent l'existence de SG1. Mais tu restes ancré dans ta réalité alternative en gardant bien leur caractère qu'on connaît bien.
Ils connaissent SG-1 puisque Hammond leur a montré la vidéo de la caméra dans l'épisode original, j'invente rien de ce côté-là ^_^ Après j'ai directement coupé Moëbius part 1 et le début de la partie 2 puisque ça diverge au niveau de la mission Chulak et que j'ai encore sauté trois semaines dans le futur donc je me dis que ça doit être confus de bien comprendre les points communs et les différences avec le double épisode original.
CITATION J'ai eu un peu de mal à me mettre dedans au départ mais c'est lié à ta rédaction au présent je pense. Question d'habitude. D'ailleurs, est-ce un choix délibéré ou ça te paraît plus naturel d'écrire sur ce temps?
Dans un récit de voyage temporel où seul le présent compte. :rolleyes:
J'ai longtemps hésité en effet et j'avais écrit plusieurs parties au passé simple. Le problème c'est que je trouve que ça filtre l'action selon un point de vue trop postérieure, comme si tout était déjà écrit (c'est un peu le principe du "récit" je sais mais ça casse un peu les scènes d'action je trouve) et ça donnait des passages un peu pompeux avec des passés simples désuets. Donc choix délibéré et j'ai pas de mal à m'y tenir. En règle général j'ai du mal avec la concordance des temps (et des modes) donc ça me simplifie un peu la vie. :vert:
CITATION Les acronymes du début m'ont un peu perturbé au départ mais il y en a moins par la suite donc ça passe. Avant de passer aux acronymes, ça peut être pas mal d'utiliser l'appellation complète au moins une fois pour ne pas perdre un lecteur non familier. Je pense surtout à tout ce qui touche le militaire.
Oui je vois je me disais qu'il fallait essayer de respecter un peu les codes surtout quand des militaires se causent puisqu'ils ont déjà intégré un jargon et des acronymes, j'ai donc essayer maladroitement sans doute de reproduire un sociolecte pour donner un effet de réel.
CITATION Sinon, à la lecture, ça passe bien et le récit est "énergique". J'entends par là que l'alternance entte dialogue et narration est bien équilibrée.
Merci beaucoup l'équilibre c'est l'enjeu principal de cet exercice d'écriture : action, narration, exposition, introspection... J'essaie de jongler entre tout ça sans surcharger ou perdre le lecteur. J'essaie d'apprendre de mes erreurs donc vraiment si y'a un passage ou un dialogue bizarre, ou qui donne trop d'éléments etc signalez-le.

Edit : j'ai corrigé la partie irréaliste avec le gel et j'ai opté pour une explication pseudo-sf 100% Carter. :up: Me demandez pas pourquoi les voyages temporels font geler j'en sais rien. :war:
Edit 2 : j'ai étoffé le chapitre 5b Mauvais perdant 2/2 notamment autour de "19h34" pour détailler davantage les effets des armes nucléaires et les mesures prises par le gouvernement avant la bataille ;
j'ai aussi changé l'année pour 2006 étant donné que c'est l'année probable où se déroule la fin de saison 8 (1 an après la fin de saison 7 située peu après l'élection américaine de 2004-2005) : ça bousille quelques éléments (John P. Jumper n'est plus Chief of Staff mais on va dire que Kinsey a étendu la durée de son service, à six mois près ça passe) mais ça permet de justifier l'équipement moderne utilisé par les Américains (notamment les Trident II mentionnés par Jumper qui n'ont pas été installés dans tous les classes Ohio simultanément, et la variante anti radiations du Stryker utilisé par l'équipe Stryker I dont le premier exemplaire date de février 2006)
Dernière modification par Revanchiste le 27 juin 2021, 21:59, modifié 2 fois.
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Lefarcrieur »

CITATION (Revanchiste - 26 juin 2021, 19:26)
CITATION J'ai eu un peu de mal à me mettre dedans au départ mais c'est lié à ta rédaction au présent je pense. Question d'habitude. D'ailleurs, est-ce un choix délibéré ou ça te paraît plus naturel d'écrire sur ce temps?
Dans un récit de voyage temporel où seul le présent compte. :rolleyes:
J'ai longtemps hésité en effet et j'avais écrit plusieurs parties au passé simple. Le problème c'est que je trouve que ça filtre l'action selon un point de vue trop postérieure, comme si tout était déjà écrit (c'est un peu le principe du "récit" je sais mais ça casse un peu les scènes d'action je trouve) et ça donnait des passages un peu pompeux avec des passés simples désuets. Donc choix délibéré et j'ai pas de mal à m'y tenir. En règle général j'ai du mal avec la concordance des temps (et des modes) donc ça me simplifie un peu la vie. :vert:
Je comprends ton point de vue. Si tu es à l'aise de cette manière, c'est le principal. Je pense que c'est beaucoup de ressenti là-dessus. ^_^
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Intermède 2 : Le Sarcophage

25 décembre 1978, 15h56, berges du fleuve Yukon à 160 km au nord de Fairbanks, Alaska

- Ackerman et Krups ont trouvé une écoutille au niveau de la tour du sous-marin, annonce Murkowski.
- Ne l'ouvrez surtout pas sans moi, lui ordonne son interlocuteur.
- Vous z'inquiétez pas, j'leur ai dit d'vous attendre.
- Merci bien.

Barrett était soulagé que son autorité soit finalement acceptée. C'est généralement le plus difficile quand on collabore avec des partenaires non-affiliés au renseignement allié et qu'il est interdit de leur révéler tout ou partie de la vérité. Encore plus difficile quand leur niveau d'accréditation est de zéro et qu'il doit baratiner pour obtenir confiance.

- Comme avez du le comprendre lors du rapport téléphonique avec ma hiérarchie, reprend-t-il, je suis seul sur le coup, donc aller devoir me filer un coup de main pour explorer un truc pareil. Cependant vous et vos hommes devrez signer un accord de non-divulgation. Si votre fax veut bien marcher, ajoute-il en tapant sur le télécopieur. J'espère que je peux compter sur vous pour les faire signer.
- ça dépend. A quoi on à affaire ? A oui, "secret-défense", déclame-t-il en croisant les bras.
- A vrai dire je pense que je peux vous faire confiance, maintenant. Il s'agit d'un prototype de sous-marin nucléaire perdu depuis une dizaine d'années, ment Barrett. Le Pentagone veut éviter que les Soviétiques tombent dessus. Il y a des documents très compromettants sur notre technologie militaire, nos procédures de lancement, ce genre de chose.
- Je comprends, répond l'autre en décroisant les bras.
- Je dois rentrer à l'intérieur et récupérer ces documents. Je sais que pour travailler dans un trou perdu comme celui-là et acheminer du pétrole à tout le pays vous devez être un bon patriote non ?
- Absolument, se redresse le chef d'équipe.
- Très bien. Vous avez des combi Hazmat, du matos de décontamination pressurisé, ce genre de truc ?
- Évidemment, on est une compagnie pétrolière. On a toujours ça en réserve. Ackerman est chargé de vérifier l'inventaire, je vais voir ce qu'on a avec lui. Dites, ce sera vraiment utile ?
- Oui. Fuites nucléaires ce genre de truc. Ou juste pureté de l'oxygène dans un truc scellé depuis une dizaine d'années. Faudrait pas attraper froid.
- On a ce qu'il faut. Je vais choisir deux hommes de confiance pour l'exploration. Ne vous inquiétez pas : si je signe, ils signent. Mais entre nous une petite prime de Noël pour avoir passé le réveillon ici mettra tout le monde d'accord, sourit Murkowski.
- Je n'en doute pas, sourit l'agent. La Pipeline sera ravie de vous verser des heures supplémentaires. Des techniciens si acharnés dans leur travail qu'ils en viennent à travailler jour et nuit, enfin surtout la nuit ici, en plein hiver, quitte à louper les fêtes de fin d'années ? Je suis sûr que ça accélérera la carrière de mal de gens, ce genre d'attitude, lui répond Barrett en lui rendant son sourire complice.

Évidemment Barrett n'osait admettre la véritable raison de ses craintes, qui partageaient déjà ses supérieurs. Ces derniers avaient déjà commencé à émettre des hypothèses sur ce mystérieux dérélict et sur comment procéder pour l'explorer.
La partie la plus pragmatique et la plus paranoïaque du Cabinet, qui dirige le NID, penche pour un canular des Soviétiques : le KGB se serait emparé des plans de la classe Ohio, très récente mais déjà existante, pour permettre la création d'un copycat bon marché et l'enfouir à cet endroit précis, sachant que tôt ou tard l'oléoduc en construction depuis quelques années devait passer par-dessus. Des faux documents auraient été laissés à l'intérieur pour induire en erreur les Etats-Unis ou pour tester la fiabilité de leurs agences de renseignement, voir suivre la piste des enquêteurs lancés sur l'affaire et remonter jusqu'au Cabinet. Après tout, ce n'était pas la première fois que le renseignement soviétique tentait d'accéder aux archives jalousement gardées du NID, sans jamais y parvenir cependant. C'est pourquoi le rapport au NID effectué via le téléphone de la base avait été lu par Murkowski comme s'il s'adressait à sa famille pour leur expliquer son absence, texte écrit par Barrett à l'appui et utilisant un langage codé dont seul des agents du NID avaient le secret afin de duper toute mise sur écoute installée par le KGB dans toutes les cabines téléphoniques à cinquante kilomètres à la ronde. Pour se donner autant de mal, le contenu de ces éventuels documents ou de ce qu'il trouverait à l'intérieur devait être un plan bien huilé et il devrait procéder avec prudence sous peine d'être manipulé à son insu.

A contrario, si la partie la plus ésotérique et la moins sceptique du Cabinet avait vu juste, des hommes du futur étaient venus les prévenir d'une guerre nucléaire ou d'un fléau équivalent, comme en témoignait la présence d'un sous-marin nucléaire avancé, et les voyageurs temporels avaient échoué sur une mauvaise rive temporelle. Pire encore, ce fléau était imminent étant donné qu'il s'agissait d'un bâtiment moderne dont le nom venait tout juste d'être attribué à un sous-marin dont la construction était prévue pour l'année suivante. En prenant en compte le temps de construction moyen d'un classe Ohio et leur durée de service anticipée, on en avait conclue que cet événement allait se produire avant l'horizon 2022, et d'autre part que l'URSS était l'adversaire le plus probable. Mais encore fallait-il valider l'une ou l'autre hypothèse en inspectant le dérélict. C'est pourquoi il était impératif de respecter certaines procédures d'isolement face aux germes, aux radiations ou à tout autre agent chimique ou infectieux. Après tout, l'équipage d'une telle mission devait avoir reçu des ordres précis pour empêcher cette future guerre en prévenant certaines autorités secrètes dans le passé, et le NID était l'interlocuteur tout indiqué pour recevoir ce genre de visites incongrues. Mais aucune trace de ces voyageurs temporels dans les archives du NID accessibles à un niveau 3 comme Barrett, en trente ans d'existence de l'agence. Si les huiles du Cabinet ne cachent rien sur ce sujet bien sûr.

A vrai dire cette banale mission d'exploration qui impliquait dans les deux cas une guerre nucléaire imminente était plus dure à supporter pour Barrett que tout ce qu'il avait déjà effectué jusque-là, lui qui avait toute sa vie considérer le principe de destruction mutuelle assurée comme la preuve qu'un tel conflit était impossible, peu importe les tensions. Mais cette chose enfouie dans la glace matérialisait des craintes qu'il avait toujours éludées. Au vu de l'endroit où était situé le dérélict, le NID devait faire profil bas et limiter les ressources envoyées en plein Alaska, dans un lieu difficile d'accès situé à quelques centaines de kilomètres du détroit de Béring qui marquait la frontière avec l'URSS, afin d'éviter le moindre soupçon. Les Soviétiques surveillaient déjà la provenance des ressources pétrolifères accaparées par les USA en Arctique et devaient déjà surveillé de près les mouvements concernant l'oléoduc, près duquel se situait le sarcophage de glace où reposait le léviathan d'acier. S'il s'agissait bien du second cas alors les Soviétiques ne pouvaient, et ne devaient, pas être au courant, et si une technologie de voyage temporel était découverte, Saint-Graal de la science, elle changerait la donne dans la Guerre froide. Dans toutes les guerres d'ailleurs. Ce serait littéralement annuler son coup aux échecs si celui de l'adversaire ne vous plaît pas et anticiper ainsi à chaque fois. Pour s’accaparer une merveille de ce niveau, capable de changer la donne, l'URSS serait capable de lancer une invasion terrestre d'un moment à l'autre. Mais comme Ernest Frank, directeur du Cabinet, lui avait rappelé sept ans plus tôt lors d'une mission au Bélize pour empêcher un archéologue de s'emparer d'une relique extraterrestre, archéologue depuis lors interné régulièrement en psychiatrie, "le Pentagone ne file pas un milliard de dollars par année fiscale au NID par pure charité chrétienne ou goût déplacé du mystique" : en d'autres termes, tout ce qui peut être militarisé en système de guerre non-conventionnelle contre la menace rouge finira pas être utilisé et les fonds seront débloqués en fonction du gain potentiel. Qu'il s'agisse du KGB ou du NID quelqu'un finira un jour pas l'utiliser, et Barrett ne sait vraiment pas qui serait le pire. Il se surprend à s'imaginer détruire le dérélict en justifiant un dysfonctionnement du réacteur nucléaire embarqué ou une fuite de pétrole de l'oléoduc. Mais si en détruisant une telle preuve il était celui qui déclencherait la guerre nucléaire et rendrait vains les efforts de ces voyageurs temporels. Et si les disques durs, boîtes noires, documents papier et autres témoignages du futur permettaient aux États-Unis de gagner préventivement la guerre, voir toutes les guerres ? Et si l'avenir était prédéterminé et que ce voyage aussi l'était : devait-il échouer à empêcher la Troisième Guerre mondiale, ou pire ? Barrett en était conscient et autant de questions se bousculaient dans sa tête alors qu'il s'impatientait sur le fax dysfonctionnel.

