Osiris

Le contenu de cette fiche est canon.
Osiris
Mythologie
Égyptienne
Nom
Osiris
Autres noms
Ousir, Ounennéfer, Khenty-Imentyou, Asar, Ausar, Asir, Asari, Aser, Ausir, Iousires, Ouesir
Fonctions principales
Dieu des morts et de la résurrection
Fonctions secondaires
Dieu de la végétation, de la terre fertile et de l'agriculture
Représentation
Homme momifié à la peau verte, ou noire, enveloppé dans un linceul blanc
Région de culte
Égypte antique
Temple(s)
Abydos
Lieu principal de célébration
Héliopolis
Attribut(s)
Barbe postiche, sceptre Héqa, Nekhekh, couronne Atef, pilier Djed

Présentation

Osiris, désigné également sous les noms d'Ousir ou Ounen-Néfer, est l'une des principales divinités de la mythologie égyptienne et est également considéré comme un roi mythique de l'Égypte antique. Il était le premier enfant de Nout et Geb, ainsi que le frère de Seth, Nephtys et Isis, qui était aussi son épouse. Avec Isis, Osiris engendra Horus, et selon quelques légendes, il serait également le père du dieu Anubis, issue d'une relation incestueuse avec sa sœur Nephtys.

Inventeur de l'agriculture et de la religion, Osiris hérita de la terre fertile d'Égypte en succédant à son père Geb tandis que son frère Seth obtint les terres stériles du désert. Il apporta alors la civilisation aux Égyptiens en leur apprenant à cultiver les champs et leur donna le code de loi. Osiris était aimé par la population, car il était bienfaisant et apporta la félicité sur le royaume, donnant ses marques de grandeur à l'empire d'Égypte.

A l'origine Osiris était un dieu modeste de la terre, des forces végétales, de la fertilité, du renouveau de la végétation, et par extension de l'agriculture. Il était aussi considéré comme la personnification de la terre fertile du delta, et du Nil de manière général qui croît et décroît chaque année, ainsi que de la disparition et réapparition de l'étoile Sothis. Esprit de la végétation qui meurt pour renaître sans cesse, Osiris représente le blé, la vigne et les arbres.

Toutefois, le cycle annuel de la végétation qui meurt puis renaît, concrétisa l'idée de la résurrection. Ainsi, suite à son assassinat par son frère Seth, Osiris devint le dieu des morts et de la résurrection dans le monde souterrain. Devenu le roi de ce monde de l'au-delà, Osiris fut le maître et le protecteur du défunt, et présidait également le tribunal divin chargé de juger l'âme des défunts assisté par Anubis, Thot et la déesse Maât.

De ce fait, Osiris, en tant que souverain des morts, était un dieu particulièrement vénéré dans l'Égypte antique, car il donnait à ses fidèles l'espoir d'une vie éternellement heureuse dans l'autre monde sous un roi juste et bon. Bien que les origines de son culte restent encore très obscures, les plus anciennes attestations d'Osiris remontent au XXVème siècle avant notre ère et datent de la fin de la IVème, ou du début de la Vème dynastie.

Osiris est généralement représenté sous la forme humaine, les bras croisés sur la poitrine, portant la couronne Ourerèt ou Atef bordée de plumes, momifié et gainé dans un linceul de lin blanc qui ne laisse apparaître que sa tête et ses mains nues. Ces dernières tiennent la plupart du temps les attributs royaux, à savoir le fouet rituel Nekhekh et la crosse Heka. La couleur de sa peau est soit verte pour rappeler son action sur la végétation, soit noire comme la couleur des momies.

Il est toujours représenté de manière statique, assis ou plus souvent, debout, un aspect qui fait allusion au monde des morts sur lequel règne Osiris, et est parfois représenté entouré de ses sœurs Isis et Nephtys. Néanmoins, il arrive quelques fois qu'il soit représenté allongé, ce qui renvoie à l'histoire de « l'Osiris végétant ». Parmi ses attributs divins, on retrouve également le pilier Djed, symbole de stabilité et de durée, qui représenterait l'épine dorsale du dieu.

Surnommé « Ounennéfer », ce qui signifie « l'être parfait » ou « l'éternellement beau », Osiris n'avait pas d'animal qui lui soit rattaché. Ses éléments étaient la terre et l'eau et sa couleur le vert couleur de la végétation. En tant que dieu de l'agriculture, les grandes fêtes Osiriennes avaient lieu durant le mois de Khoiak entre le retrait des eaux du Nil et les premières semailles. À cette période étaient utilisés dans le domaine funéraire des statuettes appelées "Osiris végétant".

