Échos d'un autre ciel (Fanfiction Stargate Atlantis)

MllePayga
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CITATION (Lucb8694 - 01 août 2025, 20:16)
Super chapitres vivement la suite :)
Il y aurait possibilité d'avoir un peu plus de contexte sauf si il nous sera donné plus tard
Bonjour,

Quel genre de contexte tu réclames ?

Si tu as des questions n'hésite pas de les poser et je te dirais si la réponse arrive dans la suite ^^

Bonne journée
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Échos d'un autre ciel (Fanfiction Stargate Atlantis)

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Chapitre 13 — Jugée trop vite

Payga

Je venais tout juste de reprendre place à mon poste dans le laboratoire lorsque les lumières s’éteignirent une demi-seconde, avant de clignoter. L’alarme, grave et sourde, résonna dans les couloirs de la cité. J’eus à peine le temps d’échanger un regard inquiet avec Zelenka que deux soldats entrèrent déjà dans la pièce, armes levées.
— Docteur Lenaris. Vous devez nous suivre immédiatement.
Je me levai sans résistance, levant les mains légèrement.
— Que se passe-t-il ?
— Nous avons reçu un signal prioritaire, de nature inconnue. Il semble avoir été émis depuis votre poste.
Je sentis un poids glacé dans ma poitrine.
— Un signal ?
Le regard du soldat ne vacilla pas.
— Protocole de sécurité. Veuillez nous suivre.
Je croisai le regard de Rodney. Il était déjà debout, surpris, mais je n’eus pas le temps de lire ce qu’il pensait. Je quittai la pièce, escortée, le cœur calme mais les pensées bourdonnantes. Quelques minutes plus tard, je me retrouvai dans une salle vide, froide. Une cellule de détention légère, mais suffisamment claire sur ce qu’elle représentait : je n’étais plus simplement une invitée. Je m’assis, droite, les mains posées sur mes genoux. Pas de panique. Pas de colère. Je savais ce que représentait une faille technologique sur Atlantis.
Je savais aussi que ma seule existence ici rendait tout cela encore plus inquiétant aux yeux des autres. Et je ne pouvais pas leur en vouloir.

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Rodney

Je n’avais même pas encore compris ce qu’il s’était passé. Un signal ? Depuis son poste ? C’était absurde. Rien dans ses actions n’indiquait quoi que ce soit de suspect. Et pourtant, les protocoles avaient été activés en quelques secondes. Elle avait été escortée sans ménagement, sans même qu’on ait pu vérifier ce que ce foutu signal contenait réellement. Je repassai les dernières minutes dans ma tête, furieux, tout en me ruant sur la console de diagnostic.
— Zelenka, aide-moi à tracer le flux de sortie. On doit trouver l’origine exacte.
— Déjà en train de le faire, répondit-il, les yeux rivés sur son propre terminal. Le message n’a pas quitté Atlantis. Il a juste été redirigé… par un ancien relais sous les quartiers nord. Qu’est-ce que c’est que ce truc ?
— Un vieux sous-système de communication à micro-pulsations. Obsolète, inutilisé depuis des années…
Je marquai une pause, mes doigts s’arrêtant soudain sur le clavier.
— … activé par la surcharge énergétique. Merde.
Je lançai une simulation. L’augmentation de puissance dans la section sud-ouest avait relancé certains circuits abandonnés. Des capteurs automatiques oubliés par l’équipe de cartographie initiale. Et l’un d’eux, au moment de la relance, avait envoyé un signal de balise de détresse crypté — un ancien code utilisé par les Anciens. Pour le système de sécurité de la cité, c’était un protocole prioritaire. Pour le personnel militaire… c’était un acte suspect. Et comme par hasard, émis depuis le poste de la nouvelle venue d’un univers parallèle.
— Je le savais… grognai-je en lançant un scan complet. Ce n’est même pas elle. Ce fichu message est préprogrammé. Un automatisme. C’est le système qui l’a lancé, pas elle.
Zelenka acquiesça vivement. "Et il a été relayé par un pont secondaire que nous n’avions pas répertorié. Ce n’est pas sa faute."
Je me redressai d’un bond.
— Alors qu’est-ce qu’on attend ? Il faut prévenir Woolsey, tout de suite.
Je m’élançai dans le couloir sans attendre la fin de la phrase. Parce qu’il y avait une différence entre être prudent… et condamner quelqu’un parce qu’on avait peur de ce qu’on ne comprend pas. Et moi, je comprenais très bien.
Dernière modification par MllePayga le 26 août 2025, 18:20, modifié 1 fois.
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Chapitre 14 — Mesure de sécurité

Payga

La cellule n'était pas restée silencieuse très longtemps. Deux soldats vinrent me chercher, sans un mot, et m'escortèrent à travers les couloirs jusqu'à une salle que je ne connaissais que trop bien : sobre, froide, éclairée par une seule rampe de lumière au plafond. Une salle d’interrogatoire. Woolsey m’attendait déjà, debout. Bras croisés. Visage fermé. Il n’était pas le diplomate posé que j’avais entrevu jusqu’ici. Ce jour-là, il était le commandant de la cité, chargé de protéger son monde d’un potentiel danger interdimensionnel. Il m’indiqua le siège face à lui d’un simple geste. Je m’assis.
— Docteur Lenaris, commença-t-il, sans préambule. À 15h07, un signal de classe rouge a été émis depuis votre poste de travail. Ce signal correspond à un ancien protocole de détresse utilisé par les Anciens, et a été interprété par notre système comme un appel prioritaire potentiellement détectable par des entités extérieures.
Je restai droite. Les mains jointes.
— Je comprends la gravité de la situation, Monsieur Woolsey. Et je vous assure que je n’ai déclenché aucun signal, ni manuellement, ni intentionnellement.
— Pourtant il a bien été émis de votre station.
— Je le sais. Et c’est pour ça que je veux comprendre aussi. Parce que si le système a agi sans intervention directe, alors nous avons un vrai problème.
Il marqua une pause, l’œil froid.
— Ou vous mentez.
Je ne bronchai pas.
— Et pourquoi l’aurais-je fait ?
— Vous êtes issue d’un univers que nous ne connaissons pas. Vous avez accès à des savoirs, des protocoles, des langages que nous découvrons à peine. Et maintenant, un message crypté surgit, pile au moment où vous travaillez sur notre réseau énergétique ?
Je hochai lentement la tête, sans baisser les yeux.
— Je comprends vos doutes. Mais je n’ai rien fait pour vous nuire. Je n’ai aucun intérêt à saboter la cité qui m’a accueillie. Atlantis est… tout ce qu’il me reste.
Un silence pesa quelques secondes.
— Je n’attends pas que vous me fassiez confiance, Monsieur Woolsey. Mais je vous demande simplement d’écouter les faits.
Il m’observa encore. Puis se détourna un instant, comme s’il cherchait à jauger mes mots dans leur moindre inflexion.
— Des analyses sont en cours, dit-il finalement. Docteur McKay et Zelenka travaillent à vérifier l’origine du signal. En attendant, vous resterez confinée. Ce n’est pas une punition. C’est une mesure de sécurité.
— Je comprends.
Et je le pensais. Parce qu’à leurs yeux, je restais une étrangère. Et je savais ce que c’était que d’être redoutée simplement pour ce qu’on est.
Mais cela ne voulait pas dire que j’étais prête à m’y résigner.

