Interview avec Atlante Props

Interview avec Atlante Props
Par Sturm762
Le mercredi 19 mai 2021 à 18:14
Interview Stargate
Temps de lecture : 15 minutes
Sommaire

2 - Interview

Stargate-Fusion : Comment as-tu découvert la franchise Stargate ? Quel est ton épisode préféré ? Quelle est ta série préférée entre SG-1, SGA, SGU ?

Julien : Et bien j'ai découvert Stargate en détestant Stargate ! Quand j'étais gamin mon beau-père squattait la télévision en fin d'après-midi et le samedi soir pendant la trilogie du samedi parce qu'il regardait Stargate. Puis un jour je me suis forcé, puis un autre, et j'y ai pris goût. Maintenant c'est mon beau-père qui est Wow quand il voit les objets de la série chez moi.

Si je me souviens bien, je me suis mis à regarder la série quand la saison 6 ou 7 était diffusée en France, je devais avoir 13-14 ans.

Ce fut donc à mon tour de regarder les épisodes inédits pendant la trilogie du samedi, depuis la table du salon en train de monter/démonter des ordinateurs portables. Et quand je n'étais pas dispo le samedi soir, je programmais l'enregistrement des épisodes avec un bon vieux lecteur VHS. Lecteur de merde, qui ne m'a d'ailleurs pas enregistré 2 épisodes de la fin de la saison 1 d'Atlantis, et pour lesquels il m'a fallu 2 ans pour pouvoir les voir. Et oui à l'époque il fallait attendre les rediffusions ou bien avoir internet, ce qui n'était pas encore aussi courant qu'aujourd'hui... oui oui j'ai connu le 56k.

Hmm, j'aime les 3 séries, malgré leurs différences, elles me font toutes autant aimer l'univers SG.

Bon, très classique, mon épisode préféré est le double épisode Lost City du season finale de la saison 7. Je trouve que c'est l'épisode pivot de la franchise ; il permet de résoudre une bonne partie de l'arc scénaristique des anciens entamé dès la saison 1 avec The Torment of Tentalus (110), et d'en creuser plus encore avec le commencement de SGA.

Stargate-Fusion : Quand et comment as-tu découvert l'univers des props et accessoires Stargate ?

Julien : Cela remonte à 2008, commençant dans la vie active, je m'achetais les figurines Diamond Select, et de fil en aiguille de recherches sur internet, j'ai découvert les répliques, et très vite les ventes aux enchères de Propworx (2009).

Mais commençant dans la vie active, avec peu de moyens, je me cantonnais aux figurines et répliques. C'était un déchirement de voir tous ces props aux enchères, sans pouvoir en acheter, mais je pense m'être bien rattrapé avec les années.

Lors des achats de figurines je travaillais dans une autre région, alors je me les faisais envoyer à mon domicile principal. Et de retour, au bout de quelques mois, quelle satisfaction de découvrir la collection entière chez moi.

Quelques années plus tard, il s'est avéré que les figurines avaient pris de la valeur. Avec la vente de ces dernières combinée à quelques économies je me suis intéressé aux props originaux.

Stargate-Fusion : Quel est le premier prop / accessoire que tu as acquis et combien d'objets as-tu dans ta collection aujourd'hui ? Quel genre de props collectionnes-tu ?

Julien : Mon premier achat fut un lot de plusieurs props originaux lors de la convention Fedcon en mai 2014. La société Legends Memorabilia avait un stand avec des props. J'ai acquis 2 cristaux longs goa'ulds, un mimic device, un module anti-kull pour P-90 et une armure jaffa.

Ce fut d'ailleurs une super rencontre, car je me suis lié d'amitié avec les membres de Legends Memorabilia. Par la suite, je leur ai acheté d'autres props et j'ai même travaillé pour eux lors de la convention Gatecon en septembre 2016. On y tenait un stand de vente de props, et ils étaient également co-organisateurs de la convention, mais je n'ai pas géré cette partie. Je gérais la vente d'objets sur le stand, mais également en ligne pendant le week end. Ce fut une expérience géniale !