Ses lieux de culte principaux furent Bousiris (près de la ville moderne d'Abu Sir Bana), mais également Héliopolis et Abydos, où fut érigé un magnifique temple en son honneur plusieurs fois reconstruit et embelli au fil des siècles. La cité d'Abydos était par ailleurs considérée comme la porte reliant le monde des vivants au monde souterrain et le lieu de la « Grande Procession » annuelle en l'honneur d'Osiris.

Histoire

La légende d'Osiris, et de la guerre de succession entre Seth et Horus, est l'un des mythes fondateurs les plus importants de l'Égypte antique. Il était commun à travers les cosmogonies, véritable socle de l'identité égyptienne. La plupart des sources anciennes nous présentent les mystères osiriens, mais de façon fragmentaire sous forme d'allusions et sans livrer la légende intégrale. C'est grâce à la plume du philosophe, biographe et moraliste grec Plutarque vers 100 avant J.C. que le mythe nous a été transmis à travers un récit homogène. Bien qu'il existe plusieurs versions de la légende, Plutarque s'appuya sur la cosmogonie d'Héliopolis pour nous relater la légende du dieu Osiris, de son assassinat par Seth et de sa succession par Horus au cours d'une bataille de plus de 80 ans.

Naissance d'Osiris, héritier de la Terre d'Égypte

Selon cette version, les divinités Geb, l'incarnation de la Terre, et sa sœur Nout, l'incarnation du Ciel, tous deux enfants de Shou et Tefnout, étaient accrochés tant l'un à l'autre qu'il ne fut plus possible de les dissocier. Plus rien ne séparait alors le ciel de la terre, et Ra (le soleil) était condamné à ne plus pouvoir circuler dans le ciel. Shou parvint à arracher sa fille à son époux, libérant ainsi l'atmosphère et laissant ainsi le champ libre à l'air, à l'eau et surtout au soleil. Ra voulut alors faire payer aux deux amoureux leur insouciance. Sachant que Nout portait en elle cinq enfants, le dieu décida que ceux-ci ne pourraient naître à aucun des douze mois de l'année. Le dieu Thot intervint alors et se tourna vers la Lune auprès de laquelle il gagna au jeu cinq jours supplémentaires à rajouter à la fin de l'année (dits jours épagomènes).

Osiris, dieu égyptien de la mort et de la résurrection

Ainsi, Osiris fut le premier des cinq enfants mis au monde par Geb et Nout grâce au temps que le dieu Thot leur avait offert, caché à l'œil de Ra, suivi par ses frères et sœurs, Seth, Isis, Nephtys et Haroëris (Horus l'Ancien). Osiris était beau de visage, avec le teint foncé, et sa taille dépassait celle de tous les hommes. A l'annonce de sa naissance, Ra se réjouit, malgré la malédiction dont il avait chargé Nout, et, ayant fait venir auprès de lui son arrière-petit-fils, il le reconnut comme héritier de son trône. Ainsi, lorsque son père Geb se retira au ciel, Osiris reçut la souveraineté du royaume d'Égypte et épousa sa sœur Isis qui devint sa reine, tandis que son frère, Seth, hérita des vastes déserts qui entouraient l'Égypte, un territoire stérile et hostile.

Héritier de la vallée du Nil et du royaume des Deux Terres, Osiris est un dieu civilisateur qui apporte la connaissance de l'agriculture aux hommes et leur donne le code de loi et les coutumes. Osiris est aimé par la population, car il est bienfaisant et apporte la félicité sur le royaume, donnant ses marques de grandeur à l'empire d'Égypte. Le premier soin du nouveau souverain fut d'abolir l'anthropophagie et d'enseigner à ses sujets, encore à demi sauvages, l'art de fabriquer les instruments de labour pour cultiver la terre et lui faire produire le blé et les raisins destinés à la nourriture des hommes sous forme de pain, de vin et de bière. Osiris institua le culte des dieux, bâtit les premiers temples, sculpta les premières images divines, régla l'ordre des cérémonies et inventa même les deux espèces de flûtes qui devaient servir à soutenir le chant dans les fêtes.