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Rodney

La porte claqua derrière moi. Woolsey et Payga se tournèrent vers moi en même temps — lui surpris, elle simplement attentive.
— On a trouvé, dis-je sans préambule, ma tablette toujours en main. Le signal. Ce n’est pas elle.
Woolsey fronça les sourcils, mais je ne lui laissai pas le temps de parler.
— Ce n’est pas un envoi manuel, ni même un sous-programme implanté. C’est un relais de sécurité automatique activé par une poussée énergétique localisée dans un ancien sous-système de communication. Les capteurs ont interprété la montée de tension comme une alerte critique. Ils ont déclenché une balise codée - et c’est tout.
Il croisa les bras.
— Et cette balise s’est déclenchée depuis le poste de travail qu’elle utilisait, par pur hasard ?
— Pas hasard. Coïncidence technique. Les relais hydrauliques qu’elle nous a aidés à activer ont réveillé des circuits dormants. Ce relais-là était en sommeil depuis, je ne sais pas… dix mille ans ? Il n’était même pas dans nos bases de données. En gros, c’est comme appuyer sur un interrupteur sans savoir qu’il allume aussi la lumière du voisin.
Je m’arrêtai une seconde. Le silence dans la salle était pesant.
— Si elle n’avait rien fait, on aurait continué à ignorer ce relais. Mais elle n’a rien provoqué. Elle a juste… bossé. Brillamment, soit dit en passant.
Payga ne dit rien. Elle me regardait, simplement. Presque… reconnaissante. Mais aussi prudente. Toujours sur ses gardes. Woolsey sembla peser mes paroles, puis soupira légèrement.
— Vous êtes sûr de votre analyse ?
— À 100 %.
Il hocha lentement la tête, se tourna vers Payga.
— Vous êtes libre de regagner vos quartiers.
Je vis son regard se radoucir à peine - juste assez pour comprendre qu’il acceptait de réévaluer ses soupçons. Mais la méfiance, elle, ne disparaîtrait pas de sitôt. Je m’approchai de la porte, l’ouvrant sans un mot. Payga se leva. Elle me rejoignit calmement. Et alors qu’elle passait à mes côtés, sans que personne d’autre ne puisse l’entendre, elle murmura :
— Merci.
Je n’avais rien à répondre. Parce qu’au fond, je n’avais fait qu’une chose : ce qui était juste.
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Chapitre 15 — Tenir tête

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Payga

Les portes coulissantes se refermèrent dans mon dos, me coupant de la salle d’interrogatoire et de ce qu’il restait de tension froide. Je marchais d’un pas calme, droite, mais je sentais encore dans mes muscles l’écho de la méfiance.
Les couloirs d’Atlantis étaient plus silencieux que d’habitude. Ou peut-être était-ce moi qui n’entendais plus les mêmes sons. En tournant dans l’aile est, je tombai nez à nez avec lui. Ronon Dex. Il marchait dans ma direction. Mâchoire serrée. Regard fixe. Armes dans le dos comme une seconde peau. Il ne ralentit pas. Pas tout de suite. Moi non plus. On s’arrêta à quelques pas l’un de l’autre. Il me scruta. Longtemps. Pas menaçant. Pas amical non plus.
— Tu sors de l’interrogatoire ? demanda-t-il sans détour.
Je hochai la tête.
— Oui.
— Tu sais ce que t’as déclenché ?
— Pas encore complètement. Mais McKay pense que c’est une vieille balise, un circuit oublié. Un accident.
Il ne répondit pas tout de suite. Son regard se posa sur moi comme un scanner.
— Tu fais peur à certains ici, finit-il par dire.
— Je sais.
— Et t’as pas l’air de vouloir changer ça.
Je le fixai à mon tour.
— Parce que je ne peux pas. Tout ce que je peux faire, c’est continuer à être utile. Le reste… ça viendra. Ou pas.
Un silence. Puis un léger hochement de tête de sa part. Presque imperceptible.
— Tu tiens bien sous pression, dit-il simplement. C’est bon signe.
Je crus percevoir… un infime respect, dans le pli de sa bouche. Ou peut-être l’avais-je imaginé. Il s’écarta pour me laisser passer. Et au moment où je le dépassai, il ajouta, sans se retourner :
— Mais si un autre signal sort d’ici… je serai le premier à venir frapper.
Je m’arrêtai un instant. Et répondis, sans me retourner non plus :
— Alors fais vite. Parce que je n’aime pas me répéter.
Un silence. Puis un rire bref. Léger. Authentique. Et nous reprîmes chacun notre route.