- Je veux un système d'isolement complet à l'entrée de l'alcôve et au bout du tunnel, précise-t-il. Au-delà de ces portiques, c'est le Sarcophage. Personne ne rentre ni ne sort sans avoir été analysé et nettoyé. Personne ne ramène de "souvenir" chez lui.
- En gros on n'est pas près de rentrer chez nous ?
- Je suis sûr que les heures supplémentaires et la prime s'accompagneront d'une promotion, Clyde. Et vos hommes aussi si vous n'manquez pas d'leur dire. Et si vous voulez avoir une chance de vous bourrer la gueule le 31, veillez à installer l'infrastructure de décontamination au plus vite.
- ça prendra bien une bonne journée ou deux de plus je pense.
- Alors autant s'y mettre tout de suite. J'ai aussi hâte de visiter l'épave mais autant prendre nos précautions.
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Ananta »

Il y a un truc que je ne comprends pas.

Cette partie avec Barret, est-ce une nouvelle ligne temporelle crée par le saut du Jumper avec le sous-marin? Si non, cela veut-il dire que le sous-marin et le Jumper de la ligne temporelle modifiée ont été congelés à nouveau dans la glace depuis 5000 ans?
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Re: Stargate : Moëbius

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c'est comme ça que je le comprend aussi : le sous-marin aurait été rapidement abandonné il y a 5000 ans dans le passé et aurait dérivé jusqu'à l'Alaska.
par contre je doute que le Jumper soit dedans : trop précieux pour avoir été abandonné à l'époque, d'autant plus avec 2 O'Neill pour le piloter
Ananta
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Ananta »

Est-ce scientifiquement possible qu'un sous-marin parte à la dérive comme ça? C'est lourd à déplacer quand même!

Pour le Jumper, normalement il doit se trouver en Egypte. D'ailleurs ça me fait penser qu'O'Neill et les autres pourraient récupérer l'E2DPZ que Râ a chopé on ne sait où.

Hâte de lire la suite.
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

CITATION Est-ce scientifiquement possible qu'un sous-marin parte à la dérive comme ça? C'est lourd à déplacer quand même!
Evidemment il n'a pas juste été abandonné comme ça. :P Un sous-marin qui fait naufrage et se remplit d'eau c'est tellement lourd que ça reste bloqué au fond de la mer. Attendez que Barrett entre pour vous faire une idée. ^_^
J'arrête ici le dérapage
avant que Zap et Chupeto
ne se retrouvent dans les parages
et ne me collent des avertos. biggrin.gif

[I]24/09/2015[/I]
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Re: Stargate : Moëbius

Message non lu par Revanchiste »

Spoiler
Pardonnez mon retard, j'ai du bosser comme un damné cet été et j'étais jamais satisfait de mes premiers jets. :D J'ai déjà écrit la fin et les événements qui suivent donc je sais où je vais mais je tenais à éviter les écueils de l'épisode original (victime de la concision inhérente à son format d'épisode) sans pour autant tomber dans l'ennui, tout en évitant de louper des éléments (j'ai déjà remarqué des oublis "mineurs" car j'avais pas assez anticipé). Par ailleurs je me suis rendu compte d'un certain nombre d'erreurs, oublis, incohérences pas forcément graves et parfaitement corrigeables, mais je peux pas demander aux lecteurs de passer leur temps à revenir 3 chapitres en arrière pour relire les passages corrigés, donc je pense plutôt que j'intégrerais les modifications (passages étendus notamment mais aussi correction orthographique) dans la version finale une fois que la fanfic dans son ensemble sera achevée, profitant au passage de vos retours pour voir là où sa pêche (passages obscurs, trop rapides, incohérences, éléments trop implicites etc) comme j'ai déjà pu corriger au fur-et-à-mesure grâce aux interventions de plusieurs lecteurs.
On arrive enfin au dur de la fanfic et j'espère que ce chapitre vous plaira. :gate:
Edit 1 : j'ai déjà un peu édité malgré ma promesse d'attendre la fin mais je sentais que la qualité baissait un peu
Chapitre 7 : Les Naufragés du Temps

USS Alabama, époque inconnue

Appuyé sur le docteur Jackson qui l'avait devancé, O'Neill achève péniblement de descendre de l'échelle. Le trio se retrouve à nouveau dans la salle des machines auxiliaire.

- Il s'est passé quoi ? On était en apesanteur à un moment. J'ai faillit m'évanouir, se plaint Altman en inspectant sa nuque endolorie.
- On a amerrit, répond Carter, première arrivée. Après avoir remonté le temps.

Le marine et ses deux subordonnés restent bouche bée.

- Amerrit ? Le vaisseau est pas censé juste changer d'époque ? Je comprends rien, fait remarquer l'un des deux autres marines, Merryweather.
- Si. La vague de l'explosion a du nous faire dévier durant la transition. On a émergé dans l'espace et on a du faire atterrir le sous-marin.
- C'est possible ça ?
- On fera un rapport complet une fois le sous-marin sécurisé, docteur, coupe le colonel. Tous les Jaffas ont-ils été éliminés ou neutralisés ?
- Aucune idée mon colonel, répond Altman. On a deux morts confirmées et un prisonnier. L'équipe d'ingé faisait état d'au moins un assaillant lorsque Sumner est arrivé sur place.
- Ok. Vous deux, allez attacher le prisonnier dans la salle des silos : je veux qu'il soit constamment surveillé, ordonne le colonel aux deux autres marines. Altman avec moi, on va vérifier si la salle du réacteur est sécurisée.

Teal'c se laisse guidé, menotté, par les deux gardes, et frôle le docteur Jackson avec lequel il échange un curieux regard.

- Vous êtes sûr que c'est une bonne idée dans votre état ? s'inquiète Altman.
- Je vous ai donnez un ordre, major. Carter, Jackson, allez voir si Strickland a besoin de vous, sinon allez vous reposez dans le quartier des équipages.

Altman s'exécute et ouvre l'écoutille de la salle du réacteur. O'Neill lui emboîte le pas, le Beretta à la main. Carnage est le seul mot qui lui permet de décrire la scène qu'il contemple. Au sol, les corps épars de plusieurs SEALs, matelots et de deux agents des forces spéciales jaffas, ou ce qui leur sert d'équivalent. Sur l'un d'eux, les traces d'arms à énergie tirées depuis une lance Ma'tok, de la main même de Sumner qui la tient encore agrippée dans un réflexe post-mortem, le corps adossé à une cloison sous un escalier. Des dizaines de douilles, du sang, des impacts de balle. Une scène de combat malmenée ensuite par les secousses de l'atterrissage. Altman se baisse pour inspecter les corps étendus au sol.

- Ce jaffa est mort, confirme Altman. Sumner l'a flingué avec sa propre lance. S'il avait manqué son tir le sous-marin se serait dépressurisé.
- ça a du être une lutte féroce, commente O'Neill. Ils ont surtout opté pour du corps-à-corps.
- Et ils se sont battus comme des lions, ajoute Altman en inspectant le coutelas encore dans la main d'un des soldats.

Derrière le réacteur, O'Neill aperçoit le docteur McKay, adossé au terminal de contrôle du réacteur principal.

- Vous allez bien doc ?
- Excusez-moi. Je souffle une seconde. Je viens à peine d'empêcher une surchauffe du réacteur. J'ai pu évacuer la chaleur grâce à l'eau de mer. On a évité un énième cataclysme.
- Tout va bien docteur, vous nous avez sauvé la mise. On aurait pas eu assez de jus avec celui de l'Exonef. Restez éveillé quand même on n'est pas tirés d'affaire.
- Jack...

L'intéressé sursaute. Un des cadavres semble reprendre vie.

- Kawalsky ! Bouge pas. T'es blessé ?
- C'était le bordel, Jack. Moi et Casey on était dans la salle quand ils sont arrivés. D'abord les Jaffas. Puis Sumner. Puis le corps-à-corps. Puis l'apesanteur. Puis... j'ai eu l'impression de tomber et d'être plaqué au plafond. En atterrissant j'ai du me casser un truc ou deux.

Il essaie, en vain, de se redresser.

- Reste-là, je vais voir si je peux trouver de l'aide. Mais bouge surtout pas. Altman, les deux jaffas sont bien morts ?
- Affirmatif, confirme le marine en inspectant le second jaffa.
- Alors vous restez ici avec Kawalsky et McKay en attendant qu'un médic puisse les inspecter. Charles, tu bouges pas et t'attends sagement qu'on vienne s'occuper de toi.

Jack quitte la salle du réacteur et se dirige vers le CIC, passant à nouveau par la salle des machines auxiliaire avant de s'engager dans l'interminable corridor de la salle des silos qui occupe à elle seule un bon tiers de la longueur du mastodonte. Sur son passage, des dizaines et des dizaines d'hommes du navire en uniforme de matelots et plusieurs soldats s'activent à évacuer des blessés, à inspecter des cadavres. C'est le chaos. Soudain un son étrange se fait entendre et le sous-marin commence à tanguer de droite à gauche, tandis que les lumières changent.
"Ici le capitaine, annonce les hauts-parleurs. Nous sommes arrivés à destination. Nous procéderons à la procédure de plongée, accrochez-vous à nouveau."

O'Neill enjambe des blessés, se colle au peu d'espace libre pour laisser passer, informe les hommes du commando Blacklight qu'il croise de la situation, se retient à ce qu'il peut alors que le sous-marin poursuit sa plongée au prix d'un sol à l'horizontalité incertaine. Parcourir quelques mètres prend plusieurs minutes.
- Doc, j'ai deux blessés en salle du réacteur, informe le colonel en s'adressant vers l'officier médical appliqué à prodiguer des soins à un homme adossé à l'un des silos.
- Et j'en ai une centaine dans tout le navire et j'ai une infirmerie grande comme un cagibi pour tout le monde.
O'Neill ne dit rien. L'infirmier souffle un instant.
- Graves comment les blessés ? demande-t-il sans lever les yeux.
- Secoués par les accélérations. L'un d'eux est retombé sur le dos. L'autre n'avait pas de trace de blessure apparente, mais il était mal en point.
- Alors ils attendront, coupe le médic. Maintenant laissez-moi j'ai du travail. Michaels la bouteille d'oxygène elle arrive ?

Le colonel comprend et reprend sa traversée laborieuse du sous-marin. Bientôt il voit les deux marines de l'équipe d'Altman aux prises avec plusieurs matelots et un SEAL, tentant de repousser l'attroupement.

- Reculez putain ! ordonne l'un d'eux, la main sur son arme.
- Il se passe quoi, ici ! hurle Jack.
- Il se passe que ces fils de pute viennent de nous massacrer ! hurle l'un des hommes d'équipage en désignant Teal'c, menotté à l'une des cloisons entre deux silos.
- C'est le seul des ennemis encore en vie. Sa survie est primordiale si on veut des renseignements. Interdiction formelle de l'approcher, ordonne Jack avant de reprendre sa route.
- J'ai pas envie de crever pour défendre ce connard, admet Merryweather.
- Moi aussi j'ai envie de le descendre, confirme le troisième marine de l'équipe d'Altman, Burns. Il a buté Sumner.
- Je sais, mais on a des ordres et on s'y tient, rappelle Altman avant de se tourner vers l'un des matelots. Maintenant reculez !

Le colonel parvient enfin au CIC, étouffant une ultime douleur du bras au moment de céder le passage à deux hommes évacuant un cadavre, l'un des officiers de la passerelle, tué par Shak'el.

- Au rapport, demande le capitaine en effectuant un salut que lui rend son homologue de l'Air Force de son seul bras valide.
- Nous avons éliminé le commando ennemi, capitaine. Quatre sont morts et nous avons réussi à capturer leur commandant. Monsieur c'est Teal'c en personne, le Primat d'Apophis.
- Y'a qui d'autre dans ce sous-marin ? Ben Laden ? Bordel mais comment ils nous ont trouvé les salauds ! s'emporte le capitaine en tapant du poing sur le terminal tactique. C'était une mission secrète, la localisation était confidentielle. Votre vaisseau magique était pas censé nous rendre furtif à tous les radars, docteur ? demande-t-il en direction de Carter.
- Je l'ignore, répond le docteur. Ils sont arrivés après le lancement des missiles qui eux ne sont pas camouflés. Mais le NID m'avait dit que le plan était sans faille : les Goa'ulds n'ont eu aucun moyen de remonter la trace des missiles, et de toute façon ils devaient être détruits avant qu'ils n'aient le temps d'analyser la moindre donnée.
- Mais pourquoi ce sous-marin en particulier ? Il y a plus d'une trentaine de sous-marins balistique à travers le monde qui ont participé à l'opération Mjolnir.
- Peut-être qu'ils ont tous été abordés de la même manière ? propose Jackson.
- Alors pourquoi leur Primat en personne a-t-il abordé le seul sous-marin camouflé ? Ils ont bien du voir qu'on était furtif non ? Vous êtes sûrs que sur Chulak ils ont pas eu le temps de laisser... je sais pas, un système de traçage discret sur la carlingue de l'Exonef ? Ou de vous implanter une puce ou un truc comme ça ?