Après cela, il construisit des villes et donna à son peuple de justes lois, méritant ainsi le nom d'Ounophris, « l'Être bon », sous lequel il est connu comme quatrième pharaon divin. Non content d'avoir civilisé l'Égypte, il voulut répandre ses bienfaits sur le monde entier. Ayant donc remis la régence à Isis, il partit à la conquête de l'Asie, accompagné de Thot, son grand vizir, et de ses grands officiers, Anubis et Oupouaout. Ennemi de toute violence, c'est par la douceur seule qu'il assujettit pays après pays, dont il amollissait et désarmait les habitants par des chants et des concerts d'instruments variés. Il ne prit le chemin du retour que lorsqu'il eut parcouru la terre entière et répandu partout la civilisation. Revenu en Égypte, Osiris retrouva en parfait état son royaume, qu'Isis avait sagement gouverné en son absence ; mais il ne devait pas tarder à être la victime d'un complot organisé par son frère Seth, jaloux de son pouvoir.

Osiris debout entouré par deux nébrides. Tombe de Sennedjem, XIXe dynastie.

Osiris, le quatrième roi des terres du Nil succède à Geb, Shou et Ra sur le trône, mais il est symboliquement le premier pharaon, celui par lequel est né la civilisation égyptienne. Le mythe d'Osiris apparaît dans l'architecture funéraire à la fin de l'Ancien Empire, soit mille ans après le règne du premier pharaon historique Narmer. C'est pour cela que beaucoup pensent que le mythe allégorique d'Osiris est en partie fondé sur le règne du premier pharaon, fondateur de l'Empire égyptien au temps archaïque de la dynastie thinite. Dès le début de son règne, Osiris arracha immédiatement les Égyptiens à leur existence de privation, il leur donna les fruits de la terre, des lois et leur apprit à respecter les dieux. Cette dimension royale sera reprise par les Pharaons des premières dynasties qui ne manquèrent pas de lui rendre un culte appuyé.

Le meurtre du dieu Osiris

Alors que le grand roi Osiris régna au côté de sa sœur Isis, la déesse de la magie, apportant la prospérité sur les dieux et les hommes, l'amour que lui rendaient ces derniers pour tant de bienfaits, attisa la jalousie de son frère Seth. En effet, celui-ci avait hérité des vastes déserts et était le maître des peuples bédouins nomades et des pillards, de toutes les terres sauvages et non civilisées qui entouraient la riche vallée du Nil. Envieux de son mariage, de son pouvoir et des splendeurs de son royaume, mais aussi de la naissance d'Anubis, Seth se décida à fomenter un complot pour assassiner Osiris, mais il ne pouvait le renverser du trône, puisqu'Isis surveillait attentivement le règne de son époux. Le dieu de l'orage accomplit ses tâches quotidiennement, mais le désir de prendre la place d'Osiris devient omniprésent. C'est alors que Seth se décida alors à agir et prépara un complot avec 72 conspirateurs afin de ravir à son frère le trône d'Égypte.

Lors de la saison Akhet, le 17 du mois Athyr, en la vingt-huitième année de son règne, Seth organise un somptueux banquet où les dieux et les hommes importants étaient conviés. La légende raconte que Seth avait secrètement mesuré la taille d'Osiris, puis il avait construisit à ces dimensions un sarcophage de plomb aux motifs somptueux. Il proposa à tous les convives de l'assemblée de s'installer et promit qu'il ferait présent de ce coffre à quiconque pouvant s'y allonger parfaitement. Devant la richesse de l'objet tous les invités se pressèrent pour tenter leur chance, mais aucun n'est assez grand pour remplir le sarcophage. Osiris lui-même finit par s'installer dans le cercueil, en s'y allongeant de tout son long, sans se douter qu'il avait été créé tout spécialement pour lui.

Seth, dieu de la destruction, du désordre et du chaos, se débarrassant du corps de son frère.

C'est alors que les conspirateurs referment le sarcophage immédiatement après l'installation du dieu, et le verrouillent solidement à l'aide de clous. La foule prit peur et s'échappa, et les quelques courageux qui tentèrent de libérer le grand Osiris se firent massacrer par les fidèles de Seth. Le sarcophage fut alors précipité dans le fleuve, avec le pauvre Osiris enfermé à l'intérieur et descendu jusque dans la mer par l'embouchure Tanaïtique, un lieu toujours considéré comme maudit pour les Égyptiens, même de nos jours. Le roi finit par mourir d'asphyxie dans sa prison dont aucun bruit ne put s'échapper. Alors que le royaume était en plein chaos avec la disparition d'Osiris, Seth profita du tumulte pour s'emparer du pouvoir. Isis, la femme et sœur d'Osiris, cria de toute son âme à l'annonce de la mort de son époux, mais ne se résolut pas à l'abandon.