En toute honnêteté je ne compte pas le nombre de props que j'ai dans ma collection car je ne suis pas à la recherche d'un titre et je collectionne avant tout pour le plaisir. Mais je ne collectionne pas tout et n'importe quoi. Bien que l'univers SG soit riche de costumes, accessoires et décors, je collectionne principalement des objets iconiques. Il ne me parait pas pertinent d'avoir 50 costumes de figurants juste pour se dire que j'ai la plus « grosse » collection de tous. Je préfère économiser et mettre un peu plus d'argent dans des objets vraiment significatifs.

Mon thème favori c'est les Goa'ulds. J'adore l'Égypte, j'adore donc Stargate, j'adore donc les Goa'ulds.

Evidemment le prix de vente des objets est déterminant, bien que parfois des objets pas si iconiques (vus dans 1 seul épisode) se vendent à des prix étonnamment élevés. Il suffit que 2 personnes le veulent vraiment pour que les prix montent.

Stargate Fusion : Quel est ton accessoire préféré, celui que tu es particulièrement fier d'avoir dans ta collection et qui ferait rêver tous les fans de la franchise Stargate ?

Julien : Sans hésiter, le DHD ! Un parcours jalonné d'embuches, mais tellement fier d'être allé jusqu'au bout !

L'achat : alors qu'il était convenu avec d'autres collectionneurs de ne pas enchérir dessus, certains n'ont pas respecté leur parole, et ont enchéri jusqu'à l'enchère maximale qu'un ami et moi nous étions fixée... Le but ? Faire chier car jaloux ?... J'ai découvert la vérité quelques années plus tard... Mais entre-temps, ces mêmes personnes m'ont reproché de ne pas avoir voulu leur prêter ce DHD gratuitement pour qu'ils se fassent de l'argent en s'en servant comme animation... Oui, l'envers du décor n'est parfois pas très reluisant. Mais comme a pu me dire un autre entrepreneur qui m'a marqué : "célèbre ces jalousies, ça veut dire que tu fais bouger les choses". C'est à la suite des ces mésaventures que j'ai entrepris seul et créé des décors pour exposition.

Lors de l'acheminement de ce DHD, le conteneur fut infesté de cafards ! Heureusement, nos caisses de transport étaient clean, mais cela engendra du retard, et des frais supplémentaires. De plus la personne qui devait m'aider pour tout décharger est tombée malade la veille du départ pour le port du Havre. À la dernière minute, je réussi à trouver un fan habitant dans les environs du Havre pour venir m'aider.

La restauration : ce fut un travail de 2 ans et demi. Lorsque j'ai pris possession du DHD, je n'avais pas d'atelier assez grand pour travailler dessus, il est donc resté en stockage pendant plusieurs mois. La peinture des touches du DHD a demandé 1 an de recherche et développement. Malgré le fait que j'ai réussi à prendre contact avec la personne qui avait fabriqué les 3 DHD de la série, celle-ci ne se souvenait plus du procédé utilisé pour la peinture.

C'est par le biais de SG1Props, en contact avec un autre artiste de la série, que j'ai pu obtenir un « indice ». Cet artiste ne travaillait pas dans l'atelier peinture, mais nous a dit « quand je passais devant les gars, je les voyais souvent faire tout et n'importe avec tel produit ». En fait nous étions dans la bonne direction depuis 1 an, il nous manquait seulement un produit particulier qu'il fallait ajouter à la recette, que je garde secrète.

Le covid a un peu retardé les choses, puisque les expositions et les conventions n'avaient plus lieu. J'ai donc ralenti le rythme de travail sur cette restauration, cette dernière n'étant plus prioritaire, j'ai pris mon temps.