Jackson reste de marbre.

- C'est... possible, s'étonne Carter. Nous n'avons rien trouvé de tel mais c'est possible que nous n'ayons rien vu et que l'Exonef soit tracée via une sorte de signal subspatial. En dehors de l'Exonef elle-même nous n'avons aucun radar capable de détecter les ondes subspatiales. Donc c'est bien possible qu'il y aie une sorte de dispositif discret capable d'émettre sur des fréquences précises que l'Exonef n'a pas su isoler.
- Je suis d'accord avec le docteur Carter, intervient Jackson. Quand l'équipe de Kawalsky nous a exfiltré de la prison sur Chulak, il n'a pu laisser qu'un seul garde à l'Exonef. Des Jaffas camouflés ont très bien pu y placer un mouchard. Il nous faudrait fouiller l'Exonef à la recherche d'un tel dispositif.
- Le docteur Jackson a raison, répond Carter. Quelque chose nous a peut-être échappé.
- Si vous savez pas alors trouvez ! s'emporte le capitaine. Si on est bien sur Terre à l'époque où régnaient les Goa'ulds, alors ils pourraient détecter un tel signal et venir finir le travail.
- Et je fais comment, capitaine ? s'étonne l'ingénieure. Je met un scaphandre et je sors pour vérifier ?
- Vous faîtes comme vous voulez mais je veux savoir comment ils nous ont trouvé. Maintenant excusez-moi mais j'ai d'autres problèmes. Si vous n'êtes pas blessé, docteur Jackson, je pense que le médic va avoir besoin de vous. On a un docteur pour tout l'équipage et les blessés se comptent par dizaines.
- Je suis docteur en archéologie, pas...
- J'ai besoin de chaque personne valide.
- Je n'ai aucune compétence médicale.
- Et bin vous apprendrez.
- J'ai des compétences médicales, ajoute Carter.
- Si l'Exonef déconne il n'y aura plus personne à soigner. Le rapport passe en premier. Colonel votre bras ça peut attendre ?
- Sauf votre respect, commence Jackson, sans le colonel on ne peut ni faire voler la nef, ni se camoufler et encore moins revenir à notre époque. Vous devriez le soigner en priorité.
- Merci doc mais ça va aller, répond le colonel. Allez aider le médic.
- Très bien colonel, allez vous reposez en attendant que Freeman et Michaels puisse vous prendre en charge, confirme Strickland. On aura besoin de vous. Docteur Carter, il me faudra un briefing sur nos capacités opérationnelles, si la nef a détecté quoi que ce soit lors de l'atterrissage, si vous avez trouver la moindre preuve d'un mouchard à l'intérieur du vaisseau. Voyez si le docteur McKay est en état de vous aider. Le temps de s'occuper d'un maximum de blessés et d'avoir un rapport complet sur la situation on se retrouve à 23h, dit-il en lisant sa montre. Rompez.

Au fond, Tanith n'est pas mécontent d'avoir dévier la piste de la puce sous-cutanée, ou équivalent. Mais il sait maintenant qu'il doit laisser quelque chose pour valider la thèse du dispositif laissé sur le Chappa'ai'tak et s'en sortir. Il dispose encore de son communicateur longue portée pour envoyer les ordres à Nerthys. Mais Nerthys est mort. Il n'en a plus besoin. Il lui suffirait de le laisser quelque part dans la nef et de faire semblant de la trouver pour dénicher le coupable de tous leurs malheurs, se délivrer de tous soupçons et se prouver utile à l'équipage. Il est plus proche que jamais de la mission pour laquelle il est né : détruire et élever des empires. Mais cette fois il ne sera pas le vassal d'un maître plus grand. Ses chaînes ont été brisées quand Apophis est mort et quand il a remonté le temps. Il est désormais un électron libre. Mais il y a encore un obstacle : le Primat. Il faut trouver un moyen de l'empêcher de parler ou de les forcer à le tuer. Et une fois le Primat éliminé... son nouvel Empire.

Ha'tak de Râ, Vallée des Rois, 22h heure locale

Depuis le temps qu'il avait élu domicile dans la véritable cité mobile de l'Empereur, Thoth finissait toujours par se perdre dans l'immensité des corridors. Bien sûr ce palace était un navire de croisière, pas un vaisseau de guerre. Mais il était toujours outragé par cette insulte à la fonctionnalité que représentaient ces baies vitrées dans la salle du trône où cet espace gâché pour avoir des plafonds plus haut, quitte à sacrifier plusieurs étages où la charge utile aurait été mieux répartie. En même temps, lui, c'était un ingénieur spécialisé dans la rétro-ingénierie de technologies lantiennes. Comprendre leur technologie, créer des interfaces numériques, répliquer, construire. Il ne vivait que pour ça. Chaque défaut était d'autant plus évident pour lui. Pour un marteau tout ressemble à un clou. Pour un ingénieur, tout ressemble à une fragilité structurelle. Mais encore une fois, son statut lui permettait de se donner à coeur joie à ses activités, et son maître l'avait remercié pour son assistance cruciale durant la guerre contre Sokar en finançant outre mesure ses excentricités. En suivant Râ au lieu de Sokar, Thoth n'avait pas suivi le seigneur goa'uld le plus stable politiquement, mais le meilleur mécène. Et Râ avait su s'attacher ses talents d'expert en technologie ankueta, vitaux pour conserver un avantage technologique face à un ennemi qui avait le nombre avec lui. Mais maintenant que le régime impérial traversait une nouvelle crise et que l'ennemi extragalactique des Goa'ulds venait frapper à leurs portes, il supportait de plus en plus mal les lubbies de son nouveau maître.
Enfin, la grande portée. Les Gardes Faucons lui ouvrent la voie, et l'immense porte inutilement ouvragée coulisse pour laisser entrer le Vizir. La grande salle du trône traversée, il s'incline en signe de respect face à son seigneur lige.

- Une simple météorite, vous dîtes ? s'enquiert l'Empereur en se tournant vers son Vizir des sciences.
- Oui, mon seigneur, admet humblement le Goa'uld, le regard cloué au sol.
- Et vous ne l'avez pas détecté s'approcher d'aussi près ? se demande l'Empereur, lévitant en compagnie de ses hétaïres depuis la bulle d'antigravité où il se tient.
- Je pense qu'il s'agit de météorites issues de la Ceinture d'Astéroïdes dont la trajectoire a été perturbée par un mouvement des lunes joviennes. Un phénomène gravitationnelle improbable.
- Vous êtes sûr que ce n'était pas une attaque des Ree'tu ? Ils utilisent régulièrement cette stratégie.
- Assurément, mon seigneur. Leurs capacités hyperspatiales sont limitées et la ligne de front est à plus de 10,000 années-lumière. Mes Tel'tak n'ont détecté que des traces de glace ordinaire dans l'atmosphère et aucune trace de météore solide. De toute façon s'ils avaient envoyé des météores depuis la lisière du système solaire, les satellites interdicteurs les auraient détecté depuis longtemps.
- Et quand est-il de cette perturbation spatio-temporelle qui a précédé la chute ? Ça m'avait tout l'air d'une fenêtre d'hyperespace, propose calmement le dieu vivant aux traits androgynes, sans âge et presque angéliques, sa longue chevelure noire de jais flottant dans les airs par les effets du générateur de gravité comme s'il eu été immergé dans un liquide totalement translucide, frôlant ça et là les courtisanes dévêtues prises dans le champ d'antigravitons.
- Une fenêtre qu'aucun détecteur subspatial longue portée n'a repéré, rassure le scientifique.
- Ce pourrait-il qu'un de mes vassaux aie développé une technologie hyperspatiale furtive ?

La question qu'il redoute. En guise d'assurance, Thoth ne peut qu'afficher un grand sourire, aux dents blanches et pointues.

- Restons sérieux, mon seigneur. Vous seul disposez, en toute humilité, des meilleurs esprits. Et si c'était une attaque elle était ratée. En tout cas si elle visait bien cette pyramide.
- Par hasard, ne s'agirait-il pas de la même perturbation gravitationnelle que tu as détecté il y a cinq rotations solaires, juste avant l'arrivée de ce mystérieux Chappa'ai'tak ?
- C'est bien possible mon seigneur, peine à cacher le vizir. Il pourrait s'agir du même phénomène lié aux individus qui sont arrivés ici et qui ont tenté de mener une rébellion contre votre auguste déité dans la cité d'Abydos. Si c'est la signature d'une fenêtre d'hyperespace unique à leurs vaisseaux, peut-être s'agit-il d'une mission de secours. Cependant, j'ai déjà émis des réserves quant à cette théorie, étant donné que le Chappa'ai'tak que nous avons récupéré ne possède aucun système d'hyperpropulsion.
- Aies-tu parvenu au moindre progrès depuis que tu travailles sur ce vaisseau, par ailleurs ?
- En partie, admet enfin Thoth. Sa technologie est proche de celle de l'épave découverte sur Dakara quand vous l'avez conquise, elle est donc apparentée aux Ankuetas. Je doute cependant fortement que les individus qui ont mené la rébellion fassent partie de la défunte Alliance des Quatre, mon seigneur, comme le rapport physionomique effectuée sur le prisonnier par Marduk l'a précisé. Cependant, comme mes propres rapports en ont déjà fait état, j'ai pu perfectionner la compatibilité de l'interface digitale du Soleil Noir avec les six gemmes, d'origine ankueta également. Ces cinq dernières années nous ont fait gagné peut-être un siècle de travail sur le projet Soleil Noir, et votre avance technologique sur les autres Grands Maîtres, et je pense qu'il pourra être activé sous peu.
- Très bien, Thoth, je suis content de toi. Aies-tu parvenu à le faire voler, ce Chappa'ai'tak ?
- Je croyais qu'il était doté d'une sorte de verrou digital ou qu'il utilisait du Naquadah dans le sang, mais moi et Marduk ne sommes pas parvenus à faire activer le vaisseau au prisonnier, qui dispose pourtant de traces de Naquadah. Le prisonnier n'a cependant pas été en mesure de faire démarrer la nef.
- Etonnant. Un ancien hôte ?
- Oui. Mais le nom du goa'uld en question que j'ai réussi a arracher au prisonnier est inconnu dans les registres royaux. Je suis même remonté jusqu'à l'époque prédynastique. Marduk et moi n'avons par ailleurs pu établir aucun lien entre ces rebelles lo'taurs et les envahisseurs ree'tus. Ma première théorie était qu'il s'agissait d'un commando de mercenaires humains recrutés par l'Impératrice Ree'tu pour vous assassiner, comme leur technologie furtive et leur attaque au milieu du conflit le laissait penser. Mais nous n'avons trouvé aucun indice allant dans ce sens.
- Très bien, réfléchit Râ. Ta mission ici est terminée. J'aurais besoin de toi pour finaliser la préparation du Soleil Noir. Cesse immédiatement ce projet-là et fait déplacer le Chappa'ai'tak jusqu'à Babylone. Ordonne à Matayus de préparer une embuscade au cas où ces rebelles reviendraient, et d'en capturer plus, cette fois.
- Bien mon seigneur, s'incline le scientifique avant de quitter la spacieuse salle du trône, laissant le pharaon vaquer à ses menus plaisirs en gravité zéro.


Salle des silos de l'USS Alabama.

Ses Jaffas étaient morts. De toute évidence il était le dernier. Mais Apophis allait sans doute envoyer des renforts pour l'exfiltrer lui et le seigneur Tanith. Il devait tenir le plus longtemps possible. Non, avoir été capturé serait un déshonneur surtout pour un primat. Il devait se défaire de ses liens et mener à bout sa mission. Mais quand ? Il lui fallait juste être patient. Les humains ont besoin de dormir, et le grand nombre de blessés qu'il entend lui démontre que l'équipage qui l'entoure est affaibli, tant sur le nombre que sur ses capacités opérationnelles. Il lui suffit d'entrer en kel'no'reem une demi-douzaine d'heure puis de se jeter sur ses geôliers et les massacrer jusqu'au dernier. Mais il doit prendre son temps. Le chasseur patient attrape sa proie, lui avait enseigné maître Bra'tac durant leurs interminables parties de chasses dans les forêts enneigées de Chulak, où traquer un animal pendant une semaine n'est pas rare. C'est dans ces blizzards glacés, à l'ombre de ces conifères sombres et sur les flancs de ces chaînes de montagnes qui bordent le continent de Chu'ral qu'il était passé du stade d'orphelin en exil pleurant un père parti trop tôt à celui de plus grand des guerriers d'Apophis, sous la houlette intransigeante d'un maître spirituel et martial qui s'était substitué à une figure paternelle. Il avait dormi dans des cavernes, escalader des parois montagneuses sans le moindre équipement, manger les larves d'insectes qui pouvaient tuer un humain ordinaire par leurs toxines, juste pour en extraire quelques précieuses protéines. Au cours d'une bataille contre Cronos, son chasseur ayant été détruit, il avait dérivé seul dans l'espace pendant des jours avant que son signal de détresse ne soit détecté. Tout son être avait été forgé dans le froid et la douleur. Il s'enfonçait encore plus profondément dans sa méditation.