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Rodney

Je n’aimais pas les réunions quand elles commençaient par un silence. Surtout quand ce silence était suivi par le genre de regards que tout le monde évitait de poser sur moi… mais qui, aujourd’hui, ne pouvaient pas s’en empêcher. Woolsey était déjà assis. Sheppard se balançait sur sa chaise, bras croisés, l’air détendu pour quelqu’un qui n’aimait pas les surprises. Teyla, droite, attentive. Ronon, en retrait, silencieux, mais tendu. Zelenka était à ma droite, la mâchoire serrée, les doigts déjà sur sa tablette. Woolsey ouvrit la séance d’un ton direct.
— Nous avons poursuivi les recherches autour de la planète évoquée par Docteur Lenaris : Terokar.
Je pris le relais sans attendre.
— Elle existe. Dans cet univers. Coordonnées confirmées, système stellaire identique, même nom dans les archives. Elle figure dans la base de données des Anciens comme centre scientifique actif il y a plusieurs millénaires.
Zelenka activa la projection holographique. Une carte de la galaxie s’illumina, ciblant la zone.
— Mais la porte des étoiles n’est pas active, poursuivit-il. Elle ne répond pas à nos tentatives de connexion. Aucune synchronisation. C’est comme si elle n’existait plus, ou comme si elle avait été… volontairement mise hors ligne.
— Volontairement ? demanda Sheppard.
— Un isolement délibéré est une possibilité, répondis-je. Ou un effondrement structurel. On n’en sait rien tant qu’on n’y va pas.
— Et on ne peut pas y aller pour l’instant, précisa Woolsey. Pas sans le Dédale ou l’Apollo. Aucun transport disponible avant deux semaines, au minimum.
Un silence s’installa. Je lançai un regard à Zelenka, puis à Teyla.
— Si la planète est intacte, ça pourrait changer beaucoup de choses pour elle, dis-je enfin. Et pour nous. On pourrait peut-être y trouver… des réponses.
Ronon grogna.
— Ou des problèmes.
Sheppard posa les coudes sur la table.
— Vous pensez qu’il faut y aller ?
Woolsey réfléchit.
— Pas encore. Pas tant que nous n’avons pas tous les éléments. Mais vous allez continuer à étudier les données. Et quand un vaisseau sera disponible… nous aviserons.
Je hochai la tête. En silence. Mais une idée ne me quittait plus. Et si la Terokar de cet univers… n’était pas celle que Payga avait connue ? Et si elle n’était pas la seule survivante de son monde ?
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Chapitre 16 — Présences croisées

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Payga

Le réfectoire avait cette ambiance douce et constante qu'on retrouve dans tous les lieux vivants depuis longtemps. Des conversations calmes, des rires étouffés, des plateaux qui glissent, le tintement des couverts contre des assiettes chaudes. Pour la première fois depuis mon arrivée, j’avais faim.
Pas par envie. Pas par confort. Mais par nécessité. Mon corps me rappelait que j’étais en vie, même si mon esprit n’était pas encore tout à fait d’accord.
Je pris un plateau, parcourus les plats proposés avec un œil distrait, et me contentai de quelque chose de simple. Du riz. Quelques légumes. Rien de trop… terrien. Lorsque je me retournai, je vis Teyla assise près de l’une des baies vitrées, seule, un livre de données entrouvert devant elle. Elle leva les yeux, croisa mon regard et m’adressa un léger sourire. Puis elle fit un geste vers la chaise en face d’elle. Je m’approchai doucement.
— Tu es certaine que je ne dérange pas ? demandai-je en posant mon plateau.
— Pas du tout. Je t’attendais, en fait, répondit-elle, toujours calme, toujours sincère.
Je m’assis. Un court silence s’installa, confortable. Teyla referma son livre.
— Alors… ta première journée ?
Je souris doucement.
— Chargée.
— Et productive, à ce que j’ai entendu.
— On a activé une dérivation énergétique ancienne. Ça a doublé l’activité de certains circuits oubliés. Et failli me valoir un emprisonnement.
Elle sourit, mais ses yeux restèrent sérieux.
— Tu as gardé ton calme. Je crois que beaucoup ici ne s’attendaient pas à ça.
— J’ai appris depuis longtemps qu’il vaut mieux ne pas répondre à la peur par la colère. Ça ne fait que l’alimenter.
Elle hocha la tête, approuvant sans un mot. Un instant, elle laissa son regard dériver vers la baie vitrée, puis revint vers moi.
— Tu t’intègres bien, malgré tout. Tu observes beaucoup.
— C’est plus sûr que de parler trop vite, répondis-je avec un demi-sourire.
Elle eut un petit rire.
— Tu me rappelles un peu… moi. Quand je suis arrivée ici. Je n’étais pas venue pour rester. Et pourtant, je n’ai jamais vraiment voulu repartir.
Je la regardai, curieuse.
— Tu avais peur ?
— Pas peur. Juste… entre deux mondes. Mon peuple, et cette cité. Ma famille, et ma mission. Je n’étais ni d’ici, ni de là-bas.
Je baissai les yeux vers mon assiette, puis murmurai :
— Je crois que je comprends parfaitement ce que tu veux dire.