C'est SG1Props qui a développé l'électronique. La création des cartes-mères conçues spécialement pour le DHD lui a pris 4 jours de travail et j'ai été en charge de l'assemblage. Ça parait simple en une phrase mais lorsque vous devez souder 156 câbles à des connecteurs JST pas plus gros qu'un ongle, je vous laisse imaginer ma santé mentale après ca.

Les fans : Leur engouement pour cette restauration a été très apprécié, les différents brainstormings de chacun, soutien, messages etc.

Bien que n'ayant jamais indiqué sur mes réseaux sociaux la vente du DHD original ou bien de répliques de DHD, j'ai été quotidiennement bombardé de messages afin de savoir si c'était le cas. Malheureusement il était très frustrant de se voir offrir à peine le budget d'un iPhone pour réaliser une réplique de DHD. À titre de comparaison, un R2-D2, (qui est 4 fois plus petit qu'un DHD), en version kit Deluxe (pièce en résine non peinte, sans électronique ni motorisation), c'est déjà 1500$, et en version fini avec motorisation c'est 7500$ pour une version plastique, ça monte encore plus quand c'est une version tout aluminium.

Stargate Fusion : Comment t'est venue l'idée de restaurer des props issus de la franchise Stargate ? En quoi cela consiste-t-il ?

Julien : C'est venu sans m'en rendre compte. La création de répliques m'a permis d'acquérir beaucoup de compétences dans le domaine du composite, qui ne sont pas très différentes des compétences nécessaires pour la restauration d'objets. C'est en créant une réplique pour combler un prop original que j'ai fait le rapprochement.

Ma première vraie restauration fut sur le dispositif d'autodestruction des vaisseaux Tel'tak. Je l'ai acheté endommagé, et le transport n'a pas arrangé pas les choses, je vous laisse découvrir son parcours sur mon site.

La restauration du DHD est présentée en 3 articles sur mon site internet. À l'heure où je réponds à cette interview, 2 articles sont disponibles, j'attends de finir le DHD à 100% pour le finir.

De façon générale, cela consiste à réparer un objet original qui a été endommagé ou qui présente des dégradations temporelles.

Stargate Fusion : Sur quel projet de restauration travailles-tu actuellement, et/ou quelle sera ta prochaine restauration ?

Julien : Je suis en train de peaufiner le DHD que j'ai terminé à 95%. Il ne me reste plus qu'à travailler sur la carte son/enceinte et le boitier de commande de cristaux qui se trouve en partie basse. La carte son est de nouveau gérée par SG1Prop. La première que nous avions testée en octobre 2020 étant vraiment pas bonne, on s'est orienté vers une version très qualitative fabriquée aux USA. En France elles sont hors de prix, c'est donc SG1Props qui me l'a commandée, et je devrais la recevoir d'ici quelques jours. Encore une fois, le covid ayant décalé pas mal de choses, nous prenons notre temps.

Je viens tout juste de finir la restauration d'un contrôleur de SAS dans SGU. Le précédent propriétaire l'avait repeint « à neuf » et avait fait un travail d'électronique assez bâclé. Le nouveau détenteur de cet objet voulait retrouver son histoire : c'est un objet qui est censé avoir 10 000 ans ! (et par la même occasion un système électronique propre) Bientôt un article sur mon site internet.

Les prochaines restaurations sont multiples : une lance jaffa originale, la lance de Râ dans le film Gods of Egypt, un TER et bien d'autres.

Stargate Fusion : Envisagerais-tu d'organiser une campagne de crowdfunding, ou financement participatif, pour financer la restauration d'un de tes props en particulier ?

Julien : Bien que ces objets soient restaurés afin d'être exposés dans des décors grandeur nature (que j'ai construit) pour que les fans (et les non-fans) puissent les admirer lors des conventions, je trouve la démarche malvenue. Ces objets m'appartiennent et il me semble donc inapproprié de demander à autrui de payer pour que je puisse restaurer mes propres biens. C'est d'ailleurs assez mal vu dans les milieux des collectionneurs de props originaux. C'est comme si je m'achetais une maison et que je demandais à autrui de payer pour des travaux. C'est un choix d'acheter des props ou une maison, on n'y est pas contraint, ce qui est différent dans le cas d'une campagne de levée de fonds pour financer des dépenses médicales lourdes... Enfin, c'est ma façon de voir les choses.