- Il fait quoi ce con ? se plaint Merryweather.
- J'hallucine où il médite ? Il vient à peine de flinguer la moitié de l'équipage et il médite ? ajoute Burns.
- Eh connard, on dort ? demande Merryweather en le gratifiant de tapes sur le crâne. Ça va pas se passer comme ça hein. Tout l'équipage a envie de te faire la peau. On va se relayer pour te garder éveillé et cracher dans ton repas mon pote, jusqu'à ce que tu craques. Et là on aura le droit de te distribuer des mandales à tour de rôle par légitime défonce. Heureusement que les connards comme toi sont aussi solides, sinon ça aurait pas été drôle.
- Tu comprend c'qu'ont t'dis ou faut parler en alien ? lance Burns.
- Elle est belle ta tresse, c'est ta fille qui l'a faite ? plaisante Merryweather en inspectant la tresse de cheveux unique pointant sur son crâne.
- Et n'oublie pas la barbichette, ajoute Burns en tapotant le menton du jaffa. C'est du beau travail de barbier ça !

Il reste calme, il ignore ces lo'tars qui lui mettent des gifles et s'approchent de son oreille pour l'insulter. Il sait qu'il doit maintenir l'illusion de l'ennemi vaincu, comme cette proie qui feint d'être morte pour échapper à son prédateur parti chercher ses congénères pour le festin. Être humilié par une créature aussi primitive est agaçant, mais la patience est le pilier de son éducation rigoureuse. Il rit intérieurement en s'imaginant que ces hommes-là sont l'élite de leur espèce, ce qu'ils ont produit de plus proches de ses Jaffas. Ses Jaffas qui ont su pénétrer si aisément dans leur forteresse sous-marine et les massacrer par dizaines. Décidément, conquérir la Tau'ri sera la meilleure campagne de sa carrière. Et si Apophis venait à détrôner Râ comme il le planifiait en secret, il serait à ses côtés, il serait le Primat de l'Empereur en personne. A l'heure qu'il est, le Dem'et avait atteint le sarcophage de l'impératrice perdue Hathor quelque part au milieu du continent d'Amérique. Grâce à l'ancienne parèdre de Râ, à l'ire forgée par cinq millénaires de stase et d'exil forcé, Apophis aurait bientôt accès à tous les secrets de l'Empereur et il pourrait s'allier à elle pour le détrôner. Et ce serait lui, Teal'c, qui mènerait cette campagne. Il serait le plus grand guerrier que la galaxie ai jamais connu. Livrer à son maître le Chappa'ai'tak et les prisonniers d'importance constituera un prestige de premier plan. Le fait que ses Jaffas, parmi leurs meilleurs de l'Empire, aient perdu la vie prouvera non seulement la dangerosité de l'ennemi vaincu, ajoutant au prestige de vaincre la difficulté de la tâche accomplie, mais fera surtout de lui le seul bénéficiaire dudit prestige. Avec un équipage fatigué et décimé, son heure de gloire était à portée de main, de même que sa vengeance pour Shan'auc. Il lui suffisait de patienter. Au moindre faux pas, au moindre excès face à ses geôliers, et ce prestige lui échappait.

A mesure qu'il entre en kel'no'reem, les images de Shan'auc reviennent. Il se souvient de leurs discussions nocturnes quand il était de garde devant le temple des vestales. Il se souvient du secret qu'elle lui avait confié. Il se souvient qu'elle affirmait pouvoir communiquer avec son symbiote et lui avoir appris, sans succès. Rencontrer Tanith avait été une douche froide. Non seulement il avait perdu celle qu'il aimait, mais surtout l'"enfant" dont elle avait accouché n'avait rien de cet être charmant dont elle prétendait pouvoir entendre la voix en kel'no'reem. Il n'avait rien de Shan'auc. C'était un Goa'uld, calculateur et froid comme les autres, ne voyant dans les Jaffas que des servants idiots et sacrifiables au service d'une stratégie de promotion personnelle. Cette double révélation avait brisé quelque chose en lui. Il était perdu. Après tout, à quoi bon être le plus grand guerrier de la galaxie quand vous ne pouvez pas vaincre la mort ? Il sait qu'il regrette. Ce regret le hante. Il le sait. Il sait qu'il aurait du se laisser consumer par son hérésie jusqu'au bout et porter son corps jusqu'au sarcophage d'Apophis, la ressusciter et s'enfuir enfin par les anneaux jusqu'à la barge royale, le véhicule honoraire du Pharaon doté des meilleurs systèmes de camouflage et d'hyperespace, idéale pour fuir. Il aurait encore pu la sauver et aller vivre avec elle aux confins de l'Empire, sur un monde isolé et marginal, après lui avoir trouvé un autre symbiote. Il était en train d'y songer quand l'impensable s'était produit, quand la souillure Tau'ri avait atteint Chulak et emporter ses rêves. Mais est-ce vraiment trop tard ? Non, je m'accroche encore à des chimères, je n'accepte pas le deuil, se dit-il. Mais tout est-il vraiment comme avant ? Les discussions entre Nerthys et Apophis à propos de ce Chappa'ait'ak, les affirmations délirantes de ce "Jak'Oneel" et des siens, ce qu'il sait de sa vie. Et si voyager dans le temps était possible après tout ? Et si Shan'auc était encore là, quelque part ? Tanith avait insisté sur le fait de capturer ce "Jak'Oneel" à cause de ses capacités uniques d'activer le vaisseau temporel. Il est plus perdu que jamais. Doit-il s'accrocher à ce nouvel espoir de revoir Shan'auc ou accomplir jusqu'au bout sa mission et devenir, enfin, le plus grand guerrier de tous les Jaffas, comme il a été entraîné pendant un siècle par Bra'tac ? Il ne peut plus faire comme si de rien n'était et comme si rien n'avait changé depuis la mort de Shan'auc, depuis que son symbiote s'était avéré être encore plus égoïste et haïssable que Nerthys et depuis qu'Apophis avait avoué méconnaître la techno-sorcellerie derrière ce vaisseau temporel. A nouveau, un doute théologique avait germé en lui, et il se demandait si une fois encore il devait arracher cette pousse ou risquer de la voir donner une mauvaise herbe. Il lui faut prendre une décision. Il sait qu'il doit agir mais ne sait pas encore comment orienter son plan. Cependant, et ses années de chasse lui ont appris, on ne saisit une occasion que sur le moment. Une fois la bête partie, l'angle de tir est raté et il faut en trouver un nouveau, ce qui prend du temps et comporte des risques. C'est à ce moment-là qu'il entend quelque chose au fond de lui, une émanation, un courant de pensée, lueur encore faible dans la nuit, mais étranger au sien, qui répond à son doute. Comme s'il avait capté, un bref instant, les pensées de quelqu'un d'autre, une expérience extrasensorielle qu'il n'a jamais éprouvé. Au même moment, il sent remuer son résident dans sa poche ventral.


23h03, CIC de l'USS Alabama

- Equipage au départ de Norfolk : 224 en comptant l'unité Blacklight, l'équipage du Cigare et l'équipe du réacteur, commence à lire l'officier exécutif, Hunter Washington. Equipage à l'arrivée : 147. 67 morts dont 25 durs à cuir des forces spéciales. Et ils étaient 5, conclue-t-il en levant les yeux de la feuille qu'il pose sur le terminal tactique autour duquel les protagonistes se tiennent. Des enseignes mortes l'arme à la main pour tenter d'arrêter ces types, des équipes entières décimées.
- Et on croyait qu'on allait juste les aborder sans problème. A 60 contre 2,000, sourit Strickland.
- Même si on y était parvenu, Blacklight aurait été un désastre, admet O'Neill. Zeus était surexcité à l'idée de prendre ce vaisseau qu'il n'a pas eu le temps de considérer nos options tactiques sérieusement. Les Jaffas sont des durs à cuir. On n'en a même pas tué un seul sur Chulak, exception faite du gunship que j'ai abattu. Et c'était avec des armes aliens...
- Ce n'est pas tout. Les constellations le confirment, admet Strickland en posant sa casquette de base-ball sur le terminal tactique du CIC qui jouxtait le périscope. On est bien le 17 mars 2995 avant Jésus-Christ.
- Nos ordinateurs ne sont pas programmés pour afficher de telles dates cependant, rappelle Washington. Donc on restera sur 2006 pour coordonner les opérations à partir de maintenant.
- On devait pas remonter 5,000 ans dans le passé ? se demande Carter.
- Il n'y a pas d'an zéro en Histoire, répond nonchalamment Jackson.
- Bin si rétorque Carter en croisant les bras.
- Oui en astronomie. Mais pas en Histoire. Ça décale d'une année, se défend l'archéologue.
- Nous avons pu déterminer notre position exacte. Nous croisons actuellement au large de l'archipel des Seychelles en direction de la Mer Rouge.
- Parfait, sortons les parasoles et allons bronzer, sourit le colonel.
- Jumper disait qu'on avait pas besoin d'un troupier. Mais finalement quand la fin du monde est là et que vous devez survivre avec quelques dizaines de personnes, avoir un comique dans l'équipe ça peut mettre de l'ambiance, admet Strickland.
- A votre service, sourit le colonel.
- On a essayé toutes les fréquences, poursuit Washington. POTUS et NORAD sont muets. Et ce SG-1 aussi s'ils jamais ils émettent.
- Carter, à vous, indique le capitaine.
- McKay, Jackson et moi avons trouvé ceci, dit-elle en tendant une sorte de petite sphère opaque enveloppée d'aluminium. A vrai dire c'est Daniel qui la trouvé. Elle émet un très faible signal. Je l'ai entouré d'aluminium que j'ai trouvé dans les cuisines du mess mais vous pouvez la détruire. En revanche j'ai une plus mauvaise nouvelle : le projecteur du bouclier a été grillé durant la descente.
- Pardon ?
- On n'a plus de bouclier énergétique ni de camouflage optique, monsieur, admet Carter.
- Vous voulez dire qu'on est exposés ? demande O'Neill. Pourtant je l'avais activé avant de sortir.
- Heureusement qu'on a plongé entre temps, rappelle Jackson.
- Comme je l'avais prévu quand j'ai aidé à préparer l'Opération Thunderbolt, les détecteurs goa'ulds ne peuvent pas détecter les sous-marins immergés, même sans le camouflage. A vrai dire j'ai du déconnecter le réacteur de l'Exonef pour ne pas laisser d'émissions radiologiques. Donc de ce côté-là on est encore furtifs.
- Mon Dieu, la machine temporelle est endommagée ? demande le capitaine.
- Et bien... pas à proprement parlé. Le contrôleur temporel fonctionne mais il a besoin d'utiliser le bouclier pour faire des sauts... au risque d'être pulvérisé par la faille spatio-temporelle.
- Et on peut pas sauter sans ?
- Ce serait comme faire de la plongée sous-marine à plusieurs kilomètres de profondeur sans scaphandre.
- Et vous pouvez le réparer vous et McKay ?
- Je crains que nous, Monsieur. Nous avons à peine réussi à bricoler une interface pour coupler son réacteur avec le nôtre et installer un système de refroidissement externe. En admettant qu'il soit possible de construire un nouvel émetteur de bouclier, je ne dispose pas des outils ni des matières premières. Personne parmi les équipes d'ingénieurs et de physiciens que je dirigeais avec McKay n'a même réussi à comprendre comment un tel phénomène était possible. Alors de là à McGuyver une pièce rechange avec une fourchette et un peu d'alu...
- Mais si nous sommes arrivés après ce SG-1, leur propre Exonef doit être quelque part en Egypte non ? Et elle doit fonctionner ? propose Jackson.
- Ils ont raison, admet le X.O.. Sans camouflage nous sommes des cibles faciles si les Goa'ulds nous repèrent, ce qui pourrait arriver d'un moment à l'autre. Et sans capacité de voyage temporel on est condamnés, conclue Washington.
- Nous devons absolument retrouver l'Exonef, répond le capitaine. Vous pouvez la détecter ?
- Pas besoin, sourit le docteur Carter. La vidéo de SG-1 donnait des coordonnées précises. D'après eux, même Râ ne pourrait pas faire voler l'Exonef à cause du gène d'activation. J'en déduis qu'ils doivent avoir tenté vainement de l'étudier et qu'elle doit toujours se situer au même endroit puisque la mission archéologique secrète montée par le Pentagone l'a bien trouvé aux coordonnées de la vidéo. En toute logique elle n'a pas bougé.
- Avec votre permission, je pense que nous pouvons monter une expédition avec notre vaisseau encore en état de voler pour retrouver cette Exonef et exfiltrer SG-1. J'aurais besoin du docteur Jackson pour communiquer avec les locaux et remonter leur piste, affirme O'Neill.
- C'est sûr qu'on a épuisé nos Goa'uldbuster pendant l'opération, réfléchit Strickland. Si un Ha'tak nous vise depuis l'orbite on pourra pas lui faire grand chose. Si on pouvait mettre la main sur ces drones et sur le champ furtif de l'Exonef ça nous éviterait déjà de couler, surtout qu'après notre arrivée fracassante ils vont surveiller la trajectoire du météore. Récupérer l'Exonef doit être notre premier objectif et exfiltrer SG-1 notre second. Vous avez le feu vert pour préparer la mission, colonel.
- Il reste le problème de Teal'c, soulève Jackson. Vu l'état de nos défenses et le danger qu'il représente, le garder à bord est-il une bonne idée ?