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Rodney

Je retrouvai Jennifer dans le réfectoire un peu plus tard, à notre table habituelle, près du mur du fond. Elle m’attendait déjà, un plateau devant elle, un sourire tranquille sur les lèvres.
— Tu arrives à temps, je n’ai pas encore attaqué mon dessert.
— Tu sais que j’ai un radar intégré pour ça, lançai-je en posant mon propre plateau - à moitié froid - sur la table.
Je m’assis, encore porté par l’énergie de la réunion précédente.
— Tu aurais dû voir les relevés de ce matin. Le rendement énergétique a bondi de 28,7 % en moins de deux heures. C’est fou, non ? Je veux dire, qui aurait cru que ce vieux système de dérivation fonctionnerait encore ? Et elle l’a trouvé comme si c’était écrit dans un manuel !
Jennifer leva un sourcil, amusée.
— Elle ?
— Payga. Je souris malgré moi. Elle est... brillante. Sa logique est précise, rapide, et elle comprend la technologie des Anciens comme si elle y avait grandi. Je sais que je suis difficile à impressionner - enfin, pas vraiment, mais quand même un peu - mais là, franchement, je dois le reconnaître.
Je relevai les yeux vers elle. Elle souriait toujours, mais il y avait une ombre dans son regard. Une toute petite chose. Une micro-pincée de silence entre ses mots.
— Tu parles beaucoup d’elle, ces temps-ci, dit-elle doucement.
Je clignai des yeux.
— Hein ? Oh. Oui. Non, mais c’est normal. Elle travaille avec nous. Et elle…
Je me tus. Juste une seconde. Elle posa sa fourchette, croisant les bras sur la table.
— Je t’ai parlé de ses examens ?
Je secouai la tête, soulagé du changement de sujet.
— Il y a eu un détail… étrange dans l’échographie du bébé. Une excroissance au niveau du lobe pariétal. D’abord, j’ai cru à une anomalie. Mais Payga m’a expliqué que c’était quelque chose de parfaitement naturel chez les enfants terokains.
— Une sorte de… capacité psychique ? soufflai-je, intrigué.
Jennifer acquiesça.
— Oui. Un organe temporaire. Elle m’a dit que ça permet au fœtus d’établir un lien avec son géniteur. Par le rêve, par des images, des sensations. Mais seulement si ce lien est fort.
Je ne répondis pas tout de suite. Un frisson remonta le long de ma colonne. Images. Sensations. Rêves. Je revoyais l’eau. Les formes. Les éclats lumineux. Les battements, comme un souffle. Et ce moment étrange, inexpliqué, où le monde autour de moi s’était soudain déformé. Ce n’était pas un bug. Ce n’était pas mon imagination. C’était elle. Ou plutôt… eux. Un bébé à la recherche de son père. Pas moi. Mais… une version de moi. Je me redressai, un peu trop vite. Jennifer me regarda, curieuse.
— Quelque chose ne va pas ?
— Non. Non, rien. Je… pensais juste à ce que ça implique, biologiquement parlant. Fascinant, vraiment.
Elle hocha la tête, mais ses yeux restaient posés sur moi. Elle savait que je lui cachais quelque chose. Mais elle ne dit rien. Et moi, je me tus. Parce que j’étais encore en train d’assembler les pièces. Et plus je les assemblai… plus je sentais que je n’étais peut-être pas aussi extérieur à tout ça que je le croyais.
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Chapitre 17 — Mémoire empruntée

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Payga

Je quittais le laboratoire après une journée chargée, les pensées floues, les jambes plus lourdes que je ne voulais l’admettre. Le couloir était désert. Silencieux. Presque apaisant. C’est là que je le vis, adossé au mur, les bras croisés, l’air aussi détaché qu’un soldat peut prétendre l’être quand il vous attend de pied ferme. Colonel John Sheppard. Il redressa légèrement les épaules en me voyant approcher.
— Payga, dit-il simplement.
— John pardon colonel, répondis-je, aussi polie que prudente.
Je ralentis sans vraiment m’arrêter. Mais lui, ne bougea pas.
— Tu as une minute ?
Je hochai la tête.
— Toujours.
Il désigna un banc contre la paroi. Nous nous y assîmes, à bonne distance. Il regardait droit devant lui, évitant soigneusement mon regard. Classique.
— Je me suis dit qu’on devrait parler, dit-il après un instant. Toi et moi, seuls.
— Je pensais que tu m’évitais justement pour ne pas avoir à le faire.
Il eut un léger sourire en coin.
— J’en ai peut-être eu l’intention, ouais.
Un silence. Pas inconfortable. Juste… réel.
— Je ne suis pas lui, finit-il par dire.
— Je sais.
Il tourna enfin la tête vers moi.
— Tu arrives ici, tu connais tout le monde, tu connais mes gestes, ma voix, mes habitudes… Tu savais que je buvais mon café trop chaud ?
— Tu râles toujours au deuxième gobelet.
Il soupira. Pas fâché. Juste… paumé.
— Je ne sais pas comment te parler, avoua-t-il. Je veux dire… je ne suis pas ton ami. Pas ton frère. Je suis un inconnu. Et pourtant, quand je te vois… j’ai l’impression que je devrais m’excuser de ne pas te connaître.
Je l’observai, touchée malgré moi par cette vulnérabilité maladroite.
— Je ne t’attends pas, répondis-je doucement. Et je ne projette rien sur toi. Ce que j’ai perdu… est resté là-bas. Tu es un autre homme. Je le respecte.
Il me fixa un moment, comme s’il cherchait une faille dans mes mots.
— Tu sais, ajouta-t-il, je ne suis pas aussi froid que je le laisse croire. Mais j’ai des responsabilités ici. Et les gens que je protège… ils ont peur de toi.
— Je sais.
— Et toi ?
Je penchai la tête.
— Moi ? J’ai peur qu’un jour, je commence à m’y habituer.
Son regard s’adoucit un peu. Il se redressa, tapota ses genoux et se leva.
— Bon… je voulais juste te dire que si tu as besoin de quelque chose, passe par McKay.
Je haussai un sourcil.
— Pas par toi ?
— Pas encore, répondit-il en s’éloignant, mains dans les poches. Mais peut-être un jour.