Après l'assassinat de son époux, Isis se mit à la recherche du sarcophage et du corps de son époux, accompagnée dans sa quête par le fidèle Anubis et sa sœur Nephtys. Le mythe de la quête d'Osiris présente plusieurs versions. L'une d'elle rapporte qu'Isis et Nephtys, partirent en quête du corps d'Osiris et le retrouvèrent sur les berges du Nil. Mais selon une autre version, connue sous le nom de « démembrement d'Osiris », Isis finit par retrouver, après de longues et vaines recherches, le coffre à Byblos, dans le pays des Cananéens. Entre temps, ce coffre avait été pris dans la croissance du tronc d'un arbuste de la famille des Ericacées (probablement une bruyère arborescente) que le roi de Byblos avait employé comme pilier pour son palais.

Démembrement d'Osiris par Seth et momification du dieu par Anubis

Peu de temps après, Isis et Nephtys ramenèrent le corps d'Osiris en Égypte par la ruse, et ce furent ensuite de longs suppliques de la part des deux sœurs à l'attention de Ra, Thot et Anubis, pour qu'ils redonnent la vie au dieu. Assisté du dieu Anubis, la magicienne Isis déploya ses ailes afin de rendre le souffle vital à son amour. Osiris était ressuscité, mais pas physiquement : son corps resta inerte, mais son ka, son âme, était de retour. La déesse aux ailes déployées s'unit à lui. L'esprit d'Osiris, le ba, entra dans le corps d'Isis pour la féconder sans union physique. Après avoir conçu un enfant de son époux défunt, Isis dissimula son corps dans le delta du Nil et se rendit sur l'île des Roseaux afin de donner naissance à un fils, Horus qui ne manquera pas d'exercer plus tard sa vengeance vis-à-vis de Seth.

Cependant, au moment où Isis mettait au monde le jeune dieu faucon, Seth découvrit grâce à ses sbires le corps de son frère dans un tombeau. Pris d'une terrible colère, il découpa son corps en quatorze (ou seize) morceaux qu'il dispersa dans toute l'Égypte afin que jamais le corps ne soit reconstitué. Mais c'était mal connaître la déesse de la magie, qui se lança une nouvelle fois à la recherche de son époux, toujours accompagnée d'Anubis, ou de Nephtys suivant les versions. Ils naviguèrent alors dans des barques de papyrus à travers les marais et retrouvèrent les fragments d'Osiris dans toute l'Égypte en douze jours de voyage. Les grands sanctuaires d'Égypte antique prétendaient souvent avoir possédé l'un des morceaux du corps d'Osiris, un culte semblable à celui des reliques de la chrétienté.

Création de la momification par Anubis lors de l'embaumement d'Osiris

Toutefois, le seul morceau qui ne sera pas retrouvé sera le phallus qui avait été jeté dans le Nil et avalé par le poisson oxyrhynque, laissant le corps divin incomplet. L'enterrement d'Osiris ne pouvait avoir lieu tant que le corps était en profanation. Anubis réalisa alors le premier rituel d'embaumement, entourant le corps de bandelettes après l'avoir reconstitué, parfumé et nettoyé. Osiris était devenu la première momie, Ounen-Néfer « L'éternellement beau », et le rite funéraire égyptien était né. L'enterrement aura lieu devant l'assemblée divine et Osiris put trouver sa place aux pays des morts, où il présidait désormais le jugement des âmes et ouvre pour chaque égyptien de l'Antiquité les portes des champs d'Ialou, le paradis de la vie d'après.