O'Neill et Carter lèvent un sourcil, inhabitués à ce que Jackson présente des solutions si radicales.

- Il n'a pas tort, admet Washington. On n'a déjà pas assez de médocs pour nos hommes. Et Apophis est mort. On a remonté cinq mille ans dans le passé. Je doute que ses renseignements soient toujours, ou plutôt déjà, d'actualité.
- C'est un prisonnier, rappelle la physicienne. Il a des droits.
- A bon et on a un membre du JAG à bord pour lui lire ses droits peut-être ? sourit O'Neill.
- Circonstances extrêmes, solutions extrêmes, admet Strickland.
- Ces circonstances sont finies, capitaine, rétorque Carter.
- Vraiment ? demande Strickland. Vu ce que j'ai vu tout à l'heure, un seul de ces types peut égorger la moitié de l'équipage avec un stylo. On ne peut pas se permettre de dépenser des ressources pour le surveiller en permanence.
- Il a des droits, répète la physicienne. On parle d'une exécution.
- C'est peut-être un ami à moi dans je ne sais quelle réalité parallèle mais ce type a essayé de nous buter, Carter, rappelle O'Neill. De plus il ne me semble pas que Chulak soit inscrite aux Nations-Unies. Légalement il n'existe pas.
- Vous ne suggérez tout de même pas que...
- Je ne suggère rien du tout, Carter. Mais ce type est un danger. On va devoir le garder sous surveillance en permanence, ce dont on va avoir du mal à se permettre après nos pertes, et il nous brisera le cou à la première occasion.
- De toute façon l'équipage entier veut sa peau, et je crains que ses propres geôliers ne décident de s'en débarrasser sans ordre direct, précise Washington. Le moral de l'équipage est au plus bas, poursuit-il à voix plus basse.
- Et vous voulez galvaniser vos hommes en exécutant des prisonniers de guerre.
- Je ne décide rien, rappelle Washington, c'est le capitaine.

Strickland croise les bras et réfléchit un instant. Jamais ce dilemme ne s'est posé dans sa carrière. D'ailleurs il n'avait jamais ne serait-ce qu'envisager participer aux événements des dernières heures. Les rares fois où il avais mis les pieds dans un cinéma pour accompagner ses neveux voir un navet de luxe, il ne pouvait que plaindre l'ignorance cinématographique dont faisaient preuve les cinéastes en matière de sous-marin et d'invasion alien. Et voilà qu'il venait de vivre les deux. Et si tous ses paradigmes appris à Annapolis avaient volé en éclats ? Et si on avait à faire à un tout nouveau genre de guerre, pas seulement à l'échelle technologique ? A son époque, les Soviétiques rivaux étaient déjà déshumanisés par ses instructeurs, mais il savait pertinemment qu'il était possible de négocier avec eux. Mais qu'en est-il des Goa'ulds et des Jaffas ? On dit que retrouver sa maison cambriolée inflige aux victimes un sentiment comparé parfois, à tort ou à raison, à un viol. A une intrusion dans son intimité. Le Cigare, qu'il connaît mieux que son quartier, de même que l'équipage dont il connaît jusqu'au surnom du moindre nouveau matelot, a été arraisonné, endommagé et son équipage décimé en un claquement de doigts. Il sent comme une menace personnelle l'individu qui réside dans la salle des silos, entouré par une équipe de soldats. Comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, comme un meurtrier prêt à réitérer son crime. Après tout il n'y a aucun tribunal militaire ici, O'Neill à raison. On ne lui en voudrait pas s'il outrepassait la convention de Genève à une époque où les ancêtres de ses rédacteurs n'étaient probablement même pas encore en Europe.

- Je dis qu'on laisse faire, décide finalement Strickland. Il essaiera forcément de s'échapper, et ses gardes n'auront d'autre choix que d'employer la force. Un tragique accident. O'Neill, je veux un plan d'exfiltration précis pour cette opération dès que possible. Vous avez carte blanche pour choisir parmi les ressources nécessaires et mener à bien la mission. Je dois vous laisser, j'ai un second briefing.

Quittant le CIC, le trio en croise un autre composé du docteur Jackson, du docteur Freeman et du major Altman qui salue Jack. Profitant de l'arrêt du colonel dans le couloir pour laisser passer ces derniers, le docteur Carter interpelle le colonel.
- Vous ne pensiez pas ça réellement, colonel ?
- Carter...
- Je sais, il a été essayé de nous tuer. Mais on a déjà réussi à le convaincre au moins une fois.
- C'est peine perdue. Il ne nous connaît pas mais il nous hait déjà. Il n'y a rien a en tirer.
- Et si vous aviez tort ?
- Allez dire ça à ceux qui sont morts, lui répond sèchement le militaire avant de reprendre sa marche, la main sur son bras.

McKay entre le premier et rejoint le capitaine Strickland autour du terminal tactique.
- Au rapport.
- Le réacteur nucléaire n'a pas subit trop de dégâts, mais il ne faut recommencer un coup pareil. Si on m'avait prévenu, j'aurais pu stocker plus d'eau dans le réservoir externe du système de refroidissement. Dans l'espace on peut plus évacuer la chaleur.
- La température a un peu monté, mais on s'en est sorti, n'est-ce pas ? sourit le X.O.
- Un peu monté ? Vous savez l'énergie qu'il faut pour faire monter de 15 degrés une masse de 20,000 tonnes en quelques minutes ?
- Le réacteur fonctionne bien ou pas ? tranche le capitaine.
- Oui. Mieux que prévu même. Car voyez vous ce petit bijou de technologie n'a pas été conçu par n'importe qui, sourit le scientifique. J'ai anticipé de genre de problème avec l'interface avec l'Exonef de sorte à pouvoir utiliser ses panneaux radiants de la nef pour évacuer le trop-plein de chaleur, mais j'ai également pensé à mettre deux réservoirs supplémentaires de part et d'autre du système d'arrimage. Tout ça pour dire qu'il y a une certaine... élégance dans la conception.
- C'est la première chose que je me suis dites quand on atterrit dans l'espace, sourit faussement le capitaine.

McKay saisit le sarcasme et efface son sourire béat.

- Donc pas de problème de conception sur ce bijou alors ? reprend le X.O.
- A vrai dire...

Le capitaine croise les bras.

- Pendant le combat dans la salle du réacteur, un jaffa, ou un de vos hommes ne sait plus, à tirer à la lance jaffa et à endommager un des deux conduits de refroidissement principaux. On utilise toujours l'eau de mer pour évacuer la chaleur mais ça divise par deux le débit dans tous les cas.
- Et à quel point ça change nos conditions opérationnelles ?
- A votre place j'éviterais d'aller à "110%" avec la propulsion, déjà. Et si on veut fournir l'Exonef en énergie... je crains que ça soit rick-rack pour le voyage de retour, illustre-t-il d'une grimace et d'un balancement de la main.
- Qu'est-ce que vous entendez par "rick-rack", docteur ?
- Et bien, si le réacteur surchauffe trop, il risque de se rompre.
- D'exploser ? s'inquiète le docteur Freeman.
- Non, rassure McKay, ça c'est dans les films. Un réacteur nucléaire ça peut pas exploser. Par contre ça peut s'arrêter et si on manque d'énergie à fournir à l'Exonef, on risque de sortir de la bulle spatio-temporelle un peu trop tôt. A partir de là j'ignore les conséquences exactes : soit on sort de la bulle à une autre époque, avant la date prévue, soit on est broyés par la fissure spatio-temporelle générée par la Matrice temporelle.
- Heureusement que c'est pas dans les films, sourit le capitaine. Vous pouvez le réparer ?
- Vous trouvez que j'ai la coiffure de McGuyver ? demande le docteur en inspectant sa ligne de cheveux plus reculée qu'il ne voudrait. Bien sûr que je peux, se rattrape-t-il. Le truc c'est que je dois déconnecter le second réservoir.
- Et ?
- Et je peux pas le faire de l'intérieur sinon ça va inonder la salle du réacteur avec de l'eau de mer. Je dois donc sortir pour déconnecter le second réservoir, bloquer la valve, revenir à l'intérieur pour souder un second tuyau puis ressortir.
- Et quoi ? sourit Washington. Vous avez peur d'être tout mouillé ?
- Non, c'est juste qu'à cette profondeur, la pression interne des valves ne pourra pas lutter contre celle des infiltrations d'eau. Il faut être émergés pour faire ses réparations.
- On repassera pour l'élégance dans la conception, commente Washington.
- J'avais quinze jours pour concevoir l'ensemble du dispositif, rappelle McKay. C'est déjà un miracle qu'on aie pu finir les travaux à temps. J'ai dormi 4 heures par nuit pour tenir les délais.
- Ce n'est pas une option tant que l'Exonef ne sera pas réparée ou qu'on aura pas mis la main sur la seconde, tranche le capitaine. Sans camouflage on se fait abattre depuis l'orbite. Ces réparations attendront le retour de la mission du colonel O'Neill. Altman, vous avez aussi de mauvaises nouvelles ou vous allez faire semblant que tout va bien histoire de m'emmerder ?
- Non, capitaine, répond le major. Tous les Jaffas sont confirmés K.I.A. et Teal'c est prisonnier. J'ai affecté trois hommes en permanence à sa surveillance avec rotations toutes les 6 heures.
- On peut s'attendre à d'autres Jaffas planqués dans le vaisseau ? demande le X.O.
- Peu probable. Mes hommes et ceux du MARSOC ont fouillé chaque recoin. On a même inspecté les silos de missiles nucléaires vides qu'ils ont utilisés pour nous aborder. Rien à signaler. Ils étaient bien cinq.
- Ces informations se recoupent avec ce que le sonar a détecté 4 minutes avant leur abordage, précise Washington au capitaine. Cinq signatures qu'on prenait pour des poissons ou des mammifères marins.
- On repassera pour la précision, sourit McKay.
- A oui, je suis sûr que si vous les aviez conçu, les sonars pourraient détecter le poids, l'âge et la nationalité de chaque banc de poisson qui passe à proximité du Cigare.
- A leur décharge, je crois que les Jaffas ont utilisé des sortes d'hydrojets répartis sur leur combi que j'ai pris la liberté d'inspecter en attendant qu'on vienne me soigner.
- C'est sûr que cet ongle tordu était une priorité, souffle le docteur Freeman.
- J'en ai besoin pour travailler, de mon pouce, répond McKay. Toujours est-il que c'est une technologie remarquablement simple et avancée en même temps. C'est le Saint Graal de la technologie sous-marine.
- A cause de son caractère silencieux ? demande Washington.
- Exactement. Peut-être même qu'avec un peu de boulot je pourrais leur piquer cette technologie et modifier un sous-marin.
- Vous pourriez faire ça ? s'étonne le capitaine en décroisant les bras.
- Si j'avais encore mon équipe de Norfolk, oui. Avec les cinq dispositifs que j'ai a disposition, on aurait pas assez de débit pour faire avancer l'Alabama de façon significative.
- Pourrait-on les utiliser ? demande Altman. Pour nos hommes je veux dire, précise le major. Si on voulait infiltrer les bases ennemies par exemple.
- En dehors de celle du prisonnier, toutes les autres sont irréversiblement endommagées. Et de plus je doute qu'ils aient les mêmes technologies cinq mille ans dans le passé. Donc infiltrer une base ennemie en portant des armures volées ça aussi c'est du cinéma, souffle McKay.
- Très bien tous les deux, maintenant j'aimerais entendre le rapport du docteur Freeman, intervient le capitaine.
- Mon premier bilan est définitif en terme de morts et de blessés, commence le docteur. Mais on va commencer à manquer de place pour stocker les sacs mortuaires. J'ai déjà commencé à installer une morgue dans le premier étage de la salle des silos, mais si on ne repart pas dans le futur avant quelques jours, on va avoir des problèmes.
- On peut pas les enterrer sur une île pas loin ? demande Altman.
- Et altérer encore plus le futur ? s'étonne McKay.
- Après tout ce qu'on a fait, et ce que ce SG-1 a causé ?
- Marcher sur un insecte peut changer le futur, lieutenant.
- C'est major, précise l'intéressé. Vous savez pas lire les insignes ?
- Calmez-vous tous les deux, intervient à nouveau le capitaine. Combien de temps avant qu'il ne faille enterrer les sacs mortuaires ?
- Je n'irais pas au-delà de cinq jours.
- Très bien, réfléchit le capitaine. Je consulterais à nouveau les docteurs Carter et McKay, et vous mêmes, si, et lorsque, ce délais sera atteint. En attendant on les laisse là où ils sont. Merci pour vos rapports messieurs. Vous pouvez retournez à vos postes.