Je serais ravi d'avoir tort. Si les fans pensent autrement, je les invite à m'en faire part. Je serais enchanté qu'ils puissent participer à mes projets d'une façon ou d'une autre.

Stargate Fusion : Est-ce qu'en plus de ce travail de restauration tu produis également des répliques d'accessoires issus de la série ? Si oui, lesquels et comment les fans peuvent-ils te contacter pour passer commande ?

Julien : En effet, (cf teal'c) je fabrique des répliques d'accessoires de la série principalement réalisées à partir des props ou moules originaux. Si ce n'est pas le cas c'est indiqué sur les fiches produits.

Pour le moment, la boutique sur mon site internet Atlanteprops.com comporte quelques répliques Stargate : zat, œil de Râ, tablette des Anciens et mur Goa'uld.

D'ailleurs, le socle de présentation du zat provient d'un partenariat avec Ibrec [de chez Stargate Network, ndlr]. Son frère lui ayant acheté un de mes zats pour son anniversaire, il s'est mis à modéliser un socle pour le mettre en valeur. Il m'a envoyé une copie imprimée en 3d que j'ai rendu parfaite et exempte de défauts pour les produits finaux. Les lecteurs peuvent visiter les autres sections de mon site pour voir les répliques que j'ai produit antérieurement. Certaines étant des « éditions limitées », elles ne sont plus disponibles.

Mais le catalogue va très bientôt s'étoffer de nouveaux produits Stargate, dont un objet que tout le monde convoite, mais qui n'a jamais eu l'occasion d'en voir des répliques 100% accurate sur le marché. Mais je ne peux en dire plus pour le moment. Toutefois, vous pouvez trouver l'ensemble des articles disponibles dans ma boutique via ce lien : Boutique Atlante Props

Stargate Fusion : Il parait que tu as fait de ta passion ton métier, pourrais-tu nous en dire plus ? En quoi consiste-t-il ? Sur quels types de projets es-tu amené à travailler ?

Julien : En effet, j'ai commencé par curiosité sur ma table de salon par un petit moule de cristal de DHD, et une réplique en résine epoxy : un vrai calvaire ! La fabrication d'objets transparents nécessite des machines spécifiques pour avoir un rendu parfait en peu de temps. Certes l'epoxy peut donner de bons résultats, mais c'est une matière qui nécessite un minimum de 7 jours pour être complètement catalysée, comparé aux résines polyuréthanes qui le sont en 2h. J'ai failli tout arrêter car c'était très contraignant de les fabriquer !

Puis, de fil en aiguille, en m'accrochant, j'ai commencé à faire quelques ventes qui m'ont permis d'acheter d'autres props originaux, pour en faire également des répliques. Puis des collectionneurs ont commencé à me confier leurs originaux, etc, etc.

C'est lors d'un voyage à Vancouver, au Canada, que je me suis vraiment rendu compte que mes compétences avaient évolué au point de se professionnaliser. Un ami avait ramené des props qui se sont abîmés lors du transport. À l'hôtel je lui ai décrit la marche à suivre pour les réparer (discussion très informelle, tard, dans l'hôtel, et qui n'intéressait finalement que peu cette personne). Quelques jours plus tard, nous avons visité un studio indépendant qui travaillait énormément à la fabrication des props, costumes et décors de la série. Ils avaient notamment travaillé sur la porte de SGU.