En effet, ressuscité par l'amour de sa femme, Osiris ne put rester parmi les vivants et devint le souverain de la nuit, seigneur du monde sous-terrain et de l'au-delà, le royaume des morts, et laissa à Ra la souveraineté sur le jour et le monde des vivants. Il transforma son royaume en champs fertiles, les champs d'Ialou, et présida le tribunal divin pendant la pesée du cœur où il accordait au défunt la vie éternelle ou le condamnait au néant. Pendant ce temps, l'anarchie battait son plein sur la terre d'Égypte et le trône d'Osiris ne pouvait pas rester vide indéfiniment. Seth, qui s'était approprié le pouvoir par la force, n'était pas reconnu comme souverain. La guerre pour le trône d'Égypte allait commencer : Horus, le fils d'Osiris, avait juré de reprendre l'héritage qui lui était dû et de venger la mort de son père.

Guerre entre Horus et Seth et succession au trône d'Osiris

Plusieurs années après la mort d'Osiris, le jeune Horus, devenu adulte, se rendit devant un tribunal divin présidé par Ra et revendiqua l'héritage de son père, avec l'appui des dieux Shou et Thot. Le dieu Soleil, mécontent que son opinion n'eût pas été demandée en premier lieu, rejeta le verdict puis demanda plus tard aux dieux Seth et Horus de s'expliquer sur la succession d'Osiris sur le trône d'Égypte. Seth déclara mériter le royaume parce qu'il était le seul assez fort pour défendre la barque du soleil, et bien que certains dieux de l'Ennéade l'approuvèrent, Isis les fit changer d'avis. Seth refusant de poursuivre le procès en présence de cette dernière, le dieu Soleil décida que le conseil se réunirait sur « l'île du milieu ». Plus tard, Seth défia Horus en cours de plusieurs épreuves mais aucun d'entre eux n'en sortirent vainqueurs.

Pendentif du Roi Osorkon II - La Triade Osirienne - Abydos - XXIIe dynastie - Musée du Louvre

Après de multiples péripéties, Horus demanda de nouveau justice et Thot décide de prendre les choses en main et se rend dans l'autre monde à la rencontre d'Osiris pour lui raconter les événements. Le dieu des morts s'indigne et demande à être conduit par Thot auprès de l'assemblée des dieux. Le grand Osiris prit la parole avec ferveur et colère, et exigea de savoir pourquoi son fils avait été dépouillé de son héritage. Malgré la colère grandissante de Ra, Osiris menaça ce dernier d'envoyer les démons du monde souterrain au royaume des dieux. L'assemblée divine plaça alors, contre l'avis de Ra, la couronne des deux terres sur la tête d'Horus qui prit la succession d'Osiris sur le monde des vivants. Alors que Seth fut condamné par le tribunal divin, Ra le libéra de son supplice, l'emportant avec lui sur la barque solaire.

Le culte d'Osiris

Les origines du culte du dieu Osiris demeurent encore aujourd'hui très obscures, mais les plus anciennes attestations d'Osiris remontent au XXVème siècle avant notre ère et datent de la fin de la IVème, ou du début de la Vème dynastie. Cette divinité de la régénération et de la renaissance semble résulter de la fusion de dieux locaux des deux principales villes qui vont le vénérer, à savoir le dieu des nécropoles Khentamentiou (dieu-chacal) à Abydos, et Andjty à Bousiris. Osiris assimile alors les attributs des dieux qu'il remplace et ses conceptions funéraires éclipsent progressivement tous les autres. Son culte se répand sur toute l'Égypte au cours de l'Ancien Empire et la figure du dieu s'enrichit au fur et à mesure de son extension géographique.

En tant que dieu funéraire et souverain des morts, Osiris fit l'objet d'un culte unanime de la part de toute la population. Le fait qu'il prédestinait au jugement une fois la mort survenue expliquait l'enthousiasme que les Égyptiens mettaient à le célébrer. Toutefois, d'après des égyptologues, l'apparition d'Osiris résulte d'une décision royale, car son culte se diffuse soudainement sur l'ensemble du territoire égyptien. Le nom d'Osiris se repère pour la première fois dans le linteau de l'entrée de la tombe d'une probable fille de Khéphren, Hemet-Rê, fille royale et prêtresse d'Hathor. La première représentation d'Osiris est lacunaire, car figurant sur un fragment du temple haut du roi Djedkarê Isési. Le dieu figure comme un personnage masculin coiffé d'une longue perruque divine.

Ani devant Osiris, juge de l'Au-delà. Papyrus d'Ani, XIXe dynastie.