Vallée des Rois, Ha'tak de Râ, 00h20 heure locale

Thoth s'approche du perron qui permet de contempler la scène de mastaba, où s'entraînent jour et nuit les prétoriens et la garde palatine. Au milieu il distingue très clairement le Primat, Matayus, affublé à l'image de son maître d'une longue chevelure noire de jais et d'yeux perçants, quoique que bien plus grand et massif que celui-ci. Face à lui, dans une arène délimitée par la lumière orangée d'un champ de force, une douzaine des prisonniers rebelles capturés lors de la récente rébellion, kopeshs à la main. Le Jaffa propulse le premier à oser charger pour lui faire accomplir un tour et le renvoyer vers les autres assaillants, avant de bloquer in extremis la lame de l'un d'eux en interceptant le poignée de son porteur. D'un autre bras il étrangle l'un des gladiateurs improvisés et l'écrase violemment au sol, avant d'achever le premier avec sa propre épée qu'il fait jongler sur elle-même et propulse vers un autre rebelle. Les survivants laissent tomber leurs armes et tentent de fuir, mais les champs de force les repoussent. Le jaffa ramasse la kopesh, enfoncée dans le torse d'un des rebelles, et s'approche des autres qu'il massacre impitoyablement. Même Thoth est dérangé par ce spectacle.

- Jaffa, Kree ! Ordonne le Goa'uld, descendu jusqu'à l'arène dont les champs de force se désactivent, laissant choir, pour la plus grande surprise du vizir scientifique, un cadavre jusque-là retenu par la barrière. Matayus, je vois que vous êtes arrivés.
- J'ai été rappelé du front pour mater une nouvelle rébellion ?
- En effet. Il se pourrait que les mêmes fauteurs de trouble qui ont incité la rébellion de la cité d'Abydos il y a six mois soient de retour. Avec des renforts cette fois. La vie de l'Empereur est en danger immédiat, et il ne s'agit pas de Ree'tus. Pourtant il se pourrait qu'ils aient accès à des camouflages optiques, donc votre expérience de combat sur le front pourra nous être utile.

Le Jaffa ouvre un grand sourire en nettoyant sa kopesh ensanglantée.

- Je commençais déjà à m'ennuyer avec ceux-là.
- L'Empereur veut que tu prépares une embuscade à l'endroit-même où se trouvait le Chappa'ai'tak, que je viens de déplacer. Ce site sera le premier qu'ils visiteront pour remonter la piste jusqu'à leurs alliés. J'ai laissé en place les installations d'isolation que j'avais fait installé au-dessus du vaisseau pour l'étudier en toute sécurité, tu es donc libre de placer des troupes à l'intérieur, mais je te conseillerais plutôt une approche d'encerclement furtive.
- Je procéderais comme bon me semble, se défend le Jaffa. Si l'Empereur les veut, il les aura.
- Et ne les laisse pas s'enfuir cette fois, tu n'as ramené qu'un seul prisonnier d'importance la dernière fois, le menu fretin que tu exécutes dans les arènes par plaisir n'a aucun renseignement de valeur.


Salle des machines auxiliaires, USS Alabama, 00h25 heure locale

- Pour percer l'armure des Jaffas ? Le lance-grenade du caporal Harrisson a fait son effet, bien que l'utiliser dans un environnement pressurisé était totalement irresponsable, conclue Altman. Ou leurs propres lances, si vos hommes savent s'en servir. Sumner en a flingué un avec. Elles manquent de précision mais elles balancent autant d'énergie qu'un RPG. D'après le docteur Carter il s'agirait d'une sorte de "canon-rail à plasma", un truc tout droit sorti de Halo.
- Peu importe, on a plus puissant que les MP5 ?
- L'armurerie sert pour des opérations d'assassinat ou d'exfiltration, mon colonel, pas pour assiéger une ville. Je sais que vous êtes familier avec les opérations sous couverture, mais après l'échec de celle sur Chulak, on pu avoir accès à du matos un peu plus lourd. On a un Denel NTW-20. Avec une douzaine de balles. Zeus a par ailleurs autorisé l'usage de balles creuses en vue de l'abordage.
- De l'antichar et de l'anti-matériel pour niquer de l'infanterie ? s'étonne le caporal Price, des Navy SEALs.
- Oui, les Jaffas sont des tanks mobiles, affirme Kawalsky, assis contre le mur. En revanche sur Chulak y'avait aussi une milice sans armure. Par centaines. Ils avaient pas de croix sur le bide donc je présume que c'étaient bien des humains normaux. Sans doute des pauvres bougres utilisés comme chair à canon par les Jaffas. Bien plus faciles à neutraliser. Mais ça craint surtout si tombe à nouveau sur une patrouille comme celle qui nous a grillé sur Chulak : ce sera des jaffas et surtout les véhicules antigravs qu'ils utilisent et l'appui aérien dont ils bénéficieront. Et on a pas de Stinger ni de drones pour les abattre cette fois.
- Mais on a l'Exonef. On se débrouillera, affirme O'Neill avant de se tourner vers le reste de l'escouade assemblée dans la salle des machines auxiliaires. Pour le menu fretin vous gardez le 5.56 et le 9 mm. Pour les Jaffas vous avez le lance-grenade et le 20 mm. On a un bon tireur d'élite ici ?
- Ford est notre meilleur sniper, affirme Altman.
- Harrisson a bien visé aussi ! ajoute Price.
- Oui mais il est instable, hors de question dit Altman.
- S'il sait se servir d'un lance-grenade comme ça on le prend, dit O'Neill. Si on se fait griller par les Jaffas et qu'il faut se frayer un chemin il vaut mieux l'avoir avec nous. Par contre surveillez-le bien pour éviter qu'il fasse tout capoter. Il est où d'ailleurs ?
- Je l'ai assigné à l'assistance médical, admet Altman.
- Très bien vous le brieferez de ma part et l'assignerez à l'équipe. Les règles d'engagement sont claires : vous ne tirez qu'en dernier recours pour ne pas griller votre couverture, et que si vous êtes sûr de votre coup et si vous ne donnez pas l'alerte ou la position de l'équipe. On fait ça en douceur. Le matos lourd c'est uniquement en cas de problème majeur, ou si j'en donne l'ordre explicite. Sinon on fait profil bas. Etant donné qu'on a plus le camouflage ni le bouclier on va devoir la jouer serrée. Il fera nuit dans la Vallée des Rois dans 5 heures. Si vous voulez dormir un peu avant c'est maintenant. Je ferais atterrir l'Exonef à 150 mètres du point de rendez-vous, pour déployer les équipes Platine et Iridum. Je resterais ensuite en appui aérien rapproché mais je n'ai plus de drones, on devra donc garder à bord plusieurs tireurs, c'est-à-dire la troisième équipe, Cobalt, et ouvrir la soute. Par chance, l'Exonef est un ADAV silencieux et sans turbulence, avec une stabilité de vol qui filerait une demi-molle à tous les pilotes d'hélicos que je connais. C'est donc une plate-forme de tir idéale. Y'en a qui ont déjà effectué des opérations secrètes au Moyen-Orient ici ?

Toutes les mains se lèvent.

- Très bien, alors vous connaissez la chanson mieux que moi. Départ donc à... 5h30 du matin heure du Cigare et donc 3h30 du matin heure d'Egypte.

On entend toutes les montres se synchroniser dans la salle durant la pause que marque le colonel.

- L'Alabama se dirige actuellement vers le Golfe d'Aden pour nous donner une longueur d'avance et faciliter notre mission à l'aller comme au retour. Des questions ?

- Quel sera le callsign de l'Exonef durant la mission ? demande Price, bras croisés.

O'Neill hésite.

- A la base c'était Blacklight-1 mais du coup la mission a changé. Des suggestions ?
- La Cigarette de Poséidon ! lance une voix.
- Dagger-1 ! propose un autre.
- Blue Leader c'est mieux !
- Tie fighter ?
- Millenium Falcon !
- J'aime bien, admet O'Neill. Mais trop long.
- Black Phoenix ?
- Vendu pour Phoenix. Rompez.

Puis il se tourne vers Kawalsky.

- T'es sûr que ça va aller Charlie ? T'as été bien secoué tout à l'heure.
- T'inquiète pas colonel, ça s'est remis, affirme Kawalsky. Rien de cassé, a dit le médic.
- J'aurais préféré confier l'escouade à quelqu'un d'autre.
- Tout le monde est plus ou moins blessé, et j'ai le plus d'expérience au sol pour s'occuper des Jaffas.
- T'as le plus d'expérience pour te faire capturer aussi, sourit Jack.
- C'est qui qui s'est enfuit de sa cellule en premier et qui a sorti l'autre de la sienne quand on était au Chulakistan ? sourit le major.
- Je sais je sais, t'as pu t'en sortir parce que Ferretti a réussi à ouvrir les portes entre deux patrouilles, puis vous avez retrouvé votre matos dans la pièce d'à côté. Un coup de chance.
- C'est les coups de chance qui font les succès de nos opérations, colonel, pas les plans bien précis qu'on fait avant. Depuis cette mission au Panama on devrait le savoir non ? Vous allez où colonel ?
- Me soulager d'un doute, lui répond Jack en quittant la salle.

- Burns, Merryweather, je dois m'entretenir avec le prisonnier.
- C'est vous qui voyez mais apparemment il médite, sourit l'intéressé.
- Mais ça tête résiste très bien aux baffes, sourit Burns.
- Faites une pause, je prends le relais pour lui donner des gifles, sourit Jack aux sentinelles. Vous méditez vraiment ? demande O'Neill au jaffa accroupi devant lui.

En guise de réponse, un mur de silence.

- Bon, je venais aux nouvelles. Vous serez ravi d'apprendre que votre plan de conquête mondiale a échoué et qu'Apophis est mort.
- Economisez votre salive, lo'taur, car je n'avalerais aucun de vos mensonges.
- Je vois. Comment va Rya'c ? demande Jack en s'adossant à la cloison à côté de lui.
- Vous espérez m'énerver et obtenir de moi une réaction violente pour justifier mon exécution, je me trompe ?
- Vous avez trop d'idées derrière la tête, Teal'c. J'essaie juste de vous sauver.
- Non, vous essayez de vous sauver vous-même, Oneel. Vu votre importance, vous resterez peut-être en vie un peu plus longtemps que les autres. Mais je me contenterais d'exécuter tous les autres en contrepartie.
- C'est beau de rêver. Dans quelques heures j'apporterais la preuve de ce que j'avance.
- D'autres mensonges plus élaborés je suppose.
- Apparemment, vous et moi, on est les meilleurs amis du monde dans une réalité parallèle. C'est fou comme un petit changement dans le continuum espace-temps et tout fout le camp.

Le Jaffa reste de marbre, les yeux fermés.

- La queue de cheval c'est pourquoi ?
- Il m'étonne que vous vous soyez à ce point renseigné sur moi mais si peu sur mon peuple, surtout avant une mission d'assassinat aussi ratée que la votre.
- On n'essayait pas d'assassiner Apophis, on essayait de vous exfiltrer, vous.
- Plus un officier Jaffa gagne de bataille, plus il peut se permettre de laisser pousser tout ou partie de sa chevelure ou de sa barbe en signe d'autorité. Les officiers vaincus ont en général le déshonneur de devoir se raser le crâne. Avant leur exécution par retrait du symbiote bien sûr.
- Alors vous pouvez faire chauffer la tondeuse, car vous êtes vaincu.
- Je ne fais que me reposer, corrige Teal'c. J'ai pu juger de la médiocrité de vos forces spéciales, je préfère donc vous laissez vous remettre un peu en forme avant la deuxième partie.
- Y'aura pas de revanche, Teal'c, souffle le colonel. Apophis a posé sa quinte flush, mais l'Oncle Sam a sorti une quinte royale de sa manche. Vous avez perdu et maintenant on récupère toute la mise.

Le Jaffa lui rend un haussement de sourcil perplexe.

- Dans ce genre de conflit, je présume que c'est celui qui triche le mieux qui s'en sort. Désolé si ça entre en contradiction avec votre code d'honneur. Désolé pour vos hommes au passage.

Le Jaffa ferme à nouveau les yeux et se remet en position de méditation.

- Bon, je vois que vous préférez jouer au "roi du silence", donc je vous laisse jouer tout seul, annonce Jack en se levant. Les gardes aussi ont envie de jouer un peu. Vous me direz quand vous serez lassés.