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Rodney

La chambre était silencieuse. Jennifer dormait profondément à côté de moi, sa respiration régulière, paisible. Moi, j’avais eu du mal à trouver le sommeil. Comme souvent, quand trop de pensées s’accumulent dans les coins de mon cerveau. Mais cette nuit-là, ce n’était pas le bruit des idées… c’était autre chose. Un frisson. Un appel. Et quand enfin mes paupières se fermèrent, ce ne fut pas le noir habituel qui m’enveloppa.
Ce fut… un endroit. Une salle.
Des murs courbés en métal ancien. Des lumières faibles, bleutées. Des alarmes lointaines.
Un laboratoire.
Et elle était là.
Payga.
Pas la Payga que je connaissais ici. Plus jeune. Ses cheveux tirés en arrière, un bandeau autour du front. Des traits tendus. Des yeux clairs, déterminés. Un uniforme différent, gris clair, marqué de symboles inconnus.
Elle parlait vite. À quelqu’un d’autre. À moi. Ou plutôt… à lui. L’autre McKay.
Il avait les mêmes yeux. La même voix. Mais pas la même fatigue.
Ils étaient debout, face à une console d’analyse. Des hologrammes défilaient, des calculs complexes, un modèle en trois dimensions d’un noyau planétaire en désintégration.
"Si la pression tectonique continue d’augmenter à ce rythme, nous n’aurons plus que quarante heures," disait-elle.
"Et vos méthodes ne feront que retarder l’inévitable," répliqua McKay, les bras levés. "Il faut évacuer maintenant. Vous ne voyez pas que c’est fichu ?"
"Je ne peux pas accepter ça. Je n’abandonnerai pas ma planète tant qu’il reste une chance. Même minime."
"Vous allez mourir pour un calcul ?!"
"Non," dit-elle plus doucement. "Je vais tout essayer… pour ne pas regretter."
Ils se regardèrent.
Longtemps.
Pas un regard de défi. Ni de colère.
Un regard de reconnaissance, qui venait de naître.
Un moment suspendu entre deux esprits brillants, au milieu du chaos.
Et ce moment, je le sentis.
Je le vécus, dans ma poitrine, comme si j’avais été là.
Puis l’image se brouilla, déformée, comme balayée par un souffle d’eau et de lumière.
Je me réveillai en sursaut, haletant. Jennifer dormait encore, paisible. Moi, je restai immobile, le cœur battant fort, les yeux grands ouverts dans la pénombre. Ce n’était pas un rêve. C’était un souvenir. Mais pas le mien.
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Chapitre 18 — Retour à l’origine

Payga

Je terminais une série de relevés énergétiques dans le laboratoire, concentrée sur les dernières données quand la voix de Chuck résonna dans les haut-parleurs du labo :
"Docteur McKay, merci de vous rendre en salle d’embarquement. L’équipe est prête."
Rodney leva à peine les yeux de son écran.
"Évidemment qu’ils sont prêts. J’ai tout préparé."
Il se leva d’un bond, attrapa sa tablette… et s’arrêta net devant moi.
"Tu viens avec moi."
Je haussai un sourcil, surprise. "Où ça ?"
"Tu verras. Dépêche-toi."
Il ne me laissa pas le temps de poser plus de questions. Il avait déjà quitté le laboratoire.
Je le suivis, légèrement perplexe, traversant les couloirs familiers d’Atlantis à vive allure. Nous descendîmes deux niveaux, croisant quelques militaires, puis entrâmes dans la salle d’embarquement.
Je m’arrêtai net en voyant l’équipe rassemblée : Sheppard, Teyla, Ronon… tous en tenue de mission. Un vaisseau se tenait en attente sur le quai, prêt à décoller. Un groupe de techniciens s’affairait autour.
Tous les regards se tournèrent vers moi.
Des regards surpris. Inquiets, parfois. Curieux, surtout.
"Qu’est-ce que je fais ici ?" demandai-je à voix basse.
Rodney se tourna enfin vers moi, plus sérieux.
"Le Dédale est arrivé. Ils ont accepté d’ajouter une mission d’exploration courte à leur rotation."
Je fronçai les sourcils. "Quelle mission ?"
Il inspira doucement. "On va sur Térokar."
Mon souffle se suspendit.
"Mais… la porte est inactive."
"Oui. Mais la planète existe. Coordonnées identiques. Archivées par les Anciens. Jusqu’ici, aucune raison d’y aller. Mais maintenant… il y en a une."
Il sortit sa tablette, me montra une carte stellaire et quelques relevés cryptés.
"Il n’y a pas de vortex. Aucune activité détectable. Mais quelque chose me dit qu’on doit y aller. Et toi… tu devrais être là."
Je regardai l’équipe. Ils ne disaient rien. Pas encore.
Mais ils m’acceptaient. Du moins, pour cette mission.
"Et si ce n’était pas ma Térokar ?" murmurai-je.
Rodney me regarda avec un sérieux rare.
"Alors on le saura très vite. Mais je crois que tu devrais voir ce qu’elle est devenue. Dans cet univers."

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯✧⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

Rodney

Le Dédale n’avait rien perdu de son charme : austère, métallique, bruyant. Mais quand on a des moteurs capables de fendre l’espace en silence, on tolère les murs gris et les couloirs interminables.
Nous étions à peine installés que Caldwell nous rejoignit sur le pont avec son habituel ton sec mais efficace.
Pas de perte de temps, pas de détours diplomatiques : notre destination était verrouillée, nos autorisations prêtes, et notre mission “d’exploration ciblée” validée. Cinq heures de vol, puis orbite. Simple.
Et stressant.
Je passai la majeure partie du trajet à revoir les relevés. J’essayais de ne pas trop regarder Payga, même si mes yeux s’attardaient sur elle parfois, sans prévenir.
Elle ne parlait presque pas. Concentrée. Fermée. Mais pas froide. Juste… intérieure.
Quand nous arrivâmes enfin à portée de la planète, tout le monde se redressa.
La vue depuis la passerelle était… saisissante.
Une planète d’un bleu profond, marbrée de terres brunes et de brumes pâles. Entière. Belle. Vivante en apparence.
Mais les relevés disaient autre chose.
"Pas de bio signes," dit Zelenka derrière moi. "Zéro forme de vie détectée à la surface."
"Et pourtant l’atmosphère est stable," ajouta Sheppard. "Température moyenne : 23 degrés. Taux d’oxygène presque parfait."
Je fronçai les sourcils en lisant les scans.
"Il y a des traces de radiation. Très faibles. Résiduelles. Comme un ancien champ d’énergie instable. Mais localisé."
Payga s’approcha. Elle montrait déjà des coordonnées sur sa tablette.
"Ici. C’est là que se trouvait mon laboratoire. La station scientifique principale de Térokar. Si quelque chose a survécu… c’est là-bas."
Nous échangeâmes un regard.
Caldwell donna l’autorisation.
"Préparez-vous à la téléportation."
Une minute plus tard, nous étions sur la plateforme. J’entendis le souffle discret du système enclencher la séquence.
Et la lumière nous avala.
Quand elle se dissipa, nous fûmes accueillis par un silence lourd. Un air froid. Et une désolation sans nom.
Le paysage était… dévasté.
Les ruines d’une grande structure métallique émergeaient d’un sol craquelé, noirci. Des pylônes brisés, des dômes effondrés, des conduits carbonisés. Le ciel, légèrement cuivré, était traversé par de minces traînées de poussière.
Payga resta figée.
Je la vis faire un pas. Puis un autre. Lentement.
Le lieu qu’elle avait quitté en urgence…
Était là. Figé dans un cauchemar.
Et moi, pour la première fois depuis longtemps,
je n’avais rien à dire.
MllePayga
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Chapitre 19 — Terokar