De tout temps dans l'histoire égyptienne, des prières et des supplications ont été adressées à Osiris dans l'espoir de garantir sa bénédiction et d'entrer ainsi dans l'Au-delà où il régnait. Au Moyen Empire, la ville d'Abydos devient la cité du dieu Osiris. Ce lieu de dévotion très populaire attire ainsi de nombreux fidèles en quête d'éternité et de nombreux pèlerins affluèrent de tout le pays, d'autant que le clergé de la ville avait bien vite proclamé qu'il détenait la tête du dieu. La renommée de cette cité repose sur ses festivités cultuelles du Nouvel An mais également une fête qui se tenait chaque année au cours du quatrième mois de la saison de l'inondation au moment où l'on s'apprête à mettre les semences en terre. Une procession en barque était organisée et Osiris massacrait ses adversaires.

De part, la présence mythique d'Osiris, plusieurs rois et pharaons firent bâtir leur temple funéraire à Abydos. Par analogie, le roi ou le pharaon vivant et régnant était un Horus, et mort, il devenait un Osiris. Il fallut tout de même attendre le Moyen Empire pour que le commun des mortels put avoir la possibilité d'être associé à cet espoir de renaissance offert par Osiris. En ouvrant la voie de la renaissance, le dieu offrait aux hommes les clefs d'un nouveau royaume, celui de l'au-delà. C'est la raison pour laquelle il était prié durant les différentes phases menant à l'inhumation du mort : embaumement, rituel d'ouverture de la bouche, procession, etc. Les souverains morts et embaumés sont toujours représentés en Osiris, enveloppés du suaire blanc, coiffés de la couronne Atef, portant les insignes royaux du dieu.

Un autre culte du dieu sous la forme de l'Osiris végétant apparut qu'en tant que pratique funéraire dès la XVIIIème dynastie. Elle symbolisait le cycle d'Osiris comme dieu de la végétation qui au cours de l'inondation de la Nil, resta enseveli sous la boue et renaquit sous la forme du blé semé à la fin au printemps. La cérémonie se composait de statuettes posées à côté de la momie dans les tombes. Elles étaient composées de deux formes, une pour l'avant et l'autre pour l'arrière, en argile ou en bois qui étaient ensuite remplis de boue et de céréales et parfois enveloppées dans du lin. Après un certain temps après le dépôt dans les tombes, les céréales commençaient à germer. Cette croissance presque miraculeuse du blé exprimait, pour les initiés, la nouvelle vie du défunt et était liée au culte des mystères d'Osiris.

Vestiges de l'Osiréion - XIXe dynastie - Abydos.

Durant le premier millénaire avant notre ère, Osiris conserve son statut de dieu funéraire et de juge des âmes. Cependant, ses aspects de dieu des flots du Nil et, par là-même, de dieu de la fertilité, acquièrent la primauté, augmentant ainsi sa popularité auprès de la population nilotique. Des colons grecs installés à Memphis adoptent son culte dès le IVème siècle avant notre ère sous sa forme locale de Osiris-Apis, le taureau sacré mort et momifié. Les souverains lagides importent ce culte dans leur capitale Alexandrie sous la forme de Sérapis, le dieu syncrétique gréco-égyptien. Après la conquête de l'Égypte par les forces romaines, Osiris et Isis s'exportent vers Rome et son empire. Ils s'y maintiennent, avec des hauts et des bas, et ce jusqu'au IVème siècle de notre ère pour finalement être évincés par le christianisme (interdiction du paganisme à la suite de l'édit de Thessalonique).

Le culte d'Osiris continua jusqu'au VIème siècle après J.C sur l'île de Philae dans le Haut-Nil. Le décret Théodosien de 390, ordonnant de détruire tous les temples païens, ne fut pas appliqué dans l'île. Le culte d'Isis et d'Osiris fut autorisé à continuer à Philae jusqu'à l'époque de Justinien I (527-565 après J.C), par un traité signé entre les Blemmyes-Nobadae et Dioclétien. Les pratiques prirent fin vers 530 lorsque Justinien I envoya Narsès pour détruire les sanctuaires, arrêter les prêtres et saisir les images divines, qui furent envoyées à Constantinople. Certaines parties de cette mythologie osirienne ont incité des comparaisons avec les croyances et pratiques chrétiennes. L'égyptologue Ernest Alfred Thomson Wallis Budge propose des connexions possibles ou parallèles dans l'histoire de la résurrection d'Osiris avec celle trouvée dans le Christianisme, de la Vierge Marie et son enfant.

Encyclopédie
Personnages