Exonef, arrimée à sa calle sèche

Depuis la calle sèche qui surplombait la salle des machines auxiliaires, elle avait entendu le briefing du colonel O'Neill avant de se remettre à travailler sur la matrice temporelle, travail passionnant dont elle avait été empêché pendant les dernières semaines, passées à travailler sur l'interface mécanique et numérique entre l'Exonef et l'Alabama. A présent il fallait s'assurer que la matrice n'était plus connectée et qu'on ne risquait plus de changer le continuum sur un coup de tête. Mais elle a beau inspecter en boucle chacun des cristaux de stockage de données, interpréter chaque flux d'informations, elle ne peut se sortir de la tête que l'autre aurait fait mieux, ou qu'elle aurait déjà trouvé une solution miracle. Et le moment qu'elle redoutait réellement allait arriver. Quand le Président avait refusé la mission de voyage temporel au profit d'une défense de la Terre, dont il espérait tirer les marrons du feu "avec l'aide de Dieu", ses espoirs de connaître cette autre s'étaient envolé. Mais à présent sa Terre a elle était carbonisée, un cratère de mille kilomètres à la place du Mid-West. Dans quelques heures elle allait rencontrer sa double, sa jumelle. Celle qu'elle aurait pu être si les circonstances avaient été différentes. Elle avait même hésité à couper sa longue chevelure pour imiter sa sœur, mais avait bien senti que Jack et Daniel lui en tiendraient rigueur et qu'ils ne la prendraient plus au sérieux si elle se lançait dans ce qu'on aurait pu qualifier d'auto-cosplay. Du reste elle ne portait ni arme, et pas même de gilet pare-balle ou d'uniforme de terrain, juste cette espèce de tenue de camouflage bleu marine étrange qu'on avait donné aux techniciens. Était-on censé se camoufler dans des forêts sous-marines avec ça ? se dit-elle en inspectant la chemise de l'uniforme. Je parie qu'elle est plus athlétique que moi. Et dire que j'avais fait des efforts pour Intrépide. Ai-je vraiment besoin de lui ressembler en tout point pour faire le même genre de folies qui feraient friser le peu de cheveux restant de mes anciens professeurs de physique ? D'ailleurs, le lieutenant colonel Carter de la vidéo a-t-elle réellement accompli les miracles dont elle était créditée ? Après tout c'est ce Jack qui a prétendu en souriant qu'elle avait fait exploser une étoile ou deux. Pourquoi aurait-il exagéré ça ? Toutes ces questions se bousculaient à mesure qu'elle se focalisait sur Jack. Je n'y connais pas grand chose à l'armée mais je sais que les relations dans une même hiérarchie sont interdites. Impossible. En revanche Jackson est aussi un civil dans cette réalité. Mon Dieu est-ce que j'ai fini avec lui ? Ce serait... bizarre.

Elle entend soudain quelqu'un monter à l'échelle, et reconnaît à la lenteur de l'individu qui n'escalade jamais la barre suivante sans avoir deux pieds sur la précédente qu'il s'agit d'un blessé. Elle aperçoit enfin le colonel qui rejoint dans un grognement la claustrophobie du cylindre blindé qui sert de calle sèche. Elle remarque que son bras démis est désormais supporté par un bandeau plus élaboré.

- Vous dormez toujours pas, Carter ?
- Euh, j'ai du travail colonel. Et je me sentais pas de le laisser attendre après avoir passé des semaines occupée sur plus urgent.
- Je comprends. Vous y comprenez quelque chose à ce machin ? demande-t-il en fronçant les sourcils.
- Je crois, répond Carter. Je pense que c'est un cyclotron. C'est un accélérateur de particule, et je suis stupéfaite par sa taille compacte, corrige-t-elle face au plissement des yeux de son interlocuteur. On en fabrique... fabriquait un sur Terre, en France. Il ne devait pas être opérationnel avant quelques années.
- Et ça fait quoi ?
- Je pense que sa fait entrer en collisions des particules de Naquadah à des vitesses proches de la lumière qui percent le continuum espace-temps pour former un trou noir. Ensuite la matrice en extrait un flux ordonné de graviton pour bouger l'Exonef dans l'espace. La seule question que je me pose c'est comment l'ordinateur de la matrice temporelle arrive à calculer le point d'arrivée. Il faudrait un immeuble de la taille de l'Empire State Building en unités centrales pour calculer ça... et ça prendrait un bon million d'années. On a affaire à une technologie qui dépasse la notre de dizaines de milliers d'années, colonel.

Le colonel fait semblant de comprendre et de s'intéresser à la conversation pour combler le vide :

- Et c'est quoi un graviton ?
- C'est une particule subatomique. Théorique. Enfin maintenant elle l'est plus. C'est la particule qui véhicule la gravité.
- Ah.
- Chaque force fondamentale a sa propre particule, comme pour l'électromagnétisme par exemple.
- Et c'est quoi dans ce cas, le magnéton ?

Elle étouffe un rire.

- Non, le photon.

Le colonel fronce des sourcils.

- Donc le champ magnétique terrestre c'est des photons ? Pourtant il est invisible non ?
- Colonel, la majorité du spectre électromagnétique est invisible. On ne peut en voir qu'une faible portion, et la lumière visible n'est que cette portion. Mais c'est en réalité un kaléidoscope immense.
- Je vois.

Un nouveau blanc.

- Bon je vous laisse, je dois me changer pour la mission, dit-il en se dirigeant vers le cockpit.
- Vous voulez de l'aide ? lâche-t-elle sans savoir trop pourquoi. Si vous avez du mal avec votre bras, se rattrape-t-elle en contenant difficilement son rougissement. Il faudrait pas que vous vous fassiez encore plus mal au bras, vu que vous êtes le seul à pouvoir utiliser la nef, sourit-elle maladroitement.

17 mars 2995 av JC, 5h30 heure locale, USS Alabama

Les six énormes pattes mécaniques laissent s'échapper leur prisonnière et l'Exonef prend son envol avant d'émerger de l'eau et de poursuivre son approche des côtes africaines à une vitesse subsonique, en rase-motte au-dessus de la mer. Un sous-marin capable de lancer un aéronef, vieux rêve de stratège et un tout aussi vieux cauchemar d'ingénieur remontant aux tentatives françaises et japonaises de la dernière grande guerre, l'Alabama était à bien des égards un vaisseau en avance sur son époque. En comparaison de ce que l'aéronef qu'il peut arrimer à sa cale sèche rétractile est capable d'offrir d'un point de vue tactique, comme technologique, à savoir camouflage, bouclier, munitions téléguidées passe-muraille, capacité d'insertion extra-atmosphérique, voire interplanétaire, et même voyage temporel, les autres technologies du sous-marin, y compris son réacteur nucléaire dernier cri avec son encombrant système de refroidissement, font figures d'outils préhistoriques. Car c'est bien une technologie, et la physique qui la sous-tend, en avance de plusieurs millénaires qui coexiste avec celle d'un sous-marin déjà âgé d'un quart de siècle. Du point de vue des concepteurs disparus de l'Exonef, c'était une grenade à fragmentation propulsée par une fronde, Genghis Khan sur une moto, une baliste fixée sous le fuselage d'un avion de chasse, un anachronisme curieux pour les uns, hérétique pour d'autres, permis par une ingéniosité que se partageaient une poignée d'esprits situé au sommet du génie humain et qui voguaient à présent dans leur chimère aquatique.

- Ici O'Neill. ETA 40 minutes.
- Autant que ça ? se plaint Harrisson.
- C'est presque 2,000 bornes à parcourir, rappelle Altman.
- J'croyais qu'on avait un vaisseau magique, ajoute Price.
- Si on va trop vite on se fera détecter, précise Carter, se tenant debout face au contrôleur temporel. Le Naquadah absorbe l'énergie et la chaleur mieux qu'aucun matériaux donc il nous offre une protection radar. Mais sans le camouflage actif on perd en furtivité.
- Donc on vole près du niveau de la mer pour passer sous les radars, ajoute Kawalsky, toujours debout dans la soute remplie à son maximum.
- Ouais, j'le savais, se défend Harrisson en se redressant sur son siège.
- T'inquiète pas, le rassure Price d'une tape sur l'épaule, on aura l'occasion de venger nos morts.

Carter débranche l'ordinateur du contrôleur temporel et rejoint la cabine. Jackson dort sur l'un des sièges. Elle prend place sur le siège passager avant.

- C'est beau hein, s'émerveille-t-elle de la nuit océanique.
- Oui. L'ivresse de la vitesse et de l'altitude, on doit avoir ça en commun.
- On est encore dans l'océan ?
- Non, on vient de passer le Golfe d'Aden. Au rapport ?
- Le contrôleur temporel est totalement déconnecté du reste de l'appareil, donc vous n'avez pas à "retenir vos pensées" ou je ne sais quoi.

Soudain Carter et O'Neill sont dérangés par un bruit venant de la soute et, reconnaissant le thème de la Chevauchée des Walkyries, tournent leur regard vers la soute. L'un des membres de l'équipe Platine commence à fredonner de plus en plus fort. Peu-à-peu la soute commence à l'imiter.

- Je leur demande d'arrêter car ça risque d'alerter les Goa'ulds ? demande Jack à Carter.
- Non, aucun risque. La coque absorbe mieux le son que celle du sous-marin.

Peu-à-peu, Jack et Samantha se joignent à la chorale, réveillant Jackson.

- Alors c'est ça votre registre ? demande le colonel en référence à leur discussion nocturne de l'avant-veille.
- Si on veut, sourit l'intéressée.

Gizeh, Egypte, au même moment

Couché sur le remblais de sable surplombant le site du Jumper, devenu, à présent, un laboratoire mobile monté en plein désert par les Goa'ulds pour étudier le derelict, l'observateur, vêtu de robes du désert à la couleur de la nuit, saisi son talkie-walkie, dérangé lui aussi par cette musique anachronique. Il active sa radio sur un autre canal :

- Han Solo à Luke : t'entend ça ?
- Ici Luke, de quoi ? lui répond son supérieur depuis sa position dans un village voisin de la cité de Gizeh.
- Sur la radio. Met le canal 5.
- Le canal 5 ? s'étonne "Luke". Mais personne ne... C'est la musique d'Apocalypse Now !
- C'est la Chevauchée des Walkyries, Luke. Ils sont enfin arrivés, ils sont là.
- Tu peux les contacter ?
- J'essaie. Je comprend pas. Ils répondent pas.

Dans le Jumper, le soldat qui a activé par erreur son talkie-walkie sur le mauvais canal n'entend pas les appels répétés de "Han Solo", absorbé par le chœur qui se joue dans le vaisseau insonorisé.

- Appelle Chewy immédiatement, ordonne son supérieur en se levant de sa chaise. Ils ne sont pas au courant que les Goa'ulds ont déplacé le Jumper. Va vite te chercher un flingue.

Solo laisse choir ses jumelles sur leur bandoulière, se lève en quatrième vitesse de sa position et démarre une course effrénée jusqu'au village qui lui sert de base arrière.

Enfin arrivés à destination, O'Neill calme le jeu :
- On y est les gars, je survole la zone.

L'Exonef effectue un balayage radar à haute altitude autour du site :

- Je détecte une sorte de structure, dit-il enfin en affichant une représentation holographique sur l'écran. Mais je ne vois pas l'Exonef de SG-1 sur le radar. Je passe sur le rayon X... Le plafond doit être composé d'un élément lourd comme du plomb, je distingue rien à l'intérieur.
- Les Goa'ulds ont du tenté de l'étudier, répond Carter. C'est une sorte de "sarcophage" qui sert à isoler un lieu, en général contre les germes dans les laboratoires, et accessoirement des caméras et des radars ennemis. C'est comme ça qu'on planquait des morceaux entiers de navettes spatiales pendant la Guerre froide pour éviter l'espionnage soviétique.
- Et ça a marché ? demande Jackson.
- Pas vraiment, les Russes ont construit un copycat bon marché appelé Buran qui n'a jamais volé, sourit-elle.
- Combien d'hostiles ? demande enfin Kawalsky, debout à l'entrée du cockpit.
- Six. Répartis entre la structure et l'enceinte extérieure. Je n'ai pas pu confirmer la présence du vaisseau à l'intérieur, mais si celui qu'on a actuellement nous est parvenus et qu'ils ont mis des gardes c'est qu'il est encore là, estime le colonel.
- Très bien, répond Kawalsky avant de se tourner vers les soldats entassés dans la soute : la mission est simple : vous vous déployez, vous éliminez les cibles et vous sécurisez l'Exonef. Le colonel fera ensuite atterrir celui-là dans le camp, une fois nettoyé, on montera tous à bord du second et on détruira le premier avec du C4 depuis l'intérieur, pour éviter que les Goa'ulds s'emparent quand même de celui-là.

L'Exonef quitte sa trajectoire de survol circulaire et se stabilise au-dessus d'une dune derrière le remblais de sable du camp.
- Ici O'Neill. Nous y sommes. Escouades Iridum et Platine à vous de jouer.

La rampe déployée, les deux équipes émergent silencieusement de la nef en file indienne.


USS Alabama, salle des silos, au même moment

- Tu penses qu'on va rentrer dans combien de temps ? demande Merryweather à son collège de garde.
- Aucune idée, mais j'ai hâte, ça va faire bizarre de revenir à notre époque avant la catastrophe.
- C'est vrai ça, si on remonte à avant l'impact. Attend, ça veut dire que si on remonte, mettons, quelques heures ou quelques semaines avant Thunderbolt, y'aura déjà les nous du futur non ?
- C'est pas faux ça... Donc on sera en double ? Et ma famille ? Oh merde on fait quoi ?