Payga

Le souffle du téléporteur s’était dissipé, mais l’air restait irrespirable.
Pas physiquement — non, l’atmosphère était stable, mes capteurs le confirmaient — mais intérieurement. Chaque pas résonnait comme un coup porté contre ma poitrine.
La terre était sombre, fendillée par des veines figées de chaleur ancienne. Des morceaux de ma vie éparpillés. Des murs brisés qui avaient autrefois contenu des idées, des discussions, des espoirs.
Mon laboratoire.
Ou ce qu’il en restait.
Je ne laissai pas le choc me ralentir. Pas maintenant. Pas devant eux.
Je fonçai droit vers la structure effondrée, ignorant les appels discrets derrière moi. Je reconnaissais l’agencement, les anciennes cloisons, même calcinées. Mes pas savaient où aller. Mon esprit aussi.
Je trouvai une ouverture partielle, un couloir éventré. Le dôme principal était effondré, mais une partie du noyau informatique semblait avoir survécu. Enterré sous les gravats, à demi fondu, mais là.
Je me mis à genoux, dégageant des câbles, reconnectant instinctivement les relais d’alimentation auxiliaires.
Rodney s’était rapproché, silencieux, observant mes gestes sans intervenir.
Le terminal grésilla, puis une lumière faible clignota.
Une interface s’afficha, craquelée, instable. Mais fonctionnelle.
Mes doigts tremblaient à peine. Juste assez pour que je le remarque.
Je lançai les archives visuelles. Il n’y avait que quelques fichiers. Le système n’avait pas résisté bien longtemps.
Le premier enregistrement se lança automatiquement.
________________________________________
Vidéo 1 —
Une pièce sombre. Une lumière faible. Moi.
Plus jeune, mais épuisée. Les cernes creusés, la voix tendue.
"Test 43. La polarisation des chambres centrales n’a pas tenu. Le flux du noyau est trop irrégulier. On pense que les poches magmatiques internes sont instables. On tente une dérivation secondaire."
________________________________________
Vidéo 2 —
Même salle. Mon image est plus pâle. Mon regard plus vide.
"Toutes les simulations échouent. L’effondrement est inévitable. Si nous n’arrêtons pas, l’onde radioactive balayera la planète. Et peut-être au-delà."
________________________________________
Vidéo 3 —
Un peu de bruit. Des voix derrière. L’agitation.
"Le Conseil a commencé à évacuer certains groupes vers Lyrien, notre alliée. Mais il n’y aura pas assez de transports. Ils veulent garder la panique sous contrôle. On essaie de stabiliser le noyau, mais… Je ne sais plus si c’est par espoir ou par déni."
________________________________________
Vidéo 4 —
Des alarmes hurlent en arrière-plan.
"La porte a été endommagée lors de la dernière tentative. Un reflux d’énergie a inversé le courant du stabilisateur. L’anneau est partiellement fondu. On ne peut plus l’activer. L’évacuation s’arrête là."
________________________________________
Vidéo 5 —
Silence.
La lumière vacille. Je suis assise, immobile. Mes mains jointes. Mon regard vide.
"Je n’ai plus de solutions. Il reste… peut-être trois minutes. Je voulais juste laisser un mot. Pour qui le trouvera. Nous avons essayé. Vraiment. Jusqu’au bout."
L’image tremble. Une lumière blanche explose en arrière-plan.
Fin de l’enregistrement.
________________________________________
Le terminal s’éteint, doucement, comme si lui aussi ne supportait plus de garder ces souvenirs.
Le silence qui suivit était absolu. Même le vent semblait s’être arrêté.
Je sentis quelque chose monter en moi, lentement. Une pression dans la poitrine. Une faille qui s’ouvrait.
Une larme roula sur ma joue, silencieuse.
Pas pour moi.
Pour elle.
Pour tout ce qu’elle avait perdu — et que je n’avais jamais eu.
Je me tournai lentement. Mon regard chercha celui de Rodney.
Et quand je le trouvai, je n’eus pas besoin de parler.
Ses yeux, eux, me suffirent.