C'est à ce moment que j'eu le clic ! Je comprenais tout ce qu'il se passait dans cet atelier, je pouvais dire pourquoi telle personne faisait ça de telle façon, pourquoi telle autre personne appliquait une façon de travailler plutôt qu'une autre, etc. Et lorsque le gérant du studio (+ de 15 ans d'expérience) expliquait à cet ami la démarche pour réparer les objets, démarche qui était mot pour mot celle que j'avais expliquée quelques jours plus tôt, j'ai compris qu'il fallait faire quelque chose.

1 an plus tard, je quittais mon travail pour m'installer à mon compte.

J'exerce donc le métier de Plasticien Effets Spéciaux, ou « propsmaker », bien que mes compétences acquises commencent à englober plusieurs métiers.

Les projets sont divers et variés et pas forcément en lien avec les props. Par exemple j'ai réalisé des séries semi-industrielles de pièces plastiques pour une entreprise locale. Elle m'a donné leur pièce finale et un cahier des charges, et j'ai réalisé une série de 200 pièces (je ne peux en préciser la nature à l'heure actuelle étant sous contrat de non-divulgation).

On me confie parfois des restaurations de figurines. On m'a récemment demandé de récréer la devanture d'une librairie pour un musée, etc, etc.

Stargate Fusion : Avec l'installation de ton atelier dédié à la création et à la restauration de props, peux-tu nous en dire concernant son fonctionnement ? D'ailleurs quels sont tes futurs projets, même ceux qui ne sont pas forcément liés à la franchise Stargate ?

Julien : En fait, ce n'est pas plus compliqué qu'une maison : vous avez une cuisine, une chambre, un salon, etc. Un atelier c'est pareil : on le divise en zones selon les tâches de travail nécessaires à son bon fonctionnement. Comme une maison, on le maintient propre et organisé, mais on le fait 10 fois plus, car c'est votre principale source de revenus, il faut être efficient, pro-actif, et minutieux.

Dans mon cas, j'ai un atelier de 120m2, divisé en plusieurs zones. À l'étage c'est toute la partie fabrication : moulage, tirage, peinture, etc.

Au rez-de-chaussée on trouve le stockage des décors, une zone pour l'empaquetage et l'envoi de colis, zone gros équipement tel que CNC, soudage laser, zone bois et découpe, et une pièce dédiée à l'impression 3d résine (merci à ma famille et aux amis pour le cadeau d'anniv).

Non, ce n'est pas être maniaque, mais être organisé. Je me répète, mais quand vous êtes à votre compte, vous êtes en grande partie responsable de vos échecs et vos réussites. Cela passe en grande partie par l'organisation de votre flux de travail.

Je m'entends très bien avec mes voisins d'ateliers. Nous sommes 3 ateliers individuels mais collés dans le même bâtiment. On travaille sur des projets communs, on se sert des machines de chacun, etc. En gros on se partage ensemble un peu moins de 500 m2 d'ateliers.

Concernant Stargate, les futurs projets sont la création de répliques inédites sur le marché (cité plus haut), et l'amélioration de l'expo de vaisseau goa'uld en y ajoutant du contenu.

Je prévois la fabrication de répliques pour d'autres franchises telles que Alien, Les Agents du Shield, et d'autres encore.

Prochainement (vivement la fin de la crise sanitaire), je devrais travailler sur des productions cinématographiques. J'ai récemment été contacté par des studios américains. Evidemment, je ne peux rien dire, c'est très frustrant

Stargate Fusion : Selon toi, dix ans après l'arrêt de la franchise, quel est l'état de la fan-base Stargate en France, et, grâce à tes contacts, dans le monde ?

Julien : Phew ! Je ne sais pas, je pense ne pas être bien placé pour répondre, enfin, peut-être. Je pensais que la fan-base était un peu au ralenti, mais quand j'ai fait ma première exposition de décor de vaisseau goa'uld, j'ai été étonné de voir à quel point les fans et non-fans étaient enthousiaste de se retrouver dans de tels décors. Certains s'étaient déplacés uniquement pour voir l'expo alors que celle-ci n'était pas dévoilée : en effet j'ai fini ces décors la veille à 4h du matin.