Merryweather n'a pas le temps de lui donner ses propres conjectures que son collège est agrippé par le prisonnier, visiblement défait de l'une de ses menottes attachée à la cloison, et qui le maintient comme bouclier humain avant de le projeter vers lui. Dans la tourmente il agrippe le troisième garde et le cogne contre la paroi d'un des silos dont il ouvre l'écoutille pour s'y engouffrer.

- Ici Palladium, on a une urgence en salle des silos, hurle Merryweather dans sa radio.

Au CIC, le X.O. tend son talkie-walkie au capitaine.
- Il se passe quoi encore ? demande le capitaine.
- Le prisonnier monsieur, il a défait ses liens et s'est barricadé dans l'un des silos à missile.
- Laissez-le faire, Palladium, ordonne le capitaine. C'est quel silo ?
- Le 7B, monsieur, répond Merryweather par la radio.
- Washington ?
- Ce silo est vide, il a servi à lancer un missile balistique tout à l'heure.
- Très bien, ouvrez la trappe de lancement.
- A vos ordres.

Dans le silo, Teal'c est rapidement submergé. Il s'accroche pour supporter le changement de pression. Il ferme les yeux et se concentre. Dans la salle des silos, les soldats et marins s'en donnent à cœur joie et applaudissent, tapant frénétiquement sur la paroi du silo 7B en guise d'adieu à leur invité.

- Il peut survivre ? s'enquiert Strickland.
- A 160 mètres de profondeur ? sourit Washington. Si la température le congèle pas, la pression va le tuer.

Dans le silo, Teal'c est soumis aux effets de la pression, de l'obscurité et de la température inhérentes à ces profondeurs. Il se baisse sur ses appuis et se propulse pour quitter le silo et tenter de rejoindre la surface.

- Je l'ai sur le sonar, annonce l'officier de détection.

Le capitaine et son X.O. se penche sur le sonar à leur tour.

- Vous pensez qu'il est encore en vie ?
- Ses poumons ont déjà du éclater sous la pression.
- A moins qu'il ne les aie vidé avant, rappelle le capitaine.
- A ce moment-là je doute qu'il n'ai assez d'oxygène. Impossible de survivre. Juste une agonie.
- Tant mieux, ça soulagera l'équipage.

Mais Teal'c lutte. Il a déjà abordé des vaisseaux ennemis et effectué des opérations militaires extra-véhiculaires. Il sait qu'il devait vider ses poumons avant tout changement brusque de pression et se mettre en kel'no'reem pour stocker de l'oxygène dans le sang et ralentir son rythme cardiaque. Il dérive lentement vers la surface de l'eau, pareille à un cadavre emporté par la marée. Dans la salle des silos, l'équipage se réjouit de savoir leur meurtrier agonisant quelque part dans une eau glacée et sans lumière.


Plateau de Gizeh, blacksite goa'uld de Thoth, semblable à un chapiteau d'architecture goa'uld déployé au-dessus du site de l'Exonef.

Kawalsky, qui mène l'escouade Platine, pénètre le premier dans la structure centrale. Sans un bruit, lui et ses hommes cagoulés, le fusil à la main, se succèdent. La dernière porte. L'Exonef originale doit être derrière. Il fait signe à ses hommes de trainer le corps du jaffa qu'ils ont poignardé par surprise quelques instants auparavant pour en extraire le bracelet électronique et déverrouiller la porte. Mais Kawalsky n'a pas le temps de souffler qu'il reconnaît immédiatement l'objet sphérique qui trône au centre de la salle, et qu'il a déjà vu Chulak.

- A TERRE !

La grenade de choc inonde la pièce d'une surcharge énergétique aveuglante et paralysante que les soldats, à peine prévenus, peinent à éviter.

- C'est une embuscade ! hurle le major en se relevant, la main sur le coccyx.

Dehors, il entend les tirs d'arme à énergie jaffa et les tirs de riposte de l'escouade Iridium, restée autour de l'enceinte pour sécuriser le site.

- Ils sortent d'où putain ? hurle le caporal Price de l'escouade Iridium.
- Y'en a partout ! lui répond un autre membre de l'équipe par la radio. Ramirez est mort !

Plus loin au sud du camp fortifié, Eddy Price distingue face à lui l'inquiétante silhouette d'un jaffa portant le même genre de casque zoocéphale que ceux qu'il a rencontré sur l'Alabama, cette fois à l'effigie d'un faucon. Mais contrairement aux hommes-serpents de l'Alabama, celui-ci semble acclimaté au désert et ne possède pas d'armure. En guise de protection, une sorte de cape ou de manteau à la couleur imitant celle du sable et qui semble composée d'hexagones enchâssés les uns dans les autres miroitant à des degrés divers. Son adversaire jette par terre l'étrange étoffe, que Price assimile à une quelconque protection furtive ou balistique fait d'une matière inconnue, en signe de défi. Il lève son fusil et met le jaffa en joue qui se jette à son tour au sol derrière l'un des murs de l'enceinte, évitant la première rafale au coup-par-coup. Price se met à couvert à son tour de l'autre côté du mur et jauge son adversaire en tendant l'oreille.

- Il se passe quoi en bas ? demande O'Neill.
- Y'a du mouvement. Des Jaffas embusqués, lui répond le lieutenant Swofford, jumelles infrarouge dans les mains.

A plat ventre à sa gauche dans la soute ouverte de l'Exonef, qui lévite au-dessus du sable en dehors de l'enceinte, le major Ford tend son sniper vers le camp.

- Je comprend pas colonel, reprend Swofford, les jumelles arrivaient pas à les voir avant qu'ils arrivent. Ils doivent avoir une sorte de camouflage ou quelque chose comme ça.
- A toutes les escouades, vous avez autorisation de tirer à l'antimatériel, annonce O'Neill sur le même canal radio.

- Harrisson ? Autorisation de tirer, annonce le major Altman à son coéquipier. Mais vise bien, on a des alliés dans la zone. On y va en binôme, je te couvre le temps que tu acquiers la cible. T'es prêt ?

Adossé à Altman derrière un mur, Harrisson ouvre un grand sourire et dégaine le lance-grenade fixé à son M4 pour viser l'un des jaffas, appuyé par son coéquipier qui occupe l'assaillant par une série de courtes rafales.

- Prend ça, Toutankhamon !

La grenade ricoche sur le mur et implose une seconde après, projetant le jaffa.

Mais depuis l'Exonef, acquérir une cible se révèle plus difficile :
- J'arrive pas à avoir une visée claire, se plaint Ford, maniant le gigantesque fusil de sniper lourd.
- Moi non plus, ajoute l'un des marines, équipé cette fois d'un calibre plus humble.

Au sol, Price entend une autre rafale sourde de fusil-mitrailleur disposant comme lui d'un silencieux, suivie d'un hurlement étouffé. Chargeant de l'autre côté du mur pour venir en aide à son coéquipier, il ne trouve que celui-ci, empalé sur une sorte d'épée recourbée par le jaffa à tête de faucon et soulevé en l'air tel un épouvantail. Pointant à nouveau son arme, il tente d'abattre la créature qui utilise son camarade comme un bouclier humain en le soulevant à une main, tandis que de l'autre il abat son immense kopesh vers lui, lui retirant son arme principale. Continuant sa marche arrière, Price se rabat immédiatement sur son Beretta pour viser son ennemi, hésitant à tirer sur son propre coéquipier. Le Jaffa le projette soudain sur lui. Price tente de se relever pour attraper son pistolet tandis que son ennemi se rapproche, l'épée à la main.

- Iridium et Platine sont en mauvaise posture, ajoute Swofford. Attendez, y'a un là-bas qui va se faire descendre.
- Je l'ai, répond Ford en fermant un oeil.

Soudain, un énorme détonation, semblable aux armes lance-plasma des jaffas, projette le Garde Faucon en arrière.

- Cible abattue, annonce Ford sans le moindre signe d'excitation. Mais c'est pas moi ?! Swofford ?
- Attendez, j'en vois d'autres qui arrivent au sud.
- D'autres Jaffas ?
- Non. Ils n'ont pas les camouflages. Mais l'un d'eux à une arme à énergie jaffa. Je déconseille de tirer sur cet individu non identifié. Je crois qu'il vient de sauver l'un de nos hommes.

Price soulève le corps de son camarade et vérifie son pouls.

- Il est mort, lui annonce l'une des figures encapuchonnées qui vient de le sauver en l'aidant à se relever.

Parmi ses sauveurs, Price compte une demi-douzaine d'individus vêtus de noir et équipés de lances jaffas, et même d'un P90. Un autre Jaffa est abattu.

- Donne-moi ta radio, lui ordonne la figure encapuchonnée qui vient de le secourir.

Price obéit sans poser de question. L'homme passe sur le canal général, 4.

- A toutes les unités au sol, les Jaffas cernent votre position. Votre soutien aérien risque d'être abattu. Je recommande une retraite tactique vers un point situé à deux kilomètres au sud.
- Identifiez-vous, demande O'Neill depuis le cockpit de l'Exonef.
- Ici le général Jack O'Neill de l'Air Force. Obéissez à mes ordres si vous voulez vivre.

Dans le cockpit, le trio se dévisage.

- Bien reçu, général, répond le colonel une seconde après.
- Escouades au sol, rejoignez mes hommes au sud-est de votre position. Nous battons en retraite en direction du village. Soutien aérien rapproché, maintenez votre altitude et couvrez-nous.

Les survivants des escouades Iridum et Platine rejoignent peu-à-peu leurs sauveurs encapuchonnés, munis de lances, et battent en retraite en suivant leur chemin d'arrivée. Depuis le point de vue de la soute de l'Exonef, les marines de l'escouade Cobalt profitent de l'absence d'unités alliées sur le campement semi-fortifié pour donner un tir de soutien au coup-par-coup sur les derniers Jaffas embusqués. L'Exonef manque de peu plusieurs salves de plasma tirées en représailles. Au sol, la petite troupe, bientôt libérée du tir de couverture, abritée par la nuit, peut désormais accélérer le pas, quittant l'instabilité du sable pour la dureté d'un sol rocailleux plus solide et facile à parcourir. En moins d'une dizaine de minutes, les soldats exténués ont parcouru au moins deux kilomètres. Enfin, une lueur derrière un remblais de sable annonce la proximité d'un village.


Au même moment, sur une plage de la Corne d'Afrique

Le cadavre apparent du jaffa échoue sur la plage, illuminé dans la nuit par le clair de Lune. Contre toute attente, le Jaffa est vivant. Teal'c se relève péniblement et tente de contacter son Al'kesh depuis le communicateur intégré à son bracelet, sans réponse. Il retombe dans l'eau. Soudain, son regard perdu sur le plafond céleste remarque quelque chose d'étrange. Durant les trois semaines de voyage jusqu'à la Tau'ri, il a étudié en profondeur des cartes cosmographiques sous forme d'hologrammes pour identifier la bonne étoile dans le bon système et retrouver le "Premier Monde", perdu dans les légendes. Aussitôt arrivés dans le Système Solaire, les ordinateurs du vaisseau confirmaient la précision des calculs et la concordance des cartes stellaires. Il connaît les constellations visibles depuis la Terre par coeur après tant de temps passés à les étudier pour trianguler correctement l'étoile et corriger des millénaires de dérive stellaire. Pourtant, celles qu'il a sous les yeux sont légèrement différentes, assez pour le faire douter. Sur quel rivage a-t-il échoué ?


Village de pêcheurs bordant le Nil, Vallée des Rois

L'Exonef atterrit silencieusement au milieu du village. Sans qu'un seul mot soit prononcé, une quinzaine de figure encapuchonnées similaires à leurs sauveurs émerge des tentes et se rassemble autour en tendant un immense textile déployé à bout de bras avant d'être fixé au sol. En moins d'une minute, une grande tente communale est montée comme si elle avait toujours été là. Suivant les instructions radio de son bienfaiteur, O'Neill ouvre la rampe et sort de l'Exonef, accompagné de Carter, Jackson et des cinq soldats de l'équipe Cobalt pour s'engouffrer sous une autre tente.

La première troupe, dirigée par Altman et Kawalsky et guidée par les six individus armés et vêtus de noir, y pénètre. Dedans, deux de ces miliciens, à défaut d'un meilleur qualificatif, soulèvent des tapis pour dévoiler une trappe qu'ils ouvrent immédiatement. L'un des membres du commando de secours est le premier à s'engouffrer, suivit des survivants de l'Alabama. L'opération se fait vite et dans le silence, rien d'étranger à l'entraînement ou à l'expérience de ces unités spéciales. Le colonel O'Neill est l'avant-dernier à descendre, avec l'assistance de Jackson à cause de son bras qui l'appuie jusqu'au pied de l'échelle. Derrière lui, l'un des figures encapuchonnées ferme la marche en faisant un signe aux villageois depuis le rebord de la trappe. Au-dessus de leur tête, la trappe est aussitôt refermée, et on entend le bruit sourd des tapis remis à leur place. Dans la cave sombre, des torches sont allumées par leurs hôtes. Le chef des individus, arrivé le dernier, fait tomber son capuchon et Jack fait désormais face à son double, affublé d'une cicatrice de brûlure sur le visage.

"- Bordel, vous en avez mis du temps !"
J'arrête ici le dérapage
avant que Zap et Chupeto
ne se retrouvent dans les parages
et ne me collent des avertos. biggrin.gif

[I]24/09/2015[/I]
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