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Rodney

Je ne savais pas où poser mes yeux après ça.
L’écran était noir. L’air trop lourd. Et Payga, debout devant les ruines de sa propre vie — ou de la vie d’une autre version d’elle — restait figée.
Elle avait tenu bon. Jusqu’à la fin. Elle.
Et moi, j’étais là.
Spectateur d’un désastre passé que je n’avais pas vécu…
Et qui pourtant me frappait en plein cœur.
Ce n’étaient pas juste des vidéos.
C’était une mémoire. Une empreinte. Un message.
Et je ne pouvais pas m’empêcher de me demander :
Est-ce que c’était moi, là-bas ?
Est-ce que c’était… nous ?
Je ne comprenais pas tout. Pas encore.
Mais il y avait une chose que je voyais clairement :
Elle portait un monde sur ses épaules. Et elle le portait encore.
Elle se tourna vers moi.
Nos regards se croisèrent.
Pas un mot. Pas besoin.
Et c’est là que ça me heurta de plein fouet.
La sensation étrange que j’étais à ma place, ici, à ce moment précis.
Comme si quelque chose, quelque part, m’avait conduit là pour ça.
Je ne savais pas comment l’aider.
Je ne savais même pas si je pouvais.
Mais je savais une chose :
Je ne la laisserais pas seule.
Je fis un pas vers elle. Lentement.
Et dans le silence, je restai près d’elle. Assez proche pour qu’elle le sente.
Pas en scientifique. Pas en officier.
Juste… en être humain.
Et pour une fois,
je n’avais pas besoin d’avoir les mots justes.
Une voix rompit doucement le silence.
"On a trouvé la porte."
Sheppard. Il arrivait à pas mesurés, les épaules tendues. Teyla et Ronon le suivaient, leurs visages fermés, mais attentifs.
Payga se redressa, effaçant la trace de la larme sans y penser.
"Et ?" souffla-t-elle.
"Elle est là," dit Sheppard. "À moitié ensevelie. Tordue. On dirait qu’elle a absorbé quelque chose qu’elle n’était pas censée contenir."
Je m’avançai, analysant mentalement ce qu’il venait de dire.
"Un reflux d’énergie. Le noyau a dû surcharger le champ de stabilisation de l’anneau. Ça l’a détruite de l’intérieur."
Je me tournai vers Payga.
"Elle ne fonctionnera plus jamais."
Le silence qui suivit n’était pas tragique.
Il était… définitif.
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Chapitre 20 — Salle 4N

Payga

Le retour sur Atlantis avait un goût étrange.
Ni soulagement. Ni paix.
Juste… un vide silencieux, rempli de choses que personne n’osait nommer.
Les couloirs familiers semblaient plus étroits. La lumière plus crue.
Mon ancien monde n’existait plus, et celui-ci, malgré tous ses efforts, n’était pas encore prêt à m’accueillir pleinement.
Je n’avais pas beaucoup dormi depuis la mission.
Mais une pensée revenait sans cesse.
Et si je n’étais pas la seule ?
Une phrase, dans l’une des vidéos, n’arrêtait pas de me hanter :
"Le Conseil a commencé à évacuer certains groupes vers Lyrien…"
Ce n’était qu’une note, presque noyée dans l’urgence.
Mais c’était une piste. Un fragment. Une chance.
Je me rendis en salle des archives, activai l’interface principale de la base de données des Anciens, et lançai une recherche croisée entre les mots clés : Terokar, évacuation, planètes alliées, Lyrien.
Résultat : rien.
Ou plutôt, des milliers de fragments de données, mais aucun en lien direct. Lyrien n’existait dans aucun index connu de la galaxie de Pégase. Pas d’identification, pas de localisation, pas même une trace linguistique.
Je recommençai. Affinai. Corrigeai. Recalculai.
Toujours rien.
Je me laissai tomber dans le fauteuil devant l’écran. Mon regard se perdit dans les motifs géométriques de l’interface.
Puis… une image me revint.
Un souvenir flou. Un croquis gravé dans un vieux carnet. Une annotation dans une note secondaire d’un des anciens projets que j’avais étudiés avec McKay :
"Cartographie dynamique des vecteurs stellaires — Salle 4N, niveau inférieur. Accès inactif."
Je me redressai d’un coup.
Ce n’était pas une base de données. Ce n’était pas un index alphabétique.
C’était une représentation physique de la galaxie, conçue pour visualiser les mouvements stellaires, les anomalies gravitationnelles, et les anciennes routes commerciales des Anciens.
Une carte. Vivante. Complexe. Précise.
Et peut-être capable de me montrer des choses que les mots ne suffisaient plus à chercher.
Je quittai la salle des archives sans un mot.

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Rodney

"Non, Radek. Je ne dis pas que ta théorie est inintéressante. Je dis qu’elle est inutilement complexe, bancale et inutile. Ce n’est pas pareil."
Zelenka leva les yeux au ciel, dans un soupir à moitié tchèque.
"Tu pourrais dire 'je ne suis pas d’accord', au lieu de réduire mes heures de travail à un tas de… d’idioties !"
"Je le pourrais," répondis-je en pianotant sur ma tablette, "mais ce ne serait pas aussi honnête."
La porte de mon bureau s’ouvrit sans prévenir.
Je levai les yeux, prêt à remettre poliment quelqu’un à sa place — jusqu’à ce que je voie Payga entrer.
Elle avait ce regard — celui qu’elle arborait quand elle avait une idée précise en tête. Celui que j’avais vu chez… l’autre elle, dans ce rêve que je refusais encore de qualifier de réel.
"Je peux te parler une minute ?" demanda-t-elle, directe.
Zelenka hocha la tête, trop content d’échapper à notre ping-pong habituel.
"Je vais… boire un café," marmonna-t-il en quittant la pièce.
Je me redressai. "Qu’est-ce qu’il y a ?"
"Je veux accéder à la salle 4N. Niveau inférieur."
Je clignai des yeux.
"La… quoi ?"
"La salle 4N. Elle abrite une ancienne cartographie dynamique de la galaxie de Pégase. Une représentation holographique en mouvement, couplée à un système d’analyse de trajectoires stellaires. Elle était utilisée par les Anciens pour repérer des routes commerciales, des colonies oubliées, ou des astres ayant changé de position à cause d’anomalies gravitationnelles."
Je la fixai, sourcils légèrement haussés.
"Et… tu sors ça d’où ?"
"Je m’en souviens. Je l’ai étudiée dans mon univers. Elle existe aussi ici, j’en suis certaine. Elle est probablement inactive, ou mal indexée."
Je me redressai sur ma chaise.
"Écoute, on a déjà passé des années à restaurer les systèmes principaux d’Atlantis. Les Anciens ne laissaient pas tout bien étiqueter dans des dossiers jaunes. Si quelque chose comme ça existait, il aurait été repéré."
"Pas si personne ne savait ce que c’était."
Je me tus un instant. Elle avait raison. Et c’est ce qui me troublait le plus.
Elle s’approcha d’un terminal secondaire, le connecta à ma console.
"Je ne demande pas une mission. Juste une autorisation d’accès. Et si je me trompe, tu pourras te moquer autant que tu veux."
"Je le ferai, promis."
Mais au fond de moi, quelque chose me disait qu’elle ne se trompait pas du tout.
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Chapitre 21 — Un ciel à rallumer