L'effet Wow pour les visiteurs était donc au rendez-vous. La phrase qui revenait souvent était : "ça fait des années qu'on fait des conventions, c'est la première fois qu'on voit des décors Stargate et que nous sommes plongés dans la série".

S'en est suivi une prise de contact avec l'une des plus grosses conventions d'Europe : la Fedcon en Allemagne. J'y serai présent avec les décors de vaisseaux goa'ulds.

Stargate Fusion : D'ailleurs, suite aux dernières annonces de Brad Wright, quel est ton sentiment / tes attentes suite à l'annonce d'un potentiel retour de Stargate, quelle que soit sa forme ?

Julien : Comme beaucoup j'espère un retour de Stargate. Comme peu, je n'espère ni reboot ni prolongement de la storyline. Selon moi, pour attirer un nouveau public et relancer la franchise, il faut repartir à neuf avec un nouveau casting, nouvelle histoire, etc.

Je sais, ça fait mal à entendre, mais nous sommes 24 ans après la début de Stargate SG-1 ; 10 ans depuis la fin de la franchise (mis à part Origins)... et les choses ont évolué. Les gens ne consomment plus ce genre de contenu de la même façon, les storylines et mentalités évoluent. On ne peut pas faire du neuf avec de l'ancien et espérer que ça fonctionne comme avant. Pour repartir brillamment et pertinemment il faut se renouveler. Se cantonner à satisfaire les « anciens » fans n'apportera pas de nouvelle audience, et donc un éventuel retour de Stargate ne fonctionnera pas.

J'ai bien aimé que SGA et SGU se poursuivent sous format comics, ça change du format série TV, et on peut y développer tellement de choses, sans les contraintes du cinéma.

Stargate Fusion : Si le projet mené par Brad Wright se concrétise sous la forme d'une nouvelle série, est-ce que tu accepterais que l'équipe de production utilise le DHD, ou autres props que tu as acquis, ou restauré ?

Julien : Oh yeah !! :D J'adorerais ! Peut-être ai-je déjà été contacté, qui sait ? :-p

Ce fut déjà le cas avec Stargate Origins. Pour faire court (sinon c'est très très long), lorsque mon DHD était à Los Angeles quand je l'ai acheté, je l'ai prêté aux producteurs pour qu'ils puissent avoir un DHD complet sur le tournage. Ils ne tournaient pas très loin du lieu de stockage. Comme beaucoup le savent, leur budget était très serré, je n'ai donc eu aucune compensation pécuniaire, l'accord était clair dès le départ. J'ai quand même reçu un clap de tournage de la part du producteur.

Stargate Fusion : Est-ce que tu as des conventions de prévues prochainement, une fois que la crise sanitaire sera terminée ? Sinon, outre la crise sanitaire actuelle, où peut-on venir admirer ton travail ?

Julien : La prochaine convention est (censée) être la Fedcon en Allemagne en juillet 2021. Faute de crise sanitaire je n'ai pas d'autres dates. Une dizaine d'évènements étaient fortement intéressés par mes décors lors de mes prospections en Janvier-Février 2020, mais tout est en stand-by désormais.

Malheureusement il n'est pas possible de venir « admirer » mon travail, l'atelier est comme son nom l'indique un atelier. Les décors sont rangés sous des bâches pour les protéger de la poussière. Je ne stocke aucune réplique : tout est envoyé aux clients dès que c'est terminé. Certains projets sont sous accord de non-divulgation. Je n'ai pas le temps de tout cacher, surtout si je dois répéter la manœuvre régulièrement pour chaque visite. Travaillant seul et étant très occupé, il m'est pratiquement impossible d'allouer du temps pour faire visiter l'atelier.

Le plus simple reste les réseaux sociaux, et espérer une sortie prochaine de la crise sanitaire afin d'exposer les décors grandeur nature de vaisseau goa'uld.

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