Payga

Nous marchions vite à travers les couloirs silencieux du niveau inférieur, là où les murs semblaient plus épais, plus sombres, comme s’ils gardaient en mémoire tous les secrets que le reste de la cité avait oubliés.
Rodney me suivait, tablette en main, les sourcils froncés et les remarques prêtes à fuser — mais pour une fois, il se taisait.
"Tu te rends compte que cette salle n’est même pas officiellement indexée dans le plan de la cité ?" dit-il enfin. "Il a fallu que je force le système pour valider ton accès."
"Ce n’est pas une salle à usage courant. Même chez nous, elle avait été redécouverte par hasard. Un technicien avait voulu restaurer un ancien relais énergétique. Il a allumé la moitié d’un ciel stellaire par accident."
Rodney émit un petit son, moitié sceptique, moitié impressionné.
"Et cette… carte, elle fait quoi exactement ?"
"Elle cartographie les étoiles de Pégase en temps réel, ou presque. Elle peut superposer les anciennes routes commerciales, afficher les anomalies gravitationnelles, les systèmes perdus, les déplacements planétaires. Les Anciens s’en servaient pour repérer les dérives orbitales, ou des mondes rendus inaccessibles avec le temps."
"Tu veux dire… des planètes qui existent encore mais dont les coordonnées ont changé ?"
"Exactement."
Il ralentit légèrement. "Ça… c’est brillant."
Je souris, discrètement. "Je sais."
Nous arrivâmes enfin devant la porte métallique, gravée d’anciens symboles à moitié effacés par le temps.
Je posai la main sur le cristal d’ouverture.
Rien.
Je réessaie. Une lumière clignote. Puis un son grave.
Rodney s’approche, active un second accès via sa tablette. Les sécurités s’ouvrent en grinçant.
La porte coulisse… lentement.
Et ce que je vois me fige.
La salle est là.
Mais elle est endommagée.
L’anneau central qui contenait la projection est fendu sur toute sa longueur. Plusieurs consoles sont noircies. Des câbles pendent du plafond. Une odeur de métal brûlé flotte encore, comme un vestige de quelque chose de violent.
"Une explosion," dit Rodney à voix basse.
Je hoche la tête, incapable de parler.
Il s’approche d’un panneau de contrôle, le connecte à sa tablette, fronce les sourcils.
"Ce niveau a pris un impact indirect lors de l’assaut des Réplicateurs, il y a quelques années. Personne n’avait recensé cette salle, donc… elle n’a pas été incluse dans les réparations."
Je ferme les yeux un instant. Inspire profondément.
"Toutes les données ne sont peut-être pas perdues," dis-je en m’approchant à mon tour. "Si on peut réactiver le noyau de base, je pourrai… je saurai quoi faire."
Rodney me jette un regard, un peu surpris.
"Tu veux vraiment essayer ?"
Je le fixe, déterminée.
"Je n’ai pas traversé deux univers pour abandonner au premier mur cassé."
Il sourit. Un peu.
"Bon… alors on va avoir besoin d’un générateur auxiliaire. Et de beaucoup de patience."

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Rodney

Nous retournions vers le laboratoire en silence.
Mais ce n’était pas un silence gêné, ni amer.
C’était un silence de réflexion. De calcul. D’anticipation.
Payga marchait à côté de moi, plus droite que jamais, malgré l’état de la salle 4N. Je jetai un regard en coin. Elle semblait déjà réfléchir à l’étape suivante, comme si les circuits grillés et les relais fondus n’étaient qu’un détail logistique.
"Tu as d’autres surprises à propos de cette carte ?" lançai-je, mi-curieux, mi-prudent.
Elle hocha doucement la tête. "Une dernière fonction. Celle qui la rendait vraiment indispensable pour les expéditions."
"Je t’écoute."
"Chaque planète, lorsqu’elle est répertoriée dans le système, reçoit une couleur selon son niveau d’hostilité. Le système se base sur des milliers de données croisées : scans atmosphériques, relevés de rayonnements, activité wraith, trafic énergétique…"
Elle s’interrompit un instant, puis énuméra :
"Vert : zone amicale ou sans menace connue.
Jaune : ancienne réserve wraith désaffectée.
Orange : réserve encore en déclin, potentiellement instable.
Rouge : réserve wraith active.
Noire : avant-poste wraith confirmé.
Et… violet : présence détectée d’un E2PZ."
Je ralentis. Mes pas cessèrent un instant.
"Tu viens de dire… violet ?"
Elle me regarda. "Oui. C’est rare. Très rare. Mais la carte est capable de détecter certains pics énergétiques spécifiques aux E2PZ, à condition qu’ils ne soient pas profondément enterrés ou masqués par une technologie équivalente."
Je sentis mon cœur rater un battement.
Un E2PZ. Rien que ça.
Nous reprîmes notre marche.
Quand nous arrivâmes au labo, je me dirigeai immédiatement vers mon bureau.
Je ne dis rien. Je refermai la porte vitrée derrière moi. Et je me mis au travail.
Demande de réactivation d’un site secondaire de recherche.
Salle 4N — Module de cartographie stellaire dynamique.
Nécessite : une équipe d’ingénieurs, deux générateurs auxiliaires, accès aux modules de redirection énergétique 12A, et renforcement de la structure porteuse.
Je tapais vite. Les mots coulaient tout seuls.
Dans ma tête, je voyais déjà la carte s’allumer. Les couleurs. Les trajectoires. Les promesses.
Un outil capable de localiser un E2PZ.
Ou une planète oubliée.
Ou peut-être… un peuple perdu.
J’arrêtai un instant de taper. Levai les yeux à travers la vitre.
Payga était là. Assise à son poste. Immobile. Mais présente.
Pas juste un souvenir d’un monde détruit.
Une clé.
Et je venais tout juste de tourner la serrure.
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